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Brahim : Déconnecté - Interview Brahim : Déconnecté - Interview
27/10/14 - Auteur(s) : Franck Blanquin

Rebelle dans l’âme et doté d’une plume acerbe, Brahim ne fait pas dans la langue de bois et a bien des messages à faire passer. Son nouvel album, « Déconnecté », qui vient de sortir chez Baco Records, n’échappe pas à la règle: sur des riddims digitaux impeccables, il dresse un portrait franc de notre société actuelle. Rencontre avec l’artiste.

Reggae.fr : Peux-tu nous présenter ton quatrième album « Déconnecté », qui vient de sortir ?
Brahim : Cet album a été réalisé avec Manu Digital, qui a produit l’ensemble des riddims. « Deconnecté » sort chez Baco Records. J’ai choisi ce titre car tous les sujets abordés dans les textes peuvent se rassembler sous le thème général de la déconnexion, que ce soit la rupture entre le monde des riches et des pauvres, ou celle du lien social et ce malgré la multitude des réseaux sociaux.  « La nuit » montre aussi la césure entre le monde du jour et le monde nocturne.

Pourquoi avoir choisi  Manudigital pour produire cet album,  et comment l’as-tu rencontré ?
J’ai connu Manu il y a plus de dix ans, car il avait un sound system pour lequel j’ai fait des dubplates. Par la suite, il a joué dans le groupe qui m’a backé,  dans lequel se trouvaient également Kubix et Fayce. L’idée de collaborer ensemble est donc venue naturellement. On a travaillé de manière classique, lorsqu’il avait des instrus il me les envoyait puis je cherchais une mélodie et des textes dessus, ensuite je venais le rejoindre à Paris pour finir le morceau.





Au niveau des textes, cet album apparaît comme plus sombre que le précédent. Est-ce le reflet de ton état d’esprit au moment de son écriture ?

Je ne dirais pas que cet album est sombre, il est simplement le reflet de notre époque qui malheureusement est loin d’être festive. C’est une période électrique, d’ailleurs c’est pour cela  que j’ai voulu deux câbles qui se déconnectent sur la pochette. Je trouvais que ce graphisme réalisé par Loseou illustrait bien l’idée générale de l’album. J’ai juste cherché à faire un album avec des textes censés, concrets et engagés qui reflètent une vision de notre quotidien. Par exemple, sur "Les rumeurs" j’ai abordé le thème des nouvelles technologies qui pour moi ont une tendance à nous rendre bizarres,  à nous faire nous comporter de manière étrange.

« J’allume la télé » est aussi une critique assez acerbe de la télévision, pourtant tu avoues toi-même être un enfant de la télé … Quelle est ta relation avec ce média ?
Avant de regarder leur imbécillité, je prends mon cerveau et je le pose à coté…  comme je le dis dans la chanson (rires). C’est un média qui peut encore véhiculer de bonnes choses, cependant il est contrôlé par des gens qui font de la merde et comme ces programmes remportent de l’audimat, ils continuent dans  ce sens. Je ne dis pas qu’il faut uniquement des sujets sérieux, je suis bon public et j’aime me détendre aussi.

Dans tes textes, tu as rarement abordé le thème de la religion, pourquoi ?
J’ai la foi,  je crois en Dieu mais je ne suis dans aucune religion donc je me verrais mal aborder le sujet dans un de mes textes. Je crois que c’est aussi quelque chose de personnel, sans forcément dépendre de dogmes précis.

C’est ton deuxième album à sortir chez Baco Records. Comment se passe la collaboration avec le label ?
Mon précédent album, “Sans Haine“, était effectivement sorti chez Baco. J’ai choisi de continuer à travailler avec eux car ils sont devenus des copains ! Cela simplifie les rapports, j’ai toujours préféré travailler avec des amis.

Tu es aussi proche du groupe Danakil. Comment perçois-tu cette nouvelle génération dans le paysage du reggae français ?
Danakil est un groupe que je respecte beaucoup, que ce soit au niveau des textes, de leur manière de faire de la musique ou de leur état d’esprit. Je ne suis pas fan de toute la nouvelle génération actuelle, même s'il est important d’avoir du sang neuf dans le reggae.

Comment s’est passé le choix de tes 2 featurings présents sur l’album ?
Il s’agit de Mighty Ki La sur le titre "Laisse là" et Tibé sur "Second Rôle". Ce sont deux artistes que j’apprécie et qui sont originaires de Tours comme moi. Le choix s’est fait naturellement.





Malgré les difficultés, tu es toujours sur la scène reggae. Qu’est ce qui pourrait te faire arrêter la musique ?
J’ai 41 ans et j’ai toujours fait de la musique, donc à part la mort je ne vois rien d’autre. Je pourrais peut être en faire un jour avec mes amis comme seul public, mais je continuerai toujours de chanter,  en mode survivant et sans concession. Ma musique a une cause, c’est important pour moi qu’elle véhicule quelque chose, il faut qu’elle me touche.  Le reggae, c’est du blues à la base, c’est une musique rebelle.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Continuer à défendre l’album sur scène. On a déjà fait quelques dates et d’autres arrivent, mais on est toujours preneur de propositions afin de pouvoir jouer le plus possible. J’ai plusieurs formules, je peux jouer en mode sound system ou accompagné de musiciens.

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