Dub Inc - Millions Tour
10/10/19 au 15/12/19
Tiken Jah Fakoly en concert
17/09/19 au 14/12/19
Taïro en tournée
22/06/19 au 15/12/19

Everton Blender

Al Campbell

Stick Figure

Assassin aka Agent Sasco - Interview Assassin aka Agent Sasco - Interview
05/11/14 - Auteur(s) : Nounours

Avec 15 ans de carrière derrière lui, Assassin aka Agent Sasco est considéré comme l'un des meilleurs deejays de la scène dancehall jamaïcaine. Toujours efficace mais discret, l’artiste fait de plus en plus parler de lui depuis quelques temps.  Au lendemain de son concert à Genève en mai dernier, Reggae.fr l’a rencontré à l’aéroport, posé et souriant, déjà prêt à s’envoler pour sa prochaine destination mais déterminé à s’entretenir avec nous avant. Rencontre avec un artiste incontournable, en attendant le nouvel album !

Reggae.fr : Hier soir, tu as débuté ta tournée européenne à Genève. Tu te plais en Europe ?
Agent Sasco : J’aime l’Europe, c’est toujours bon de venir ici et de représenter la musique. Les massives kiffent, Genève a été un bon début !

Est-ce que tu sens une différence entre le public jamaïcain et le public européen ?
Les gens expriment leur appréciation de la musique différemment, et il y a certains types de musique qui plairont plus au public en Europe, mais de manière générale les gens kiffent et c’est ce qui est important pour moi.

On dit que quand tu as commencé la musique, c’était pendant les grandes vacances scolaires, et que c’était plutôt comme un test avant la rentrée …
En fait, je faisais le deejay depuis tout jeune, vers 3 ou 4 ans, donc ça a toujours fait partie de ma vie : les concerts à l’école, dans ma communauté … Mais j’ai toujours vu ça comme mon hobby, jusqu’à la fin du lycée où je me suis dis que je pouvais essayer en tant que professionnel, donc c’est juste ça que le terme « test » implique, sinon je pouvais toaster depuis tout petit.

Quels sont les artistes qui t’ont inspiré?
Oh ! Tellement … Avant tout, je suis tombé amoureux de la musique tellement jeune qu'avant d’être fan d’un artiste en particulier, j’étais fan de musique. A l’époque, il y avait des artistes comme Professor Nuts, Lieutenant Stitchie, Papa San … Après il y a eu de nouveaux noms qui ont commencé à émerger comme Shabba, Buju, Bounty Killer, Spragga Benz… en ce qui concerne les artistes locaux. Il y a aussi des personnes que je n’ai peut-être pas citées, mais en tout cas les acteurs importants de cette industrie ont sûrement eu une influence sur moi.

Ton premier enregistrement a été "Revamp" sur le Steppin Stone Riddim produit par Buju Banton. Comment ça s’est fait ?
C’est mon premier enregistrement à être sorti. La toute première chanson que j’ai enregistrée était pour John John chez King Jammy’s. Je traînais toujours dans les studios, dont Gargamel Music, et pour "Revamp" ça a été la première fois que je voyais mon nom apparaître sur un enregistrement. Gros respect à Buju, qui est bien sûr une des personnes dont j’ai beaucoup appris au début de ma carrière.

Oui, tu as d’ailleurs été en tournée plusieurs fois avec lui, qu’as-tu appris de lui ?

Tellement de choses ! Quand j’ai commencé, j’avais le même management que Buju, qui était Donovan Germain de Penthouse Records. J’ai appris beaucoup au sein de ce label : une certaine éthique, des principes, et la façon d’appréhender le côté business des choses.  Et avec Buju, j’ai plus appris le côté pratique : comment se préparer avant un show, comment prendre soin de soi en tournée pour pouvoir assurer chaque soir … Et musicalement, il m’a appris tellement de choses, même des trucs aussi simples que la manière de tenir un micro, sérieusement ! J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir évoluer avec un si grand artiste, et encore plus de chance qu’il me transmette autant de choses. Et puisque je parle de ça, je me dois de saluer Spragga Benz qui m’a aussi appris beaucoup à mes débuts.

En 2008, tu as créé ton propre label, Boardhouse Records. Pourquoi as-tu décidé d’avoir ta propre structure ?
Je voulais investir mon temps et mon énergie dans quelque chose qui m’appartient, et avoir un contrôle créatif.  Dans le processus de créativité tu as envie de cette liberté, d’être capable de t’autoproduire. Ça ne veut pas dire que c’est tout ce que je veux faire, je continue bien sûr à travailler et enregistrer avec d’autres personnes, mais c’était important pour moi d’établir aussi cet aspect de ma créativité.

Quels sont tes projets avec ce label et avec quels artistes travailles-tu ?

On parlait tout à l’heure de "Revamp", en ce moment je suis en mode "Revamp", dans le sens où je me sens redynamisé et régénéré. Je vais sortir un nouvel album d’ici l’année prochaine donc c’est mon objectif principal en ce moment, je vais rester énergique et profiter de me sentir aussi créatif ces temps-ci pour beaucoup travailler.  J’ai quelques jeunes talents avec qui l’on travaille dont Scaacha, Lady Ali… Et on reste toujours ouverts à de nouveaux artistes.

Cela fait 7 ans que tu n’as pas sorti d’album, depuis “Gully Sittn” en 2007. Pourquoi as-tu attendu si longtemps ?
Oui c'est vrai, il y a eu une sortie en 2011, "Most Wanted", mais j’avais quitté VP donc ils ont juste rassemblé des trucs et sorti cette compilation.
Depuis l'époque de "Gully Sittn", je me suis reconstruis et maintenant je suis davantage prêt à travailler sur un autre projet, d’un point de vue créatif et également au niveau de ma situation personnelle. Je m’étais retiré un certain temps, mais j’étais toujours occupé : j’ai passé un diplôme en gestion des affaires, j’ai fondé une famille…  Donc l’occasion ne s’était pas présentée de faire un album mais maintenant je suis de retour et prêt ! 

Tu es reconnu comme un des meilleurs lyricistes dans le dancehall. Comment travailles-tu sur tes chansons?
C’est différent à chaque fois. Je peux être là à attendre mon vol et voir un truc que je mettrai dans une chanson, ou on peut être là en train de faire cette interview, tu vas dire un truc que je vais retenir et il pourrait y avoir une chanson autour de ça… Parfois, c’est le riddim qui peut me mettre d’une certaine humeur, comme quand j’ai entendu le riddim de « Shell » de Roach -qu’il repose en paix- ou quand j’ai entendu le Entertainement riddim de Shaggy et Ranch, quand on m’a joué ça j’ai lâché un flow old school avec des thèmes au hasard, donc ça dépend.



A ce propos, on a pu t’entendre cette année sur plusieurs riddims old school comme avec le son « Sekkle and Cease ». Tu travailles différemment sur ce type de riddims ?
Je dirais que oui, parce que ça me rappelle l’époque où je suis tombé amoureux de la musique. Je suis né en 1982, et quand j’étais très jeune, c’est exactement ce qui se faisait dans la musique, alors le fait de réentendre ces riddims me ramène à cette époque. C’est une vibe différente et j’aime vraiment ces instrus. Pour être honnête avec toi, je pense que ça correspond plus à la véritable identité du dancehall, et pourvu qu’on ne s’en éloigne pas trop, je me sens toujours mieux sur ce type de riddims. Il y a quelques années, on avait eu le Eighty Five riddim de Dave Kelly qui restait un riddim authentique, et ça me correspond mieux.




« Talk How Mi Feel » a été numéro un des charts jamaïcains en 2011. Depuis quelques années, tu es de plus en plus plébiscité et reconnu. Sans parler de la fameuse collaboration avec Kanye West parce qu’on t’a sûrement déjà assez questionné là-dessus…
(rires) Ok, c’est vrai !

… Mais comment te sens-tu par rapport à ça? 
Et bien, ma carrière a toujours été de celles qui sont en constante évolution depuis le départ.  Tant qu’elle continue à le faire, que ce soit en Jamaïque ou ailleurs, j’en suis heureux. C’est bon d’avoir une carrière qui dure depuis plus d’une décennie et de continuer à évoluer après tant de temps car on sait que dans cette industrie ou n’importe quelle autre, rien n’est promis à personne. C’est une bénédiction de continuer à faire ce que j’aime et d’avoir des gens qui apprécient mon travail. Je suis reconnaissant pour ça, et c’est une motivation pour continuer à travailler.

En plus, tu as du succès avec une musique positive. Parfois, on a l’impression qu'aujourd’hui dans le dancehall, les artistes qui ont le plus de succès sont ceux qui font des choses bizarres et une musique vulgaire…
C’est une idée reçue. Ce ne sont pas les plus estimés mais les plus “hype”, il y a une grosse différence. J’ai appris à m’y faire. La "hype" arrive avec le sensationnalisme, les médias se jettent dessus parce que c’est sensationnel et que selon eux c’est une bonne histoire qui leur profitera. Il y a donc une bonne couverture médiatique mais il ne faut pas prendre ça pour de la considération. Si tu fais une étude et demande aux gens leurs artistes préférés, je suis sûr que ce ne sera pas ceux-là. Je ne serai pas là si les gens ne me considéraient pas. Les gens ne doivent pas confondre la considération et la "hype".

Et du coup, qu’est ce que tu penses de l’évolution de la scène dancehall en général ?
Comme je disais tout à l’heure, on a pu constater un certain éloignement du dancehall dont je suis tombé amoureux. Mais c’est normal que la musique essaie de trouver sa voie et l’évolution fera toujours partie de la vie. Je suis heureux de voir que les riddims old school reviennent ces derniers temps, que la vibe est toujours là et qu’on ne s’écarte pas trop des fondamentaux de ce que je considère être le dancehall. La technologie maintenant rend très accessible à n’importe qui la production, l’enregistrement… Chacun peut faire ses trucs, donc je suis conscient qu’à cause de cette quantité, il y a des problèmes de qualité.  On a quand même toujours des gens dans cette industrie qui aiment la musique et font du bon travail, on continue à la voir évoluer et grandir, donc je ne peux qu’être heureux d’être toujours en mesure d’y contribuer.

Le titre « Stupid Money » avec Wayne Marshall a bien fonctionné, et sur le refrain on entend le fils de Wayne. Tu aimerais voir tes enfants poursuivre une carrière dans la musique ?
J’aimerai voir mes enfants poursuivre une carrière dans n’importe quelle voie qui leur plaira. Si c’est la musique, ça me va. Mon devoir en tant que parent est de les soutenir et de les guider. Ça serait cool, ils aiment la musique, ça je peux te le dire ! Si tu vas sur mon Instagram, tu verras chacun d’entre eux s’amuser sur un son, de Stevie Wonder à Bob Marley en passant par « Stupid Money ». Ils kiffent ce son d’ailleurs !!!



Quand tu étais toi-même enfant, quel métier voulais-tu faire ?

Mon grand-père et mon père sont dans l’armée, alors pendant un bon moment et même jusqu’à ya quelques années je pensais toujours à m’engager dans l’armée, sérieux ! Donc j’ai voulu être militaire, j’ai voulu faire de l’architecture, et pendant une bonne partie du lycée je pensais à faire du journalisme, juste pour être proche de la musique sans forcément être un artiste.

Quel est ton meilleur souvenir au cours de ta carrière ?

Mon meilleur souvenir dans ma carrière ? Hum… Ce serait une injustice pour tellement d’autres souvenirs ! J’aime vraiment ce que je fais, j’aime sincèrement la musique, c’est juste une bénédiction continue. Tellement d’expériences, de rencontres, des gens que je considérais et considère toujours comme des héros… Ca prendrait trop de temps d’essayer de trouver LE souvenir, mais globalement toute cette expérience a été excellente.

Tu nous as parlé d’un album en prévision, quels sont tes autres projets ?

Maximiser mon potentiel. Depuis l’année dernière, je suis vraiment dans une nouvelle dynamique et j’ai réalisé que toutes ces années de carrière ont principalement constitué mon développement.  Je pense être maintenant prêt à accomplir mon but dans la musique. Je pense qu’à présent j’ai développé suffisamment de compétences au niveau de l’enregistrement, et aussi de la scène, je pense pouvoir défendre ma musique sur n’importe quelle scène dans le monde. J’espère rester suffisamment sensible pour continuer à apprendre et évoluer. Je suis excité par cette nouvelle dynamique et ce qu’elle va me permettre de faire. 2013 avait été une année fantastique, j’avais trouvé cette nouvelle vibe et j’avais aussi inclus des nouvelles personnes dans mon équipe. Respect à Solid Agency notamment, et on continue d’élargir l’équipe.

Et on te souhaite le meilleur pour la suite… Un dernier mot pour tes fans ?
Oh non, ne dis pas un dernier, je vais embarquer dans l’avion là ! (rires)

Juste un mot pour tes fans alors.
En attendant de vous retrouver prochainement... Je vous envoie de l’amour et du respect. Sachez que j’aime la musique, c’est ma principale motivation, c’est ce qui me guide et m’inspire, et on va continuer à bosser. Continuez à aimer et soutenir cette musique. Ne croyez pas les rumeurs sur quoi que ce soit qui arriverait au dancehall, on est là et on mène le bon combat ! Nuff respect.

publicité
commentaires
... aucun commentaire ...

2.0/5 (44 votes)

  • Currently 4.00/5
4.0/5 Evaluation Reggae.fr
Assassin

Figure incontournable du dancehall depuis le début des années 2000, Assassin aka Agent Sasco est l’un ...
25/03/14 - DanceHall

Duane Stephenson & Sasco -Play That Song

Quand Agent Sasco s'invite sur le très bon Play That Song de Duane Stephenson, ...
25/03/19 - Clip

Agent Sasco - Banks of the Hope

Hope River, c'est le titre du dernier album d'Assassin aka Agent Sasco. C'est ...
06/12/18 - Clip

Reggae Radio