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25/05/09 - Auteur(s) : Djul

Pouvez-vous commencer par vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas, en expliquant comment vous êtes « tombé » dans le reggae music.

J’ai commencé à selecter de la musique jamaïcaine en 1967, quand j’ai entendu 007 Shanty Town (ndlr : Desmond Dekker). Mais la première fois que j’ai entendu de la musique jamaïcaine, c’était en 1964 avec My Boy Lollipop de Millie Small. J’étais fasciné par le son du ska, par l’énergie de son rythme « tchk tchk tchk ». Ca m’a complètement capturé. Quand j’ai commencé à jouer en 1967, j’avais 16 ans. Je jouais dans des fêtes d’anniversaire ou pour l’école, des choses come ça. Puis j’ai été à l’Université et dans une école de théâtre. Et pendant toutes mes années d’études, je continuais à être fasciné par la musique jamaïcaine. Puis, en 1978, alors que je commençais ma carrière d’acteur, j’ai passé une audition pour animer une émission reggae sur la BBC à Londres. J’ai obtenu le job. J’étais obsédé par cette musique, j’aimais le style, les rythmes, les voix, tout. C’est très vite devenu une obsession.

Vous avez donc assisté à toutes les évolutions de cette musique : le ska, le rocksteady, le reggae et tout ce qui s’en suit. Quelle est votre période favorite ?

J’ai aimé le rocksteady, c’était cool et rafraichissant. Le ska était plus énergique, c’était sympa aussi. Mais je crois que ma période préférée est le milieu des années 70 quand King Tubby créa le dub. Il y avait aussi le style Deejay de Big Youth, les Abyssinians, l’album Catch A Fire des Wailers, le premier album de Burning Spear. 73, 74, 75 et 76, ces années étaient très excitantes. Il y a eu tellement de bonne musique à cette époque, les Heptones, Augustus Pablo, le son Rockers. Le milieu des années 70 est définitivement ma période favorite dans le reggae.

Aujourd’hui le reggae a beaucoup changé. Les artistes modernes de dancehall et nu-roots sont plus radicaux dans leurs propos. Certains expriment même clairement leur homophobie. Qu’est-ce-que vous pensez de ça et est-ce-que vous jouez des chansons homophobes dans vos émissions ou lors de vos soirées ?

Je ne joue jamais de disques homophobes à la radio car en Angleterre, ce serait très offensant pour les auditeurs. En plus c’est interdit par la loi, on n’a pas le droit d’inciter à la haine envers quelqu’un. Je crois que l’être humain n’a pas le droit de juger ou d’appeler au meurtre ou à la haine de qui que ce soit, quelles que soient sa couleur, sa race et ses croyances. Ca va à l’encontre des lois de l’humanité. Il est dit dans la Bible qu’on ne doit juger personne.

Mais il est aussi dit qu’on ne doit pas être homosexuel…

Oui, c’est écrit dans l’Ancien Testament… Mais je suis désolé, du plus profond de mon cœur, je ne peux pas dire que quelqu’un devrait être tué, brûlé ou assassiné pour n’importe quelle raison. Je crois fermement que le reggae est une musique qui parle en faveur des gens oppressés. C’est ce qui m’a attiré vers cette musique. Par exemple, la chanson Declaration of Rights des Abyssinians. C’est une chanson qui parle du peuple noir qui a été opprimé pendant 400 ans. Si vous faîtes partie d’une race qui a été brutalisée sous le système colonial des plantations pendant 400 ans, pourquoi voudriez-vous faire souffrir d’autres peuples ? Je ne peux pas le comprendre. C’est quelque chose qui m’a toujours attristé et ça ne faisait pas partie du reggae quand j’ai commencé à m’y intéressé. Personne n’en parlait. Une fois U-Roy m’a dit : « Ce qu’on n’aime pas, on n’en parle pas. » Si vous pensez qu’être homosexuel est inacceptable, c’est votre problème. Mais vous n’avez pas le droit d’inciter au meurtre.

Allez-vous souvent en Jamaïque ? Qu’avez-vous l’habitude de faire quand vous y êtes ?

J’allais beaucoup en Jamaïque à la fin des années 70 et au début des années 80. J’y allais aussi pas mal dans les années 90 mais maintenant j’y vais de moins en moins souvent. Je pense que c’est parce que la musique a beaucoup changé. Quand j’y suis, je passe beaucoup de temps dans les studios. Mais aujourd’hui, les gens peuvent avoir des studios dans leur chambre alors il y en a partout. L’idée d’aller en studio en Jamaïque n’est plus du tout la même que quand j’allais chez King Tubbys ou chez Harry J ou Tuff Gong. Mais j’aime quand même aller en Jamaïque, je sors dans les dance halls, je cut des specials. Je vois ce qui se passe aussi à propos de la musique.

Parlons un peu de Rastafari. Est-ce important pour vous ? Est-ce-que la philosophie rasta agit sur vos manières de penser ou agir ?

Le Rastafarisme a toujours été important pour moi car, sans lui, le reggae que l’on a aujourd’hui n’aurait jamais existé. Le Rastafarisme a une part importante dans la naissance et l’inspiration de cette musique. Les premières chansons jamaïcaines parlent de Rasta, comme Oh Carolina des Mystic Revelation of Rastafari, les percussionnistes de Count Ossie qui vivaient dans les montagnes de Wareika. Alors, si vous ignorez Rasta, vous ignorez les racines du reggae. Rastafari est un style de vie spirituel. C’est un style de vie que j’ai toujours respecté. Les rastas m’ont toujours donné beaucoup d’amour et de respect, ils m’ont toujours bien accueilli. Et ce sont les chansons inspirées par Rasta qui ont marqué le reggae, pas celles à propos d’armes ou de meurtres.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre légendaire dubplate de Bob Marley ?

En fait ce n’est pas une dubplate. Je ne connais personne qui a une vraie dubplate de Bob Marley ; selon moi il n’y en y a aucune. A chaque fois qu’un sound a prétendu avoir une dubplate de Bob Marley, il a été prouvé que c’était faux. Elles avaient été enregistrées par Candy Man ou un des fils Marley. Donc je n’ai aucune dubplate de Bob Marley, et il y a malentendu car je n’ai jamais dit que j’en avais une. Ce que je possède c’est une version de Iron Lion Zion que personne n’a. Les gens de Island Records me l’ont donnée quand ils l’ont découverte. J’ai été autorisé à utiliser les vocaux et à reconstruire le riddim. Et je l’ai fait en 1997, on a utilisé une ancienne version du Cuss Cuss riddim. A la base, je l’ai fait pour un clash contre Killamandjaro, parce que je savais que Ricky Trooper adorait le Cuss Cuss riddim. Et quand je l’ai joué, ça a causé la surprise générale, les gens n’en croyaient pas leurs oreilles car ça sonnait comme une dubplate. Mais je n’ai jamais dit que c’en était une !

Question difficile : quels sont vos 3 morceaux préférés ?

Unchained de Bob Andy, la version de Studio One. Declaration of Rights des Abyssinians est un morceau magnifique. You don’t know de Bob Andy aussi, puis Slave Driver de Bob Marley. Ca fait plus que trois ça, mais il y en a tellement.

Et vos trois dubplates favorites ?

Il y a celle de Johnny Osbourne : Playing in the ghetto tonight. C’est une de mes préférées car elle est mixée par King Tubby. Sinon, il y a … c’est trop difficile, je ne sais même pas combien j’en ai… Ah, si ! J’ai toujours adoré English man in New-York de Shinehead parce que j’aime beaucoup le Taxi riddim. Cette dubplate a été cutée pour le même clash contre Killamandjaro en 1997, celui où j’ai joué le morceau de Bob Marley dont on parlait juste avant. Une de mes favorites est aussi Murderer de Buju Banton, il me l’a enregistrée en version dubplate avant même que la chanson ne soit sortie. Si je peux en rajouter quelques unes, il y a Damian Marley : Welcome to Jamrock, Dennis Brown : To the foundation, Horace Andy : Trying to conquer, et aussi Freddie McGreggor en combinaison avec Horace Andy : Stop that train.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Je crois que c’est quand je travaillais à la radio avec Barry Gordon en Jamaïque au début des années 80. Parce qu’à cette époque, je bougeais avec King Tubby, Prince Jammy et Henry Junjo Lawes, on allait ensemble dans les dance halls. On s’amusait beaucoup avec Barry G., c’était un très bon animateur radio, un excellent collègue et un très bon ami. Et mon show le plus mémorable est sans doute celui à New-York aussi avec Barry G. devant 3000 personnes en 1995. C’était malade ! On avait fait une dubplate de Tenor Saw juste pour cette soirée. Je n’oublierai jamais cette nuit, il neigeait, il faisait très froid et il y avait des milliers de personnes dehors qui n’avaient pas pu rentrer. Supercat m’a dit qu’il était présent ce soir-là dans le public. Qu’est-ce qu’on peut espérer de mieux ?

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commentaires
le 12/10/09 par SambuyRider74
Bien Djul comme à ton habitude!

1.7/5 (39 votes)

  • Currently 5.00/5
5.0/5 Evaluation Reggae.fr
Rodigan
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