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Mighty Diamonds: interview Mighty Diamonds: interview
17/11/10 - Auteur(s) : Clément Chauveau & LN

En tournée mondiale pour leurs 40 ans de carrière les Mighty Diamonds ont décidé de s’arrêter pour quelques dates en France. Dès les années 80, les Mighty Diamonds ont produit un reggae digital qui s’écartait des standards du reggae roots. Mais depuis 2008 et l’album Inna di Yard, sorti chez Makasound, les Mighty Diamonds renouent avec leurs premiers succès et le trio vocal nous offre un voyage direction la Jamaïque des années 70. Rencontre :


Reggae.fr : Nous sommes en 2010, vous êtes en tournée mondiale pour célébrer votre 40ème année de carrière, joyeux anniversaire !
The Mighty Diamonds: Oui, merci beaucoup.


Vous avez chacun votre surnom, Lloyd « Judge » Ferguson, Fitzroy « Bunny » Simpson et Donald « Tabby » Shaw, pouvez vous nous dire d’où ils viennent ?
Judge : Mon surnom c’est le Juge (Judge). On me l’a donné car quand j’étais petit, je ne souriais jamais, j’avais toujours l’air sérieux comme un juge, donc c’est de la que cela vient.
Tabby: Mon surnom m’a été donné par mes sœurs. Quand je n’étais qu’un bébé, elles n’étaient pas beaucoup plus vieilles que moi et comme elles ne parlaient pas très bien elles disaient « Tabby » au lieu de « Baby ».
Judge (Bunny n’était pas encore arrivé) : Et pour Bunny c’est simple, quand il sourit on peut voir que ses deux dents de devant ressemblent à celles d’un lapin donc c’est pour ça qu’on l’appelle Bunny! (rires)


Vous vous rappelez la date exacte de votre rencontre ? Racontez-nous comment vous vous êtes rencontrés…
Judge : Je me rappelle quand nous avons démarré le groupe, c’était en décembre 1969.
Tabby : Nous étions dans la même école à Trenchtown avec Bunny, et nous chantions au coin des rues du quartier à ce moment là. Nous avions rencontré quelques personnes avant de rencontrer Judge mais c’est à partir de ce moment là que nous avons trouvé assez de force pour nous lancer et fonder notre groupe, les Mighty Diamonds.


Quelles ont été vos principales influences musicales ?
Judge : Au départ nous étions beaucoup inspirés par la musique qui nous entourait, les groupes locaux, ceux qui jouaient déjà de la musique dans notre quartier.
Tabby : Nous étions et sommes toujours beaucoup influencés par la soul, par la musique d’artistes comme Diane Warrick, Sam Cook ou encore Curtis Mayfield. Il y a dans la soul, les vrais « vibes », celles originelles, qui sont portées par la voix.
Judge : C’étaient vraiment des artistes qui avaient beaucoup de talent, ils étaient vraiment talentueux.


Vos premiers succès coïncident avec votre arrivée à Channel One, comment avez-vous réussi à l’époque, à intégrer ce studio mythique ?
Bunny : A l’époque, nous cherchions à passer des auditions, nous avions sollicité beaucoup de producteurs différents. Et puis nous avons tapé à la porte de Channel One et nous avons rencontré « Jo Jo » Joseph Kim afin de passer une audition. Et là, il a été enchanté par notre chanson, que nous avions chantée a cappella et immédiatement nous avons enregistré un morceau qui s’appelle « Country Living ». Ce morceau fut rapidement un succès en Angleterre, mais pas en Jamaïque car il n’est jamais sorti chez nous. Après cela, nous avons enchainé les enregistrements en studio, sans nous arrêter jusqu'à « Right Time ».


A l'époque, comment était-ce de travailler dans ce studio ?
Tabby : C’était assez difficile, nous n’avions pas le droit à l’erreur. On pouvait enregistrer un ou deux très bons titres et si on se ratait sur le troisième, il y avait beaucoup de monde dehors pour prendre notre place. Un jour après une mauvaise prise, le producteur nous a mis la pression et nous a dit : les gars, c’est maintenant ou plus jamais ! Les sessions d’enregistrement se succédaient toute la journée, mais nous aimions ça, et au bout d’un moment nous étions libres de venir quand nous voulions pour travailler.
Judge : Il y avait aussi beaucoup de ganja pour nous aider... (rires)
Bunny : Parfois cela partait avec des oh oh oh (Bunny se met à chanter avant de partir dans un fou rire général). Il y avait vraiment une bonne ambiance.


Décrivez nous l’ambiance en Jamaïque à l’époque de la sortie de « Right Time »...
Bunny : « Right Time » s’est hissé directement au sommet, on faisait la une des journaux. On était vraiment très fort, c’était la grande époque. Rien ne pouvait nous arrêter pendant toutes les années 70, jusqu'à « Pass the Kutchie » nous étions présents, au top. Mais c‘était aussi la grande période de Bob Marley.


Cet album "Right Time" contient des morceaux devenus de véritables classiques, tels que "Africa" et "I Need A Roof"...
Bunny : Tu sais cet album, avec tous ces morceaux que sont « Right Time », « Have Mercy », « I Need a Roof », ce sont nos meilleurs, ceux qui sonnent le mieux. Et aujourd’hui on aimerait bien pouvoir le refaire, reprendre les riddims et le ré-enregistrer avec les moyens d’aujourd’hui.


Vous avez enregistré aux Etats-Unis, comment s'est passée cette expérience ?
Judge : Oui nous sommes partis à la Nouvelle Orléans enregistrer un album qui s’appelle « Ice and Fire » pour Virgin. C’était une sorte d’expérience, un essai, car au final cela donna un son de la Nouvelle Orléans et pas un son jamaïcain. L’expérience n’a vraiment pas marché, cela a été un vrai « flop » pour nous. Et quand une expérience est un échec, la seule solution c’est de revenir en arrière et donc nous sommes revenus enregistrer à Channel One.


Dans les années 80 votre musique évolue vers un reggae plus digital, électronique, pourquoi ce choix ?
Tabby : Beaucoup de choses changent. Et notre musique aussi a changé. Et à cette époque nous avons eu le sentiment qu’elle devait évoluer en fonction du temps, en fonction du goût des gens, en fonction des nouvelles techniques. C’est ce que nous avions à faire.


Jusqu'à l’album « Thugs in the Streets » vous continuez dans la même veine mais en 2008 vous sortez un album acoustique, Inna di Yard, sur le label français Makasound, parlez nous de ce projet...
Bunny : Oui, beaucoup de chansons de cet album viennent de l’album « Right Time », ces chansons nous les avons reprises en acoustique. Cela leur donne une nouvelle jeunesse, une nouvelle âme. Cet album Inna di Yard, nous a un peu ramené à la vie, nous a rappelé la musique que l’on jouait à la fin des années 60.
Judge : C’était vraiment une bonne expérience. Tu sais, c’est le son de la vie et ça marche ! Ce retour à la simplicité, c’était vraiment bon.
Bunny : Je pense même que c’est ce qu’on a fait de mieux ces derniers temps. Cela à fait revenir les Mighty Diamonds sur le devant de la scène reggae mondiale.
 
Justement que pensez-vous de la scène reggae actuelle ?
Bunny : Il y a beaucoup de groupes en Jamaïque qui ont vraiment du potentiel, mais ils se détournent de vraies valeurs du reggae. Ils appellent à la destruction, à la violence et à la culture des armes, ce ne sont pas les bons messages. Ils ont du potentiel mais ne vont pas dans la bonne direction.
 
Aujourd’hui les chanteurs reggae ont tous les cheveux blancs, qu’est ce que cela vous inspire ?
(Rires)
Bunny : Oui c’est vrai tu as raison et je le regrette beaucoup...
Tabby : Mais heureusement la musique, elle vit pour toujours et va encore résonner pendant très longtemps.
Pour vous qui êtes là depuis le début, quelle fut la meilleure année pour le reggae ?
Tabby : 1969, quand on est arrivé (rires)
Bunny : Plus sérieusement ce sont les années 60, quand tout le monde était encore jeune, que tout commençait, avec Toots and the Maytals, The Heptones, The Abyssinians...
Judge : Et les années 70 aussi, c’est là que tout s’est passé.
Bunny : Oui, je suis nostalgique de cette époque vraiment. Tout le monde avait sa chance, tout le pays vibrait derrière nous et les autres artistes. Je me rappelle, Bob Marley en « freestyle » dans les studios de Channel One. Que de bons souvenirs, la musique était libre. Tu aurais aimé être là.


Que pensez-vous du public français ?
Bunny : Ah le public français est un vrai public reggae ! Il y a tellement de gens dans les concerts, je pense que la scène reggae est plus active en France qu’a Londres actuellement. Il y a beaucoup de jeunes qui portent les dreadlocks, beaucoup de blancs. Et cela nous fait plaisir à nous Mighty Diamonds de voir cela, de voir que ces jeunes là connaissent nos chansons presque mieux que nous !


Comme vous le savez, nous sommes un média Internet... Pensez-vous qu'Internet est une bonne chose pour le reggae et pour la musique en général?
Tabby: Yeah man, bien sur.
Bunny: Tu sais Internet permet au gens de partager la musique, de la faire connaitre, au delà des mers, des océans et des frontières. Et cela n’a pas de prix. Des millions de personnes connaissent la musique jamaïcaine grâce à Internet. Il ne devrait pas y avoir de problèmes de droit car la musique est libre et doit se faire entendre partout où il y a du monde pour l’écouter.
 
Vous n’avez pas peur que les gens n’achètent plus vos disques s’ils sont disponibles gratuitement sur Internet ?
Bunny : Non, car le public vient au concert, nous voir chanter. Et après ils achètent nos disques s’ils nous apprécient.


Un mot à la mémoire de Gregory Isaacs….
Tabby : C’était un très bon ami, nous partagions la même flasque de whiskey... Non sans rire, c’était quelqu’un de bien, nous avons passé beaucoup de très bons moments ensemble et il va me manquer. Il a beaucoup souffert et aujourd’hui il est libéré.

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commentaires
le 05/01/11 par empress ginger
pour les influences je pense qu'il s'agit plutôt de Dionne Warwick grande chanteuse américaine des années 60

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