Inna De Yard, Congos, Ken Boothe
29/09/17 au 28/10/17
Mawyd + General Levy
13/10/17 - Blanquefort
DEMOLISHA LIVE PARTY #2 avec Taïro etc
11/11/17 - Montreuil (2 min à pied du metro)
Skarra Mucci + Spectacular + Krak In Dub
06/10/17 - Avignon (Châteauneuf de Gadagne)
Collie Buddz
21/10/17 - Paris

Skarra Mucci

Marcus Gad

Soul Stereo

Mawyd et general levy

Collie Buddz

Inna de yard

Demolisha

Yaniss Odua se raconte tune par tune ! Yaniss Odua se raconte tune par tune !
27/05/13 - Auteur(s) : Propos recueillis par Sacha Grondeau, retranscrits par Djul

Yaniss Odua vient de fêter ses vingt ans de carrière et il nous offre avec son nouvel album « Moment Idéal » un véritable petit bijou musical (lire notre chronique complète ici). Douze titres de reggae pur agrémentés de vibes parfois latino, parfois urbaines, toujours universelles, qui posent le chanteur martiniquais comme l’une des voix de l’année avec qui il faudra compter. Peu d’artistes possèdent comme lui dans leur répertoire un hymne reggae incontournable comme « La Caraïbe ». Avec « Rouge, jaune, vert », il en ajoute un second qui risque de faire des ravages en live. Le reste des titres est tout aussi intéressant à découvrir et c'est pourquoi nous vous proposons un entretien très spécial, qui contient des informations que vous ne trouverez pas dans le livret de l'album ! Yaniss se raconte tune par tune:


« Rouge Jaune Vert »


C'est une vision que j'ai eu un jour où je me suis imaginé que tous ceux qui soutiennent le reggae et la philosophie qui l'entoure accrocheraient un drapeau rouge jaune vert devant chez eux. J'aimerais vraiment que partout où l'on marche on puisse voir ce drapeau. Car quand tu vois ces couleurs-là, ça t'amène de la chaleur et ça provoque forcément une réaction. C'est cette image qui m'a donné la base du morceau et m'a permis de développer des paroles autour de ça. Après, j'ai voulu expliquer ce que cela évoque de voir ces couleurs flotter dans les airs. Et pour moi, le rouge jaune vert ça évoque tout de suite rasta. Venant de la Caraïbe, j'ai toujours associé ces couleurs aux rastas. En France, les gens vont peut-être penser aux drapeaux africains qui sont rouge jaune vert comme le Sénégal, le Cameroun, la Guinée ou l’Éthiopie. Mais chez nous en Martinique, c'est le drapeau des rastas. Donc j'ai développé mes paroles en fonction de ma propre connaissance du drapeau rouge jaune vert. J'ai essayé d'expliquer au mieux ce que peut représenter chaque couleur pour moi en tant que rasta caribéen.



Comment es-tu arrivé au mouvement rasta ?
Ça s'est passé de manière très naturelle. J'ai découvert le rastafarisme en Martinique. Quand j'ai compris de quoi il en était, je me suis rendu compte que je vivais déjà comme ça. Je ne suis pas devenu rasta, je l'étais déjà sans le savoir et sans l'affirmer extérieurement.

Toi qui connaît les autres îles de la Caraïbe et notamment la Jamaïque, constates-tu des différences au niveau de la relation à rasta ?
Oui car il y a des réalités différentes dans chaque île. Par exemple en Jamaïque, il y a le fait que Haïlé Sélassié ait posé son pied sur cette terre. En Jamaïque, rasta ou pas, tout le monde connaît Haïlé Sélassié  de par cette visite mythique. En Martinique ce n'est pas le cas. Et les rastas sont très mal vus en Martinique. En Jamaïque, même s'il y a des clichés sur les rastas, tout le monde sait ce que représente Haïlé Sélassié  et j'ai même vu des personnes âgées très catholiques qui affichaient des photos de lui sur le tableau de bord de leur voiture.


« Rabat-Joie »


Là on change complètement de thématique. Quand j'écris une chanson, je m'inspire de la vie courante. Et « Rabat-Joie », c'est un message à tous mes frères et sœurs, qu'ils soient plus grands ou plus petits que moi, sur comment on peut laisser faire les choses ou comment on peut agir sur certaines choses. Il y aura toujours de gens pour nous mettre des bâtons dans les roues, mais il faut s'aider les uns les autres avec nos propres expériences. Le problème est qu'il y a des gens qui ont de bonnes expériences et qui ne les partagent pas assez par peur de la violence ou du mépris. Les rapports entre les différentes générations ont changé. Les plus jeunes ne parlent plus aux plus âgés et inversement. Il y a une sorte de blocage. Il faudrait briser cette barrière car on a tous quelque chose à apprendre des autres, qu'ils soient plus vieux ou plus jeunes que nous.

Y t-il une anecdote précise qui a servi de déclic à ce titre ?
C'est quand j'ai constaté le changement de comportement des jeunes vis-à-vis des personnes plus âgées. Quand j'étais petit en Martinique, si tu parlais mal à ta mère dans la rue, tu pouvais te prendre une grosse claque par un passant qui te disait : « Ne parle pas comme ça à ta mère ». Il y avait une certaine autorité et un respect qui s'installait. Car quand on est jeune, on ne connaît pas encore tout de la vie et les parents et les plus vieux sont là pour partager leur expérience. Ça se passe comme ça en Afrique encore aujourd'hui. Mais en Martinique, c'est fini. Essaye de remettre un jeune à sa place et tu verras... Ce constat est clairement l'élément déclencheur de cette chanson.


« Rumbaton » et ta rencontre avec Jonathan Racko Contreras


C'est un morceau que Jonathan avait déjà. Il invite une demoiselle à sortir de ses problèmes juste l'instant d'une chanson, d'une rumba. C'est un thème plus léger, mais c'est important car on a toujours besoin de s'évader. Même pendant une journée de travail, on a toujours besoin de prendre une pause, pour s'éloigner, prendre du recul et revenir avec une vision un peu plus fraîche.

Comment vous êtes-vous répartis les différents couplets et refrains ?
Il est déjà arrivé avec le thème du morceau et avec quelques paroles, donc je l'ai juste suivi et j'ai un peu habillé autour de ce qu'il avait déjà écrit.

C'était plus difficile pour toi de poser ton phrasé sur un style de musique différent ?
C'est un style latino et moi, j'entends ça depuis mon enfance en Martinique. Donc ça ne m'a pas posé de problème particulier. C'était même un pur kiff. Surtout qu'on a fait rejouer quelques instruments ici en France par des musiciens vénézuéliens. C'est un morceau très vivant avec une atmosphère particulière autour de la rumba. Pendant l'enregistrement, on se rendait déjà compte que ça allait être quelque chose d'exceptionnel. Et puis Racko a une voix tellement impressionnante. On dirait un ancien qui chante alors qu'il est tout jeune. Moi je suis fan !

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Et bien il travaille avec les mêmes personnes que moi et lui et ses musiciens nous ont fait deux riddims pour l'album. Et quand ils nous ont fait écouter ce morceau en particulier, j'ai tout de suite eu envie de m'y essayer car c'est toujours enrichissant de multiplier des expériences dans la musique. J'aime bien faire jouer du reggae par des musiciens de jazz ou de rumba. Ça apporte d'autres influences et on entend le reggae d'une manière différente, de la manière dont ces musiciens l'entendent.


« Moment Idéal »


C'est une chanson d'amour en fait. Le moment idéal, c'est le moment où je peux dire ce que je ressens à la femme que j'aime, le moment où je lui déclare ma flamme, le moment où je lui dis comment je vois la suite entre elle et moi. Je m'inspire toujours de ma vie à moi quand j'écris. Donc c'est très personnel et cette chanson s'adresse à une personne en particulier.



Tu lui a fait écouter la chanson ?
Oui bien sûr. Et je l'ai aussi faite écouter à des amies qui ont eu l'impression d'entendre leur amoureux leur parler. Donc j'ai compris que ma chanson était réussie.

C'est quand le moment idéal pour déclarer sa flamme ?
C'est tout le temps (rires). Mais par contre, chacun doit trouver son déclic et se poser un instant pour réfléchir si c'est le bon moment, le moment idéal.


« Leading Di Youth » avec Richie Spice. Pourquoi l'avoir choisi ?


J'aime beaucoup ses lyrics, sa simplicité d'écriture. Ce n'est pas forcément un artiste à la mode, il a son propre style et il ne suit pas la hype. Et pour moi c'est une qualité que certains artistes jamaïcains ont. Richie Spice fait partie des artistes avec qui j'avais envie de faire une combinaison depuis très longtemps. C'est un titre un peu moins léger, plus politique, un peu comme « Rabat-Joie ». La génération future c'est l'avenir. Comme le disent les plus anciens, les jeunes sont les hommes de demain. Donc je me pose toujours la question de savoir comment on va les éduquer.

C'est toi qui a choisi le thème ? Comment s'est passée la rencontre ?
Oui c'est moi qui ai choisi. Il fallait que je propose une idée à Richie Spice, je ne pouvais pas arriver comme ça et juste lui demander de faire un morceau avec moi. Il fallait que ça ait du sens. On s'est rencontrés quand j'étais en Jamaïque via une connaissance. Je lui ai présenté mon projet et il a accepté. Il m'a demandé de lui laisser le riddim, il a travaillé de son côté et on s'est retrouvés en studio deux jours après. Et là, j'ai pu constater qu'il n'était pas venu pour rigoler. C'était un moment magique. Surtout que je suis un grand fan de Richie Spice, car j'ai toujours aimé sa façon très naturelle de chanter.



Vous avez enregistré dans quel studio ?
A Mixing Lab, comme tout le reste de l'album. Même les riddims ont été enregistrés à Mixing Lab. A part les sections cuivres qui ont été faites à Fat Eyes. On a fait deux bonnes sessions d'un mois. Un mois pour les riddims et un mois pour les voix.


« Laissez Rouler »


Ça c'est aussi ma propre expérience dans la vie. Des fois il faut savoir lâcher le frein, se laisser pousser par le vent, pas se prendre la tête. Parce que la vie est beaucoup plus simple qu'on ne le croît. Il y a énormément de raisons de se prendre la tête, mais il ne faut pas se laisser piéger. En tant qu'homme, on se pose beaucoup de questions et pas souvent les bonnes. Parfois l'enchaînement de galères te met mal et tu te dis carrément que tu veux te tirer une balle dans la tête. Mais ça c'est le piège. Il faut rester positif et sortir de tout ça. Il y a toujours des hauts et des bas dans la vie, mais c'est normal, c'est un équilibre. Moi, je vis comme ça. Je fonctionne beaucoup à la vibes, aux énergies positives ou négatives. Je me fie à mon instinct et je trouve que ça me réussit pas mal pour l'instant.


« Music Is My Life » avec C-Sharp


C'est le réalisateur de l'album, Clive Hunt, qui nous a présenté Wiya, le clavier de C-Sharp et par ailleurs un ingénieur de génie. C'est lui d'ailleurs qui a mixé l'album, parce qu'il a vraiment une oreille particulière. C'est aussi lui qui fait les chœurs masculins sur tout l'album. A chaque fois qu'il proposait un truc sur l'album, Clive Hunt était agréablement surpris. Il avait toujours de très bonnes idées auxquelles personne ne pensait jamais. Pour l'anecdote, quand on a fait les enregistrements de cuivre avec Dean Fraser, on a voyagé avec lui dans sa voiture et il écoutait C-Sharp dans son poste. Tout ça pour dire que c'est un groupe très talentueux et reconnu par de grands musiciens.



Comment est venue l'idée de la combinaison ?
En assistant à l’enregistrement de l'album, Wiya m'a dit qu'il aimerait bien faire un morceau avec son groupe sur cet album. Et on a choisi « Music Is My Life » car ça les représentait bien. Le morceau existait déjà avant qu'on ait l'idée de faire une collaboration. Et du coup, comme C-Sharp est un groupe, ils ont carrément rejoué le riddim car on voulait impliquer tout le groupe dans le morceau.


« Proposé De Passer »


C'est une anecdote sur une catégorie de femmes qui aiment bien aguicher. Ça arrive souvent qu'au moment où on a lâché l'affaire avec une femme de ce genre, elle revienne se manifester alors que tu as trouvé une autre femme et que tu t'es enfin posé. Je suis prêt à parier que tout le monde a une histoire qui ressemble à celle-là. Encore une fois, c'est une histoire personnelle précise et j'espère que la fille en question se reconnaîtra d'elle-même en écoutant l'album (rires).


« Madinin'Africa » avec Tiken Jah Fakoly et Safiata Condé


Tiken Jah c'est mon grand-frère. C'est un exemple pour moi de par la carrière et le combat qu'il mène. Pour moi c'est l'artiste militant par excellence, toute origine confondue. Ce morceau est un morceau d'unité qui retrace une réalité. Je vais vous expliquer. Moi, je n'utilise jamais le mot « antillais », je trouve ça péjoratif. Quand on me demande mes origines, je dis que je suis Afro-caribéen. Ça situe historiquement et géographiquement d'où je viens.

Aujourd'hui on a l'impression que certaines personnes ont coupé le pont entre l'Afrique et les Antilles. Certains ne se posent pas la question de leurs véritables origines et d'autres les renient carrément. Tu penses à eux quand tu écris ce morceau ?
Carrément ! C'est mon combat de revendiquer l'histoire. Je n'invente rien. Ce morceau est dans la continuité de « La Caraïbe ». Pour moi c'est une mission d'apprendre à mon peuple caribéen la filiation que nous avons avec l'Afrique. En tant que Caribéens, on a beaucoup de choses à apprendre de l'Afrique au niveau de notre histoire et de notre culture. Il y a beaucoup de Caribéens qui ne savent pas vers quelle culture se tourner car il y a beaucoup de cultures incrustées dans la Caraïbe. Et moi j'ai envie de leur dire de se tourner vers l'Afrique. Pour moi, c'est toujours un plus dans la vie de savoir d'où on vient. Et même si l'histoire de nos ancêtres n'est pas forcément glorieuse, on peut toujours faire en sorte que ça le devienne.

Comment Tiken a réagi quand tu lui as proposé le morceau ? Parce que lui, il est Africain et il a forcément une vision de la Caraïbe différente de la tienne.
Il a réagi positivement car comme je l'ai déjà dit, cette histoire c'est un fait réel.


« Mes Principes »


Cette chanson c'est pour expliquer aux gens comment je me suis construit. Je prends exemple sur moi-même. C'est comme ce que je dis dans « Rabat-Joie » : l’éducation commence par soi-même. Avant d'aller dire aux autres comment se comporter, regarde d'abord comment tu te comportes toi.

Quels sont les principes les plus importants pour toi ?
Respecter son prochain. C'est le plus important. C'est ce qui te permet d'échanger avec les autres et de partager des expériences pour avancer. Et même si on te manque de respect, il faut montrer l'exemple et rester positif. Il faut montrer aux gens qui nous haïssent qu'on les aime. Et ce n'est pas toujours facile. C'est pour ça que je dis que le travail commence par soi-même. Et c'est ce que j'essaye de pratiquer au quotidien.

Quelles difficultés rencontres-tu pour pratiquer ça au quotidien ?
Tout simplement la société dans laquelle nous vivons. Elle est hostile à ça, car elle est emplie de haine et de préjugés. De par mon aspect, je rencontre déjà des difficultés à évoluer dans cette société. Parce que je suis Afro-Caribéen et que j'ai de longs cheveux, on peut me regarder bizarrement quand je suis dans la rue ou quand je rentre dans un commerce. Parfois ce sont des regards positifs car je rappelle Bob Marley aux gens et ça met un peu d'exotisme dans leur journée quand ils me voient. Mais parfois j'inspire la crainte. Mais je reste positif face à tout ça et je ne blâme personne car je suis conscient que certains ne savent pas comment se comporter. Pour moi, ce n'est pas une fatalité. Je ne me laisse pas emporter par des vibes négatives juste parce que quelqu'un ne m'accepte pas comme je suis. Je me laisse emporter par les énergies le plus positivement possible. Le système voudrait que je me laisse emporter par la négativité, que je sois à 100 % dans tout, sans prendre le temps pour les autres.

Et ces principes te viennent forcément de Rastafari. Tu considères Rastafari comme une religion, un mouvement, une forme de spiritualité, une sagesse... ?
Moi je n'utilise pas de terme en particulier car je pense que tout un chacun a sa propre manière de le prononcer ou de l'interpréter ou même de le mettre en pratique. En ce qui me concerne, on va parler de spiritualité car je crois en Dieu. Mais c'est aussi une manière de vivre, donc on peut parler de philosophie. Mais personnellement, je ne vais pas m'arrêter sur une manière de le nommer, car chaque mot peut le représenter à sa juste valeur.


« J'remercie le Ciel »


Je remercie le ciel pour tout. Pour la vie avant tour.

Mêmes les côtés négatifs de la vie sont donc à prendre ?
Mais oui, c'est l'équilibre de la balance.

Mais un Ethiopien qui galère ou un somalien qui crève de faim va t-il aussi remercier le ciel, autrement que par espoir ?
En fonction de son attitude et s'il arrive à s'en sortir, tôt ou tard, il remerciera le ciel. Mais paradoxalement, ce qui m'a d'ailleurs marqué en Afrique, ceux qui remercient le plus le ciel sont ceux qui vivent avec le moins.


« Elle »


C'est un morceau que j'ai fait pour ma mère. Je voulais qu'elle sache comment je la vois, comment je la perçois. Pour moi elle est un exemple. C'est peut-être le morceau le plus personnel de l'album. Je m'adresse directement à elle en musique.

Les mamans c'est un thème qui revient souvent dans le reggae. Est-ce qu'il y a un morceau en particulier qui t'a touché par le passé ?
Bien sûr, le « Thank You Mama » de Sizzla. Parce que j'ai l'impression qu'il a été fait naturellement. Ça sonne sincère. Et chez nous, on a aussi Matinda qui avait sorti un titre qui s'appelle « Mama » avec presque la même mélodie que Sizzla. Mais c'est un hasard, car il était sorti bien avant le Sizzla.


Un gros big up à Yaniss ! Quant à vous, il ne vous reste plus qu'à découvrir l'album en musique !




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commentaires
le 27/05/13 par Natty Gong
Big-Up Yaniss !!!

2.5/5 (55 votes)

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