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Herbalist Crew - Rencontre Herbalist Crew - Rencontre
22/03/13 - Auteur(s) : LN; photos: courtoisie d'Herbalist Crew

Le groupe suisse Herbalist Crew sortait son nouvel album au début de l'année. Et une chose est sûre, "Vert Guerilla" envoie du lourd. Des riddims énergiques et variés (lovers rock, dubstep, rub-a-dub, hip-hop...) avec des lyrics conscients, construits, intelligents et des featurings d'exception comme KRS One et General Degree… on n'a pas pu s'empêcher de découvrir plus amplement ce groupe, par ailleurs engagé et attaché à différentes causes dont nous nous sentons très proches.

Reggae.fr: Tout d'abord, pouvez-vous nous présenter les membres du groupe?
Nous sommes trois chanteurs et quatre instrumentistes. Vivi, Joha et Trifinga au chant, Sylvain à la guitare, Thierry C aux claviers, Virgile à la basse et Loic à la batterie.



Vert Guerilla est le nom de ce nouvel album. Pourquoi ce titre ?
Le titre est une progression par rapport à notre première album : «Herbalizm». Disons que dans le premier nous posions la doctrine (...isme), alors que là, le terme de guérilla nous positionne en temps qu'acteurs. L'ordre des mots aussi a son importance. Comme on dirait bleu-ciel ou rouge-sang, nous disons vert-guérilla. Le concept de la nature recouvrant ses droits comme une couleur générique.

L'engagement est très présent dans l'album. Vous dénoncez beaucoup de situations liées notamment à la crise actuelle et au système libéral. Le titre "La Dalle" est assez représentatif de cet engagement...
Le titre "La Dalle " dénonce aussi bien le libéralisme que le socialisme. Cette dualité politique n'est en fait qu'une escroquerie pour nous balader de gauche à droite pendant qu'une élite monopolise le pouvoir et les richesses. Chacun s'attribue des valeurs qui sont en fait communes à l'ensemble de l'humanité (famille, travail, respect, solidarité, réussite matérielle et relationnelle...), tout en s'inventant des clivages sur les moyens de parvenir à appliquer ces valeurs. Il est aussi question d'un petit peuple qui ne réagit que lorsqu'il meurt de faim, générant la plupart du temps un chaos destructeur. Le manque d'engagement politique, social et philosophique ne pouvant nous amener qu'à une guerre tribale ou clanique.



"Bornes et Barrières" traite plus du côté social de votre engagement...
Bornes et barrières est plus un message volontariste qu'une critique sociale. Ce titre fait appel à notre capacité à se dépasser et à transcender l'ordre partial établi et les barrières subjectives qui nous sont imposées. C'est aussi le rappel que l'individualisme dans lequel le système essaie de nous modeler n'est pas une fatalité.

Comment avez-vous travaillé l'album ? En termes d'écriture tout d'abord ? car vous êtes beaucoup dans le groupe et plusieurs chanteurs.
Nous n'avons pas de méthode définie. Parfois nous écrivons collectivement en se passant un riddim en boucle, d'autres fois nous venons avec des textes et des mélodies et construisons le riddim à partir de ça. En général, chacun écrit sa partie mais il arrive que nous écrivions les uns pour les autres.



Et du coup comment s'est passé le travail de composition de la musique ?
C'est surtout Trifinga qui composait les musiques et les arrangements jusqu'à présent, mais cet album est le début d'une nouvelle ère où les musiciens (à leur demande) se sont plus investis dans l'arrangement et la composition. Nous espérons faire encore un plus grand pas dans ce sens sur le prochain opus.

A ce sujet l'album est très divers, puisqu'on passe d'ambiance roots, à des ambiances plus urbaines et même hip hop et digitales. C'est un parti pris décidé à l'avance ou cet éclectisme vous est-il venu naturellement ?
C'est le reflet de ce que nous sommes : un groupe éclectique aux influences multiples. Nous avons grandi avec le reggae comme boussole culturelle et musicale, mais nous aimons la musique dans son ensemble. J'ajouterais même que ces étiquettes artistiques que nous aimons poser en Europe n'existent pas en Jamaïque. Pour les Jamaïcains, Bounty Killer ou Abyssinians font du reggae music, point.



Les atmosphères transmises dans l'album et les samples utilisées sont très cinématographiques... Est ce qu'un travail au cinéma vous tenterait ?
Nous avons eu la chance de participer à quelques projets cinématographiques, mais en cédant des morceaux déjà composés. L'idée de prendre en charge l'ensemble d'une bande sonore de film nous intéresserait beaucoup.
       


Deux featurings mémorables figurent sur l'album. Pouvez-vous nous raconter les collaborations avec General Degree et KRS One ?
Nous avions rencontré Degree en Jamaïque et le courant était bien passé entre nous. Il faisait partie des artistes avec lesquels nous voulions collaborer depuis longtemps. Pour KRS One, c'est plus un rêve de gosse. Nous avons grandi avec des paroliers comme lui. Son militantisme et son intégrité (deux qualités de plus en plus rares chez les rapeurs) ont toujours été des modèles dans notre approche de la musique. Nous l'avons rencontré à Genève lors de sa dernière tournée et lui avons donné un riddim avec pour objectif de faire une version reggae actuelle de son "Sound of tha police". A la fin de la tournée il est revenu à Genève et nous avons enregistré le titre.

 

"Medecine de la Nation" relève d'un thème qui vous est cher (compte tenu du nom du groupe). Il me semble que l'usage du cannabis est autorisé en Suisse pour des raisons médicales n'est ce pas ? Quelle est votre position relative à la dépénalisation et ou la légalisation ?
Il est évident que pour nous, la pénalisation et la diabolisation du cannabis sont aberrantes. Nous sommes pour une société qui responsabilise le citoyen de manière générale. Pour le cas précis d'une plante qui possède tant de vertus autres que simplement son aspect récréatif, nous sommes conscients que les enjeux vont au delà d'un problème de santé publique. Les industries chimiques, textiles et pharmaceutiques ont beaucoup à perdre avec le chanvre agricole ou médical et usent de tous leurs moyens de pression pour faire obstacle à un vrai débat sur le sujet. C'est pour cela que nous prônons l'indépendance et l'autonomie dans la clandestinité pour la production de cette plante. En Suisse, il est possible d'avoir une ordonnance médicale pour détenir et consommer du cannabis. Il n'y a néanmoins aucune politique d'approvisionnement des malades qui sont obligés de faire appel au marché noir.
        


Les toutes premières lyrics du titre "Chimie" font penser au flow de U-roy. Justement quelles sont vos influences ?
Bien vu, c'est un clin d'oeil à une époque du dancehall que nous aimons beaucoup. Toute cette école de toasters qui est à l'origine du flow et qui a démocratisé le micro nous influence encore aujourd'hui.
       
Comment vous situez-vous sur la scène musicale suisse ?
Nous sommes atypiques. La plupart des artistes de reggae en Suisse sont soit des nostalgiques de Marley, soit des musiciens en quête d'une identité forte pour diffuser une musique populaire qu'ils s’approprient (la musique populaire suisse n'étant pas très porteuse auprès du jeune public). Nous respectons la culture jamaïcaine et l'aimons depuis toujours, mais nous aimons aussi notre enracinement dans notre environnement proche (dont notre langue, le français). C'est probablement ce qui nous rapproche encore plus des artistes jamaïcains qui n'ont pas affaire, avec nous, à des copies carbones. Le reggae est la musique militante de notre génération et nous utilisons ses codes pour passer un message anti-communautariste et fraternel, mais aussi pour défendre des valeurs qui nous sont propres.



Quand pourra t-on vous voir en France ?
Nous jouons à Mouzillon, près de Nantes le 6 juillet (Festival Une Nuit en Muscadet) et probablement dans d'autres villes, mais les contrats n'étant pas encore finalisés, je vous invite à consulter notre site www.herbalistcrew.ch pour vous tenir informer.

Merci et Big Up

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