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Takana Zion - Interview Takana Zion - Interview
13/11/12 - Auteur(s) : LN et @Doumbs; Photos DR

Le Guinéen Takana Zion est de retour avec un nouvel album ! Enregistré entre Paris et Conakry avec DJ Redeyes, "Kakilambe" sera disponible ce lundi 19 novembre et promet du nouveau. Expérimental, le nouveau projet de Takana mélange musiques traditionnelles africaines et musiques électroniques, dancehall et dub, reggae et digital... Un album qui ne manquera pas de surprendre les auditeurs tout en mettant en avant les richesses créatives de l'Afrique.

Reggae.fr: Comment vas-tu Takana depuis notre dernière rencontre?
Takana Zion: Je vais très bien. Je me suis marié, je m'occupe de ma femme et de ma musique.


"J'ai été accueilli par tous les jeunes guinéens, qui étaient au moins 20 000 à l'aéroport"



Félicitations ! Avant de nous tourner vers ton nouvel album, faisons d'abord un petit retour sur le début d'année 2012 et ta Victoire du Reggae (évènement fondé et organisé par reggae.fr) dans la catégorie reggae africain. Cette victoire a eu un bel impact en Guinée-Conakry. Raconte-nous!
J'ai été accueilli par tous les jeunes guinéens, qui étaient au moins 20 000 à l'aéroport, de même que le Ministre de la Culture, le Ministre du Sport et différentes personnalités de la culture en Guinée. Ça a été un grand évènement ici. La jeunesse guinéenne célèbre cela et est contente car si l'équipe nationale n'a pas réussi à gagner la Coupe d'Afrique des Nations, au moins Takana Zion a remporté la Victoire du meilleur album de reggae africain.

Tu représentes donc un grand espoir et une grande force pour les jeunes là-bas. On sait que des artistes engagés comme Tiken Jah Fakoly ont été influents pour toi. Aspires-tu également à avoir un rôle important du fait de ta notoriété, dans la libération des peuples et la promotion de la culture africaine ? As-tu des projets ayant pour but d'aider et soutenir la jeunesse en Guinée, un des pays les plus pauvre d'Afrique ?
Je te remercie beaucoup pour la question. Tu sais, en Afrique en ce moment, c'est en Guinée que se développent énormément la culture reggae, la culture rasta et les mouvements de jeunesse. Actuellement en Guinée, c'est comme si le reggae venait d'arriver, comme si le pays venait de découvrir le reggae. Ça fait longtemps évidemment qu'on connait Bob Marley, Peter Tosh, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, mais maintenant il y a Takana Zion qui vient de Guinée ! Les concerts sont toujours remplis. On ne fait pas de concerts à moins de 100 000 personnes tu vois ! Nous avons une association ici qui s'appelle Black Mafia et notre but c'est d'avoir 100 000 personnes dans l'association. Aujourd'hui nous en sommes à 15 000 membres. Chaque membre paye une cotisation de 10 000 francs guinéens. En unissant 100 000 personnes, on réussira à collecter 1 milliard de francs guinéens, ce qui est une somme considérable pour entreprendre notre projet. Donc les jeunes guinéens sont en train de s'unir autour de Black Mafia, l'association du peuple noir, pour faire avancer les choses. Black Mafia est une structure qui investit dans la culture, la musique mais aussi le sport et actuellement nous sommes en train de faire venir des ingénieurs du son de la France, tels que Dj Redeyes, pour venir donner des formations et amener quelque chose de nouveau quoi ! Notre engagement est connu de tous tu vois ! On organise aussi des concerts gratuits par exemple ! Les concerts les moins chers ont lieu en Guinée ! Et franchement je veux vous inviter ici reggae.fr afin que vous soyez témoins de notre effort par rapport à la culture reggae, à la culture rasta et à l'Afrique en général !

D'ailleurs, d'autres artistes francophones se déplacent en Guinée. Tiwony nous disait il y a quelques semaines qu'il partait justement en Guinée !
Tiwony est venu ici en effet. Il a été bien accueilli. Il a passé un bon moment ici et les jeunes ont bien compris son message. Il a un amour pour l'Afrique et c'est quand même rare de voir des artistes de la Caraïbe s'intéresser autant à l'Afrique.

Ton nouvel album s'intitule "Kakilambé". Peux-tu nous expliquer ce titre ?
"Kakilambé" c'est le nom d'un masque Baga. Et Baga c'est l'une des plus vieilles ethnies africaines, qui a été la première à habiter la côte de la Guinée. C'est un masque dont la taille peut aller jusqu'à 8 ou 9 mètres de haut.



D'où le magnifique visuel sur la couverture du disque…
Voilà.. et c'est aussi un esprit qui vit dans l'eau… c'est tout ça "Kakilambé".

Alors que ton dernier album "Rasta Government" était très influencé jamaïcain, là tu te tournes plus vers ton continent d'origine musicalement. Comment as-tu travaillé en termes de productions ? Et peux-tu nous parler de Dj Redeyes ?
Dj Redeyes c'est un frère que j'ai rencontré à Paris. Il était très enthousiaste et plein d'énergie et à l'époque Sizzla m'avait déjà proposé de faire un featuring sur un des morceaux de mon prochain album alors j'ai demandé à Redeyes de préparer le riddim. A mon retour en Guinée, quand j'ai commencé à travailler sur le reste de l'album avec les musiciens traditionnels (pour la cora ou le balafon) j'ai appelé Redeyes pour qu'il ajoute un côté moderne à l'album. Du coup là j'ai fait un album osé au niveau musical, mais toujours conscient et engagé dans les messages.

Qu'est ce qui a inspiré ce retour vers des sonorités traditionnelles qui sont encore plus présentes que dans tes précédents albums?
Tous ces instruments sont dans mon âme tu vois. C'est aussi l'âme de Mama Africa. Il fallait montrer tout ce qu'on sait faire ici mais avec un ton nouveau. On doit donner plusieurs sensibilités au reggae et montrer notre âme au monde entier.


"Les musiciens qui ont travaillé sur l'album sont de jeunes qui jouent pour les artistes folkloriques guinéens en général.  Au départ ils flippaient car ils savaient que je faisais du reggae!"


Qui sont ces musiciens traditionnels ?
Les musiciens qui ont travaillé sur l'album sont de jeunes qui jouent pour les artistes folkloriques guinéens en général.  Au départ ils flippaient car ils savaient que je faisais du reggae! Mais finalement ça s'est bien passé parce que ça reste de la musique africaine. Le balafon c'est un instrument de l'empire soussou, dont je suis issu. Et d'ailleurs le premier morceau "Abada", c'est l'abécédaire soussou. Dieu nous a donné la chance d'avoir une écriture mais cela n'est pas donné à tous les peuples. C'est pourquoi je remercie Dieu avec ce titre "Abada" qui veut dire "Eternel", mais qui correspond aussi à des sonorités de l'alphabet soussou (Takana nous donne alors la liste des différentes sonorités soussou).


"La musique je l'écoute je l'écoute je l'écoute encore et encore et elle me dit, elle m'inspire, ce que je dois raconter sur elle."


En parlant d'écriture, comment as-tu travaillé les textes de l'album, surtout que tu n'es resté qu'une quinzaine de jours en studio ? 
Moi je n'écris pas la musique. La musique est une tradition orale. Dieu a crée le monde par le verbe. Il imagine, il parle et ça se réalise. C'est pour ça que lorsqu'on vient chanter on fait comme ça. On essaye de méditer au plus profond de nous-mêmes, de ressentir les choses… Ça peut m'arriver de donner un refrain mais c'est tout. Je donne la mélodie aux musiciens et avec les vibes on essaye de créer un truc tous ensemble. Ou alors je dis aux musiciens de jouer quelque chose et je m'adapte. La musique je l'écoute je l'écoute je l'écoute encore et encore et elle me dit, elle m'inspire ce que je dois raconter sur elle. C'est comme ça pour tous les morceaux. Même ceux chantés en français. C'est un travail, mystique, spontané et original.

Les sonorités traditionnelles ne sont pas les seules présentes, puisqu'on retrouve aussi dans l'album des sons issus de "l'electro-africanism".
C'est ça la vibes de Dj Redeyes. On l'a surnommé David Guetta  en Guinée ! Il est ouvert et il sait travailler avec les gens.


"J'ai composé ce morceau (Emmanuel) quand un de mes shows a été annulé ici en Guinée, à l'époque par l'ancien Premier Ministre Jean-Marie Doré."


Peux-tu nous parler du morceau "Emmanuel", qui est le premier qu'on ait découvert l'été dernier?
J'ai composé ce morceau quand un de mes shows a été annulé ici en Guinée, à l'époque par l'ancien Premier Ministre Jean-Marie Doré. On avait fait une grosse promotion, dépensé des millions de francs guinéens pour ce show, et juste à la veille du concert, qui était aussi la veille de l'anniversaire de la mort de Sékou Touré (ndlr: premier Président de la République de Guinée, décédé le 26 mars 1984), le premier ministre a interdit le concert. Toute la jeunesse et le peuple étaient déçus. Cela m'a inspiré "Emmanuel" (Takana chante). Dans cette chanson je dis: "Emmanuel, Emmanuel, je suis venu vers toi avec mes problèmes. Si c'est vrai que c'est toi qui m'a élu, la ville sera détruite quand ils vont essayer de me toucher. Babylon ne veut pas me voir dans cette ville. Je ne peux pas m'en aller et laisser les gens comme ça." C'est un morceau qui est fait pour protéger I and I de Babylon tu vois.

Sur le morceau "Hassali", dont le clip vient de sortir, tu chantes avec Aïcha Koné ? Peux-tu nous présenter ce titre et les raisons de cette collaboration ?
"Hassali" c'est un morceau que j'ai fait pour honorer ma mère, qui est quelqu'un qui a une grande foi en Dieu. En Afrique j'ai l'habitude de voir les gens amener leurs enfants chez les marabouts. Mais ma maman elle ne m'a jamais amené chez le marabout. Elle m'a toujours dit d'être humble et de garder la foi en Dieu. Elle a cette énergie en elle et je tenais à la remercier. A des moments, quand j'étais bloqué en France, en tournée et que je savais plus quoi faire car c'était un peu dur, je pensais à elle et à cette foi. Ce morceau je l'ai d'ailleurs écrit sur l'Ile de Ré, pour elle. Il dit que "si c'est vrai que ma maman n'a pas fait de mal aux enfants d'autrui, je suis sûr et certain que je réussirai. Je deviens sage, je deviens calme, je deviens patient, je sais que j'irai de l'avant."
Quant à Aïcha Koné, c'est une grande dame de la musique africaine et une vraie âme africaine.


"Sizzla m'a appelé et m'a dit: "Takana, we have to do a song right now ! now, now, now !"



Bien sûr on veut que tu nous racontes ta rencontre avec Sizzla qui figure sur le titre  Mama Africa !
C'est à l'époque où je suis parti en Jamaïque pour faire les clips de l'album "Rasta Government". Sizzla a sa maison dans le même quartier que là où je logeais. Un jour je descends à une station pour acheter des bouteilles d'eau et je vois une voiture blanche et dedans cet homme avec une écharpe verte et avec ses dreadlocks lâchées, et non enturbannéas. Mais je l'ai quand même reconnu. Je lui ai dit:
- "Sizzla !" Il a dit "Yeah".
- "This is Takana from Africa. I have so many things to tell you"
Il m'a répondu : "Ok".
On a commencé à parler et je lui ai expliqué que sa mission allait bien au-delà de la musique, que c'était un grand leader noir et qu'il ne s'en rendait même pas compte. Sa musique est en train de bouleverser toute l'Afrique et sa jeunesse. Je lui ai dit qu'il devait faire plus d'actions que simplement chanter. On a sympathisé et on a beaucoup discuté. On a gardé contact et un jour, alors que j'étais de retour en France, il m'a appelé et m'a dit: "Takana, we have to do a song right now ! now, now, now !". Donc on a vite fait la chanson le jour même et on lui a envoyée ! Et juste après d'ailleurs en rentrant chez moi à Bois-Colombes je suis resté bloqué dans l'ascenseur pendant 4 heures ! Tu vois ce qu'il faut faire pour réussir à enregistrer une chanson avec Sizzla ! (rires). Sizzla est un artiste réel et engagé. Il a enregistré cette chanson avec beaucoup d'amour. Il vit l'Afrique en lui. On s'appelle tous les jours !



Il y a deux derniers morceaux sur lesquels on te propose de revenir car ils font partie de nos préférés:  "Congoh" et "Kounakely" …
"Congoh" fait référence aux anciens rastas en Jamaïque qui ont ces grosses dreadlocks. C'est un morceau en hommage aux rastas (il chante). Je dis sur ce morceau: "Il est parti en première position, il est allé de l'avant, il est parti en leader. Il a accepté de choisir l'amour, il a accepté de choisir la patience, il a accepté de choisir la foi, il est parti devant ainsi." Car lorsqu'on est leader, ce n'est pas facile. Certains pensent que lorsqu'on est leader on peut se reposer sur les autres mais ce n'est pas vrai. Quand on est leader on ne se repose jamais ! Donc quand tu es à cette position, il faut que tu aies assez de foi, d'amour et de patience.
Quant à "Kounakely" ça veut dire la gloire. Dans ce morceau je dis aux Africains que "Toute gloire qu'il y a en Afrique ce sont les rastaman qui l'ont amenée". Si on veut être glorieux on doit se tourner vers notre culture, vers nos ancêtres. Les baobabs ne poussent pas parce qu'on les a semés. Ils poussent de manière mystique et naturelle. Donc il faut les entretenir, les sacraliser, les adorer et les mystifier. A l'arrière de l'album "Kakilambé" figure justement un baobab, symbole de nos ancêtres.

Quel est ton meilleur souvenir durant l'enregistrement de l'album ?
Le meilleur moment c'est quand Redeyes était là et qu'on logeait dans mon village à Coyah. 

Et le pire souvenir ?
Quand on a fait match nul contre le Ghana.

Tu es actuellement en Guinée, à quand un retour en France et en Europe ?
On prépare une tournée pour 2013 ! J'ai envie de partager avec toute la France l'expérience et l'énergie que j'ai accumulées ici avec Mama Africa. Car cela faisait longtemps que je n'étais pas revenu et resté autant de mois d'affilée en Afrique. J'avais besoin de revenir et de me ré-imprégner des vibes de chez moi.

Un dernier mot pour les internautes de reggae.fr !
Il faut que l'homme devienne son propre chef. Et le plus important dans la vie c'est l'amour. A tous les lecteurs de reggae.fr Takana Zion et toute la Black Mafia vous saluent depuis la Guinée Conakry !

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commentaires
le 17/11/12 par b.guiz
takana tu est une refference pour l'afrique que Dieu guide tes pas
le 01/01/13 par stol-live
TAKANA ZION is the best of guinea
le 11/05/13 par 666
outre mes parents il y a pas quel qu'un qui me plait comme takana tout ce qui me connaisse me dise que je suis un petit de takana et moi suis fière de cela pourtant takana ma jamais connue il plait de nature il me plait par sa voix il me me par ses musique et il me plait pour l'amour qu'il a pour ma patrie ONE LOVE A LA BLACK MAFIA HOHO!!!!!HOHO!!!!!
le 27/01/14 par Saa Premier
Je ne crois pas me tromper en affirmant que Takana Zion est aujourd'hui l'un des meilleurs raggaeman d'Afrique, ce qui fait d'ailleurs la fierté de ce continent.
le 10/05/16 par Bilbo
Takana Zion : https://myspace.com/takanazion/music/songs c'est trop de la balle! Et aussi Trazaac : http://www.mp3trazaac.com ! J'adore tous ces artistes!

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