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Admiral T is Christy Campbell Interview Admiral T is Christy Campbell Interview
17/11/14 - Auteur(s) : Nounours

Parlons musique ! Les récents déboires judiciaires de l’artiste ne sauraient gâcher le plaisir de cette sortie. Admiral T, artiste incontournable et fer de lance du reggae-dancehall antillais, livre son cinquième album, « I am Christy Campbell », qui sort aujourd’hui.  Reggae.fr a eu la chance de l’écouter en avant-première et de rencontrer l’artiste pour s’entretenir au sujet de ce nouvel opus.

Reggae.fr : Le titre de ton nouvel album, « I Am Christy Campbell » reflète bien son contenu : on le sent plus personnel…

Admiral T : Oui c’est ça, j’ai choisi ce titre car c’est un album beaucoup plus personnel au niveau de l’approche artistique, des thèmes, de l’écriture, ça change des autres albums. J’ai voulu qu’il soit très mélodieux, avec plus de voix, plus de chant. J’ai aussi travaillé différemment sur la musique dans le sens où j’ai fait appel à très peu de compositeurs, et j’ai d’abord composé certains titres moi-même à la guitare. J’ai vraiment voulu emmener cet album dans une certaine direction. Même au niveau des featurings, il n’y en a pas beaucoup : Kalash, parce qu’il est souvent avec moi donc automatiquement il y a des choses qui se font, et puis Nyla (de Brick & Lace) et Clayton Hamilton parce qu’ils m’ont proposé de collaborer avec eux et j’ai beaucoup aimé ces titres alors je leur ai demandé si je pouvais les mettre sur mon album. Mais sinon, ce n’est pas un album à featurings. C’est « I am Christy Campbell » quoi !  

Tu as donc énormément travaillé sur cet album, qui sort d’ailleurs sur ton propre label, Elite Base, récemment créé …  
Exactement, c’est notre premier projet en tant que producteurs donc pour nous cet album est vraiment important, c’est notre bébé. On a travaillé plus de dix ans avec le producteur Don Miguel chez Don’s Music, et là on a décidé de voler de nos propres ailes. C’est comme un enfant qui grandit chez ses parents, à un moment donné il prend son envol. On a senti que c’était le bon moment. Être son propre producteur, c’est aussi avoir moins de personnes à convaincre au niveau des titres, donc c’est vraiment un album où j’ai fait comme je voulais. Je considère qu’après presque 20 ans de carrière, je n’ai plus rien à prouver au niveau du dancehall. J’ai toujours fait quelques titres différents sur mes albums mais on ne les mettait pas spécialement en avant, et là je me dis que les gens sont prêts à entendre un album d’Admiral T dans ce sens là. Ce n’est pas que je ne veux plus faire de dancehall ou quoi que ce soit, c’est juste que j’ai eu envie de faire ça. 

Le premier extrait « Si’w enmé mwen » a effectivement surpris : on ne t’attendait pas sur du zouk love.
On a volontairement sorti ce single en premier, on savait que ça allait surprendre ! Sortir un premier single zouk six mois à l’avance, ça allait automatiquement faire parler, et surtout faire les gens se poser des questions. C’était l’effet recherché, ça annonçait l’album comme différent des précédents. 



Dans le titre éponyme de l’album, tu fais référence à beaucoup de tes chansons. C’est une sorte de bilan de carrière ?
Ce titre est le dernier que j’ai composé sur l’album, bizarrement. Quand le compositeur m’a proposé cette instru là, je l’ai trouvée superbe et ça m’a donné cette idée. J’ai trouvé ça sympa parce que je crois que personne n’a fait un titre comme ça. On peut le voir comme une façon de retracer ma carrière, c’est vrai, mais ce n’est pas un bilan. C’est comme sur scène, je fais toujours des medleys, je n’oublie jamais les titres qui ont marqué ma carrière et qui rappellent des bons souvenirs aux gens. C’est un peu ça ce titre, quand on l’écoute on se remémore certains sons et ça fait plaisir.


« Il y a des fans nostalgiques d’une certaine époque, mais ils ne peuvent pas m’en vouloir d’évoluer »


Est-ce aussi une façon de rallier tes fans de la première heure ?
C’est ce que les gens pourront penser, mais moi je travaille vraiment à la vibe. Je pense que les fans de la première heure sont toujours là parce qu’Admiral T n’a jamais changé, je suis toujours le même et je défends toujours les mêmes valeurs. Il y a des fans nostalgiques d’une certaine époque, mais ils ne peuvent pas m’en vouloir d’évoluer, en tant qu’homme et musicien je ne peux pas toujours chanter la même chose, sur les mêmes instrumentaux. C’est normal d’évoluer, comme eux-mêmes évoluent dans leurs vies. Ça ne veut pas dire qu’on renie ce qu’on a fait auparavant, je pense que ces fans-là comprennent ça. Ceux qui ne comprennent pas ne savaient pas bien qui j’étais. Ceux qui me connaissent savent bien que je suis en perpétuelle évolution, c’est ma mentalité. Je n’aime pas stagner.  

Le titre « Perle Rare » était sorti en 2012 à destination plutôt du public underground même s’il a très bien marché. Pourquoi avoir choisi de le mettre sur l’album ? 

C’est un coup de cœur. J’adore ce titre et il n’a été mis sur aucun support. Je le chante toujours sur scène et il fait son effet, même quand je chante dans des pays où les gens ne comprennent pas ma langue, je vois toute de suite qu’ils adhèrent à ce morceau. C’est un titre que j’aime, qui a du potentiel et que mon public apprécie alors j’ai envie de le faire découvrir à d’autres. 

Tu as évoqué ta collaboration avec Kalash, de qui tu t’es rapproché pour former le General Crew…
En fait, on n’a pas choisi de faire un crew, ça c’est fait naturellement. Il s’agit d’amis et de familles qui se réunissent. Quand on s’est rencontrés, il y a eu un bon feeling. Je vis en Guadeloupe, je travaille dur mais le week-end on sort à la plage en famille et entre amis. Même si on est collègues au niveau de la musique, c’est important de vivre des choses du quotidien ensemble. Pour le General Crew, c’est juste parti d’une blague de Kalash qui se moquait un peu en m’appelant « General » puis c’est resté. On mettait « General Crew » quand on postait des photos de nos sorties sur les réseaux sociaux. Au final, on a eu une certaine demande du public et le truc a pris de l’ampleur mais c’est pas du tout un truc auquel on a mûrement réfléchi. Les gens aiment les trucs vrais et sincères, c’est dans cette dynamique là qu’on est. 

En tout cas sur l’album votre collaboration donne un beau titre reggae, « Di Mwen ».  Merci ! On a posé le titre ensemble à la maison. Il travaille beaucoup avec un compositeur, Cisko, qui est spécialisé dans le reggae mais très ouvert. Kalash m’a dit qu’il pouvait nous proposer des riddims, il nous en a envoyés et j’ai adoré. On a fait ça à la vibe, on était avec des amis en train de manger, j’ai allumé mon micro et on a fait le titre, on était super contents.  Le titre n’était  même pas dédié à l’album mais je le trouvais trop beau, il fallait le mettre, donc on a été chez Cisko pour travailler et finaliser avec lui.

On trouve d’ailleurs plusieurs autres titres reggae, comme « Music Is Love » par exemple. Tu as vraiment laissé une belle place au reggae sur cet album… 
Je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal de reggae sur l’album quand je l’ai écouté une fois qu’il était fini. Je trouve ça bien. J’ai toujours fait du reggae, mais depuis quelques années c’est vrai que tout ce qu’on a pu mettre en avant n’était pas spécialement reggae. Je suis content, et je sais que d’autres personnes aussi seront contentes de m’entendre à nouveau sur du reggae. 



Dans un autre registre, tu évoques la relation parent-enfant sur « Je serai là »  avec un beau piano acoustique et une façon de chanter assez inédite venant de toi. Tu peux nous en parler ?
C’est un titre qui me tient à cœur, je parle à ma fille mais c’est aussi un hommage à mon père. Il représente beaucoup pour moi et a toujours été un exemple. Sur un album aussi personnel, obligé de lui dédicacer un morceau, comme pour ma mère. Sans eux, je ne serais pas là.  Ils ont toujours cru en moi, on habitait dans le ghetto et comme tous les parents ils auraient pu me dire qu’il ne faut pas que je fasse de la musique et me pousser à faire un des métiers qu’on dit de faire aux enfants pour s’en sortir, genre avocat. Mes parents m’ont toujours soutenu et m’ont toujours dit que tant que je fais les choses avec le cœur, ils sont derrière moi sans problème, mais d’assurer à l’école par contre (rires) ! Je reflète l’image de mes parents et leur éducation, je suis très fier d’eux et j’ai voulu qu’ils soient à l’honneur sur cet album.  Quand j’ai enregistré ce titre, ma fille passait, je l’ai appelé et lui ai demandé de parler dans le micro, donc on l’entend qui dit « Je t’aime papa ».
Le compositeur, c’est Mister Francky : tous les gros hits dancehall qu’on entendait dans les années 2000, c’était lui ! C’est un très bon pianiste mais on ne l’entendait jamais dans ce registre,  j’ai voulu mettre en avant ce côté de lui, je lui ai dit : « il faut que les gens sachent que tu joues aussi bien au piano ! ».  On a fait quelques titres ensemble et je l’ai prévenu dès le début : « là faut que tu te dises que je suis très ouvert pour cet album ! ». Je n’avais pas de contraintes. Si la musique est bonne, les radios vont nous suivre, si elles ne le font pas on se débrouillera, on diffusera sur Internet, mais aujourd’hui je considère que je peux faire la musique que je veux.  Il m’a fait écouter ça, j’ai trouvé ça très beau, et ça m’a inspiré ce titre. 

Et encouragerais-tu tes enfants à suivre la voie artistique ?

Mes enfants font de la musique, du piano, du saxophone, de la batterie, de la danse... Je suis dedans donc automatiquement, ça les attire. Et moi, je les pousse. Parce que selon moi, si dès le plus jeune âge tu aimes quelque chose, il faut te donner au maximum si tu veux atteindre un certain niveau. C’est ce que je leur fais comprendre, que c’est dans l’effort qu’on arrive à quelque chose.  Je leur explique mes débuts dans la musique, et que si aujourd’hui ils me voient signer des autographes et être respecté, c’est parce que j’ai toujours travaillé. Je les pousse aussi parce que pour moi c’est un devoir de léguer quelque chose, de passer le flambeau. Comme un charpentier qui transmet son savoir-faire, moi ce que je connais c’est la musique donc je leur inculque. Après les enfants font ce qu’ils veulent bien sûr, et ils choisiront, mais il faut quand même qu’ils apprennent de leurs parents. 

Sur l’album, on trouve aussi le dynamique et entraînant « Zonbi ». Est-ce que tu peux expliquer ce titre ? 
Ah, on vient de tourner le clip justement ! C’est une reprise d’un très grand chanteur traditionnel gwo ka guadeloupéen, Chabin aka Germain Calixte, qui nous a déjà quittés malheureusement. C’est un titre culte, comme « Ti Milo », que j’avais repris aussi. Il a bercé mon enfance et mérite d’être connu par le plus grand nombre ! Quand je fais ce genre de titres, c’est surtout pour faire la passerelle entre cette musique traditionnelle et les jeunes qui ne sont pas trop sur ce genre de musique. Je l’arrange à ma sauce pour que ça puisse plaire un peu à tout le monde et à la jeune génération, pour qu’elle s’intéresse ensuite à l’auteur de la version originale et soit plus ouverte.
Pour le thème, les chanteurs traditionnels Gwo Ka disent parfois des choses, il n’y a qu’eux qui peuvent t’expliquer concrètement ce qu’ils ont voulu dire (rires)!  Parce que le créole, c’est très imagé !  Les gars, quand ils chantaient, ils n’écrivaient pas de texte. Ils allaient dans la rue rejoindre les joueurs de Ka, ils arrivaient et improvisaient quelque chose. Le Zonbi, ça peut être quelque chose qui te suit quand t’es seul dans les bois, dans les endroits où il n’y a pas de lumière… C’est plus une image pour faire peur aux enfants.  Le son, c’est l’histoire d’un gars qui croise un zombie et essaye de le fuir, il raconte ses péripéties. Mais c’est quelque chose de plutôt fun hein, ce n’est pas « Thriller » de Michael Jackson (rires) ! C’est le prochain clip qui sortira bientôt, les gens pourront tous comprendre ce qu’on entend par « Zonbi baré mwen ».


« C’est un album qu’il faut écouter en entier, comprendre son univers pour pouvoir juger après.»


Quel est ton souvenir le plus marquant au cours de la conception de cet album ?
C’est  l’ambiance générale dans laquelle j’ai travaillé… C’est la famille qui pourrait mieux te répondre, c’est un album que j’ai composé de manière tellement naturelle : chez moi, des fois en train de manger chez le père de ma femme Jessica…  J’y ai par exemple composé « Si’w Enmé Mwen ».  Quand j’ai l’inspiration, je prends mon micro et je fais mon truc, même s’il y a du monde, même s’il y a du bruit… Pendant que je pose, selon les regards je sens si c’est bien, si je suis sur la bonne voie. En passant on me sort « oh c’est bien ça, c’est super ! » puis on referme la porte… C’était spécial. Je n’ai que des bons souvenirs. Et c’était très naturel. Je suis très satisfait de cet album, je me suis vraiment amusé à faire ces titres et c’est un album sincère. J’ai été au bout de ce que je voulais faire, sans contraintes. 

Un concert de présentation de l’album aura lieu à la Tour Montparnasse à Paris le 11 décembre. Une tournée est-elle déjà prévue ?

Bien sûr. On commence par une petite tournée qui passera par la Guadeloupe, la Martinique et Paris avec un lieu atypique. C’est un album différent qu’on veut vivre comme une aventure avec des étapes.  A partir de février, on lancera la grosse tournée avec des dates en France dont un Zénith en avril 2015. D’autres belles choses à venir aussi mais on vous tiendra au courant. 

Pourquoi as-tu décidé d’avoir ton application mobile, lancée en début d’année ?
Le but est d’être encore plus proche de mon public. L’application est téléchargeable gratuitement et j’y mets beaucoup d’exclusivités, des titres inédits, des vidéos, du contenu qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Le public, c’est le plus important. Il faut toujours donner à son public parce que le public nous donne.

Avec ta femme, vous avez maintenant un label de production mais aussi depuis plusieurs années une marque de vêtements. Selon toi, est-ce important pour un chanteur de développer d’autres activités ?
On est animés par une passion, il y a toujours quelque chose de profond derrière. C’est important de se diversifier. On aime le challenge, on est des passionnés : ma femme de déco et de photo, de mode aussi. Dès qu’on a une idée, on essaye de la concrétiser, donc c’est vrai qu’il y a diverses activités qu’on essaye de mener à bien. Je pense qu’il faut montrer aux jeunes l’importance d’entreprendre. Mon père me disait que c’est quand on est jeunes qu’il faut faire les choses. Tu as envie de faire ça, tu le fais, tu ne vas pas attendre d’avoir 60 ou 70 ans. C’est pendant que tu es jeune que tu te donnes au max, tu essayes, si tu échoues, ce n’est pas grave, ça te fait de l’expérience, tu apprends. C’est la vie. C’est aussi ce que je fais dans la musique. Je l’ai dit, je n’aime pas stagner.  Ceux qui s’en tiennent à la musique, c’est bien aussi, je ne dis pas le contraire, mais moi j’aime avoir d’autres projets.

Le mot de la fin pour tes fans ? 
Je suis très satisfait de cet album et j’espère vraiment que les gens vont l’apprécier et en tout cas l’écouter de manière objective. Parce que souvent les gens jugent sur des titres, là c’est un album qu’il faut écouter en entier, comprendre son univers pour pouvoir juger après. Et merci. Mon public m’a toujours été fidèle alors je le remercie vraiment beaucoup. Un jour ma sœur a compté le nombre de « merci » à un concert en sortie de scène : 66 ! Elle se foutait de ma gueule (rires) ! On travaille dur pour faire de la qualité, et depuis que j’ai commencé les gens ont toujours été là, ils s’intéressent toujours à ce que je fais, les salles de concert sont toujours remplies, j’ai aussi beaucoup de réactions et commentaires sur les réseaux sociaux, ça représente beaucoup. C’est réconfortant et ça motive à continuer.

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