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Interview Daddy Yod Interview Daddy Yod
01/07/07 - Auteur(s) : Jérémie Kroubo

A la veille de la sortie de son nouvel album Il était une fois… (sortie prévue en septembre 2007) réalisé et produit par l’Entreprise KDY, nous avons rencontré King Daddy Yod, l’un des pionniers du raggamuffin franco-créole. Dans les années 1980-90, il connut le succès avec des tubes comme « Elle n’est pas prête » (1987), « Né pour toaster » (1989), « Faut pas taper la doudou » (1989), « Doubout » (1991) et « Professionnel ou amateur » (1991) parmi tant d’autres. Dans cet entretien, Daddy Yod passe en revue sa riche carrière musicale et revient sur les débuts du reggae en France. Il nous donne également son point de vue sur la scène reggae actuelle.

Peux-tu te présenter et me dire d’où tu viens?

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m’appelle Daddy Yod. Je suis né à Gwada, dans la Grande-Terre. Devarieux, Petit-Canal, c’est ma commune. Je suis arrivé en France vers l’âge de 9-10 ans.

Daddy Yod, quand et comment as-tu découvert la musique jamaïcaine et notamment le reggae et le dancehall ?

J’ai découvert la musique jamaïcaine à travers des artistes tels que Bob Marley, Peter Tosh, Burning Spear etc. Ensuite, j’ai découvert LKJ, Yellow Man, les DJs tels que Big Youth et U Roy, toute la vague raggamuffin, quoi ! Mais au tout début, c’était Bob Marley !

Photo : Jérémie Kroubo

Dans les années 1980, tu faisais partie des premiers artistes à faire du reggae en France. Peux-tu nous parler des débuts du reggae français et notamment des premiers artistes qui, comme toi, ont participé à la naissance du reggae en France ?

En fait, au début, avant la vague DJ, il y avait des groupes tels que Savane avec Christian Moore, Azikmen, Crucial Age, Neg’Sowetto etc. Puis, nous les DJs, nous sommes arrivés. En fait, il faut souligner qu’on était tous dans le même mouvement, le mouvement rasta. Quand on jouait, on se faisait backer par ces groupes qui étaient là à l’époque. Par la suite, on a commencé à faire nos propres groupes aussi. Comme Djs, il y avait Pablo Master, moi et pleins d’autres raggamuffin !

C’était à quelle époque à peu près tout ça ?

C’était dans les années 1983-87, je dirais.

Et toi personnellement, quels artistes t’ont influencé sur le plan musical?

Moi les artistes qui m’ont influencé, ce sont Ibo Simon, un artiste antillais, et Yellow Man, King Yellow Man, un artiste jamaïcain. Bob Marley, il m’a influencé dans le sens où il m’a appris que le peuple noir a une histoire, qu’on a eu des grands rois, des grandes reines, la dignité, quoi ! Bob Marley, il m’a apporté tout ce côté-là, à savoir qu’on a Un Dieu, Un But, Une Destinée. C’est avec Bob Marley que j’ai découvert les Marcus Garvey et autres. Mais là où j’ai eu envie de chanter, c’est à travers les Ibo Simon et Yellow Man.

Et par rapport à tes lyrics, qu’est-ce qui t’influence ? De quoi parles-tu ?

Dans mes chansons, je parle de la vie quotidienne en général. Je parle aussi de moi, de ma vie ainsi que des problèmes sociaux parce que c’est propre au reggae. Le reggae, c’est la musique de la rue. Le reggae, ça a toujours dit tout haut ce que le peuple pense tout bas. C’est le but premier du reggae ! Donc c’est vrai que mon raggamuffin je le fais avec cet esprit propre au reggae. L’esprit dancehall, c’est un esprit beaucoup plus festif à mon sens.

Et pourquoi avoir choisi le reggae pour véhiculer ton message et non pas un autre style de musique antillaise ?

Il me semblait que pour véhiculer ce genre de message, c’était cette musique qui convenait le mieux. Ça ou le hip hop. La plupart des artistes, à part Ibo Simon, qui chantaient sur de la musique antillaise, c’était des trucs festifs. Il y a toutefois le gwoka qui est un style antillais engagé. D’ailleurs, j’ai enregistré un titre gwoka avec Guy Konket. Mais en général, vous savez, moi j’aime la musique. Sur mon premier album par exemple, j’avais repris un titre de Anthony Gussi. En fait, j’ai toujours Big Up ma communauté même si je fais de la musique jamaïcaine. Aussi, dans mon nouvel album, le titre qu’on met en promo avec Princess Erika ce n’est pas spécialement du reggae ou du ragga, c’est plutôt un rythme coupé-décalé. J’aime la musique au sens large du terme, mais mon message reste toujours engagé.

D’après toi, pourquoi tant de jeunes français d’origine africaine ou antillaise sont attirés par justement le reggae et la culture rasta ?

Je pense que les jeunes, ils se reconnaissent beaucoup dans cette musique. En fait, ce n’est pas la musique des jeunes comme les médias souvent veulent le faire croire, c’est la musique du peuple, donc des plus et moins jeunes. Mais les jeunes s’y reconnaissent davantage à cause du rythme et du message.

On voit aussi de plus en plus de Blancs, en France et en Europe en général, qui sont attirés par le reggae et la culture rasta. On voit par exemple des Blancs avec des dreadlocks, les couleurs éthiopiennes etc. Quel est ton point de vue sur ce phénomène là ?

C’est un processus normal dans le sens où ce qu’on dit c’est bon pour notre peuple mais c’est aussi bon pour l’humanité toute entière. C’est un retour au roots et je pense que tout le monde en a un peu marre de la manière dont les choses évoluent, dont les choses tournent. C’est donc normal que les peuples, que ce soient les Indiens, les Européens etc. s’y reconnaissent, car il y a une fraîcheur dans ce mouvement et il faut le dire, tu vois ?

Et te sens-tu concerné par Haïlé Sélassié Ier , l’esclavage, la colonisation etc. qui sont des thèmes majeurs dans le reggae jamaïcain ?

C’est notre histoire, donc quelque part, oui je me sens concerné. Je ne vis pas en pensant chaque jour à ça, mais les séquelles, elles sont là ! Ouais, je me sens concerné par Haïlé Sélassié Ier par exemple. C’est le roi des rois, descendant du roi Salomon et de la reine de Sabah. C’est bien de connaître ses propres héros. Il n’y a pas que Spiderman et Batman, il y a aussi les Marcus Garvey, Haïlé Sélassié Ier, Malcolm X etc.

Dans la scène reggae française actuelle, de qui te sens-tu le plus proche ?

Admiral T, son discours ressemble beaucoup à celui que moi je tenais lorsque j’étais plus jeune. Bien que lui, il se focalise vachement sur Gwada et que mon message soit un peu plus ouvert je pense, je trouve qu’on se ressemble quelque part.

Et quel est ton point de vue sur la nouvelle vague d’artistes dancehall comme Sizzla, Capleton etc. ?

Je pense que ce sont des artistes très engagés dans leur pays, leur mouvement et j’ai donc énormément de respect pour eux. Yeah man ! Depuis que Bob est parti, je trouve qu’ils amènent le côté roots, spirituel dans le dancehall et c’est bien car il ne faut pas perdre le message du reggae originel. Le style a évolué mais le message, il est toujours là. Je n’adhère pas à tous les messages qu’ils véhiculent, mais le message principal, ce côté spirituel, il est là. Anthony B, Capleton, Sizzla etc., ce sont des artistes que je kiffe !

Un mot sur ton activité musicale du moment ?

J’ai un nouvel album qui sortira en septembre Il était une fois..., réalisé et produit par l’Entreprise KDY. Là, il y a un premier single « Koupé Kann », avec Princess Erika, qui va sortir pour l’été. J’espère qu’on l’entendra beaucoup sur les ondes.

Une dernière question, qu’est-ce que le reggae et rastafari t’ont apporté dans ta vie en général ?

Ça m’a apporté un équilibre, des repères et ça m’a permis à moi qui fais de la musique d’exister ! Ça m’a montré que Dieu est Dieu. Le meilleur ami, allié, manager et conseiller de l’homme, c’est Dieu !





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