Reggae Party Tour
14/11/20 au 28/11/20
Interview Cornell Campbell Interview Cornell Campbell
11/05/07 - Auteur(s) : Greg Wallet et Stéphanie Albon

Deux artistes Jamaïcains des early days : Cornell Campbell et Léonard Dillon (The Ethiopian) ont effectué une petite tournée commune au début de l’année 2007. Nous les avons rencontré en Février lors de leur passage au Comptoir des Arts Traditionnels (C.A.T) de Bordeaux. Même si le Backing Band qui les accompagnait n’était pas vraiment à la hauteur et même si c’est toujours décevant d’écouter du Ska avec des cuivres joués au synthé, ce fut un plaisir de retrouver ces deux pointures sur scène. Né en 1948 à Kingston Cornell Campbell effectue dès 13 ans ses premiers enregistrements pour Coxsone (studio one) : Old King Cole et My treasure en 1961 puis Each lonely night et Turn down date en 1962. Il travaille ensuite pour King Edwards, rejoint le groupe Sensations, puis il crée avec Ken Price et Errol Wilson son propre groupe, The Eternals, en 1969. Ils enregistrent une vingtaine de titres dont Queen of the ministrels, When days are gone, Push me in the corner, et ils se séparent en 1971. Cornell Campbell commence alors une collaboration avec Bunny Lee qui durera sept ans et pendant laquelle il signera une centaine de titres parmi lesquels : Didn’t I, Gifted and Black, Just one kiss, The Duke of Earl, She is a devil in bed, Baby be true. - Vous avez commencé très tôt à l’âge de 13 ans. Oui très jeune, très tôt à l’époque du Coxsone DownBeat (sound system de Coxsone) mais je n’allais pas encore en studio. - Est-ce que c’était dur de faire son chemin si jeune ? J’ai été poussé par l’un de mes amis. Avant je chantais dans une église, you know ? Il m’a poussé à aller plus loin, à trouver ma façon de chanter et m’a dit d’enregistrer. Il m’a emmené voir Rico (Rodriguez, tromboniste Jamaïcain) et lui à demandé de m’enregistrer. Rico lui a répondu : « non je ne l’enregistrerais pas mais je peux l’emmener voir quelqu’un qui l’enregistrera ». C’était Sir Coxsone. Alors j’ai eu l’occasion de rencontrer Mr Dodd. C’était le premier enregistrement que je faisais. C’était Old king cole (1961), juste avant le ska, alors on a contribué à construire cette musique - Quels souvenirs gardez-vous de cette époque avec Coxsone ? Comme je l’ai dit, j’ai commencé il y a longtemps et très jeune. Je cherchais une opportunité. J’espérais à l’époque un succès, devenir célèbre avec Old King Cole. On voulait devenir des stars quand on était jeune garçon. Alors on a travaillé beaucoup jusqu’à ce qu’on émerge dans le top. Tout ça c’est un grand souvenir, you know ? Le fait de penser que l’on est entré dans le record business, ça le fait. - Etes-vous nostalgique de la période Rocksteady ? Oui, j’étais jeune, je chantais et j’avais du succès. A cette époque, j’étais un des chanteurs qui posaient sa voix sur ces nouveaux riddims ska,… rocksteady ou ska. Quand c’est apparu j’étais dans des groupes comme Sensations et The Eternals chez Coxsone, et chez Treasure Isle (studio de Duke Reid) pour le groupe The techniques. Le business du reggae venait juste de commencer, devenait apprécié, jusqu’à ce que Bob Marley le rende encore plus international. - Vous avez joué avec The Skatalites. Avez-vous toujours des contacts avec eux ? Oui on prévoit de faire quelque chose ensemble dans les prochaines années. On se croise souvent dans des festivals ou des concerts. C’est bon de les voir, you know ? Tous réunis, on peut se souvenir du passé. A l’époque les musiciens étaient vraiment très bons. - Vous êtes connu comme une des meilleures voix du reggae en Europe, pourtant on ne vous voit pas souvent, pourquoi ? Ah, vous savez des fois il y a des complications, des problèmes de financement. J’ai souvent été frustré et je ne le veux plus. Je suis sorti du business plusieurs fois. J’ai un poulailler, j’élève des poulets et j’ai un petit commerce. Je suis un businessman. J’ai d’autres business que la musique. Je suis très occupé et je ne peux pas me focaliser sur ma carrière. -Vous étiez récemment sur scène au Jah Sound Festival ? Oui j’y étais, c’était un show extraordinaire. Oui j’ai vraiment apprécié de jouer devant ce bon public. J’adore la France, j’adore les Français. Vous savez en France les gens apprécient ce que je fais, les reprises de moi et d’autres. Je suis en France pour eux, pour ce public que j’aime beaucoup. - Qu’est-ce que vous pensez de la nouvelle génération ? Pour moi beaucoup ont oublié ce qu’était le reggae : une musique engagée et intense. C’est juste des phénomènes de modes. Ils travaillent pour eux-mêmes, moi je n’aime pas ça. Je sais que leur Beat peut être grand mais je ne veux pas me joindre à eux. Je veux être liés aux premiers groupes des bons vieux jours, où il y avait Bob Marley, etc Ils chantaient avec leur cœur, avec leur inspiration, quelque chose que l’on chante pour le public, avec de l’âme, pas une copie du voisin. C’est pour ça que j’aime la musique originale. - Est-ce que vous essayez de leur apprendre des choses ? Non, vous ne pouvez pas leur apprendre. On peut toujours leur dire mais pas leur apprendre car ils sont trop fiers. Dès qu’ils font un titre ils prennent la grosse tête. Mais ils ne vont pas plus loin, ils ne poussent pas. J’aime les gens ambitieux qui essaient de faire quelque chose de leur vie. Les personnes négatives je n’aime pas ça. N’importe quelle personne écouterai un bon conseil, il faut savoir l’apprécier. La nouvelle génération est très égoïste. Il ne respecte pas la musique. Faire que les gens soient contents aux concerts. C’est pour ça que je chante. Je chante pour les gens. - Avez-vous des projets d’albums ? Pas vraiment. J’ai enregistré plusieurs titres chez Tuff Gong mais ce n’est pas terminé. - Avez-vous quelque chose à dire à votre public Français ? Dites leur que je les aime, de continuer d’écouter de la bonne musique avec un vrai message. Ne voyez pas qu’une partie de l’amour mais le véritable amour. You know ? Je suis content de voir que vous aimez la musique, que vous soyez encore là. - Connaissez-vous des artistes Français ? Oh je ne suis pas très au courant. Je ne me rappelle pas, parce que l’on habite sur une île…

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Cornell Campbell

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