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Tiken Jah Fakoly African Revolution Tiken Jah Fakoly African Revolution
06/07/10 - Auteur(s) : Sacha Grondeau, Souljah et Tibo

Tiken Jah faloy est un artiste rare, engagé dont les mots portent loi. La sortie d'un nouvel album est un évènement pour le milieu du reggae africain et pour l'Afrique de manière générale. Avec Africa Revolution, on est pas déçu, l'album est une véritable bombe musicale qui mélange reggae et musique traditionnelle. Cet album est sûrement celui de la maturité mais c'est probablement l'un des tous meilleurs du chanteur ivoirien. Rencontre avec Tiken qui entretient avec Reggae.fr une longue relation d'amitié initiée depuis sa première venue en France

Est-ce que tu peux nous présenter ton nouvel album et pourquoi tu as choisi ce titre-là ?

L’album s’appelle « African revolution » et comporte 14 titres. Et sur ces 14 titres, il y en a une majorité qui s’adresse à la jeunesse africaine. J’ai eu envie de dire à la jeunesse africaine que personne ne viendra changer notre continent à notre place. Quand je regarde un peu l’Histoire de tous les pays et de tous les peuples, ce sont les peuples eux-mêmes, à un moment, qui, étant fatigués de ce qui sont en train de vivre ce sont levés pour dire non, stop. Donc aujourd’hui au lieu que chacun se plaigne dans son salon, il est temps qu’on aille tous se plaindre sur la place publique pour obliger les dirigeants à changer de comportements. Donc j’ai appelé ce disque « African revolution » parce que j’ai envie qu’il y ait plus de conscience par rapport à tout ça. Que les gens cherchent à comprendre comment nos pays sont dirigés. Que les populations se rendent compte du pouvoir qu’elles ont. Parce que dans les pays africains, très souvent on voit le chef, le président à la télé tous les soirs, dans des émissions où il se présente comme le plus fort. Mais à la veille des campagnes des élections en général, ces gens qui se montraient comme les plus forts se retrouvent dans nos ghettos presque en train de faire la courbette. Souvent ils viennent nous voir à minuit, à une heure du matin. Cela veut dire simplement que c’est nous qui avons le pouvoir, qu’ensemble on peut les amener à changer de comportement. C’est un album qui dit aussi aux Africains qu’il faut qu’on arrive à se mettre au dessus des religions, au-dessus des régions, des histoires de régions et au-dessus des ethnies. Parce que deux ethnies ou trois ethnies dans nos ghettos ont les mêmes problèmes. Leurs enfants vont dans les mêmes écoles pourries. Quand ils sont malades, ils vont dans les mêmes hôpitaux pourris. Du coup ils ont les mêmes problèmes, donc il faut se mettre ensemble pour trouver des solutions. Défendre l’intérêt général, parce que le piège des politiques aujourd’hui c’est les histoires de religions, d’ethnies, etc. Voilà je suis président, je crée mon parti politique et la majorité de mes militants vont être d’abord de mon ethnie. Mais arrivé au pouvoir rien ne dit que je pourrai changer les conditions de vie de tous les gars de mon ethnie.  On a eu des exemples en Côte d’ Ivoire. Donc voilà il faut arriver à se mettre au dessus des ethnies, des religions et des régions. Il faut faire comme les Occidentaux se comportent aujourd’hui à ce niveau. Dès que tu touches en Occident à l’éducation, à l’emploi ou à la santé le gars qui vient de la région de Nantes ou celui qui vient de la Corse etc. se mettent ensemble pour défendre l’intérêt général.
« African revolution » parce que je veux qu’on fasse notre révolution à travers le réveil des consciences, à travers notre réveil par rapport à tout ce que je viens de dire.

Justement, tu parles de révolution intelligente est-ce que tu penses qu’il est possible de faire une révolution sans violence ?

Je pense qu’avec tous les atouts qu’on a aujourd’hui que les ancêtres des Américains et les ancêtres des Français n’avaient pas, on a beaucoup de moyens de communication aujourd’hui. On a des choses assez modernes aujourd’hui qui nous permettent de communiquer, de nous expliquer, sans le faire publiquement, de parler à quelqu’un qui se trouve à des milliers de kilomètres d’ici et lui expliquer pourquoi nous nous mettons ensemble, etc. C’est pourquoi je parle de révolution intelligente parce que nous, on a plutôt besoin de construire aujourd’hui, on n’a pas besoin de casser. On ne va pas aller casser le seul hôpital qui a été construit dans la région parce que c’est mal se comporter et au lieu de casser pour faire entendre nos voix, nous pouvons aujourd’hui en nous mettant ensemble comme je le disais tout à l’heure en nous mettant au dessus des régions, religions, etc. pour défendre l’intérêt général, voilà c’est ce que j’appelle une révolution intelligente. C’est à dire ne surtout pas casser, se taper entre nous. On nous a tellement tapés, on nous a tellement tués. À travers l’Afrique aujourd’hui il y a tellement d’innocents qui ont été tués à cause des guerres politiques ou etc. Il serrait intelligent d’éviter de nous-mêmes nous taper dessus parce que nos ennemis, mon ennemi ce n’est pas mon voisin qui a les mêmes problèmes que moi, mon ennemi c’est celui qui me dirige, qui brade les richesses de mon pays au lieu qu’elles profitent à la santé des populations, etc. qui brade ça ou qui distribue ça à sa famille ou a ses amis, à ses enfants, etc. à son entourage. Pour moi c’est un peu ça.

Souvent tu parles de l’éducation des masses, pour toi qui est-ce qui détient cette éducation en Afrique, est ce que ce sont les prêtres... ?

L’éducation à l’époque c’était les mamans, la famille. Malheureusement aujourd’hui c’est la télé qui éduque nos enfants. Moi je sais qu’à l’époque, avant d’aller m’endormir, ma mère ne me lisait pas d’histoire car elle ne savait pas lire mais elle me racontait des petites histoires. Des histoires de l’empire Mandingue, et des contes. Je m’endormais avec ça et le lendemain je me réveillais avec une moralité, un enseignement tiré de ces contes là. Aujourd’hui c’est la télé qui éduque nos enfants, les films brésiliens, les films américains, les films français, où il y a une femme qui sort avec deux hommes, il y a un amant et...voilà. C’est ça aujourd’hui que nous regardons et donc moi je conseille aujourd’hui aux gens, à nos gouvernants de donner les moyens à nos cinéastes pour qu’ils puissent faire des films sur l’histoire de nos ancêtres. L’histoire de nos ancêtres pour prouver que les Africains ne sont pas des lâches, montrer que dans notre histoire il y a de grands hommes et que la colonisation a changé les mentalités et notre société est en train de s’occidentaliser, ce n’est pas ça la solution pour moi. Pour moi la révolution intelligente elle passera forcément par l’éducation, l’école. C’est pourquoi d’ailleurs j’ai créé le concept, un concert une école pour pouvoir apporter ma contribution à l’éducation. Je souhaite que tous les enfants africains aillent à l’école, que l’école puisse leur permettre de comprendre tout ce dont je parle dans « African revolution ».

Pour revenir à l’album au niveau musical tu as donné une touche plus Word music par rapport aux autres albums où les reggae était plus mis en avant ?

Je pense que dans cet « African revolution », il y a un peu plus d’ouverture. Parce que dans la révolution que l’on veut faire je pense qu’on a besoin de tout le monde. On n’a pas besoin que des typiques amoureux de reggae, de reggae roots. On a besoin de tout le monde pour mener ce combat et donc j’ouvre un peu la musique pour pouvoir agrandir la famille qui va nous permettre de faire passer le message que j’ai envie de faire passer. C’est pourquoi d’ailleurs, si ce n’est pas du reggae typiquement roots, c’est de la musique assez roots puisqu’il y a beaucoup d’instruments traditionnels. Vous avez remarqué que dans 90% des titres il y a les instruments traditionnels qui prennent le devant, qui sont très très présents. Notamment la Kora le sokou, le balafon, ce sont des instruments africains, joués par des africains, des instruments qui montrent l’identité culturelle du continent africain, la richesse culturelle du continent africain et donc moi je pense que je ne me suis pas du tout éloigné de la base. Au contraire, j’ai essayé de rechercher un son reggae africain, voilà. Un son qui montre tout de suite, à la première écoute, d’où cette musique vient. Le reggae a été créé en Jamaïque, les jamaïcains sont les plus connus dans ce milieu reggae. Mais nous en tant qu’Africains il est important qu’on apporte une couleur. C’est cette couleur là que j’ai apporté cette fois ci, je ne me suis bas du tout éloigné de la base. Et puis il y a aussi le message qui n’a pas changé. Le message est là, message de revendication, d’éducation, d’information. Le combat contre un système qui nous oppresse, qui nous a oppressés avant et qui continue de nous oppresser. Un système qui continue de s’imposer à nous et donc le message n’a pas changé du tout. Depuis Magercratie je suis resté au front avec le message, le message est là c’est seulement la musique qu’on a essayé d’ouvrir un tout petit peu pour pouvoir agrandir la famille. Et je pense qu’a l’écoute on a eu beaucoup de bons échos, les gens nous ont dit « c’est bien » donc on est content.

Tiken est ce que tu peux présenter les personnes avec qui tu as travaillé sur cet album ?

Effectivement j’ai travaillé avec Johnatan et Kevin sur cet album, deux Anglais qui ont déjà travaillé avec Ziggy Marley. Ce sont eux qui ont produit l’album de Ziggy Marley qui a remporté un Grammy Awards aux USA. J’ai une confiance énorme en mon directeur artistique qui les a rencontrés, qui les connaissait et qui m’a parlé d’eux et me les a proposés. On a fait une première expérience ensemble, sur l’album l’africain. Au moment où on les a rencontrés, j’avais déjà fait la maquette de l’album l’africain donc ils ont pris un peu le travail en chemin. On avait déjà fait basse batterie guitare dans mon studio à Bamako. Quand ils ont repris le travail ils ont essayé d’apporter leur touche du coup ça a donné ce que vous avez pu écouter sur l’album l’africain. Cette fois-ci j’ai décidé de travailler avec eux de A à Z c'est-à-dire que je suis venu en studio sans papier, sans son. Je me suis placé devant un micro, j’ai chanté. Bon avec un super guitariste qui est sur Paris qui s’appelle Thomas et avec lui on a fait un truc acoustique et puis bon à partir de cet accompagnement, à partir de ce Skank Reggae, John et Kevin ont ajouté ce qu’ils devaient ajouter et ça a donné ce que ça donne aujourd’hui.  Et puis bon il y a aussi tous ces jeunes instrumentistes africains qui ont joué. Celui qui joue de la Kora s’appelle Andra, c’est un malien qui est très reconnu dans le milieu des musiques mandingues, il accompagne beaucoup d’artistes dans les tournées et sur les albums et bon il y a Conde le guitariste mandingue avec lequel je travaille depuis 2000. Je l’ai rencontré quand j’ai fait l’album le caméléon. Il était a Abidjan je l’ai appelé pour qu’il fasse un petit travail avec moi et puis il a été présent sur tous mes albums. Disons que je ne pourrais pas vous dire le nom de tous ceux qui ont joué là mais en tout cas c’est tous ces gens qui ont contribué à donner le son que vous avez écouté sur cet album « African revolution ». En tout cas moi je suis très content puisque je suis resté avec la même base mais avec d’autres sonorités qui a mon avis ont apporté quelque chose de positif à ma musique.

C’était important pour toi d’enregistrer entre Bamako et Tuff Gong justement ?

C’était très important. Moi ça faisait depuis l’album coup de gueule qui est sorti en 2004 que je n’étais pas allé en Jamaïque. J’avais envie de retourner en Jamaïque juste pour la vibe, travailler un peu avec les frères. Je considère que le combat du reggae doit être mené ensemble, les Africains et les Jamaïcains voilà donc pour moi c’était important de retourner en Jamaïque, travailler un peu là-bas et travailler en Afrique. J’avais envie de faire ça donc je l’ai fait et je suis très content. Je pense que cette rencontre entre Jamaïque et Afrique donne toujours quelque chose de positif. Je l’avais déjà fait avant l’album l’Africain et j’avais envie de repartir.  Peut être que le prochain, après « African revolution » je resterais en Afrique ou entre la France et l’Afrique mais cette foi-ci j’avais envie de repartir en Jamaïque.

Au niveau des collaborations tu as travaillé avec Magid Cherfi. Est-ce que tu peux nous expliquer comment vous travaillez ?

Disons que Magid j’ai collaboré avec lui pour la première fois sur l’album coup de gueule, nous étions en fin d’enregistrement je crois à Ouagadougou. Mon directeur artistique qui me dit un matin, il y a Magid Cherfi qui te propose un texte. J’ai dit  Ok et il m’a envoyé le texte et avec le réalisateur de l’album à l’époque Tyrone Downie on était en studio, lui s’est mis devant un clavier. Moi j’avais le texte, j’ai commencé à chanter et lui il m’a accompagné. Ça été une réussite puisque le titre Tonton d’América est très apprécié par les fans. Donc voilà c’est comme ça que c’est parti et maintenant, à la veille de chaque album, de chaque enregistrement, moi je fais mes textes et j’envoie à Magid, je lui demande de corriger parce que moi j’ai mon langage, j’ai le français si tu veux ivoirien, africain. Voilà parce que nous on a apporté quand même notre petite touche au français pour nous permettre de nous comprendre mieux.  Mais il se trouve qu’il n’y a pas que les Ivoiriens qui m’écoutent aujourd’hui, il n’y a pas que les Africains qui m ‘écoutent aujourd’hui et donc j’avais besoin de quelqu’un qui apporte quelque chose qui puisse permettre que les Africains continuent à m’écouter mais aussi les publics des autres pays et donc voilà c’est comme ça que j’ai travaillé avec Magid.  Tous les textes que je fais avec Magid et que je lui envoie, je lui dis « voilà à travers ce que je viens de te donner essaye de faire en sorte que le grand public puisse comprendre ce que j’ai envie de dire. C’est une collaboration qui se passe très très bien, Magid il sait un peu ce que j’ai envie d’exprimer, et je pense que ce que j’ai envie de dire, lui il a envie de le dire en tant qu’Africain.

Plus surprenant tu as aussi travaillé avec Jeanne Cheral pour écrire le morceau « je ne veux pas de ton pouvoir », comment as-tu eu l’idée de cette collaboration ?

Bon moi je suis très démocrate dans le travail, je suis très très ouvert. Je disais tout à l’heure que j’ai confiance en mon directeur artistique et il a proposé ce texte-là à Jeanne Cheral. J’avais déjà écris mon texte et donc quand elle l’a reçu elle a fait des propositions, qu’ensemble on a trouvées mieux par rapport à ce que moi j’avais fait. Elle nous a envoyé ses propositions on a écouté et on a trouvé ça bien. Je pense que à chaque fois que quelqu’un peut m’aider ou m’accompagner en faisant passer le message à un plus grand nombre de public moi je suis partant parce que c’est mon souhait ça. Je le dis et je le redis encore c’est un combat à mener et on a besoin de beaucoup de monde. Donc tous ceux qui peuvent me donner un coup de main de sorte que la famille puisse s’agrandir pour pouvoir mener ce combat sont les bienvenus. Donc voilà comment ça s’est passé la collaboration avec Jeanne Cheral.

Par rapport à l’enregistrement de cet album et les sessions studio est ce que tu as un  souvenir marquant ?

Je pense que le souvenir qui m’a marqué dans l’enregistrement de cet album c’est  que j’ai fait un titre pour ma mère qui s’appelle Mama. J’ai écrit cette chanson pendant que ma mère vivait, je voulais lui faire la surprise. Et malheureusement elle est décédée quatre ou cinq mois après et je n’ai pas voulu rechanter cette chanson, je voulais la garder parce que c’est un hommage, un message que j’adressais à ma mère.  C’est un morceau dans lequel je lui dis merci parce que vous savez nos mamans souffrent tellement en Afrique, elles n’ont pas d’allocation familiale, il n’y a pas de sécurité sociale. Ce sont elles qui font la majorité du travail pour pouvoir nourrir la famille pour pouvoir emmener les enfants à l’école etc. Ce sont elles qui se lèvent tôt quand par exemple les enfants vont à sept heures à l’école, les mamans se réveillent à quatre heures du matin, donc voilà. J’avais envie de dire merci à ma mère et aussi à toutes ces mamans d’Afrique qui, malgré les difficultés arrivent à mettre des enfants au monde, arrivent à élever des enfants dans des conditions difficiles et j’avais envie de dire merci à toutes les mamans. C’est le souvenir qui m’a marqué car, entre le jour où je l’ai chanté et au moment où j’ai cherché à la faire écouter à ma mère, ma mère est partie…

Et le plus mauvais souvenir ?

Mauvais souvenir non. Je ne pense pas. C’est un album qu’on a enregistré sur un long moment quand même. Je dirais que ça nous a pris un an et demi entre le moment où on a fait la toute première maquette et le moment où on a décidé d’aller en Jamaïque. Sur la maquette je crois qu’on s’est retrouvé au moins trois ou quatre fois à Paris pour bosser avant d’aller en studio. Ça a été des moments assez agréables puisqu’il y avait cette volonté d’atteindre un autre niveau puisque moi j’avais envie de passer a une autre étape et j e pense que ceux qui ont réalisé cet album aussi étaient dans cet esprit et donc pour moi il n’y a pas de mauvais souvenir. Ça a été une bonne collaboration puisqu’on était tous décidé à atteindre un objectif. J’attends d’abord la réaction du grand public quand l’album va sortir mais je pense que nous avons atteint notre objectif. Mais ce n’est pas nous qui achetons les albums ce n’est pas pour nous qu’on l’a fait.

Pour revenir aux thèmes dont tu parles dans cet album, tu parles des vieux. Qu’est ce que tu ressens quand tu vois comment en France on traite nos anciens en les mettant dans des maisons de retraite, qu’est ce que ça t’évoque ?

En tant qu’Africains quand on voit comme les vieilles personnes, les hommes âgés ou les femmes âgées sont traités en Occident nous ça nous choque. Ça nous choque parce que pour nous ce n’est pas possible d’aller mettre ton papa ou ta mère en maison... quelqu’un qui n’a pas bougé d’Afrique tu lui dis ça il te dit mais il est fou lui. Simplement parce qu’on a vu nos parents galérer pour nous et malgré qu’il y a la sécurité sociale, l’allocation familiale, etc. mais même dans mon entourage il y a des gens qui se lèvent très tôt le matin, tous les jours de la semaine, à 5h30, 6h pour pouvoir laver les enfants pour pouvoir préparer le petit déjeuner et ensuite les accompagner. Prendre la voiture et les déposer à l’école. Après continuer au travail. Je pense que les parents en Occident malgré qu’ils ont des aides de leur gouvernement et bien ils souffrent quand même. Donc quand tu élèves un enfant et qu’il vit chez toi jusqu’à l’âge de 18 ans et que cet enfant te dit « tu me fous la paix » ou bien « fout moi le camp », pour ce n’est pas possible. Le pire c’est qu’il y en a qui ne donne pas de visite à leurs parents pendant longtemps. Il y en a qui les abandonne, moi j’ai vu pendant la canicule, j’ai vu qu’il y a des gens qui étaient en vacances on les a appelés pour dire les parents sont décédés et bien ils ont quand même continué leurs vacances. Pour nous ce n’est pas possible et franchement je ne souhaite pas que la société africaine en arrive là. Parce que l’animosité ce n’est pas très loin.  C’est inimaginable pour nous et donc ça nous choque. Le morceau « vieux pères » il parle aussi cette jeunesse africaine qui a été réduite à la mendicité. Quand vous allez à Abidjan ou à Lomé ou dans beaucoup de pays africains dès que vous sortez de l’aéroport vous allez avoir une jeunesse qui va vous tendre la main, tu vois « vieux père, donne quelque chose à ton fils ». Pour moi c’est une honte aujourd‘hui après cinquante années d’indépendance que la jeunesse africaine soit réduite à ça et je pense qu’ils trouvent que c’est normal. Il faut quelqu’un pour leur dire que ce qu’ils sont en train de faire ce n’est pas bon pour l’image de notre pays, ce n’est pas bon pour l’avenir de notre continent et il y a que le travail qui va payer et il faut qu’ils se mettent au travail. Parce que pour eux aujourd’hui c’est normal et personne ne leur dit le contraire. Moi par exemple quand je vais à Abidjan quand les gens me tendent la main, et me demandent de l’argent je ne leur donne pas au contraire je prends cinq minutes pour leur expliquer que l’argent ça ne se donne pas mais il faut travailler pour l’avoir et il faut absolument qu’ils se mettent au boulot. Même s’ils sont cordonniers ou s’ils sont charbonniers, il faut qu’ils se mettent au boulot et ce travail va leur permettre de vivre. En même temps ils auront contribué au développement de leur pays, et à donner une dignité aux gens du continent donc pour moi c’était important en tant qu’artiste qui est très écouté par ces jeunes là que si le message vient de moi ils vont se rendre compte qu’en fait c’est un piège parce que les hommes politiques encouragent ça. Tant que eux ils peuvent leur donner 1000 francs ou 2000 francs pour aller voter pour eux ils sont tranquilles et tant que eux ils vont tendre la main ils vont toujours recevoir des choses de ces hommes là parce que la main qui donne ordonne. Donc ils vont rester à leur disposition à chaque fois, ils vont leur donner 1000 ou 2000 francs CFA à la veille des élections et puis après ils ne sont plus là. Mais le jour où les gens diront non nous on ne veut plus 1000 francs ni un T-shirt mais nous ce que l’on veut c’est un programme. Qu’est ce que vous allez faire pour nous quand vous serez élus ? dites nous. Il va prendre un stylo prendre note et dire que quand il sera président il va construire des usines pour qu’on puisse avoir du boulot, il va construire des écoles pour nos enfants ou bien il va améliorer les conditions des étudiants etc. Prendre note et puis bon le mec s’il vient au pouvoir et qu’il ne fait pas ce qu’il a dit et bien aux prochaines élections on le vire et on met quelqu’un d’autre. Donc ce message j’ai envie de le faire passer à travers ce titre là.

Par rapport aux dirigeants qui se font élire à un moment, tu développes l’idée qu’avant d’être élus ils sont plein de bonnes intentions, mais qu’une fois élus c’est à ce moment-là qu’ils sont corrompus.

Effectivement, j’ai déjà parlé de ça dans les autres albums et je continue d’insister parce que ça existe encore. Parce que tous ces gars qui viennent au pouvoir à la veille des élections ils disent plein de choses et puis on ne les voit plus. Ce n’est pas typique à l’Afrique puisque vous avez des cas ici en Occident, mais en Afrique c’est à un autre niveau parce qu’on sait que la majorité des populations sont analphabètes donc ils ne comprennent pas les détails et puis quand les dirigeants viennent au pouvoir ils oublient carrément ce qu’ils ont dit. Ils oublient ceux qui les ont mis là où ils sont. J’essaie d’insister là dessus parce que c’est important pour l’évolution de notre société. C’est important qu’on se fasse respecter des hommes politiques. Tant qu’on restera divisé qu’on les accueillera tout le temps comme des chefs et qu’en retour on n’exige rien et bien ils continueront leur marché et c’est ça qui exige une « African Revolution ».

Il y a un titre qui fait référence et hommage à Bob Marley qu’est ce qu’il représente pour toi ?

Pour nous, qui sommes nés dans le ghetto, avons grandit dans le ghetto, Bob Marley est notre prophète parce que c’est l’un des premiers artistes sortis du ghetto et dont le nom a fait le tour du monde aujourd’hui. Quand tu vas en Jamaïque que tu arrives dans le petit village de Bob Marley tu vois quelques maisons et quand on te dit que celui qui est né là, qui a grandi et n’a pas fait de grandes études est celui dont le nom aujourd’hui fait le tour du monde... tu vois c’est vraiment notre exemple.
La réussite de Bob Marley est la preuve que quand tu mets de l’énergie, quand tu mets la force, tu peux aller très très loin. Donc pour moi c’est un prophète. Ce n’est pas une affaire de rasta, rasta man, rastafarien ou quoi que ce soit, c’est vraiment un prophète, c’est un exemple, c’est une icône. Pour nous Bob Marley rassemble beaucoup de choses et il était important que je lui rende hommage, que je lui dise merci de nous avoir mis en confiance parce que je pense qu’avant rares sont les artistes qui sont sortis de petits coins comme ça et qui ont fait le tour du monde. Aujourd’hui, c’est grâce à Bob Marley que la Jamaïque est connue. Il n’y a pas longtemps les athlètes ont fait des choses extraordinaires, mais quand tu parles de Jamaïque, les gens pensent reggae tout de suite, tu vois, donc je pense que c’est un exemple. C’était important pour moi de lui rendre hommage, il y a Youssou N’Dour qui l’a fait dans son album. Je l’ai su quand l’album est sorti mais cette chanson hommage à Bob Marley c’est l’une de mes plus vieilles chansons je pense l’avoir composé il y a au moins quinze ans, lors de mes premiers concerts. C’est une chanson que j’ai chantée avec mes musiciens parce que pour moi... lors du décès de Bob Marley en 81 j’étais dans un petit village, et c’est l’une de mes cousines qui est venue me dire que RFI venait d’annoncer que Bob Marley était décédé et... J’ai commencé à pleurer. Elle m’a demandé « mais pourquoi tu pleures ce n’est pas ton parent » et moi j’étais en train de pleurer parce que pour moi c’était un grand qui venait de partir sans même savoir ce qu’il était vraiment. J’ai eu des larmes et pour moi cela signifiait que c’était quelqu’un d’important qui venait de partir.

Et toutes les choses qu’il a dit, avec le temps puisque ça fait maintenant 30 ans, sont toujours d’actualité.

Le message de Bob Marley est toujours d’actualité, sa musique est d’actualité. Quand vous écoutez « No Woman No cry » ou « Get up stand up » vous avez l’impression que l’album vient de sortir. Le message a beaucoup apporté car si des artistes comme nous existons aujourd’hui c’est parce qu’il y a eu des gens comme Bob Marley. Le fait qu’il y ait une continuité dans le travail qu’il a commencé c’est quelque chose de très fort. Je pense que Bob est d’actualité, c’est l’un des artistes qui a le plus vendu autant après sa mort que de son vivant : c’est extraordinaire tu vois et c’est pour ça que je dis que c’est un prophète. Les prophètes comme Mahomet pour les musulmans, Jésus Christ pour les Chrétiens etc. Ils ont eu plus d’adeptes de leur mort que quand ils étaient vivants. Quand ils étaient vivants, il y avait peut-être des gens qui les suivaient, mais aujourd’hui leur nom et leur religion ont fait le tour du monde.

Comment tu perçois la venue de Sizzla pour Mugabe au Zimbabwe ?

Moi en tant qu’artiste je pense que c’est quelque chose de bien. Vous savez Mugabe a été mal compris à un moment par les Africains. Les médias occidentaux nous disaient que c’est un dictateur, il a fait ceci il a fait cela. Nous ce qu’on lui reprochait à Mugabe c’est qu’il s’est réveillé un peu tard. Il a commencé à prendre position pour son peuple après plus de vingt ans de pouvoir. C’est au moment où le peuple demandait un changement à la tête du pays qu’il s’est réveillé. Nous avons considéré un moment que c’était pour pouvoir se maintenir au pouvoir. Mais c’est quelqu’un qui a lutté pour l’indépendance de son pays, Bob Marley a d’ailleurs été à la fête de l’indépendance. Après Mugabe est entré dans le système que l’occident impose à tous les pays et dirigeants africains. Et puis tout à coup, brusquement Mugabe se réveille et devient le défenseur de son peuple etc. Nous ça nous a paru un peu bizarre un moment puis on a quand même décidé de réfléchir... pourquoi les gens ont soutenu Mugabe ? Et pourquoi le système occidental a soutenu certains dirigeants africains pendant plus de trente ans comme Mobutu ?
Voilà, Bokassa était l’ami de Giscard, était l’ami de tous ces dirigeants occidentaux, etc. Donc Mugabe lorsque les familles de blancs étaient tranquilles dans leurs fermes et que les populations du Zimbabwe était dans la galère il n’avait aucun problème. Le jour où Mugabe s’est levé pour dire ben voilà la terre du Zimbabwe appartient aux Zimbabwéens donc il faut partager les terres, en donner une grande partie aux populations locales. Et soudain Oh là là mais, c’est le diable ce gars. Si tu veux on a commencé à se dire il y a un problème et aujourd’hui, Mugabe est complètement isolé. Il est isolé par tous les pays occidentaux. On crée les problèmes, il y a même un moment où je ne sais pas s’ils sont allés mettre le virus du choléra dans l’eau au Zimbabwe en tout cas il y a eu une épidémie. Tout ça pour le faire tomber, mais malheureusement ils n’ont pas réussi. Et aujourd’hui le fait que Sizzla soit venu au Zimbabwe pour faire un concert pour Mugabe - chose que je n’aurais pas fait parce que je n’aurais pas forcément fait un concert pour quelqu’un, je ne suis pas le griot d’un dirigeant - je ne suis pas contre aujourd’hui parce que Mugabe est totalement isolé par le système occidental. Et à chaque fois que le système occidental se met contre quelqu’un nous nous devons de réfléchir à la situation de cette personne. Ça veut dire tout simplement si le système occidental n’a pas d’intérêt là bas. Parce qu’on a vu qu’ils ont soutenu plein de dictateurs africains, ils ont soutenu le dictateur au Tchad, Ronald Reagan a reçu l’ancien président Tchadien qui a tué près d’un million de personnes dans son pays. Donc aujourd’hui à chaque fois que la France n’aime pas un dirigeant africain ou bien l’Amérique n’aime pas un dirigeant africain, nous qui représentons un peu la conscience de cette jeunesse africaine, on se rapproche de cette personne pour savoir pourquoi le système occidental le déteste tant.
Parce que nous avons compris que dans la journée les dirigeants occidentaux nous disent des choses et puis la nuit ils font autre chose. Nous avons compris qu’ils ne luttent que pour leurs intérêts et que nous on peut crever. On a vu beaucoup de choses. On a vu des films au Rwanda pendant le génocide où l’armée française est allée seulement chercher tous ceux qui avaient la peau blanche. Américains etc. ils sont allés les chercher et ils ont laissés les Rwandais se massacrer entre eux. Donc ça c’est un signe que le système occidental ne défend que ses intérêts. Aujourd’hui en tout cas moi en tant que membre de cette génération consciente à chaque fois que le système occidental est contre quelqu’un je ne cherche pas tout de suite à jeter la personne aux chiens. Je m’approche et je commence à m’informer et très souvent je découvre que c’est des questions d’intérêts. Il paraît que le monde fonctionne différemment de ce que nous en tant que population nous voyons. Mugabe est isolé aujourd’hui parce qu’il ne fait pas ce que les Occidentaux lui demandent de faire et je pense que l’indépendance économique ne doit pas être négociée, elle doit être arrachée. Elle doit être arrachée parce que ce n’est pas normal que l’Afrique soit l’un des continents les plus riches et que la population africaine soit l’une des populations les plus pauvres, il y a un problème. J’ai l’habitude de dire que c’est comme si on vivait dans une maison pleine d’or, couverte d’or, tout est en or et puis bon on meurt de faim, on meurt de soif, on n’a pas d’argent pour amener nos enfants à l’école, etc. Il y a vraiment un paradoxe donc on pose la question aujourd’hui pourquoi l’Afrique est riche et nous on est pauvres ? donc je ne suis pas contre le concert que Sizzla a fait ou va faire.

Il l’a déjà fait

Je pense qu’il a commencé à comprendre les choses comme moi je les comprends.

Dernière question plus par rapport à Internet comment tu perçois ça et qu’elle impacte a le Web sur ta vie de musicien ?

Je pense que l’Internet c’est super, quand je parlais d’une révolution intelligente je pense qu’à travers Internet on peut communiquer, on peut donner des avis différents des avis que nos dirigeants ont envie de nous donner. C’est vraiment une bonne chose. Je pense que ça permet aujourd’hui aux artistes de se faire connaître pour les artistes qui n’ont pas forcément accès à des médias qui appartiennent à un système qui n’a pas envie de voir évoluer ces artistes moi je pense que c’est un super moyen de communication. C’est très très important parce qu’on a vu des artistes qui n’avaient pas de maison de disques et qui à travers Internet ont vendu beaucoup de disques. On a même vu des artistes qui à travers Internet se sont fait produire par des internautes donc franchement je pense que c’est une bonne chose. Pour nous en tant qu’Africains, Internet peut nous permettre de savoir beaucoup de choses, parce que les médias d’Etat en Afrique nous disent des choses et à travers Internet on peut savoir le contraire. Franchement c’est l’outil de communication par excellence de nos générations, je pense que si tu réveilles nos ancêtres ou nos parents aujourd’hui qui étaient là il y a 40 -50 ans tu leur dis que ce moyen de communication existe soit ils ne vont pas croire et ils diront qu’on a beaucoup de chance.

 

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le 09/07/10 par magicyoda
Bonjour, est-ce que quelqu'un a commentaire, un avis à faire sur sa vision de Mugabe ? Elle me semble quand même un peu étrange et difficile à comprendre, merci de m'éclaircir :-)
le 11/07/10 par chezidek
c'est vrai que tiken est pas très clair...lol bon en résumé, il veut dire que mugabé n'est pas plus un dictateur que ne l'est sarkozy, poutine, obama... le système des blancs qualifie de dictateurs tous ceux qui ne servent pas son intérêt... Tant que mugabé laissait les fermiers blancs trankils, ça allait mais quand celui çi les a expulsé pour mettre à leurs places des noirs(logiques car ils sont chez eux), l'occident à fait une propagande énorme pour qualifier mugabé et tant d'autres de dictateurs...
le 28/07/10 par soldarumbede
Bonjour les gars, j'ai envi de réagir et je l'espère préciser la posture du camarade tiken en ce qui concerne Mugabe. Tout d'abord, tout les dirigeants africains qui un jour on décidés de décider en homme d'Etat africains, c'est à dire en ne considérant que le strict intérêt des masses africaines, ont été taxés de dictateurs. Kwamé Nkrumah fut taxé de dictateur, on a reproché à Thomas Sankara son autoritarisme. D'une certaine manière ces accusations n'étaient pas infondées, mais il se trouve que l'Afrique abrite des auxiliaires de l'impérialisme, qui réagissent à toute politique progressiste et s'allie volontier à l'extérieur pour destabiliser les régimes en question, Face à cet etat de fait, un progressiste africain déterminé doit faire usage de tout le pouvoir dont il dispose, car les peuples d'Afrique sont l'objet de violences systématiques depuis trop longtemps, et pour ma part les réactionnaires bourgeois, alliés africains de l'impérialisme ne mérites aucune empathie. Vive la révolution!! Je m'adresse ici à mes frères: mais, n'oubliez pas qu'une révolution doit s'occuper de la réaction intelligemment et sans état d'âme. Pour en revenir à Sizzla, sa décision a augmenté l'estime que les patriotes africains ont pour lui en tant qu'homme et pour ma part cela confirme que Sizzla est un homme intelligent, loin de la doxa et des analyses droits de l'hommistes. Vive reggae music!!! Et comme le disait l'une des plus digne fils de l'Afrique lâchement assassiné par l'impérialisme et ses satrapes locaux: la patrie ou la mort nous vaincrons!!
le 30/07/10 par Jahmaninafrica
J'ai aussi envie de réagir à propos du passage sur Mugabe. Je respecte beaucoup Tiken Jah et ses idées, mais concernant Mugabe je pense qu'il devrait se documenter un peu plus. C'est trés facile de tout schématiser : les méchants blancs impérialistes et les dirigeant africain appôtre de la liberté. Pourquoi y'a t'il des Millions de zimbabwéen clandestins en Afrique du Sud alors que leur pays fonctionnait mieux que ce dernier il y a 20 ans ? Le choléra est apparut à cause des conditions sanitaires dans le pays, aucun traitement de l'eau... Les fermiers blancs ont été chassés (ils possédaint les compéténces pour gérer des fermes commercial de plusieurs millier d'hectares et embauchaient des locaux) les fermes redistribué aux amis du pouvoir et la production agricole à chuté pour accroitre la mal/sous nutrition. Un pays voisin comme le mozambique a vu sa production agricole fortement accrue depuis que des fermiers blancs s'y sont installés et y ont achetés des fermes. Regardez ce que la RDC a récemment fait : une ferme d'Etat de 22 000 hectares qui ne produisaient quasiment rien a été placé sous le management de fermier blancs sud-africains. Ou le vilain impérialisme est de retour. Soyont sérieux et jugeont à travers les actes, les resultats,au lieu de chercher à savoir si c'est de la faute de blancs impérialistes d'un côté ou alors des dirigeants africains corrompus de l'autre. Que bob chante pour Mugabe à l'indépendance c'est beau, que Sizzla aille chanté pour Mugabe aprés des années de répressions sanglantes (hé oui pour les noirs zimbabwéen qui pensent autrement que robert c'est le cas) là c'est moins IRIE. Mais bon je ne diabolise pas Mugabe qui a été un grand dirigeant à ses début avant de partir en couille totalement. Les rares zimbabwéens que j'ai entendu soutenir Mugabe était soit des soit-disant rastas extrémistes racistes sans éducation, soit des étudiants privilégié qui ne saurait craché dessus car ils bénéficient de son argent sale. A part ca à quand un concert GRATUIT de Sizzla dans SOWETO pour célébrer la paix, l'unité et Repartiation. Au lieu de ca Sizzla a hérité d'une ferme au zimbabwe, beau cadeau de Sir Mugabe One Love, One Blood, One people
le 17/08/10 par dimdes
Un long article comme ça sur la sortie d'un album... mais vous oubliez de nous en donner la date. Alors il sort quand ce terrible album que je suis super pressé d'entendre?
le 14/09/10 par MANOU MAAFyA
slt à vs très chère family ,c'est super cool cette interview avec TIKEN JAH FAKOLY et j'suis confient que l'album "AFRICAN REVOLUTION" gaganera un disque d'or,connaitra meme plus qu'un grand sucsès universel, en c'qui concerne la lucarne sur l'président Mugabé du Zimbabwe et bèh moi j'en dirai pas plus,y'a effectivement des hauts et des bas en c'qui concerne le comportement mentale du coté la race blacnhe et la race noire voilà,y'a des méchants et des gentils des deux cotés voilà,mais c'que j'veu dire est ce que "la politique" blanche veut laisser en paix et une fois pour de bon "la politique noire",est ce que les africains que nous sommes voulions prendre nos respnsabilités en peseant unité et redemption pour notre afrique ki sera gagante,une pensée respecteuse pour l'grand frère SIZZLA ki est aussi une icône du REGGAE-DANCEHALL,Vive REGGAE MUSIK!Vives les sincères et sacrés combattant pour la Liberté
le 17/09/10 par Bazié
j'adore Tiken car il dit haut ce que nous disons très bas d'ailleurs et nous sommes fiers de lui big respect jah
le 08/11/10 par fan2fakoly
je suis sur la mm longueur d'onde que Tiken car la soit disant ONU où est-elle quand Kabila et compagnie massacrent lesCongolais.Alors qu'elle est prete à crier au daible à Mugabe. Laissez les zimbabwéens gerer leurs biens et avec un interet commun c est sùr que ça va donner coe le dit Tiken.Comment nos royaumes fonctionnaient t-ils merveillesement avant l'arrivée de ces flatteurs. Voyez le cas de l'italie où les dirigeants de la ligue du Nord disent clairement que d' abord les leurs(padani) ensuite les autres quand tout le monde contribue pour la caisse de l 'etat. Que le SEIGNEUR nous ouvre les coeurs pour changer notre ELDORADO.BravoTiken

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