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Fantan Mojah Interview Fantan Mojah Interview
24/02/12 - Auteur(s) : Interview réalisée par Djul; Photo Semayat

Cela faisait quelques années que nous n'avions pas eu l'occasion de rencontrer Fantan Mojah en France. Notre dernière interview de l'artiste s'était faite en Jamaïque il y a quelques temps... Il a décidé de venir en France cet hiver dans le cadre d'une tournée avec Ijahman et I Wayne, occasion pour nous de s'entretenir avec cet artiste, de revenir sur son actualité et les chansons qui ont marqué sa carrière...


Reggae.fr: On sait que tu as eu un petit accident récemment. Ce n’était pas trop grave ?
Fantan Mojah: Et bien, on rentrait d’un concert qu’on avait fait à St Ann. On était en bus et il pleuvait beaucoup. Un moment, le chauffeur a freiné et le bus a glissé et on s’est renversé dans le fossé. Mais Jah était avec nous. Il nous protège chaque jour sur le champ de bataille. Je me suis abîmé le petit doigt mais il ne s’est même pas cassé donc rien de grave.

Cela faisait longtemps que l’on ne t’avait pas vu en France. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
Parfois j’ai besoin de prendre mon temps et de m’éloigner un peu de la musique. Je vais dans les collines, je médite, je fais autre chose... Et j’ai besoin d’avoir de réelles nouveautés pour me confronter au public. Après un long séjour dans les montagnes, je suis revenu avec l’album « Stronger ». Mais je n’avais pas fait de tournée pour cet album. Je l’ai laissé mûrir en Europe, trouver son public. Et aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il était temps de faire cette tournée, 2 ou 3 ans après la sortie de l’album. Et j’ai un nouvel album qui sortira cet été. C’est l’occasion d’en faire la promotion aussi. Vous voyez, je prends mon temps. Car je trouve qu’en Jamaïque, les artistes et les producteurs travaillent à outrance. Ils essayent d’inonder le marché, ils sortent trop de musique. Les gens n’ont même plus le temps d’écouter du reggae comme ils le faisaient avant. Moi je ne veux pas fatiguer mes fans en sortant des singles trop souvent. Je préfère prendre mon temps, laisser les gens écouter ma musique, s’y habituer. Et quand c’est mûr, je récolte les fruits (rires). Je veux juste que les gens soient à l’aise avec la musique. Les artistes qui travaillent dans ce système de production massive devraient se calmer. En plus, ça les force à se tourner vers un reggae crossover où la musique qu’ils font ressemblent plus à du hip-hop. La Jamaïque est un pays de reggae ! [il chante] : « Rasta got soul ! Reggae music rocking my bone... »

Justement, cette chanson, « Rasta Got Soul » est l’une de tes dernières sorties. Tu peux nous en parler ?
Comme je vous l’ai dit, j’en ai marre de ce système de production massive. Et ces jeunes jamaïcains qui font plus du hip-hop qu’autre chose, j’ai l’impression qu’ils ne connaissent rien au reggae. Mais d’un autre côté, il y a de vrais jeunes rastas qui continuent de faire de la musique authentique et ça, on ne pourra jamais le cacher. Laissons le hip-hop aux Yankees ! Mais on aime cette musique aussi bien sûr car on peut danser dessus, tout comme le calypso.

Et le riddim de cette chanson...
C’est une reprise de Phil Collins ! [il chante] : « She calls out to the man in the street : Sir can you help me ? » (rires) c’est comme ça non ? C’est Dameon Gayle qui a produit ce riddim. C’est de la vraie musique ! On a fait un hit avec cette chanson, du coup Dameon a décidé de cutter d’autres artistes sur le riddim. Il y a Lutan Fyah, Duane Stephenson, Anthony B., Zamunda... Et maintenant il y a d’autres artistes qui veulent poser sur ce riddim car il a bien marché.

Tu as commencé la musique avant d’être rasta. Est-ce que c’est la musique qui t’a conduit à la religion ?
La musique est née en moi et elle vit en moi. Jah a choisi ce destin pour moi. Au début je m’appelais Mad Killah, car j’étais un gros fan de Bounty Killer. Puis j’ai découvert d’autres influences comme Capleton, Sizzla ou Anthony B. J’ai découvert d’autres messages et je me suis rendu compte que mes vrais pères étaient Jacob Miller, Bob Marley, Bunny Wailer, Jimmy Cliff... Quand la musique te frappe, tu ne ressens aucune douleur. C’est pourquoi je remercie les gens qui aiment cette musique comme moi et tous ceux aussi qui écoutent la musique qu’ils appellent « ragga » et qui vient en fait des fondations du reggae.

Et Bounty Killer est toujours une de tes influences ?
Dans un sens oui. Car je ne pourrai jamais renier le Mad Killah qui est en moi. C’est une question de style, de façon de chanter. Je m’inspire aussi de Capleton ou de Beenie Man car ce sont des grands. Ça c’est juste pour la musique.

Et tu penses que le dancehall est compatible avec la musique consciente ?
Le dancehall a son propre cadre. Mais le cadre du reggae est beaucoup plus grand, partout dans le monde. C’est juste de la musique. Moi je ne suis pas là pour critiquer telle ou telle musique. Quand ces artistes n’utilisent pas les mots et la musique pour faire quelque chose de positif, on ne les tolère pas, on les brûle ! Mais quand ils essayent d’élever le peuple avec des paroles cohérentes, je leur rends grâce !

Quand Jah Cure était en prison, tu l’as beaucoup soutenu. Aujourd’hui, est-ce que tu soutiens Buju Banton et Vybz Kartel ?
Je ne suis là pour juger personne. Jah bénit tous ses enfants sur cette Terre et lorsqu’on traverse des difficultés on doit s’en remettre à lui. Buju doit prier le Tout puissant. Et Vybz Kartel aussi. Ils doivent demander le pardon. Mais ce n’est pas à moi de les juger, je les aime. Ce sont mes frères et j’espère que Jah les guidera et les aidera à se sortir de leurs problèmes dans la dignité.

L’un de tes premiers hits était « Hungry ». Tu peux nous parler de cette chanson ?
Quand je chante cette chanson, je la chante pour le monde entier. Quand j’étais petit, ma mère devait me trouver à manger. Quand tu étais petit, ta mère devait te trouver à manger. Il y a des endroits dans le monde où les mères ont du mal à trouver à manger à leurs enfants, que ce soit en Afrique, en Amérique ou en Angleterre. Partout ! Cette chanson est pour tous les pauvres qui se tuent à la tache pour les salaires minimums. Donc ce morceau s’adresse aux leaders mondiaux qui construisent des armes et font la guerre alors qu’il y a des gens qui meurent de faim sur cette planète. Pourquoi ne pas utiliser l’argent des armes pour planter plus de nourritures et nourrir toutes les nations comme il faut ?

Et as-tu personnellement souffert de famine ?
Je ne peux pas dire ça non. Quand je suis parti de St Elizabeth à l’âge de 19 ans pour aller à Kingston et faire comme tous les grands qui avaient quitté leur campagne pour faire carrière (Bob Marley, Jimmy Cliff, Jacob Miller...) j’ai dû me débrouiller tout seul et ça n’a pas toujours été facile. C’est dur d’être loin de ses parents. Nous avons tous connu ça, cette lutte pour s’émanciper. Mais Jah était là pour nous. On se débrouille, on fait des petits boulots, pour s’en sortir. Certains vendent des fruits, d’autres de l’herbe. Mais c’est toujours mieux que de devoir voler ou faire du mal à quelqu’un. Moi, pendant des années, je portais les enceintes du sound Killamanjaro. Ce n’était pas un job très gratifiant mais je n’en avais pas honte. Car j’étais tout de même dans le business de la musique et j’apprenais des choses tout le temps en regardant comment se passaient les soirées. Je rends grâce à Jah pour cette expérience.

Pour finir, tu peux nous parler du titre « Corruption », l’un de tes premiers hits aussi ?
Il y a beaucoup de gens dans ce monde qui souhaitent voir leurs frères et sœurs tomber et qui ne les aident pas à sortir de l’eau. Je vais leur dire une chose : le bonheur des uns ne se fait pas au détriment de celui des autres. Nous parlons de justice et d’égalité des droits pour tous. Alors, si tu essayes de combattre la droiture, tu es corrompu. Nous ne pensons qu’au positif et nous brûlons la corruption. Donc si tu es corrompu, Fantan Mojah n’a rien à voir avec toi. Si tu as de l’amour pour les autres, on pourra s’entendre. C’est le message de cette chanson. Les rastas brûlent la corruption. On ne s’implique pas dans le slackness. Justice et égalité pour tout le monde ! Les leaders du monde doivent savoir que s’ils aiment le peuple, le peuple les aimera.

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commentaires
le 24/02/12 par Nounours
Interview très intéressante Big Up Djul !!
le 24/02/12 par Ras Mojah
Yes! Big up pour l'interview!! Son concert à Paris était trop bad!!!

2.0/5 (50 votes)

  • Currently 4.00/5
4.0/5 Evaluation Reggae.fr
Fantan Mojah
Big bad artist, Fantan Mojah is coming ! ...
23/11/05 - Roots
Fantan Mojah 'Rasta Got Soul'

Découvrez le dernier clip de Fantan Mojah, illustrant l'excellent titre "Rasta Got Soul":

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10/09/12 - Clip
Fantan Mojah - Interview et live

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29/07/12 - Reportage
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