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Cecile Jamaicanization Cecile Jamaicanization
08/09/11 - Auteur(s) : Nounours

Après plus de dix ans de carrière, 'Jamaicanization' peut largement être considéré comme l'album de la consécration pour Ce'cile. Exit les importations obscures: cet opus est en effet la première parution mondiale pour la chanteuse. Ce'cile fait donc le pari ambitieux de 'jamaïcanizer' le globe, armée de ses 17 pistes. Le résultat est plus que convaincant: on ne se lasse pas de ces 55 minutes.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, on relève une pratique quasiment devenue légion qui est de pondre en guise d'album une compilation de ses interventions sur les série de riddims. Or il n'en sera rien ici, la belle jamaïcaine ne s'est pas payée la tête de son public: sur 16 titres, 12 sont totalement inédits ! C'est donc une véritable création qui paraît chez le label allemand Kingstone Records, supervisée par un Rolf Radny familier de la chanteuse et attentif à ses attentes. L'ensemble se révèle homogène et bien ficelé: un bon aperçu du travail de Ce'cile, bien que la patte allemande se fasse par moments un peu trop entendre, ce qui est bien normal étant donné que le producteur Ben Bazzazian s'est chargé d'une bonne partie des titres.

En intro, c'est la voix bien connue de Rory du sound-system Stone Love qui ouvre furieusement l'album. Le thème qu'on retrouve dans la majorité des chansons est sans surprise l'amour, sous toutes ses coutures: heureux, déçu, complexe... ; Mais on distingue clairement deux catégories.

D'une part, les sons reggae, doux et langoureux, où Ce'cile évoque un amour fort, qui surmonte l'absence, le manque, les problèmes comme le charmant «Where you want me» produit par Ce'cile elle-même, ou encore «When you're gone» déjà entendu sur le Cardiac Bass Ridim produit par ZJ Chrome et composé par Birch.

D'autre part, les titres dancehall où la 'Bad Gyal' s'adresse à la gent féminine, ironisant sur les hommes et délivrant de véritables hymnes féminines, avec un message très 'Girl Power':
'Woot Woot' et 'Nah Stress Ova Man', qui sont les deux autres titres déjà connus, respectivement parus sur le Smoking riddim de Stephen 'Di Genius' Mcgregor et le Street Bullies de Tony Kelly, sont explosifs. Les malheureux qui s'étaient laissés déconcentrés par les autres artistes sur ses riddims redécouvriront avec bonheur ces deux chansons bourrées d'énergie. Sur 'Woot Woot' (= exclamation de joie voir d'euphorie en anglais), la chanteuse nargue son ex, célèbre gaiement un nouveau célibat et invite toutes les filles à en faire autant, les encourageant à avoir une plus importante estime de soi par la même occasion. 'Nah Stress Ova man', qui avait très bien fonctionné et même dominé la série du Street Bullies, est tout aussi redoutable: sur ce beat entraînant, Ce'cile s'adresse de nouveau à ses paires féminines et trouve les mots justes, telle la bonne copine qui viendrait vous consoler, Mademoiselle, après une rupture difficile, et qui vous dirait de ne pas vous prendre la tête pour un mec, que la vie continue, qu'il y a un million d'hommes sur terre et que vous êtes bourrée d'ambition, de talent et d'avenir !

Le premier single issu de l'album, 'Singing this song', à la ligne de basse remarquable, est un portrait que Ce'cile dresse d'elle-même, avec principalement ses défauts, et où elle se réjouit d'avoir trouvé un homme qui l'aime telle qu'elle est et lui rend donc hommage en chanson. L'opposition des titres 'Exclusive' et 'Cheater' (sur lequel on découvre que Ce'cile chante somptueusement bien, sa voix en est presque méconnaissable sur le premier couplet!) fait sourire: dans le premier, la belle clame sa fidélité à son homme, et pour le deuxième, 'Cheater' se traduisant par tricheur, vous n'avez pas besoin de dessin: elle enjoint ses auditrices de ne pas redonner de chance à un homme qui les aurait trahi. Expérience personnellement vécue, à en croire le petit message glissé dans le livret du cd aux lignes des crédits du morceau : 'FOR MY X, YUH KNOW WHO YUH WERE !!!!!!!'.

S'en suit l'interlude ultra sexy 'Touch Yourself', au titre suffisamment explicite pour ne pas avoir besoin d'en discuter d'avantage. 'Ok without you' sonne un peu r'n'b et est plutôt en dessous du reste, avec un remix live plaisant mais pas forcément nécessaire par Big Finga (Evolution Band). Les fêtards ne seront pas en reste, avec deux autres sons dancehall susceptibles de faire un malheur en soirée: 'Step Aside (Sound Man Tune), qui est un hommage à tous les sound-systems de par le monde - qui se doivent donc de le jouer !!! ;-) - et 'Up On The Dancefloor' qui remuera bien des hanches; et avec également un 'Want More' frénétique, aux influences ska pour un résultat très réussi ! La chanteuse aurait pu se suffire à elle-même, car jusqu'ici, absolument rien n'est à jeter. Elle a cependant 3 invités sur cet album, qui ne sont pas là pour la décoration.

'Hey', en combinaison avec l'un des meilleurs deejays actuels, Assassin aka Agent Sasco, est une merveille. Ce'cile confie d'ailleurs qu'il s'agit de sa chanson préférée de l'album. Résonnances rub-a-dub, mélodie entêtante, refrain coquet à l'allure de poème ("You make mi say Hey, Hey, Hey/ Put your love pon mi/ Under the moonlight shining bright/ Come hold mi tight/ Gimme that poney"): le résultat est irrésistible. Il produit aux oreilles l'effet qu'un délicieux moelleux au chocolat et au coeur fondant ferait à vos papilles (si vous n'aimez pas le chocolat, aidez-moi, remplacez à votre convenance, merci).

'Sweetness', en featuring avec le chanteur jamaïcain Christopher Martin, est également un régal auditif: la manière dont Ce'cile aborde le riddim est envoûtante, et le couplet d'un Christopher Martin au timbre plus masculin qu'à l'accoutumée est sublime.

Elle est enfin accompagnée du suédois Million Stylez pour 'Wicked N Wild' sur un instrumental plus orienté hip-hop: on est susceptible de moins accrocher mais le morceau reste de bonne facture, avec à la production, aux cotés de Ben Bazzazian, Dj Teddy-O, très populaire dans le milieu hip-hop.

Comme la belle l'a répété inlassablement lors de tous ces derniers shows, elle remplit avec plaisir et amusement son rôle de 'Bad Gyal', évoque des sujets légers, mais souhaite qu'on retienne tout de même certains messages, plus importants, et clôture désormais toujours ses concerts sur une note plus 'conscious'. L'album sera à l'image de cette attitude, puisqu'il se termine par l'énorme 'Gwaan Live Life' produit par Germain Mason and Dwayne Douglas (Creative Noize Productions) sur un riddim composé de nouveau par Stephen McGregor, le Pursue, que vous avez pu entendre il y a quelques mois déjà. Le titre, puissant, vous invite à prendre conscience qu'il n'y a qu'une seule vie, à l'aborder avec plus de positivité, et à apprécier pleinement chaque jour ce qu'il vous est donné de vivre.

Des one-drops reggae terriblement efficaces aux beats dancehall enflammés, en passant par des sonorités ska et rub-a-dub, tout est savamment concentré dans ce 'Jamaicanization'. Ce'cile aura remporté son pari en offrant en tout cas une parfaite vue d'ensemble de sa propre musique, tout  en représentant au mieux son île. Capable tout aussi bien de chanter que de toaster, l'artiste a acquis en maturité et trouvé définitivement sa place.

A écouter et réécouter.

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