Toko BlazeAmateur du style deejay popularisé fin des années 60 en Jamaïque par des toasters tels que King Stitt, U-roy , Big-Youth et autres… Toko Blaze a fait ses armes à lʼécole du sound system dans le bruyant quartier de la Plaine.
Artiste entier et engagé, il a toujours cherché à innover et non à imiter, marquant à
travers ses lyrics son attachement à ses deux cultures, africaine et française, mêlant de
multiples influences pour un rendu qui se pose comme une fus ion de la musique
populaire, des quartiers cosmopolite de Marseille.
Dʼorigine ivoirienne et camerounaise, Toko Blaze aka Christian VLEI est né le 21 Mars
1973 à Niamey au Niger. Fils de militaire et avant dernier dʼune famille de 5 enfants, il
partage son enfance entre la cité des Rosiers dans les quartiers Nord de Marseille et
les différents pays dʼaffectation de son père en Afrique.
Après la retraite militaire de son père, la famille quitte les quartiers Nord de Marseille
pour émigrer à Vitrolles dans le vieux village.
A 16 ans, il se passionne de musique rap, découvre le raggamuffin et prend goût à la
prise de parole. A lʼissue dʼun atelier dʼécriture animé par le Massilia Sound System
dans une MJC, il forme le groupe Black Lions avec Touré et Kurtis Entor. En avril 91,
le groupe ouvre le premier festival rap au stadium de Vitrolles avant IAM, NTM et Tonton
David. Lʼaventure démarre alors : émission Pollen sur France Inter, les Francofolies de
la Rochelle, les Transmusicales de Rennes... .
Le maxi « Double tribu »incluant le morceau Mohamed, sortira en novembre 94 avant
la séparation.
Toko Blaze entame une carrière solo, multipliant les rencontres artistiques, les
collaborations discographiques et les apparitions scéniques. R oi de lʼinterstice, il
sʼimprovise commentateur de football africain sur les premiers albums du Massilia
Sound System. Il enregistre Royaume du bitume et Bali Balan pour le « Super
Panoramas » de Jamasound.
En 2002, il collecte toutes ses œuvres inédites et réalise lʼalbum GUEST STAR, comprenant des tubes comme Rose réalisé par Yovo Mʼboueke et Tyrone Downie (légendaire clavier de Bob Marley & the Wailers) et Marseille. Cet album se retrouve rapidement en rupture de stock. Passant dʼun rôle dʼinvité à celui dʼartiste confirmé, il ne tarde pas à se
faire un public et à enchaîner les concerts à travers lʼEurope et lʼAfrique, accompagné sur scène par les musiciens Jamasound.
Même sʼil prend une orientation beaucoup plus reggae, Toko nʼa pas coupé les liens avec le milieu hip hop, il participe aux projets OM all stars et Chroniques de Mars2 sortis chez Sony-bmg. Orchestré par Imhotep, il enregistre avec Bouga (Belsunce breakdown) et Sista Micky le titre Dans la rue pour la compilation « Marseille reggae all stars ». On notera aussi un échange de vers mélancoliques avec le grand Akhenaton sur un remix du groupe IAM Quand ils rentraient chez eux.
Toujours avide dʼexpériences nouvelles, il va se tester au rock en rejoignant lʼOaistarde Lux B et Gary (Massilia Sound System) sur le titre Mets les watts !Pendant plus de 2 ans, ils vont user leurs semelles sur les scènes de lʼhexagone.
Retour en studio pour la mise en chantier de nouvelles chansons. Expérimentation, défrichage et ouverture vers dʼautres horizons. Produit par le studio du Petit Mas à Martigues, le nouvel album de Toko Blaze RYTHMʼNʼTCHACHE prend une orientation musicale originale.
Intimiste, festif et engagé, il porte haut et fort une parole de résistance, de critique face au x évènements et au gouvernement de lʼépoque. Politiklaat en référence aux zapatistes du Chiapas, dénonce sur un air de flamenco des lois de plus en plus répressives. Du ragga sans frontière évitant soigneusement les ghettos comme sur Lettre où Tokoet lesPee Froissde Dakar, accompagnés à la kora par Ba Cissoko, viennent militer pour lʼannulation de la dette des pays pauvres.
Dans la foulée, Toko propose RUFF TUFFun street CD dʼune dizaine de titres sombres conçus loin dʼun environnement aseptisé. Une vision très radicale de la vie dans lʼhyper centre de la cité phocéenne où règne violence, racisme et injustice sociale. Le titre 28 août 44 rend hommage à son grand-père tirailleur qui participa au débarquement en
Provence du côté de Toulon mais rappelle aussi à ceux qui auraient oublié que Marseille fut libérée par les armées dʼAfrique. Insoumis à la parole facile et aux propos démagogues, Toko Blaze ose tirer les sonnettes dʼalarme, dénoncer certaines aberrations du monde et pointer du doigt ce qui lʼexaspère. Ce qui lui vaut dʼêtre censuré par les diffuseurs locaux.
Pourtant cʼest par la musique quʼil a trouvé sa place. Quelque part entre la France et lʼAfrique, la terre rouge et le bitume. Citoyen du monde, il nous livre sur son nouvel album URBAN GRIOT sa vision de la double identité francoafricaine et prouve encore plus que la parole nʼa pas de frontière.
En 2009 sort son album Urban Griot : Dix titres où chaque mot compte. Du poignant « Made In douleur » au consciencieux « Ton Héritage », de lʼoffensif « Génération Kunta Kinté » à lʼenlevé « Negra Musica », un univers se dessine. Celui de Toko Blaze ne fait pas de place à lʼesbroufe. Il fait danser et penser. Parfaitement servi par les productions variées de Rastyron, Toko Blaze ne craint pas de sʼaventurer loin de ses bases. Mais sans jamais en trahir les fondamentaux. Transmettre lʼhéritage du griot. Porter haut la parole du bitume.