Jamanah
24/11/18 au 16/02/19
Biga Ranx On Tour
21/09/18 au 14/12/18
Takana Zion au Parker Place
20/12/18 - Abidjan
Linval Thompson & Romeo K
10/01/19 - Paris

Linval Thompson

jamanah

Biga Ranx

Parker place

Manudigital

Interview Homme Paille Interview Homme Paille
08/10/08 - Auteur(s) : West Indian

D'abord peux-tu nous faire un bilan de la sortie de ton premier album près d'un après sa sortie ?


L'album va sur son année et demie, et à vrai dire le bilan que je suis tenté de faire est forcément mitigé. J'ai tout simplement du mal à me satisfaire des choses.
Cependant, je ne peux que remercier toutes les personnes qui de près ou de loin ont permis qu'on puisse être fier de cette petite galette ; les prestations continuent, on en est a la seconde réédition avec DVD et bonus par milliers. Donc même moi l'éternel insatisfait je suis beau joueur et je vois tout ça comme l'un des bienfaits du Bon Dieu à l’égard de mon humble personne.


Quels sont les évènements auxquels tu ne t'attendais pas ?

Disons que la démarche commerciale que légitime un support CD n'est et ne sera jamais un réflexe ou une voie privilégiée me concernant. Qu'on le veuille ou non le travail de communication dans ce cadre-là ouvre des portes qui seraient peut-être restées fermées autrement et effectivement c'est la tribune médiatique avec l'exposition qu'elle sous-entend qui a été surprenante pour le complexé que je suis. Ensuite le seul vrai lieu d'expressions de la musique reste la scène et la en général ce n'est que du bonheur qu’on s y attende ou pas.


On t'a vu un peu en France, mais pas trop non plus, pourquoi ?

Je n'ai pas le même avis que toi sur le sujet. Cela va faire bientôt 5 ans que je fais l'aller-retour entre mon île et la métropole, et l'année dernière j'ai pris l'avion une bonne trentaine de fois pour des scènes, en Guyane, en Allemagne, à la Réunion, en France et bizarrement quel que soit la destination il n'y a que mon chez-moi qui me manque. Je fais environ 20 dates en France par an ensuite les lieux ou les organisations sont différents et pas forcément amené à la connaissance de tous, les scènes de 500 personnes sont tout aussi importante que celles de 5000 ! A mes yeux en tout cas.


Comment fais-tu pour concilier tes études (si tu les fais encore) avec la musique ?

Avec la grâce de dieu tout bêtement, j'essaie de rendre mon cerveau disponible une dizaine de jours avant les examens, je m'enferme chez moi et je travaille. Après ça passe ou pas ; jusqu'a maintenant ça va je me plains pas...je suis en Master d'info com.


Les études finies envisages-tu de te lancer à plein temps dans la musique ?

Pas vraiment, ou plutôt je ne pose pas la question en ces termes. La musique n'est jamais meilleure que quand elle est libre. J'essaie depuis le départ de me soustraire au regard intéressé, je n'écris que lorsque j'ai quelque chose à dire, je ne vais en studio que lorsque je me sens prêt et je n'ai pas envie que ça change... On verra bien la question ne se posera peut être jamais avec un peu de chance. (rires).

Pour revenir à ton parcours, quels sont les artistes qui t'ont influencé à tes débuts et de qui te sens-tu proche musicalement aujourd'hui ?

Je suis lycéen et je me souviens encore d'une époque où les cassettes de sound system de Nuttea, de Pleen, de Straika, de Metal Sound ou encore de Janik étaient mon pain quotidien. La Martinique a toujours eu un penchant volontaire pour les djs engagés et doués avec les mots. De Yaniss Odua en passant par Matinda, jusqu'à plus récemment Sael ou Valley, ma génération a eu la chance de se voir tracer un chemin plutôt conscient et légitimant une vrai pérennité. D'ailleurs les vrais responsables de l'avancée de cette musique dans l'inconscient collectif ce sont ces frères là et je ne peux que me sentir tout petit devant eux et le travail qu'ils ont accompli.


Où puises-tu ton inspiration pour écrire ? et ensuite comment fonctionnes-tu (tu écoutes le riddim avant d'écrire ou l'inverse) ?

Je suis un peu atypique dans ma manière d'écrire. Je me fous royalement de tous les formats que l'on pourrait vouloir m'imposer, j'ai des morceaux qui tendent vers les 8 min tout simplement parce que j'envisage la musique comme une vrai démarche de défense d'idée, de point de vue, un peu comme une dissertation.

Dans un show, au carbet je crois, Guy al mc soulignait l'importance de suivre le fameux schéma introduction développement conclusion... je suis plutôt d'accord avec lui. Bien sûr une certaine musicalité est indispensable.


Avec quels producteurs aimerais-tu travailler ?

Une question que je ne me suis jamais posé même si comme tout le monde j'espère un jour avoir les moyens de mes envies musicales. Pour le moment, sur l'album mots pour maux on a taffé avec don's music et je suis plutôt satisfait du travail accompli. ON AURAIT PU FAIRE MIEUX mais on aurait surtout pu faire pire (rires).

Suis-tu la scène jamaïcaine ? Quels sont les artistes et morceaux que tu écoutes en boucle ces derniers temps ?

On the rock de Mavado, musicalement c'est puissant. Ensuite les classiques Capleton , Anthony b., Buju Banton, Jah Mason (i’m going to my home) mais à vrai dire je reste plus friand du travail des locaux ; rêvons de nous même avant de rêver des autres

On te sait friand des introductions avec des refrains populaires, comment est-ce que c'est venu ?

Ben j'imagine que je ne suis pas équilibré. J'écoute beaucoup de Brel, de Brassens, de Steevie Wonder, de Malavoi, de Max Ransay. J'aime les textes tout bêtement
et j'essaie de montrer qu'il n y aura jamais de musique actuelle ou de musique d'avant mais que la seule distinction à faire est entre la bonne et la mauvaise musique. Kali dans racinn parlait déjà il y a dix ans de nos situations actuelles. Le BPM était différent c'est tout.

Parle-nous un peu de la scène reggae martiniquaise, quels sont les jeunes artistes qui te branchent actuellement ?

Byronn n'est pas à proprement dit un jeune artiste mais si aujourd'hui je ne suis pas ridicule derrière un micro c'est grâce a lui. Il va sortir son album et il mérite vraiment une reconnaissance qu'il n'a pas encore. Apres entre Elvys, Kalash Diamond, il y a quand même de quoi faire par chez moi (rires).


Travailles-tu sur ton second album ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur sa préparation ?

Non je suis encore en train de prendre mon temps. Comme d'habitude, j'attends d'avoir quelque chose à dire, et puis la conjoncture est ce qu'elle est donc sortir un album ne doit pas être un geste anodin.


Peux-tu nous dire pourquoi tu as choisi le chapeau de paille ?

Le chapeau je l'ai depuis 1997 suite à un petit accident qui m’a valu mon surnom paille je suis parti dans l'autodérision voila tout.


Comment ressens-tu la place d'Internet dans la musique ?

Internet est un couteau a double tranchant qui nous sert et nous dessert à la fois, mais puisque apparemment personne n'y peut rien on s’en accommode. Cependant, je reste persuadé que la démarche est différente et moins valorisante quand on prend du son sur le net , la musique est un peu galvaudé et il n'y a aucun filtre entre les bons et les moins bons. C'est dommage et dommageable.


Parle-nous de l'importance du Reggae en Martinique.

Le reggae est marqué du sceau de la révolution et de l'éveil des consciences, ma Martinique a souvent préféré s'endormir sur ses problèmes en espérant les voir disparaître à son réveil ;donc l'alchimie n'a pas été immédiate, mais le travail des anciens comme celui des nouveaux a toujours eu pour but de casser les préjugés trop faciles qui handicapaient le son et on peut désormais dire que le reggae fait partie du paysage culturel martiniquais au même titre qu'une biguine ou qu'une mazouka. Les gens ont compris qu'une mobilisation musicale pouvait déboucher sur un salut culturel et quelle musique peut plus fédérer que celle chantée par le grand frère Bob Marley ?


As-tu une point de vue sur Rasta et sur le principe de répatriation ?

Je pars d'un principe simple qui veut qu'un mouvement prônant l'amour et l'unité ne peut être que profitable à l'humanité et le fameux rapport à l'Afrique est indispensable pour bien comprendre la grande machination mondiale. Je veux juste dire que quand un enfant laisse sa mère mourir dans la désolation et la solitude, il se met lui même en danger ; l'Afrique étant la mère de l'humanité pas besoin de pousser plus loin la métaphore

Yaniss Odua chantait "La Caraïbe ne nous appartient pas on a jamais dit ça". Quel est ton point de vue sur le sujet ?

Ben je comprends surtout le sien et je le partage en partie ; après je revendique ma différence et mon métissage, mon histoire qu'elle soit « esclavagée » ou pas et je veux surtout que les gens qui ont la même que moi en prennent conscience, qu'ils vivent en Afrique, en Russie ou aux Amériques. C'est le jeu de l'oppression qui m'indigne avant tout.


Pour finir explique-nous un peu les paroles de la dubplate que tu as posée pour Reggae.fr sur The Mission Riddim .


C'est un petit medley de deux sons que j'aime assez : le premier baissé zié ba yo parle d'une évidence à mon sens qui veut qu'on soit fier de ce nous sommes et qu'on en fasse un avantage pas un handicap. L'histoire a laissé des cicatrices dans les mentalités et secouer un peu les prérequis est indispensable. Le second s'appelle l'école des flammes et parle tout bêtement de notre penchant si stérile à nous auto flageller. Les clash n'ont jamais intéressé que notre microcosme et ne font que donner raison à ceux qui pensent que nous ne sommes que des sauvages juste bon à se battre entre eux
voila tout.

Big Up

width="450" height="200"/>
publicité
commentaires
... aucun commentaire ...

1.8/5 (26 votes)

  • Currently 0.00/5
0.0/5 Evaluation Reggae.fr
Paille

En quelques apparitions et compilations, l'Homme Paille est devenu l'un des artistes hexagonal dont tout le ...
08/10/08 - Reggae local

Reggae Radio