Stick Figure en tournée
07/11/19 au 21/11/19
Max Romeo en tournée
11/10/19 au 06/11/19
Dub Inc - Millions Tour
10/10/19 au 15/12/19
Clinton Fearon en tournée
08/10/19 au 03/11/19
Tiken Jah Fakoly en concert
17/09/19 au 14/12/19
Sinsémilia
23/11/19 - Paris 18
Dub Station #67
19/10/19 - Paris
Linval Thompson et Romeo K
07/11/19 - Montpellier

Twinke Brothers

Stick Figure

Max Romeo

Showcase King Stone

Clinton Fearon

Dub Inc

Linval Thompsoon

Tairo

TJF

Sinsémilia

Le renouveau du Reggae français Le renouveau du Reggae français
20/01/11 - Auteur(s) : Thibault avec W.I.

Sinsémilia, Tryo, Kana ont explosé dans les années 90. Depuis le reggae français, comme il est d'usage d'appeler ce courant musical pour le différencier du reggae local ou antillais, a connu une baisse de régime début 2000, pour rebondir depuis quelques années avec des groupes comme Dub Inc et Danakil. 

Tour d'horizon de cette nouvelle génération d'activistes reggae !!


Oui le reggae français se porte bien, merci. N'en déplaise à ses détracteurs, le reggae français connait un nouveau souffle depuis quelques temps proposant sans cesse de nouveaux visages et de nouvelles sonorités. Avant d'analyser ceux qui composent cette nouvelle vague et leur recette pour séduire un public se pressant toujours plus nombreux à l'entrée des salles de concert, revenons sur les origines du reggae tricolore, et cette fois-ci nous parlons bien du bleu, blanc et rouge non pas des couleurs panafricaines, vert jaune rouge.


Depuis les années 1970 et l'apparition du reggae dans l'hexagone, la France a connu une succession de groupes revisitant les sonorités jamaïcaines. De ses origines à nos jours, on a pu remarquer que le reggae français marchait par cycle, chacun ayant des particularités propres. C'est en 1979 que le premier album reggae d'un artiste français sort. Le chanteur Serge Gainsbourg, fort de sa célébrité, étonne son public avec "Aux armes etc.", enregistré en Jamaïque.



Cet album pose les bases d'un style particulier alliant le son d'outre-Atlantique avec des paroles bien souvent héritière d'une tradition d'écriture bien française. De plus, le titre ayant donné son nom à l'album caractérise la volonté de garder l'esprit rebelle de la musique jamaïcaine, en la réadaptant au contexte français. Cette reprise de la Marseillaise aura atteint cet objectif en déclenchant une vague de protestation notamment chez les parachutistes qui firent annuler un concert à Strasbourg. Gainsbourg s'y présentera tout de même seul, et entamera la Marseillaise (sans les "et cétera") le poing levé. Précisons que cet album fut un véritable succès puisqu'il atteignit quelques mois après sa sortie les 100.000 exemplaires vendus (symbole du disque d'or). Au total il s'en serait vendu plus d'un million. 
Deux ans plus tard le chanteur réitèrera l'expérience en proposant "Mauvaises Nouvelles des Etoiles", lui aussi reggae et qui ancrera plus profondément cette musique dans le paysage culturel et musical français.


Un autre chanteur, lui aussi très populaire, se servira de cette dynamique lancée par Gainsbourg pour lui aussi sortir des titres reggae. En effet, Bernard Lavilliers surfera sur la vague venue des Caraïbes pour diversifier son répertoire. C'est avec son Stand Ghetto, qu'il séduira à son tour la France.



Les premières productions de reggae français ne sont donc pas réalisées par des artistes dont c'est la spécialité. Même si les différents titres que nous venons de citer restent des grands (voire les plus grands) succès des deux chanteurs, ils n'en demeurent pas moins des artistes de variétés proposant d'autres styles dans leur répertoire. 

Il faudra attendre les années 1990 pour voir apparaître sur le devant de la scène des artistes reggae français, la plupart d'origine antillaise, qui vont poser les jalons du reggae dit "local" ou antillais. Citons par exemple Tonton David qui dès 1990 chante "Peuples du monde" qui lui vaudra d'apparaitre sur la compilation "Rappatitude", laquelle lancera sa carrière. Dans cette même mouvance du raggamuffin français apparaissent à cette période les Raggasonic (lesquels se sont reformés en 2010) ainsi que les Neg' marrons, qui séduiront aussi un large public. La scène sound system est aussi très active, la culture reggae s'immisçant peu à peu dans toutes les régions de France et révélant des chanteurs comme Janik ou Nuttea (qui sortira d'ailleurs un nouvel album en 2011 intitulé "Mister Reggae Music").



Dans la deuxième moitié des années 1990, une autre vague reggae déferle sur la France avec un caractère beaucoup plus festif, celle du reggae français, style auquel nous nous intéressons dans ce dossier. C'est en effet l'apparition de groupes comme Good Morning Babylones (fondé en 1994 et dont le chanteur Hosny sortira un nouvel album solo en 2011), Sinsémilia (qui sort en 1996 son album "Première Récolte") proposant un reggae hybride inspiré de la scène rock indépendante, Tryo avec "Mamagubida" et son reggae acoustique aux textes clairement engagés à gauche, Mister Gang avec son fameux titre "Tout le monde est là", Kana, Baobab, K2R Riddim, etc. Cette nouvelle scène séduit par son aspect festif et l'énergie qu'elle dépense en concert. Le reggae français s'ancre également de façon régionale avec des groupes revendiquant leurs origines dans leurs textes. C'est le cas notamment des Massilia Sound System (actif depuis les années 1980), des Raspigaous, Rastabigoud, etc. Cette ambiance festive donnera inévitablement un élan à une mouvance ska/rock représentée par les groupes La Ruda Salska (aujourd'hui La Ruda), Babylon Circus, ou encore Percubaba. Mais cette vague s'est peu à peu essoufflée et les groupes précédemment cités furent moins productifs, se séparèrent ou explorèrent d'autres horizons.



Seuls les survivants Sinsémilia (qui fête cette année ses vingt ans de tournée), Tryo toujours actif, et Kana, qui vient de sortir un album, portent encore haut les couleurs de cette génération talentueuse. 

A partir de la moitié des années 2000, un véritable renouveau du reggae français avec des dizaines de nouveaux groupes séduit le public. C'est précisément ceux-là qui vont nous intéresser dans ce dossier et nous essayerons d'analyser leur position dans cette mouvance ainsi que la recette de leur réussite.


Une nouvelle donne


La hiérarchisation des groupes a évolué avec cette nouvelle vague donnant un rayonnement international à certaines formations françaises. Ces chefs de file sont renforcés par l'activité incessante d'un noyau dur du reggae français omniprésent depuis plusieurs années. Tout ceci donne la possibilité à des nouveaux artistes de faire des premières parties et de montrer leur talent à un public.


Deux chefs de file : Dub Inc et Danakil


Si auparavant on notait Tryo ou Sinsémilia comme principaux représentants du reggae à la française, on peut citer aujourd'hui deux formations se présentant comme les chefs de file de cette renaissance, à savoir Dub Incorporation et Danakil.


Le premier des deux est certainement le plus évident à citer puisque depuis leur formation en 1997, les Dub Inc ont poursuivi une ascension fulgurante pour se retrouver au sommet du reggae français. Le duo de voix fait des ravages dès leurs premières sorties dans les bacs. Avec "1.1" et "Diversité", ils parviennent à séduire un public qui restera fidèle. 2004 est une véritable année charnière pour le groupe qui devient lauréat du FAIR (Fond d'Action et d'Initiative Rock), ce qui lui offrira des possibilités nouvelles et le propulsera vers les sommets. Les dates s'enchainent rassemblant de plus en plus de fans séduits par l'énergie inépuisable de cette formation. Petit à petit les scènes grossissent jusqu' à ce que les Dub Inc soient programmés dans les plus grands festivals de France mais aussi d'Europe. Dub Incorporation se présente donc clairement comme la formation de reggae français ayant la plus grande renommée.



Un long chemin a en effet été parcouru par cette formation depuis 2003 (année de la sortie de leur premier album), en passant par "Dans le Décor" (2005) et "Afrikya" (élu meilleur album de reggae français lors des Web Reggae Awards en 2008). Le dernier album du groupe Hors Contrôle, certainement un de ses meilleurs opus, confirme d'ailleurs sa place de formation incontournable et a été incontestablement l'album de la rentrée 2010. La combinaison vocale des deux chanteurs du groupe y marche comme jamais: Bouchkour, dans un son style caractéristique à mi-chemin entre reggae roots et orient, et Komlan, insufflant l'énergie et la force du ragga dancehall, nous proposent une richesse et une diversité musicale sans pareil.


Cependant, depuis quelques temps maintenant, un autre groupe fait des ravages sur la scène reggae française pour atteindre les sommets de cette mouvance du reggae en France. Danakil n'a en effet jamais cessé d'accroître sa renommée depuis ses débuts en 2000. Avec leur premier album autoproduit, "Microclimat", ils marquent déjà un grand coup rassemblant un public assez conséquent. Mais ce ne fut qu'un début puisque les Danakil ne s'arrêtèrent pas là et poursuivirent leur chemin dans le mouvement reggae français. En 2008, la sortie de "Dialogue de Sourds" fait véritablement de ce groupe un incontournable de la scène reggae française. Leurs prestations scéniques sont elles aussi à la hauteur et offrent aux fans de quoi rester fidèles. Les étudiants franciliens sont bien devenus des grands du reggae français.



Leur prochain album "Echo du Temps", qui sortira le 18 février 2011 et qui sera accompagné d'une énorme tournée dans toute la France, confirmera certainement cette position.


Le noyau dur et les activistes infatigables


La nouvelle scène reggae française ne se limite évidemment pas à  ces deux chefs de file. Il en faut plus pour que l'on puisse appeler cela un renouveau. Nous avons vu apparaître ces dernières années quelques groupes d'une qualité intéressante, qui n'atteignent pas encore la notoriété de ceux précédemment cités mais qui constituent le noyau dur de cette nouvelle vague. Une véritable armée de talents propage la bonne parole partout en France, ainsi, la même année que Danakil, naissait les Fundé (dont on attend la sortie du prochain album "Hymne à la Vie"), qui ont vu leur nom de plus en plus cité après leur reprise de Jacques Dutronc, "L'opportuniste". Dans cette même dynamique le groupe Broussaï sort son premier album "Insurrection" en 2004. Influencé par les sonorités de l'âge d'or des musiques jamaïcaines, le groupe obtiendra même le Web Reggae Award du meilleur album de reggae français en 2009 pour leur dernier opus "Perspectives". Les deux super héros du ragga français Papa Style & Baldas sont, eux aussi, bien présents en France et parviennent, par le débit de voix impressionnant du chanteur, à séduire un public toujours plus fidèle.



Et ce n'est pas tout puisque la France possède bien d'autres arguments pour ne pas avoir à rougir de son reggae notamment grâce aux "anciens".
En effet plusieurs groupes ou artistes parviennent à traverser les époques en gardant leur ligne de conduite. Portés par un public toujours fidèles ils se démarquent par un style particulier qui leur est propre et un engagement sans limite pour cette musique passionnante. Ces activistes infatigables, participent de façon exemplaire à la diffusion du reggae dans l'hexagone. Pour citer quelques groupes ou artistes qui nous semblent appartenir à cette catégorie nous débuterons par Monsieur Lézard, pouvant être qualifié d'artiste underground et qui parvient à suivre son chemin sans se laisser influencer. Depuis sa prestation pour le label Belleville International, "Si faire de la musique est un crime", qui a certainement fait le tour des sound system, il s'est révélé comme étant un véritable talent français.
 Les toulousains de Positive Roots Band, tournant régulièrement avec le vétéran jamaïcain Rod Taylor, peuvent également être classés dans cette catégorie. Actif depuis la fin des années 1990, ils ne sont jamais parvenus véritablement à devenir des chefs de files mais restent indiscutablement de fervents activistes de cette musique. Nous pouvons également citer le Bad Weed Krew (qui a sorti un superbe album "Watta World" en 2010), collectif fondé à l'initiative de Basskwal, cofondateur du groupe Montpelliérain Foutamilia en 1994, et donc héritier de cette scène reggae français. Il rassemble des artistes de Montpellier (Rhum J, Miles, Eben KÈla, Zil), Paris (Junior Cony, Killa Carltoon, Mr Skwiki), en passant par Lille (Weeding Dub) et Londres (Jah Free, Gary James). Les membres français de ce collectif ont tous acquis une grande expérience de la scène, au sein des groupes Foutamilia, les Boukakes, Saraï, A.R.M. posse, Fitt Band, Ilé Ifé,...
Comme les noms que nous venons de citer l'illustrent, le reggae français possède une arrière garde très intéressante, n'ayant rien à envier aux autres pays d'Europe.



De plus, il ne faut pas oublier que nous avons vu récemment des groupes se reformer, surfant sur ce renouveau pour réapparaitre. Ainsi Kana, dont le dernier album "Internacional" est sorti en 2010, ne lâche pas l'affaire.


Une profusion de nouveaux talents


Pour parler de renouveau il faut inévitablement des nouveautés et il s'avère qu'en France, depuis quelques temps, nous voyons apparaître un grand nombre de nouveaux talents tentant leur chance dans cette musique si particulière et pourtant souvent occultée par les grands médias. Ainsi dans les derniers nés du reggae français on retrouve toutes les dernières formations que nous vous avons présentées sur reggae.fr ces derniers mois. Notons par exemple la bonne apparition des Colocks franciliens proposant un premier album remarqué, "Construire nos vies". 
Dans un esprit rafraichissant la sortie du premier album de Gentleman Jul' s'inscrit lui aussi dans cette dynamique et contribue à la diversité de cette nouvelle scène. Datune avec un reggae teinté de ragga et hip hop sortait également leur premier opus (aprés plusieurs maxis) en 2009, venant ainsi grossir les rangs de cette véritable foule d'artistes.



Plus récemment nous avons apprécié l'apparition des Rastamytho venant compléter cet inventaire de notre nouvelle scène reggae française. Avec leur album "Quel horizon?" ils s'inscrivent dans la droite ligne des chefs de file précédemment cités. Il en est de même des groupes I Woks Sound et Soul Mafia Click, qui ont respectivement sortis les albums "Histoire de Dire" et "La Grande Evasion" en 2010. Il convient également de citer les jeunes de Jah Gaïa (qui a sorti son premier album "Avec les Moyens du Bord' en 2010), et Shaman Culture dont on attend la sortie du premier album "Tchimbé Red" incessamment sous peu. Nous ne pouvons pas non plus oublier Gavroche, qui s'apprête à sortir son album "Des Petits Bouts de Bonheur".



Les nouveaux artistes sont donc nombreux et permettent au public d'avoir un véritable choix. Chacun ayant un univers, même s'ils sont parfois influencés par les générations précédentes, ils permettent une certaine diversité qui participe à faire la force de cette nouvelle vague.


Parallèlement à ce qui se passe en métropole, les Antilles françaises sont aussi très actives proposant un grand nombre de jeunes artistes très motivés cherchant à augmenter leur visibilité.  Nous proposerons un dossier complet sur la scène reggae local prochainement.


Quelle recette pour séduire ?


Toute cette nouvelle vague du reggae séduit un nouveau public qui se déplace en masse pour les concerts et soirées. Mais comment expliquer cet engouement, qui fait que cette nouvelle vague du reggae français ne cesse de grandir? Quelle est la recette employée par ces groupes pour attirer et fidéliser le public ? Il est évidemment difficile de répondre à ce genre de questionnement cependant en analysant la musique des différents groupes cités plus haut il est possible de relever certaines tendances qui semblent fonctionner auprès du public français.


Du (New) roots à la française


Les artistes roots ont toujours été privilégiés par le public français, les vétérans jamaïcains affichant souvent complet lors de leurs différentes tournées dans l'hexagone. La nouvelle génération d'artistes reggae en France semble vouloir s'inspirer davantage des sonorités des anciens. On le remarque déjà chez les Dub Inc. qui présentait des titres très roots comme par exemple "I n I Soldier" dans Diversité. Cependant ces sons ne sont pas au coeur de l'identité du groupe qui privilégie généralement des rythmiques plus rapides.


En revanche chez les Danakil les influences sont claires, le groupe puisant son inspiration dans la Jamaïque des années 1970. La voix du chanteur se pose parfaitement sur des rythmiques efficaces, agrémentées ici et là de cuivres. La basse tient évidemment une place primordiale (ce qui n'était pas le cas chez Tryo par exemple), répondant à la batterie. On retrouve également ces mêmes inspirations chez les Positive Roots Band qui proposent un reggae assez lent parsemé de solos de guitare. 
Si Danakil possède une quantité non négligeable d'adeptes et que l'on retrouve la volonté de donner une profondeur au son chez bon nombre de groupes de la nouvelle scène c'est plutôt les Dub Inc que la majorité des nouveaux groupes français ont suivi. Les rythmes, même si ils sont clairement influencés par l'âge d'or, sont tout de même beaucoup plus rapides que ce qui se faisait à cette époque là. Ainsi, les Colocks, Broussaï, ou encore Rastamytho proposent un reggae qui se rapprochent souvent du new roots apparus en Jamaïque au milieu des années 90 avec des artistes comme Buju Banton, Sizzla, ou encore Luciano.


Ce son assez rapide est évidemment plus séduisant en concert car conférant un caractère festif à la musique, sans pour autant utiliser les mêmes procédés que les groupes des années 1990 qui mélangeaient leur reggae avec le rock.


Une intégration progressive du ragga dancehall


S'arrêter au son roots et new roots du reggae français serait considérablement le réduire lorsque l'on regarde la diversité des propositions des artistes de l'Hexagone. Dub Inc. parvient grâce à Komlan à intégrer des influences clairement dancehall dans chacun de ses albums, ce qui donne au groupe un relief tout particulier. On retrouve cette qualité chez le jeune trio Datune, découvert sur reggae.fr il y a quelques années. Dans un style plus festif les deux compères Papa Style & Baldas réussissent également à tenir ce pari. Cette influence ragga dancehall, voire urbaine, se fait également sentir chez des groupes comme Soul Mafia Click ou I Woks Sound.


Evidemment cette influence ragga dancehall est moins notable que dans le reggae dit "local" où de jeunes artistes commencent à suivre la voie  tracée par Raggasonic, Admiral T, Féfé Typical ou encore Tiwony. On pense notamment à Young Chang MC, SamX, Saik et de nombreux autres.


Reste cependant certains groupes ou artistes inclassables dans ces deux catégories, tant ils mélangent les styles, participant au phénomène récent du cross over musical. C'est ainsi le cas de Maxxo par exemple (dont le deuxième album "For the Next Generation" est sorti en 2010) qui, influencé par les sonorités roots et reggae UK et ayant baigné dans un monde musical plutôt sound system à ces début, nous propose un véritable meeting pot sonore.



Mais les sonorités ne suffisent pas à séduire. Les textes sont d'une importance capitale pour faire adhérer un public.


Des textes engagés


On retrouve, dans cette nouvelle génération, la tradition contestataire qui existe dans le reggae depuis toujours. Rappelons que les débuts du reggae en France ont été faits par le personnage Gainsbourg reprenant la Marseillaise et remplaçant le refrain par des "et cétera". Même si celui-ci s'était défendu en disant que le refrain n'était pas présent sur le manuscrit de Rouget de Lisle, il semble évident que le fait de reprendre cette chanson en reggae avec ses intonations nonchalantes ne correspondait pas un hommage à la République.
   


La nouvelle génération suit donc les traces des premiers chanteurs reggae français en utilisant le côté rebelle de la musique de façon quasi-systématique. Il serait impossible de citer ici tous les titres français ayant un caractère contestataire ou revendicatif mais tentons tout de même de recenser certains des plus emblématiques. 
   


Pour commencer il semble que la thématique omniprésente dans le reggae français, l'ennemi commun de la plupart des artistes est, sans conteste, le "système". Qu'il soit représenté par le symbole biblique Babylone, qui synthétise tous ses maux, ou par d'autres terme, il représente l'arbre à abattre, et toutes les haches (si petites soient elles) sont les bienvenues. Les chefs de file que nous avons cités ne font évidemment pas exception. Dub Incorporation employait, dès leur album "Diversité" des mots forts pour exprimer leur mécontentement. Dans le titre ayant donné son nom à l'album le chanteur Komlan s'exclame notamment "J'emmerde leur système gêné par les bronzés même s'ils imposent leurs lois je choisirais ma destiné". On retrouve cette contestation dans "l'Echiquier" sur ce même album. Dans leur dernier opus "Hors Contrôle", Dub Inc nous offre également des morceaux conscients et engagés, toujours à la pointe de l'esprit de révolte de toute une génération avec par exemple "Tout ce qu'ils veulent" ou "Funambule", "Fils de" ou "Ma Mélodie". 
Danakil est aussi un groupe engagé, prônant la révolution non violente à ses débuts ("Révolution") et dénonçant les dirigeants qui se servent des médias pour nous contrôler dans un morceau particulièrement réussi intitulé "Dialogue de sourds". Dans les formations apparues plus récemment on retrouve aussi cette attitude contestataire. Rastamytho par exemple dans "Politik's" dénoncent nos dirigeants carriéristes qui ne souhaitent qu'une seule chose, nos voix.
Les mêmes thématiques se retrouvent chez la très grande majorité de ces nouvelles formations. Ainsi elles se lèvent en premier lieu contre le système en général, la guerre, les problèmes environnementaux, les hommes politiques, etc. Ces textes engagés seront repris lors des concerts où le public sensible à ces causes reste fidèle.


Précisons tout de même que l'association musique/ paroles ne suffit par pour séduire le public qui attend de ces artistes qu'ils soient proches d'eux…

Ainsi, à l'heure où Dub Inc continue sa tournée qui l'a mené partout en Europe et même outre Atlantique et où Danakil (qui a également écumé les plus grands festivals et voyagé en Europe) s'apprête à entamer sa tournée 2011 en mars, on ne peut que constater que c'est avant tout par la scène, qui reste le meilleur moyen de rassembler de nombreuses personnes derrière un projet musical, que le reggae français se construit.


Et si l'on peut regretter la quasi absence de voix féminines dans ce reggae dit français (contrairement au reggae dit "local" où les femmes trouvent apparemment un peu plus leur place), celui-ci semble avoir, compte tenu du nombre en constante augmentation des artistes et concerts en France, un très bel avenir. Reggae.fr, n'en déplaise aux aigris et aux jaloux, sera toujours là pour vous en raconter l'histoire et pour partager avec vous les vibes de ces groupes talentueux, attachant et contestataires.


One love, One blood, One destiny !


 


ps : Evidemment ce dossier n'a pas valeur d'exhaustivité, nous aurions pu citer de nombreux autres groupes amis et militants actifs, qu'ils nous excusent. La scène reggae français est très importante et ce dossier aurait pu être deux ou trois fois plus importants. Nous avons donc pris le parti de faire des choix, ce qui ne signifie pas que nous n'apprécions pas les groupes non cités. Ils se retrouvent d'ailleurs régulièrement dans nos colonnes ! Big à tous.

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commentaires
le 20/01/11 par Dawha
Bon je sais que l'on peut pas citer tout le monde mais je pense que d'autres groupes auraient mérité une présence sur cet article et notamment: - Mo'Kalamity -Dar-k - Pierpoljak qui a joué un rôle aussi par le passé et qui sors encore de bons sons - Orange street - Métisse - Mix Up - positive Radical SOund - Akamassa et Jr tshaka (Reggae francophone) - Brahim - baobab Et bien d'autres qui surement en me viennent pas dans la tête à l'instant
le 20/01/11 par chalice
merci pour ce dossier instructif et intéressant. Continuez le combat !
le 20/01/11 par Greeen
Très bon article, un bon panorama de ce que la France a pu engendrer niveau reggae! Sinon juste pour citer aussi Jah Pearl and The Bouddha Sticks, avec leur plutôt bon premier album Motherland (même si, et c'est dommage, il ne contient que deux titres en français)
le 20/01/11 par matahari
"Oui le reggae français se porte bien, merci. N'en déplaise à ses détracteurs, le reggae français connait un nouveau souffle depuis quelques temps" Yes ça fait plaisir à lire, ça change des éternels alarmistes o_O Sinon rien que de revoir la pochette "retour aux sources" haaaaa... magique. Très très bon article, Big UP pour le taff. Cheerio
le 21/01/11 par moko.tv
big la famille!!
le 25/01/11 par mr_joe
Comme le dit DAWHA il y a de grands noms oublié de ce dossier : PIERPOLJAK !! BRAHIM 2 des plus big voices du reggae francais c
le 26/01/11 par danakil
super dossier merci l'équipe reggae.fr !!! vous êtes big.
le 26/01/11 par Bibitangui
Et puis Nzela bien sur parceque quand même même si ils sont pas vraiment dans le reggae français car trés africanisé.
le 28/01/11 par tétard974
yes!!! Un gros big up pour le dossier!!! enfin le reggae frankofone apparait comme légitime et cela est normal car il y a time que les gars bossent!!!! depuis 98 j'anime kartier reggae qui propose un concept 100% frankofone( depuis la réunion et maintenant accessible à tous avec le net sur Velly music ) et pourtant je me rappelle des rires moqueurs quand on parlait de reggae "français" !!!! je voulais juste apporter quelques precisions : bien sur on ne peut pas citer tout le monde, mais oublier Brahim c'est dommage... dire que le premier album de sinsé date de 96 est une autre erreure...sa ré edition date de 96, il est sortie quelques années avant et cela est important car malgré les critiques qu'il y a pu avoir sur eux, ils ont beaucoup apporté en terme de débrouillardise et d'accés à une large diffusion sans se prostituer...de même pour gnawa diffusion qui a apporté beaucoup dans l'esprit d independance et d'auto prod et surtout auto distribution!!! une premiere à l'époque... mais la remarque la plus importante que je souhaitais faire est celle relative au terme "reggae festif"!!! c'est quoi le reggae festif??? dans les paroles de nombreux groupes que vous citez, il n y a pas de "festif" mais un constat sur la socièté, ses dérives ses abus,contre le front national, etc... le reggae n'est pas festif et ne le sera jamais, c'est une musique qui parle de souffrance, de luttes etc... comment peut on appeler cela festif, n'est ce pas cette appelation qui a relegué durant des années le reggae frankofone comme une musique peu serieuse??? bien sur des groupes ont fait des chansons plus lègeres, mais cela ne vaut pas que l on caricature le reggae des années 90 comme "festif" ,mais cela reste mon avis... enfin et toujours durant cette période, je trouve dommage de ne pas avoir parler d'un des plus grands groupes frankofones, le premier à avoir ouvert de nouveaux horizons musicaux et à avoir été composés par de big musiciens: HUMAN SPIRIT !!!! n'hesitez pas à me contacter sur mon myspace Tétard& kartier reggae974 FORCE pour tous les activistes et surtout à ceux qui ont oeuvré dés 87/88 et qui pour beaucoup n ont pas récoltés une reconnaissance mais ont permis aux generations d'apres de percer!!!! na retrouv!!!!
le 30/01/11 par nyihot
Il y a eu aussi Regg'Lyss de Montpellier avec vive les gestes dans les années 90 et 2 ou 3 autres albms encore
le 01/02/11 par papayatik
yes i respect pour l'article ! et oui, le reggae français existe et je dirais même de plus en plus fort ! comme téatrd ( respect collègue !) , on est pas à l'abri dès qu'on aborde le sujet reggae français dans notre émission des railleries et autres moqueries mais ça ne nous touche pas ! s'il est vrai que parfois , le cliché est trop flagrant ( certains titres de ppk, de danakil etc ), il ya une vraie scène avec ses propres personnalités et diffférences je trouve aussi qu'il ne faut pas oublier tous les labels ( Ka records, irie ites ..) qui font un vrai taf pour maintenir la vibe au plus haut bref , fini le temps des larmes , fini le temps des pleurs reggae music frenchy se doit d'être à la hauteur !! respect aux anciens tels que pablo master , daddy yod , Sai Sai je recommande aussi l'excellent livre sur le reggae français http://www.laboutiquedesartistes.com/pionniers-du-reggae-en-france_56_33.html one love
le 13/02/11 par tibabtou
Sans oublier svp : Mr Toma, Tairo, NETNA (pour les femmes !!),Dar-K ... Et faut avouer que le reggae dit "Local" (gwada, mada, gayana...) à beaucoup beaucoup beaucoup jouer dans la diffusion du mouvement reggae en france, donc j'attends de voir ce prochain article sur ça... Tcho
le 16/02/11 par nouchi
Donc on appelle "reggae français" le reggae de France et non pas le reggae francophone ??? vive les etiquettes!
le 16/02/11 par doudouzon
Tu parles bcp de danakil qui fait de la soupe (sa chanson marley est a pleurer comme si on avait besoin de nous rappeler la vie de Bob).tu cites Gainsbourg et oublie les deux monstres qui ont bossé pour ce premier album reggae je parle de sly & robbie GRAVE ERREUR ! personne ne CHANTE le reggae roots en france comme pierpoljak l'a fait juste un avis personnel ... deuxième avis : tu ne dois pas être musicien toi . Au fait : La révolution ne se fera pas toute seule et l imaginer nonviolente est une utopie les gars dérouillent en tunisie en égypte en iran en algérie et les étudiants franciliens la font sur leur canapé se faisant ronger tout doucement par le système avant de l intégrer totalement . Réveillez vous indignez vous allez prendre des flashball et de la lacrymo sinon rien ne bougera . strictly roots : ZON!
le 01/03/11 par jahjah heart
Zal aussi, un chanteur venant de brest, exelent et mériterait plus de reconnaissance. Sinnon peut être que moi, guitariste et chanteur, ferait l'objet d'un de vos futurs articles qui sais ^^
le 13/06/11 par magman
Et Lyricson dans tout ça?
le 14/06/11 par Lena Staff Reggae.fr
à magman: regarde la definition du reggae français dans le dossier et tu comprendras pourquoi lyricson n'y est pas. Il ne chante pas en français
le 01/04/12 par One drop kid
N'oubliez pas Eldé
le 22/10/13 par koshlakazz
bien joué one drop kid, n'oubliez pas Eldé!!
le 25/03/14 par Harvey
Cet article est vraiment bien!!! J'pense que Bhale Bacce Crew avait ca place dans cet article!! Big Up!
le 12/05/14 par Warloc76
Bonjour juste pour dire que le reggae ne ce limite pas au groupe reggae... pas un mot sur les sound system français la scene dub/sound est certainement plus importante que la celle des concerts et en tous cas l undergroud musical des sounds reste bien au dessus des Groupes Reggae en terme de qualité de productions musicales originales...
le 12/05/14 par LN Reggae.fr
Warloc76, merci pour ton commentaire. Bien sûr tu as raison reggae ne se limite pas au groupe et c'est bien pourquoi nous précisons bien au premier paragraphe de l'article de quoi il s'agit ici sous le termes reggae français. big up

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