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Buju Banton se livre Buju Banton se livre
05/10/09 - Auteur(s) : Souljah, Martin & Sacha Grondeau

Buju Banton est un artiste rare qu'il n'est jamais simple d'interviewer. Rencontré à Yard, il nous avait promis un interview l'année dernière, mais finalement cela n'avait pu se faire. Arrivé en France cet été, il n'avait pas oublié sa promesse et il s'est donc laissé prêté aux jeux des questions dans la bonne humeur. Il en a profité pour revenir sur son nouvel album, les rapports entre roots et dancehall et la polémique née de ces derniers propos sur Bob Marley.


Qu'est-ce qui s’est passé à ton arrivée sur scène (ndlr : Buju était un peu énervé avant de débuter son show au festival Furia) ?
BB : Maintenant je me sens bien, avant mon arrivée sur scène il y a eu quelques soucis techniques. Le show était bien, mais il aurait pu être encore meilleur. J'essaie toujours de faire le mieux que je peux. Regarde je me suis blessé au pied pendant cette représentation. Alors, mon soldat (Delly Ranks) m'a apporté une bassine et de la glace… (Delly Ranks masse la cheville foullée de Buju)


Que peux-tu nous dire de ton nouvel album ?
BB : Mon nouvel album "Rasta Got Soul" est un objet composé de 15 titres intéressants. Des
titres qui parlent à votre âme, à votre esprit. Ils s'adressent directement à ce qui a de plus profond en vous, il est composé de paroles profondes, d'ambiances méditatives, de combinaisons et d'interactions entre les gens pour donner un reggae puissant. Vous n'y résisterez pas sauf si vous n'êtes pas vraiment amateur de reggae.


Pourquoi ce titre "Rasta Got Soul" ?
BB: Tu sais, les gens se rappellent de l'album "Too Bad" qui était entièrement dancehall.
Mais mes fans qui aiment entendre Buju chanter du pur reggae music, n'ont plus eu cette occasion. C'est pourquoi j'ai voulu faire cet album pour eux cette fois-ci et pour les gens du monde entier.


Tu es donc de retour dans une version plus roots...
BB: Oui mais j'y papillonne, je ne suis pas soit roots soit dancehall. Il faut que tu saches que j'ai constamment deux types de gens dans mon public, ceux qui apprécient mon son roots et ceux qui préfèrent mes titres dancehall.


Tu te considères plutôt comme un artiste dancehall ou new-roots ?
BB: Tu sais le dancehall, c'est mes racines en quelques sortes. Mais j'aime à faire différentes choses, alors le plus simple est d'essayer et d’éviter les étiquettes.


Que penses-tu de la scène reggae actuelle ?
BB: Honnêtement, je pense que le milieu est vacillant. Nous avons besoin de plus de Luciano. Les grands chanteurs, comme Bushman par exemple, ont besoin de revenir sur le devant de la scène.


Tu es fatigué du slackness ?
BB: Oui, lorsque je suis venu pour la première fois en France j'étais l'un des premiers artistes dancehall. Mais ce n'est pas vraiment cette pierre que j'ai apportée à l'édifice de la musique jamaïcaine. Depuis mes débuts, j'ai produit et créé de nombreux morceaux conscients et c'est cela qui est le plus important. J'ai envie que les jeunes qui s'intéressent à la musique puissent apprécier mon son. Le dancehall est une musique plaisante, mais elle peut être encore plus plaisante si elle est propre (sourire).


Parlons un peu de Bob Marley et de la polémique né de tes propos...
BB: Ils ont essayé de détourner ce que j'ai dit sur la légende Bob Marley. Je ne dis pas que "The Legend" (Bob Marley) n'était pas quelqu'un d'important, il était grandiose. N'écoutez pas ces gens qui ont travesti mes mots, Bob Marley est notre père. Il est notre père et en cela nous devons le lui rendre au mieux en tant que personnes vivantes. Nous devons faire de notre mieux pour créer de la bonne musique.


Tu as d'ailleurs joué "Time will tell" de Marley
BB: Bien sûr je devais jouer ce morceau. Car pour mes fans, si je ne joue pas un morceau de Peter Tosh, je dois au moins jouer un titre de Bob Marley. N'écoutez pas ceux qui racontent n'importe quoi. Je suis de ces hommes qui mettent un point d'honneur a rendre hommage aux artistes qui m'ont précédé. Je ne manquerai jamais de respect aux artistes qui ont créé la musique que j'aime, jamais ! Les gens essaient de créer de l'animosité sur mon compte et sur Jah. Ils veulent que les rastas se battent entre eux, mais la vérité c'est que l'on ne peut se battre contre soi même... Tout cela pour que ces "Romains" puissent en tirer profit. Mais laissez-moi vous dire, cela est impossible. (rire)


Tu as produit ton dernier album, comment cela s'est-il déroulé ?
BB: Je n'ai rencontré aucunes difficultés, car je produis moi-même depuis le titre "Not an Easy Road", puis j'ai produit "Love Sponge", "Natty Dread", "Hills & Valley", puis j'ai produit aussi du ska avec Small Axe. Donc j'ai toujours produit des choses et j'aime cela produire sur mon label Gargamel.


D'ailleurs d'où vient ce nom Gargamel ?
BB: C'est un surnom que des amis m'ont donné à l'époque, car j'étais toujours celui qui cherchait à créer des ennuis aux autres. Toujours à ennuyer un tel ou un autre....(rires). J'ai changé depuis, mais je me suis dit : gardons le nom. (rire)


Avec quel type de producteurs aimes-tu travailler ?
BB: J'aime les producteurs qui travaillent à créer des choses diversifiées. Des producteurs qui n'ont pas peur de prendre des risques en proposant de la musique différente, qui prennent des risques positifs. Des producteurs qui ont des inspirations différentes et qui créent des vibrations diverses.


(La suite de l’interview a été réalisée à la suite de son concert à l’Elysée Montmartre.


Revenons à ton album, parle-nous de ton morceau "Hurt us no more"
BB: Ce morceau parle de la douleur, des souffrances personnelles que j'ai traversées. J'ai voulu faire apparaître cette souffrance mentale, physique et spirituelle pour qu'ils arrêtent de nous faire souffrir. Il en va de même pour tous ceux qui traversent des moments difficiles dans leurs vies et qui veulent que sa s'arrêtent.


Peux-tu nous parler de ce qu'évoque le titre "Magic City" ?
BB: Ah...! Ce soir, était un soir magique, très spirituel (il fait référence à son concert à l'Elysée Montmartre ), un vrai moment d'élévation ! Paris est un endroit magique qui dégage quelque chose de particulier. Yes ! Kingston, là d'où je viens est aussi un endroit magique où il se passe des choses incroyables et où des esprits forts se développent. Il s'en dégage un état d'esprit, une vibration que je vous invite à découvrir, voilà ce que je veux dire avec « Magic City ».


Et à propos de ton morceau "A little bit of sorry" ?
BB: Ah, tu sais que j'apprécie le ska, (Buju sourit il est visiblement content de pouvoir parler musique). J'avais besoin de montrer d'où venaient le reggae et toutes ses déclinaisons. Dans ce titre je parle d'une manière d'être qu'il faut développer pour pouvoir être en paix avec soi comme avec les autres. Obtenir une paix intérieur et éternelle. Si vous êtes mauvais envers quelqu'un...vous lui devez au moins de bien lui parler ! (rire)


Que peux-tu nous dire sur le morceau "Optimistic Soul" ?
BB: J'ai voulu me définir dans ce morceau, je suis une âme optimiste qui cherche toujours à améliorer son état d'esprit, qui cherche à éclaircir des choses qui ne le sont pas vraiment. Tout le monde devrait être optimiste, cela vous rend meilleur dans la difficulté. Si vous vous bloquez alors que ça va mal vous ne faites que vous enfermer !


Tu as construit cet album avec différents ingrédients, différents styles, ne penses-tu pas avoir déstabilisé ton public ?
BB: Tu sais lorsque j'ai sorti mon dernier album (essentiellement dancehall), les amateurs de reggae ont été très surpris. Et maintenant que j'ai fait cet album, qui n'est composé que de reggae, mes fans dancehall sont surpris. Donc pour la prochaine fois je pense touver un juste équilibre (sourire).


Donovan Germain a produit un morceau sur cet album, peux-tu nous expliquer comment vous travaillez ensemble ?
BB essaie d’éluder la question : Donovan German est un très bon producteur. Il a travaillé avec les meilleurs. Delly Ranks aussi est un très bon producteur, c’est aussi un très bon "showman", un chanteur dynamique ainsi qu’un très bon parolier. J'espère pouvoir encore travailler avec ces personnes dans le futur. Il y a aussi Wyclef Jean avec qui nous avons fait du très bon travail.


Qu'est ce qu’il y a de si spécial dans tes collaborations avec le label Penthouse de Donovan Germain ?
BB: En fait, il y a une véritable alchimie lorsqu'on travaille avec Donovan. Il sait quels sont les riddims qui conviendront le mieux à ma manière de chanter.


Beaucoup pensent que tu as continué le combat que Garnett Silk a mené de son vivant, comment te positionnes-tu par rapport à cela ?
BB: (comme Garnett) je suis un rebelle. Un rebelle honorable, un rebelle avec une cause. Une cause claire et honorable : (…) le reggae doit continuer à toucher les consciences avec ses messages d'élévations et de prises de position. Le reggae doit être capable d'apporter la joie et une estime de la vie ; (…) Voilà où je veux amener le reggae et c'est mon devoir jour après jour ! ».


Tu l'a côtoyé de près ?
BB: Garnett était un très bon ami. J'étais triste et le suis encore, car il a disparu, mais que Dieu le bénisse !


Un message pour les gens qui te suivent en Europe ?
BB: Pour tout mes fans en Europe : Buju Banton vous remercie, je vous aime ! Je suis en ce moment en train de faire une tournée et vous venez nombreux me voir pour que l'on chante et danse ensemble. Je ne peux vous exprimer combien j'apprécie votre engouement. J'espère que nous pourrons encore à de nombreuses reprises partager ces moments-là ensemble. Et il n'y a qu'avec des gens que je considère comme la famille que nous partageons cela. Et il existe différentes manières de montrer de l'amour, donc big up la famille ! Je vous aimerais toujours !

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