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Interview Admiral T Interview Admiral T
26/09/04 - Auteur(s) : Jerome & Sylvain

Rencontre avec l’artiste phare de la scène antillaise lors de son passage au Jamaican Sunrise Festival. Admiral T est détendu, et satisfait de sa prestation, micro ouvert, le partage de vibes peut commencer.

Comment étais-tu, petit, avant de faire de la musique ?

Ca remonte à loin parce que j’ai commencé la musique à l’âge de 12 ans. Comme j’habitais dans le ghetto, j’avais une vie difficile. Je viens d’une famille de 10 enfants, 6 frères et 3 sœurs. J’ai eu la chance d’avoir un père et une mère qui nous ont donné une éducation assez stricte et qui nous ont inculqué les valeurs morales de la vie, que l’on a gardé et qui nous permis de ne pas dévier parce que dans un ghetto, tu peut dévier à tout moment. Ca, c’est ma fierté aujourd’hui, déjà par rapport à la musique qui m’a permis de m’émanciper, de m’exprimer et de sortir de ce milieu là. En fait, dans ma famille on a toujours écouté de la musique, notamment de la musique africaine, salsa, variété française…toute sorte de musique. Et quand j’ai connu le reggae, ça m’a tout de suite plu, j’avais envie de chanter cette musique là. Donc j’ai commencé à chanter les tubes des Jamaïquains et ce sont mes amis qui m’ont poussé à écrire mes propres textes. C’est comme ça que j’ai commencé, par rapport aux sound systems du ghetto. Ensuite j’ai rencontré Jimmy et Teddy du Karukera Sound System (KSS) qui m’ont proposé d’intégrer leur groupe. A l’époque, on était au moins 12 chanteurs au sein de KSS, et on a fait beaucoup de soirées. Aujourd’hui chaque chanteur a fait son chemin et c’est d’ailleurs le but d’un groupe.

Peux-tu nous détailler ton parcours musical ?

J’ai intégré KSS en 1997. On a fait notre premier album en 1998, ça s’appelait « 1848 ». C’est sur cet album que j’ai fait le morceaux « Rapide » (il chante). Les gens ont trouvé ça original et ça m’a fait connaître au niveau du grand public de la communauté en Guadeloupe. A l’école, j’ai rencontré Kurtis, il aimait bien ce que je faisais donc il a commencé à m’imiter et on a commencé à travailler ensemble. Ce que je ne t’ai pas dit aussi c’est que mon frère DJ Jerry a un sound system et c’est lui qui m’a mit là-dedans. Chez moi, il y avait pas mal de DJ qui passaient comme Saïk… En 1999, on a fait le deuxième album du KSS qui s’appelle « Special Request », sur lequel j’ai fait un morceau qui s’appelle « Désolé ce soir j’ai rendez-vous ». Ensuite, en 2000 j’ai fait un morceau avec Saël parce que l’on travaillait déjà avec Don Miguel. A cette époque, ce n’était pas facile de trouver des producteurs de dancehall, c’était plus le zouk. Le dancehall était considéré comme une musique de voyous. Don Miguel était un ami de longue date, il avait commencé dans la production et il chantait lui-même donc il nous a aidé dans la production des deux albums du KSS. Et puis Saël était un de ces artistes que j’ai connu et on a fait le morceau « Pas comme les autres ». En 2001, j’ai fait l’album « Underground », c’était la période creuse mais j’ai l’habitude de faire des morceaux chez moi.

Est-ce que, justement, tu peux nous parler plus précisément de l’album « Underground » ?

Pour l’album « Underground », je suis resté un mois chez moi sans sortir et je faisais des morceaux comme ça parce que j’avais mal à la gorge. Je n’arrivais pas à monter en tonalité haute et ça m’énervait…donc je buvais du thé, je prenais du miel, et ça passait pas (rires). Donc je suis resté chez moi à faire du son et j’ai mis tout ça sur CD. Vu que beaucoup de monde passait chez moi, quelqu’un a du prendre ça, l’a copié, et tout le monde l’a eu. Ensuite c’est arrivé en métropole et des gens qui revenaient de France me disaient : Il y a un morceau a toi qui marche, c’est « Gwadada » ; c’est devenu incontrôlable, mais incontrôlable dans le bon sens car les gens appréciaient beaucoup, donc, avec le KSS, nous avons décidé de sortir le maxi « Gwadada » en 2002. J’ai aussi collaboré avec le groupe AKIO, un groupe traditionnel guadeloupéen avec qui nous avons fait un remix de « Gwadada »ce qui a rendu ce morceau encore plus original ( sur cette version ).En 2002, nous avons commencé à préparer l’album « Mozaïk Kreyol » qui est arrivé en 2003. Mais par rapport à l’album « Underground » et au morceau « Gwadada », j’ai fait pas mal de soirées en France. J’ai aussi posé sur des compiles pour créer un buzz, mais pas beaucoup car je préfère travailler sur quelque chose qui va te faire durer, pas une musique « fast-food ». Mais du coup, quand j’ai sortit l’album, les gens me connaissaient et il y avait une attente du public. Ca faisait longtemps que j’en avais envie et j’ai senti que c’était en 2003 qui fallait que je fasse ça.

Est-ce que tu peux nous expliquer le concept de « Mozaik Kreyol » ?

Comme le dit le titre de l’album, c’est plusieurs parties, plusieurs facettes de la culture créole, au niveau musical, textuel…que j’ai mélangé sur l’album. C’est pour ça que sur l’album on retrouve un morceau comme « Rev En Mwen » qui est un mélange de musique traditionnelle, de zouk et de dancehall. J’ai aussi fait un morceau avec le groupe Square One, un groupe de la Barbade connu au niveau mondial, pour donner une autre dimension à l’album. Parce que, aux Antilles françaises, on est à l’écart de tout le reste des Antilles (anglophones, hispaniques), parce que l’on est français je pense…Avec ce morceau la on parle justement de réunification, c'est-à-dire que aux Antilles, nos cultures sont différentes mais en même temps similaires parce que nous venons d’Afrique, tu comprends ? Donc on a des liens, par exemple nous parlons tous créole, que ce soit créole Jamaïquains, créole Guadeloupéens, créole Martiniquais ou créole de la Barbade…nous avons tous notre patois et c’est ce qui nous rallie, la vibe aux Antilles. Et c’est ce que j’ai voulu exprimer en faisant cette combinaison la qui n’est pas quelque chose d’habituel aux Antilles, de voir un artiste francophone faire une combinaison avec un artiste Jamaïquain ou d’un autre endroit des Antilles.

Est-ce que tu peux nous parler du choix de tes featurings sur l’album ?

En fait nous n’avons pas voulu faire de featuring avec un Jamaïquain et c’était réfléchit parce que je suis déjà aller trois fois en Jamaïque, avec le KSS on a déjà travailler avec des gens comme Mad Cobra, Ward 21…Tu sais dans les autres pays les gens pensent qu’il n’y a que la Jamaïque qui produit de la bonne musique alors qu’à la Barbade il y a du Soca, à la Dominique il y a du Calypso, en Haïti il y a du Kompa…Donc j’ai pas voulu rester encore sur la Jamaïque et montrer qu’aux Antilles nous avons une culture musicale riche.

Qu’est-ce que cet album représente pour toi, d’un point de vue personnel ?

J’ai toujours voulu que mon premier album soit un album authentique qui me représente, qui représente les antillais. D’ ailleurs dès que tu entends « je » dans un de mes morceaux c’est que je parle de moi, c’est obligatoire. Tous les morceaux que tu entends dans « Mozaik Kreyol » parlent de ce que je vis, de ce qui touche les gens, de ce que vivent mes amis. Je parle de tout et même de choses qui sont banales, mais il faut que les gens sachent ce qui se passe vraiment, par exemple que tous les jeunes ne sont pas violents…tu comprends ce que je veux te dire ? Il fallait absolument que mon premier album nous représente au maximum et aussi qu’il fasse comprendre aux antillais qu’ils sont antillais et qu’ils peuvent être fier de leur culture. Car certains antillais sont un peu perdu parce que d’un côté ils sont antillais et en même temps ils sont français, du coup ils ne savent pas trop se situer entre les deux cultures. On connaît la culture française, et c’est une chance qu’on a, car ça nous permet de connaître plus de chose et c’est toujours bien d’apprendre, mais faut pas que ça détruise ta culture. C’est aussi pour la fierté des antillais et qu’ils se disent quand ils écoutent cet album qu’ils sont fiers d’être antillais.

A propos de la chanson « Everytime », est-ce que tu peux nous parler de ta spiritualité, de ce qui te touche profondément ?

J’ai toujours cru en Dieu. Je viens d’une famille catholique, mais dès mon très jeune âge je n’aimais pas aller à l’église, je n’étais pas rebelle mais vu que dans ma famille on se parle beaucoup, j’ai dit très tôt à ma mère que ça ne m’intéressait pas d’aller à l’église. Je crois en Dieu et pour moi c’est vraiment quelque chose de spirituel que tu n’es pas obligé de montrer aux gens. Ce qui m’a dégoûté de l’église c’est que j’ai vu pas mal de gens qui y allaient et pourtant ces gens là dans leur vie de tous les jours étaient mauvais avec beaucoup de personnes. Donc pour moi, personnellement, attention je ne dis pas qu’il ne faut pas aller à l’église, mais je n’avais pas ma place là. Je prie tous les soirs et pour moi c’est ça. Quand je prie je suis avec Dieu…On a pas à prouver aux autres gens sur terre que l’on a la foi, c’est quelque chose de personnel. A l’époque où nous vivons, je pense que ce sont les valeurs morales qui priment. Tu peux être Rasta, tu peux être Musulman, tu peux être ce que tu veux, ce qui compte c’est que tu respectes les valeurs morales. Quand tu respectes l’autre c’est déjà un grand pas que tu fais, parce que les gens ne se respectent pas entre eux. Et dès que tu ne respectes pas les gens, tu peux être ce que tu veux, tu ne fais pas les grandes lignes alors qu’il faut respecter les grandes lignes avant tout. Je dis ça, et c’est du à mon éducation, axée sur les valeurs morales et pas seulement apprendre les choses dogmatiquement sans poser de questions. Je n’apprends jamais rien dogmatiquement…je cherche toujours à comprendre. J ‘ai vu qu’obligatoirement il y a un Dieu, surtout quand tu vis dans le ghetto, on est plus amené à voir les signes de Dieu. On est dans la souffrance et il n’y a personne pour t’aider et quand tu crois en Dieu tu vois vraiment ce que Dieu fait pour toi. Ca ne veux pas dire que quand tu ne vis pas dans le ghetto tu ne vois pas ça, il y a des croyants partout. Mais c’est pour ça que souvent les gens pauvres se réfugient dans une religion, (il insiste) c’est pour ça. Donc, c’est par rapport à mon expérience personnelle que je crois comme ça en Dieu.

Pour revenir à la musique, tu as retourné le Zénith, Bercy et là le Jamaican Sunrise… (Admiral T avait déclenché de multiples rappels du public quelques minutes auparavant)

Mais pour moi aussi c’est exceptionnel, faut pas croire que c’est juste le public qui ressent ça. Dès que je monte sur scène et que ça se passe comme ça…je ne m’attendais pas à ça, je savais que les gens m’attendaient, mais à ce niveau là je ne pensait pas. Quand ça m’étonne comme ce soir, je donne encore plus. Je suis toujours heureux sur scène mais quand je vois que le public en face de moi l’est également, mes musiciens deviennent fous. Ca devient vraiment l’osmose et on prend notre pied au maximum.

Ne penses tu pas que le reggae des Antilles françaises soit dévalorisé par rapport au reste des artistes reggae ?

Pour moi, c’est le show qui compte, dès qu’il y a du public, on joue. Après, peut importe que je soit placé avant ou après untel. C’est vrai qu’on est des antillais comme les Jamaïquains, les Haïtiens…mais comme nous parlons français , les gens ont plus de recul avec nous . Tu as moins le droit de faire des fautes qu’un jamaïquain parce que les gens ont une vibe directe avec toi. Ils n’ont pas a essayer de comprendre ce que tu dis, et déjà là, il n’y a pas une barrière. C’est vrai que ça peut amener à une certaine dévalorisation des fois, par exemple au niveau des dubplates. Je comprend aussi les gens, parce qu’ils ont un autre contact avec toi qu’avec un Jamaïquain. Tu es déjà plus accessible et on te permet moins de fautes car il n’y a pas le côté mystique qui est renforcé par la barrière de la langue.

A propos de la chanson « Sucre d’Orge », je voulais savoir comment tu fais pour gérer une relation sentimentale, en bougeant tout le temps pour chanter un peu partout ?

Pour commencer, j’essaie au maximum de me déplacer avec ma femme. Ce n’est pas seulement ma femme car elle m’apporte beaucoup au niveau de ma carrière aussi, par des conseils…elle me réconforte, et quand j’ai fini de chanter je sais que j’ai quelqu’un qui est là. J’ai toujours demandé ça à Dieu et Dieu me l’a envoyé. Je ne suis pas quelqu’un qui se disperse au niveau des femmes et j’ai toujours dit à Dieu que j’aimerais rencontrer la femme de ma vie parce que quand tu est un artiste et que ta notoriété monte rapidement c’est beaucoup plus difficile de trouver la bonne parce que tu as l’impression que tout le monde est autour de toi par intérêt. Je t’explique, mon groupe c’est le KSS, j’ai mon frère DJ Jerry, j’ai ma femme et tout cela forme un cocon. C’est une protection pour moi parce que ce sont que des personnes objectives qui ne me veulent pas de mal et qui me font remarquer aussi ce qui ne va pas dans mes shows. Pour moi c’est un must pour un artiste d’avoir un management qui te fait confiance et à qui te fais confiance, ta femme…qui te permet d’être serein et de bien travailler. Ce n’est pas un artiste tout seul qui fait tout. Un artiste est là pour faire de la musique, un point c’est tout.

Quel est ton sentiment par rapport à tous les gens et tous les publics que tu as croisé durant la tournée, organisée à l’occasion de la sortie de « Mozaik Kreyol » ?

Ce que j’ai retenu de cette tournée, c’est surtout que, comme ce soir, il y a d’autres communautés qui s’intéressent à ma musique. C’est ce qui me touche parce que quand je vois d’autres communautés qui ne comprennent pas spécialement le créole et qui aiment ma musique, c’est une réussite pour moi. Actuellement, la musique est devenue très « fast-food », il faut rentrer dans un moule…donc de voir ça, ça montre à tous ces gens là que la musique c’est de la vibration. Tout le monde ne comprend pas forcement les paroles des Jamaïquains mais on aime, c’est de la vibration. Quand j’étais petit j’aimais la salsa, la musique africaine…et je ne comprenais pas spécialement. C’est là ou j’ai appris que la musique c’est de la vibration et je me suis toujours dit que je ferais de la musique parce que j’aime ça. Je ne me suis jamais dit, par exemple, que pour percer en France il fallait que je chante en français. Je chantes en créole et en français parce que je parle créole et français. Avant, je faisais des petits textes en anglais parce que j’aimais bien ça, mais je ne le maîtrise pas assez pour le chanter. J’aime chanter quelque chose que je maîtrise.

Big Up : Admiral T, Le Karukera Sound System, Saïk, radio Prun’, Kaya Production.
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