Alam Tournée Family
05/05/12 au 07/09/12
BARRINGTON LEVY
25/06/12 - RIS-ORANGIS
U ROY
04/07/12 - PARIS

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Alam Tour

Barrington Levy

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Yaniss Odua et Patko

Interview Chuck Fender Interview Chuck Fender
08/05/08 - Auteur(s) : Caroline (avec l'aide de WI)

Quelles sont tes influences? D'où viennent-elles?
Le reggae, c'est un truc qui est inné, quelque chose que tu as en toi depuis toujours. Je ne sais pas vraiment d’où viennent mes influences. Certainement de Sa Majesté Haile Sellassié. C'est très spirituel, une influence spirituelle en quelque sorte. Nous sommes comme des messagers pour Jah, il faut diffuser des messages aux gens et nous sommes un moyen qu'il utilise pour véhiculer ses messages.

Pour quand as-tu prévu ton prochain album?
J'en ai fait deux avant : le premier était "Better Days", le deuxième "The Living Fire" produit par Greensleeves Records, le label qui a maintenant été racheté par VP. J'enregistre mon troisième album, qu'on espère sortir en Juin. J'ai déjà commencé à travailler dessus (ndlr : l’interview a été réalisé en mars en Jamaïque). On a pas encore trouvé de titre...

Il sortira aussi en Europe?
Et bien... oui, j’espère ! (il rit doucement)

Qui produit cet album?
On a Christopher Birch, Marvin, Shane Brown, moi-même avec mon propre label "Living Fire Records" ... Donc tu vois c'est une combinaison de plusieurs grands producteurs sur cet album.

Quels titres exclusifs apparaîtront sur cet album?
On ne veut pas vraiment donner d'informations pour l'instant, vous verrez en Juin. On veut surprendre le public, tu vois. Ca va être encore plus bad que les albums précédents.

«Cry for My people» sur le Blaze Riddim a été un grand succès, comment l'as tu écrit?
L'inspiration m'est venue naturellement, juste en sortant et en observant. Elle parle de ce qui se passe tous les jours dans la rue : tu vois des gens qui souffrent partout, tu vois des crimes... L'inspiration vient donc naturellement.

Un autre de tes morceaux s'intitule «I swear», quel en est le sujet?
Tu vois, quand j'ai débuté dans le milieu, je faisais des chansons qui faisaient l'apologie des armes (des «gun songs») et des sons slackness, je venais juste de quitter l'école, depuis j'ai trouvé ma voie en Rastafari, en Jah.
Ce son c'est donc pour dire que je ne referai plus jamais ça, c'est une prise de conscience, je dis «I Swear», je jure que quoi qu'il puisse arriver dans ma carrière, je ne reviendrai plus en arrière et ne chanterai plus ce genre de chansons, car ça ne va pas dans le sens de Jah !
(il chante «I Swear» acapella)

Il ya aussi «Oh My Lord» , de quoi as-tu voulu parlé?
J'observe le monde, je vois ce qui s’y passe : en Jamaïque, en Amérique, en Angleterre, en Europe, partout... et je constate que la vie est un vrai combat, les gens travaillent dur pour s'en sortir, cumulent 2-3 emplois pour joindre les deux bouts.
Moi je vois ça je me dit «Oh My lord...»
(il chante le son acapella)

Comment explique-tu la violence en Jamaïque?
La violence en Jamaïque est très apparente, ça saute aux yeux, tu sais de quoi je parle, il y a des personnes innocentes qui meurent sans raison. Le problème c’est que tout est bloqué. Il y a beaucoup de chômage et peu d’opportunités pour les jeunes. Et cette nouvelle génération de jeunes est différente de la nôtre. Je crois qu'il leur faut plus d'éducation, leur ouvrir l'esprit. Ils vivent dans leur quartier depuis 18 ans, ne connaissent pas plus loin que le coin de la rue, ne savent pas à quoi ressemble le monde ailleurs, en dehors de la Jamaïque. Ils ont vraiment besoin d'être pris en main et éduqués, et d'avoir plus d'opportunités en matière d'emploi et d'études. Les portes doivent leur être ouvertes!

Que fais-tu pour les jeunes? Tu travailles avec eux, des associations ou des structures comme cela?
Oui, on fait beaucoup de concerts caritatifs. On travaille avec les écoles. Il y a beaucoup d'enfants dont il faut s'occuper, mais quand on le fait, on n’a pas besoin d’appeler les journalistes et de le faire devant des caméras, comme certaines personnes. On ne veut rien prouver à personne, on le fait car ça vient du cœur.

Il ya aussi des havres de paix en Jamaïque, dans les montagnes par exemple. Quel est ton coin préféré?
Il y a beaucoup d’endroits tranquilles ici. Des lieux paisibles , naturels avec des arbres de la nature qui sont propices à la méditation. J’aime bien me lever très tôt et aller à la plage pour profiter de ces moments de quiétudes, de sérénités, de Jah.

Pour changer de sujet et revenir à toi, cela fait longtemps qu'on ne t'as pas vu en Europe! Pourquoi?
Ma dernière tournée européenne remonte à 3 ans, c'était pour la promotion de «Better Days». Je n'avais pas fait de tournée pour le deuxième album «The Living Fire» à cause de problèmes d'organisation avec les promoteurs. On espère que ça se passera mieux à ce niveau-là car on souhaite vraiment venir en Europe, participer aux grands festivals et donner des concerts. Nous aimons vraiment l'Europe.

Je pense que tu sera le bienvenu en Europe, les gens seront ravis de te voir...
Je n'ai jamais été en France ni en Allemagne. J'ai été en Italie, en Suisse, en Suède, partout mais pas en France. J'aimerai vraiment y venir et jouer pour le public là-bas. Je cherche à revenir en Europe et faire une bonne tournée, et j'espère pour cela travailler avec des promoteurs honnêtes, qui œuvrent vraiment pour la musique, parce que le reggae n'est pas qu'une question d'argent, il y a un message à faire passer aux gens, et c'est ce que je tente de faire.
Donc voilà, ça s'organisera, ça fait un moment, mais on reviendra...

Des rumeurs disent que ce serait à cause de titres homophobes...
(rires) Non, je n'ai rien contre les homosexuels, ce sont des humains, ils ont choisi un mode de vie différent et ce n'est pas mon problème. Je fais de la musique, je veux pas faire de politique mais du bon son. Je ne cherche pas plus loin tu vois. Je n'ai rien contre eux, ni contre personne, je ne suis pas un raciste non plus.

Quelle image veux-tu donner à ton public ?
Je suis quelqu'un de calme et tolérant, je ne suis pas violent, je n'ai pas un tempérament excité, à parler de guerre et de crime, je suis un messager de Jah, et si j'étais ce genre de personne, il ne m'arriverait rien de bien, Jah ne le permettrait pas. Il faut marcher droit. C’ets le sens de mon message.

Interview réalisé par Caroline (avec l'aide de WI) et traduction Nounours.
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