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Original Uman : changement de cap Original Uman : changement de cap
22/10/13 - Auteur(s) : Aurore Van Opstal pour FDC, photo: Sacha Lempereur

On vous l'annonçait il y a plusieurs mois, Original Uman se tourne vers un nouveau projet musical. Jamais en manque d'inspiration et en perpétuelle évolution, son désir musical l'a emmené sur les chemins de la création d'un album aux accents pop, rock, voire même chanson. Quand Aurore Van Opstal du site d'infos alternatives Femmesdechambre.be décide d'interviewer l'artiste afin de parler de son nouvel opus et de comprendre son évolution, ça donne ce qui suit ! Big Up Aurore et toute l'équipe de Femmesdechambre.be.


Il faut se méfier des apparences. Comme un aveu, il le claironnait dans Umanity: « L’habit ne fait pas le moine » ! Derrière sa dégaine de baroudeur, Uman – alias Manuel Istace -  cache une sensibilité qui atteint sa plénitude dans son nouvel album "La Tournée des grands ducs". Après avoir vogué sur le hip-hop, le reggae et écumé les scènes – les caves aussi – sound-system, le chanteur/dj s’essaye à des sonorités pop-rock à travers le chant qu’il affectionne désormais. « Inquiet mais confiant »,  il se raconte pour FDC et décrit son nouvel opus.

FDC: Comment vous présenteriez-vous à celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Uman: Je m’appelle Uman, je suis chanteur. Ma formation, c’est la peinture. J’ai fait les Beaux-arts à l’Académie Royale de Bruxelles. Au niveau musical, j’ai débuté par le rap que j’ai très vite mâtiné de reggae. Ensuite, petit à petit, je suis allé vers la chanson. C’est une longue histoire qui s’est écrite au fur et à mesure : ça représente quinze ans de ma vie.
J’ai coutume de dire que j’ai toujours eu très envie de chanter mais que j’étais particulièrement fainéant et je ne voulais pas apprendre. Du coup, j’ai commencé par m’initier à l’écriture. Et finalement, en évoluant vers le chant, mon écriture a progressé par la même occasion. Je suis parti de phrases composées d’énormément de mots pour arriver à des phrases de plus en plus simples. Avec, je pense, la même sincérité. Finalement, on commence en criant, en espérant que tout le monde va nous entendre dans la rue ; puis, on finit par chanter tout bas pour qu’on nous entende dans les salons.



Justement, votre nouvel album s’éloigne du reggae, du hip-hop et de ce que vous avez proposé précédemment. On y trouve des accents de chanson française, pop, voire de rock par moments. Comment expliquez-vous cette évolution ?
Ce sont des musiques qui font partie de mon background ! Le hip-hop et, plus largement, les musiques afro-américaines. Elles ont imprégné mon adolescence à partir de treize-quatorze ans. Mais, j’ai commencé à écouter de la musique, plus jeune, dès neuf-dix ans. A l’époque, il n’y avait pas de rap. En 1985, j’ai quatorze ans et c’est à ce moment-là que cette musique débarque dans ma vie. Par ailleurs, j’ai toujours gardé une oreille attentive sur la chanson française parce qu’il y en avait beaucoup dans la discothèque familiale. Du jazz et du rock classique, également. Et les Beatles, Elvis Presley, les Rolling Stones. J’écoutais aussi The Clash, David Bowie, Led Zeppelin,… Donc, ma culture s’est construite avec un grand sac de musiques derrière moi. Sauf, dans ma période très revendicative, la plus hardcore, entre 18 et 25 ans.

Au-delà du style musical, vos textes évoluent également. Ils sont moins revendicatifs, moins politiques. Pourquoi ce changement ?
J’ai une conscience politique mais elle est plutôt du type anarchiste. Je suis très confus vis-à-vis des prises de position en général. De plus en plus, je me rends compte qu’il y a un vrai conflit entre la réalité du terrain et les prises de position …

Avez-vous un exemple concret ?
Quelque soit le discours, je trouve qu’on nous empoisonne. Par exemple, les agissements de Monsanto, l’industrie pharmaceutique … Je vois bien qu’on a une politique hypocrite par rapport à la légalisation des drogues douces et dures, à la position du consommateur dans la société. Pour autant, je ne constate pas, dans les strates sociales, un mouvement réellement motivé à changer les choses. Les bonnes volontés jouent sur le mur bien construit du super-business.

Du coup, votre envie d’écrire des textes contestataires a disparu ?
C’est-à-dire que prendre position, c’est figé. Alors qu’autour de nous, les choses sont en mouvement constant. Du coup, je m’éloigne de ça. Je n’aime pas les curés. C’est une chose qui m’a poussé à me distancer des arts de la rue, que ce soit le reggae, le hip-hop, … C’est le côté un peu dogmatique. Je suis anti-églises, anti-prophètes, anti-chefs. Je suis pour une prise de conscience beaucoup plus forte des hommes, de leur responsabilité et de leur capacité à agir au quotidien. Si on parle du chômage, je suis prêt à défendre le droit aux allocations de chômages. En tant qu’artiste, je trouve qu’on a droit à un statut légal, à vivre de ce métier … Au milieu de la crise actuelle, on nous explique qu’on va être plus sévère avec le statut d’artiste. Dans cette situation, j’ai du mal à me dire que je vais aller gueuler que c’est dégueulasse alors que j’ai des potes qui vivent avec des revenus inférieurs aux miens. Et avec si peu, ils doivent nourrir deux gosses ! Si on « taille » chez eux, y a pas de raison qu’on ne « taille » pas chez nous. Néanmoins, je suis évidemment un défenseur de la culture ; que l’artiste puisse bénéficier d’un statut social. J’ai plutôt une mentalité de gauche. Mais j’estime qu’il y a un décalage entre la réalité des faits et les positions affichées. Il y a une chose que je fuis : c’est la malhonnêteté, y compris intellectuelle. En fait, de nos jours, il y a déjà beaucoup d’actes du quotidien qui peuvent être de l’ordre du positionnement politique, ceux-ci sont plus indispensables que ces lobbies en plastique qui n’arriveront jamais à lutter contre des lobbies d’acier …

Dans le titre « Elle dit », single de votre prochain album, vous chantez : « Elle dit que je n’ai pas de pognon, que je manque d’ambition […] Je lui dis que dans pas longtemps, j’vais faire un carton ». Après 20 ans de carrière, éprouvez-vous des difficultés à vivre de votre musique ?
Ces paroles sont aussi une forme d’ironie. Mais il est vrai que je ne vis pas bien de ma musique. J’en vis surtout grâce au statut d’artiste qui, je l’espère, sera maintenu.
Puis, quand je dis que « j’vais faire un carton », c’est parce qu’on ne traverse par la Manche sans imaginer ce qu’il y a sur l’autre rive … J’ai une conviction forte d’avoir quelque chose à dire, d’en être capable et d’obtenir une certaine reconnaissance. En tout cas, il y a des gens qui se reconnaissent dans mes chansons. Y a pas de secret, quoi : c’est un combat de longue haleine …



Et « le carton » se traduirait comment ? Par une diffusion de masse sur les radios ?
Ce qui est dommage, c’est de sortir un disque et que trois jours après, plus personne n’en parle. Ce qui doit être difficile à vivre, c’est de sortir un album et que tout le monde en parle tout le temps. J’ai une préférence pour l’entre-deux : sortir un disque et que celui-ci ait une vie. Que tu puisses le chanter sur scène, que les gens aiment, que ça te donne les moyens d’en faire un autre. C’est déjà pas mal. Le carton intégral, je ne suis pas persuadé d’en avoir envie.

Un succès à la Stromae ne vous intéresse pas ?
Si, bien sûr : ça intéresse tous les artistes. Mais je ne sais pas si c’est facile à vivre et si j’aurais le talent de le vivre comme il y parvient. C’est-à-dire en gardant la tête sur les épaules. Ce qui ne doit pas être évident dans pareille situation.

Pourquoi avoir choisi de faire appel à la contribution financière de votre public via Akastarter.com, site communautaire offrant la possibilité aux artistes de faire produire leur album par les internautes ?
J’ai fait ce choix parce que je n’avais pas de maison de disques. Et que j’avais fait une demande auprès de la Communauté française qui a été refusée.

Sous quel prétexte ?
Je pense qu’ils se seraient davantage « retrouvés » dans un Uman de type reggae-rap que dans un Uman chanteur. Je crois qu’ils étaient inquiets de me voir m’éloigner de moi-même. Je leur ai tout de même répondu que pour ma part, je me sentais très bien à l’intérieur de moi-même !

Comment vous ont-ils communiqué leur refus ?
S’ils comprenaient que j’avais envie de réaliser un virage à 180 degrés et de toucher un public plus large, ils n’étaient pas convaincus par la démarche. Par ailleurs, ils regrettaient que je ne préserve pas mon côté singulier. Alors que j’estimais, au contraire, que je n’étais pas très singulier dans ce que je faisais. Je peux comprendre qu’ils aient eu envie que je continue dans la même voie mais je ne suis pas là pour servir leurs intérêts. Du coup, eux, ne sont plus là pour servir les miens.

La somme que vous avez ainsi récoltée vous a-t-elle permise de produire l’album ?
Ça représente un tiers des frais engagés. Le disque est distribué par un label indépendant belge PIAS (Play It Again, Sam). Il faut tout de même qu’il arrive dans les bacs !

Dans Elle dit, vous chantez : « Elle dit que je ne grandirai pas », thème récurrent dans vos textes, ce syndrome de Peter-Pan. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent un côté « adolescent attardé » ?
D’abord, je pense que je suis un grand enfant et non un adolescent attardé. Parce que je vis avec toutes les contingences d’une vie d’adulte et que la position d’adolescent attardé est assez invivable. Après, je pense que c’est le cas de tous les artistes : plasticiens, musiciens, comédiens, photographes, réalisateurs, … C’est le propre de l’Art : garder la capacité d’imaginer plus que ce qui est imaginable. Ce qui implique une part d’enfance éternelle.

Cela implique-t-il aussi une forme de candeur ?
Oui, chez moi, il peut y avoir une colère ou une candeur d’enfant. Mais aussi, parfois, l’attitude tempérée des adultes. Encore une fois, je ne me considère pas comme un éternel adolescent même si je peux imaginer que certaines personnes disent ça. En fait, un artiste évolue. En l’occurrence, ce disque est un album d’adulte et pas d’adolescent. Si on écoute les textes, on se rend compte que ça parle d’amour, de choses intimes…

Pourtant, « La tournée des grands ducs » est une chanson qui sonne comme un appel à faire la fête entre potes, la tournée des bars toute la nuit. D’où la perception « d’éternel adolescent » ?
La tournée des grands ducs, c’est un truc qu’on fait entre amis. C’est un coup de téléphone qui tombe un mardi soir  où on se retrouve à quatre autour d’une belle pièce de viande, avec un bon nectar, puis on boit des cafés, des pousse-cafés, on sort, on bouge, … C’est ça, pour moi, la tournée des grands ducs ! C’est tourner le dos au stress, à la pression, au travail. C’est une forme de lâcher-prise …
Prendre son vélo et faire Bruxelles-Louvain, c’est encore la tournée des grands ducs, quelque part. C’est une célébration de l’amitié. Un renouvellement de serment à l’amour. Alors que « L’aventure, c’est l’aventure », mon album de 2008, c’était plutôt l’ouverture absolue. Ici, c’est une ode au fait que la vie vaut de la peine d’être vécue, en tout cas, si c’est agréable. J’ignore si elle en vaut la peine si c’est chiant !

Vos derniers clips sont réalisés en plan fixe à côté de votre guitariste. Choix délibéré ou  un manque de moyens ?
D’abord, ça ne coûte pas trop cher de faire comme ça. Autant "Elle dit" que "Réalité" ont d’abord existé sur la toile et sous d’autres formes. La première chanson est disponible sur le net en version produite. Or, les gens réagissent beaucoup mieux quand ils voient une vidéo unplugged. Le fait d’être juste guitare-voix à l’écran, ça permet aux gens de se focaliser sur les paroles.



Un peu de nervosité avant la sortie de l’album ?
Je suis inquiet mais confiant. Il y a ma vie et ma musique. Moi, tout va bien ! J’essaye de ne pas tout mélanger. L’image que j’ai de moi-même ne dépend pas de ce qui va se passer avec cet album. Après, j’ai confiance en ce disque parce qu’il peut vraiment parler aux gens de ma génération. Cet opus a une forme dans laquelle ils pourront se retrouver, avec un petit côté nostalgique des eighties…

Avec qui avez-vous travaillé les arrangements ?
Je travaille généralement avec Simon Lesaint. Le laboratoire, c’est lui et moi, chez lui. Je débarque avec des textes ou il amène une mélodie, puis on travaille ensemble. On a aussi bossé avec Pascal Charpentier, le claviériste de Christophe, Winston Blisset, le bassiste de Massive Attack ou encore Dominique Vantomme, instrumentiste-claviers pour Axelle Red. A la batterie, c’est encore Simon Lesaint et aux guitares, Francis Perrez, qui tourne pas mal avec Vaya Con Dios. Enfin, le guitariste qui m’accompagne dans les vidéos, Thierry Bwuzure, a fait les chœurs de l’album. J’espère que je n’oublie personne. Bref, on a une belle équipe ! On a convaincu plusieurs personnes de venir nous insuffler leur science, comme l’ingénieur du son de Stromae qui a mixé le disque.

Des dates de concerts sont-elles déjà prévues ?
Oui, on va donner du concert. Au début de la tournée, on sera trois : un guitariste avec une loop station (guitare-basse), un percussionniste et moi. On forme un bon petit trio avec un côté folk et un peu rock aussi.

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