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Elephant Man - Interview Elephant Man - Interview
06/03/15 - Auteur(s) : Ju Lion avec Nounours

Rencontrer Elephant Man n'est pas chose facile. Actuellement en tournée dans les boîtes de nuit à travers toute l'Europe, Energy God nous a fait patienter quelques heures avant de daigner répondre à nos questions à Albertville. D'abord méfiant et un peu de mauvais poil, il répond brièvement et froidement avant de se détendre et de s'attarder plus longuement sur certains sujets. Très à l'aise dans l'auto-satisfaction, il n'hésite pas à tacler d'autres artistes (Alkaline et Beenie Man en prennent pour leur grade) et à rappeler les nombreux succès qui ont couronné sa carrière. Rencontre avec ce véritable monstre du dancehall.

Reggae.fr : Tu es actuellement en tournée showcase en Europe. Comment ça se passe ?
Elephant Man : Ça se passe très bien. Il fait très froid dehors, mais il fait toujours très chaud dans les clubs où nous passons. Je suis accompagné par le jeune Melloquence qui découvre l'Europe et nous sommes contents d'être là.

On te surnomme Energy God. D'où vient ce surnom ?
Tout le monde m'a déjà vu sur scène. Celui qui ne m'a jamais vu en concert n'est pas encore né. Les gens savent que mes shows sont dingues. Les réseaux sociaux sont prédominants aujourd'hui donc tout le monde sait qu'Elephant Man est dingue et plein d'énergie. C'est pour ça qu'on m'appelle Energy God. Je ne me suis pas donné ce nom moi-même, ce sont les gens qui me l'ont donné, les fans.



Tu chantes régulièrement sur des séries. Comment choisis-tu de poser sur un riddim ou un autre ?
Je travaille en fonction de la vibe et du moment. Parfois, des producteurs me sollicitent pour poser sur tel ou tel riddim. Mais en même temps, j'aime aller en studio pour faire d'autres choses. Donc tu me trouveras sur les nouvelles séries, mais je fais aussi mes propres sons.

La danse est quelque chose de très présent dans l'univers du dancehall et particulièrement dans ta carrière...
Pas seulement dans ma carrière et dans le dancehall ou même en Jamaïque. La danse est présente partout ! Tout le monde aime s'amuser. Et pour s'amuser il faut danser. Si tu vois quelqu'un danser, ça veut dire qu'il est heureux, qu'il oublie ses problèmes et son stress. Je ne fais pas des dance tunes juste pour la danse. Je le fais parce que c'est ce que les gens veulent. Il faut donner au public ce qu'il veut.


« Ce que dit Alkaline dans ses chansons c'est de la merde [...] On ne peut pas dire n'importe quoi, on a des familles ! »


Crées-tu toi-même les pas de danse ?
Pas vraiment. Certains oui, mais c'est rare. Par exemple, pour les tunes que j'ai fait avec Ding Dong, c'est nous qui avons créé les pas, comme « Sweep » et « Dip Again ». Mais la plupart du temps, ce sont des danseurs qui inventent les pas. Ils viennent me voir et me disent qu'ils vont créer une danse sur un de mes sons.



Dans les années 90, tu faisais partie du Scare Dem Crew avec Bounty Killer, Harry Toddler et Nitty Kutchie. Que retiens-tu de cette expérience ?
C'est là que j'ai commencé. C'est là que les gens ont commencé à me connaître. On ne peut pas oublier d'où on vient, on ne peut pas être ingrat. Scare Dem Crew c'est là où tout a commencé pour Elephant Man. On était 4 gars avec Bounty Killer entre autres et on essayait de se faire connaître dans le milieu et dans le monde entier. On a réussi à créer notre marque à cette époque, jusqu'à ce qu'on commence nos carrières solos.

A l'époque, vous enregistriez chez King Jammy's dans le quartier Waterhouse. Comment ça se passait ?
King Jammy's est un de nos aînés. Big Up King Jammy's et tous ses fils Baby G, John John et les autres. Jammy's c'est la fondation, c'est de là que je viens. La vibe était cool chez Jammy's, on venait en vélo depuis Seaview et on traînait autour du studio. On enregistrait des dubplates. On se sentait comme à la maison. La vibe était nice, c'était la réelle vibe dancehall. Là-bas, tu es comme un poisson dans l'eau. Dès que tu es à Waterhouse, il n'y a que la musique qui compte. Et c'est toujours comme ça, rien n'a changé. La vibe est toujours présente.



Le dancehall a bien changé depuis cette époque. Que penses-tu de son évolution ?
L'évolution c'est quelque chose de dingue. Beaucoup de gens aux États-Unis ont adopté le dancehall. Le dancehall est devenu populaire. Il a aussi fait son chemin en Europe. L’Europe a longtemps aimé le reggae one drop, mais aujourd'hui le dancehall a sa place aussi. Tout le monde aime le dancehall. Mais ça dépend quel type de chanson. En tant qu'artiste, il faut savoir créer des sons qui te permettent de te faire connaître et qui amènent ta carrière à un niveau qui tire le dancehall vers le haut pour que cela bénéficie aux autres artistes aussi. Par exemple c'est bien de voir les grosses récompenses musicales qui s'intéressent au dancehall comme sur BET ou MTV. J'ai connu tout ça. J'ai été nommé aux Grammys quand j'ai fait l'album pour Bad Boy Records. Ça me fait plaisir de savoir que j'ai obtenu une nomination pour Puff Daddy (ndlr : le boss du label Bad Boy Records). J'ai aussi gagné un Source Award en 2004 à Miami et j'ai été nommé aux MTV Awards, j'ai été invité par BET et j'ai fait plein de collaborations avec des artistes internationaux. Par exemple, j'ai fait une tournée avec Usher. Je remercie Dieu de m'avoir permis d'amener ma carrière à ce niveau si important et de continuer à représenter le dancehall à travers le monde.

Et que penses-tu des nouveaux artistes comme Tommy Lee Sparta, Popcaan et toute cette nouvelle génération qui cartonne en Jamaïque ?
Chacun fait son bonhomme de chemin. Ils font le leur.

Tu n'as rien à dire de plus sur eux ?
Non. Ils font leur truc dans leur coin et ça marche. Tant mieux.


« Tu ne peux pas critiquer Elephant Man. Jamais. »


Et en tant que l'un des rois du slackness, que penses-tu de ce que fait Alkaline ? Il a récemment franchi des barrières qu'aucun artiste jamaïcain n'avait franchies en parlant de pratiques sexuelles tabous en Jamaïque comme le cunnilingus ou le batty wash (ndlr : anulingus).
Ah Alkaline ! Alkaline... pffff. Il faut faire attention à ce que tu fais si tu veux devenir un leader. Moi, il y a certaines choses que je ne fais pas dans mon lit donc je n'en parle pas dans mes chansons. Je fais du dancehall avec mon cœur. Je ne suis pas sûr que ce soit le cas pour lui. Il a peut-être fait ça pour l'argent ou pour se faire connaître, mais combien de temps cela va-t-il durer pour lui ? Moi j'ai réussi sans jamais faire ce qu'il a fait. Et je remercie Dieu, car j'ai même plus que réussi et je suis encore là aujourd'hui. Il faut être capable de faire des chansons qui durent dans le temps et je ne crois pas que cette chanson où il parle de batty wash va durer. Je ne dirais jamais aux filles que j'aimerais bien me faire lécher l'anus. Jamais ! Dans une soirée, tu peux jouer ma musique pendant une heure ou deux ou trois, et ma petite fille pourra faire la fête sans que je m'inquiète de ce qu'elle va entendre. Ce que dit Alkaline dans ses chansons c'est de la merde. Pareil pour Gage. Ces gars-là font de la merde. Shabba s'est proclamé classé X en disant « Pum Pum Caan Dun ». Mais il n'a jamais parlé de cunnilingus ou de batty wash. On ne peut pas dire n'importe quoi dans nos chansons, on a des familles !



Le dancehall est une évolution de la musique jamaïcaine qui est arrivée après le ska, le rocksteady et le reggae. Comment expliques-tu que les fondations jamaïcaines en soient arrivées là ?
Ce sont les artistes et les producteurs qui ont emmené la musique sur cette voie. Par exemple King Jammy's. Son fils John John produit aujourd'hui. Et John John va produire des riddims qui collent plus avec sa génération. Il ne va pas produire la même chose que son père. Il va produire pour sa génération, car il est allé à l'école, il sait ce que les jeunes aiment donc il va leur donner ce qu'ils aiment. Plus le producteur est jeune, plus sa musique sera actuelle. Il va produire en fonction de l'actualité. Le dancehall vient de la fondation du reggae, mais les temps changent donc les producteurs s'adaptent. Et les artistes écrivent sur ce qu'il se passe autour d'eux. Le dancehall vient du rocksteady et du one drop, mais par exemple, on savait bien que King Tubby's ne serait pas là pour toujours. Ensuite, il y a le fils de King Tubby's qui lui-même aura un fils et ils vont produire en fonction de ce qui se passe dans leur monde à eux. C'est pour ça que la musique change. Mais c'est la même musique puisqu'il y a toujours les riddims de l'époque et on en fait encore des hits. Par exemple le Taxi Riddim où Buju a fait « Driver » et moi « Bring It ». Il y a toujours le Real Rock ou le Far East Riddim. On les utilise toujours car c'est de là que vient notre musique. Quand tu mélanges l'ancienne époque à celle d'aujourd'hui, c'est magique.


« Bob Marley aimerait le dancehall aujourd'hui »


Et crois-tu que des gens comme King Tubby's ou Bob Marley aimeraient cette évolution ?
Bob Marley aimerait le dancehall car aujourd'hui, on voit bien que même Stephen ou Damian Marley s'aventurent dans le dancehall car ils savent que ça plaît aux gens. Ils mélangent le meilleur des deux univers mais leurs paroles sont quand-même plus conscientes que les nôtres. Bob Marley approuverait cette musique car il sait qu'elle fait partie des fondations, c'est la direction que prend le monde. Les temps changent. Aujourd'hui des petits producteurs font des riddims chez eux sur leur ordinateur, d'autres utilisent des boîtes à rythme, d'autres vont toujours en studio avec des instruments live. Ça évolue de différentes manières.

Quel lien as-tu avec le mouvement rastafari ?
J'ai un lien fort avec le mouvement rastafari. J'ai beaucoup d'amis rastas. Par exemple Stephen Marley. Je connais aussi bien Rita Marley. Je suis presque un rasta moi aussi. L'autre jour, Sizzla est venu me voir en soirée et il m'a dit qu'on devrait faire quelque chose ensemble. Car les rastas savent qui je suis, ils savent aussi que je suis un bon artiste et que je peux chanter sur les mêmes sujets qu'eux car je viens de cette école.


« J'ai accompli tout ce que je voulais accomplir dans ma carrière. »


Beenie Man t'a critiqué avec virulence l'année dernière dans une interview en Jamaïque. Comment as-tu réagi ?
Beenie Man c'est Beenie Man. Il ne soutient personne. Pourquoi Beenie Man se permet de critiquer quelqu'un comme Elephant ? Tu ne peux pas critiquer Elephant Man. Jamais. Mais Beenie Man est ce genre de personnes qui ne changent pas et qui ne reconnaissent jamais le talent des autres. Il s'aime beaucoup mais il ne considère pas les autres. Mais au final, je m'en fous que Beenie s'intéresse à moi ou pas. Au bout du compte, BET a invité Elephant Man pour le segment jamaïcain de la cérémonie 2013 des BET Awards. Ils n'ont pas invité Beenie Man. Beenie était là parce que Shabba avait refusé l'invitation. Il était juste là en tant que remplaçant. Pas moi. Il peut dire ce qu'il veut, ce qui est sûr c'est qu'il ne m'enlèvera pas mes fans, tout comme je ne lui enlèverai pas ses fans. Beenie Man a ses propres fans et Elephant Man a les siens. Il fait sa musique, je fais la mienne.



La compétition est toujours très présente dans le dancehall, n'est-ce pas ?
La musique est une mission, mais aucun artiste n'y prête attention. Ils sont tous dans la compétition. Si tu regardes les derniers CDs et les dernières vidéos, tu verras qu'ils sont tous dans la compétition. La compétition booste les artistes et leur permet parfois de donner le meilleur d'eux-mêmes, donc ça ne me dérange pas. Certains ont besoin de ça pour montrer leur talent. Moi je n'ai pas besoin de compétition pour montrer leur meilleur de moi-même. Compétition ou pas, tu recevras toujours le meilleur d'Elephant Man. Et si je rentre dans la compétition, ça va causer des problèmes à certains. Car personne ne peut rivaliser. Capleton a dit que la musique était une mission pour essayer de leur faire comprendre qu'il fallait garder la musique clean et qu'il fallait que les artistes soient amis. Mais tout le monde s'en fout. On a tous des amis, certains sont des hypocrites, certains sont des vrais, mais on s'y habitue. C'est la vie, on fait avec.

On le disait, on t'entend souvent sur des séries, mais on n'a pas eu d'album depuis 2011. Est-ce en projet ?
Je vais vous dire. Pourquoi cela fait si longtemps que je n'ai pas sorti d'album ? Je dois faire un dernier album pour VP Records. Mais ils le gardent dans les tiroirs depuis... Je ne sais même plus depuis combien de temps. Je voulais sortir ce dernier album il y a longtemps déjà mais ils attendent car une fois que cet album sera sorti, j'en aurai fini avec mon contrat. Donc n'importe quelle grosse maison de disque ou major qui me veut pourra m'avoir. J'ai aussi mon propre label, Energy God Records et Animal House Productions. Donc j'attends que VP veuille bien faire cet album. Quand j'ai fait « Shmoney Dance », je voulais sortir l'album avec mes singles, mais quand un label doit faire son dernier album avec un artiste, je crois qu'ils en attendent le meilleur. Donc ils attendent que tu aies fait au moins 4 ou 5 gros hits pour les mettre sur l'album et enfin le sortir. C'est pour ça que je n'ai pas fait d'album depuis longtemps. Je dois faire ce dernier pour VP. Je ne peux rien faire avec personne d'autre tant qu'il n'est pas sorti. Mais une fois que ce sera fait, c'est parti !



As-tu d'autres projets ? Quelque chose que tu n'as pas encore eu l'occasion de faire peut-être ?
J'ai accompli tout ce que je voulais accomplir dans ma carrière. Tout. Tout ce qu'Elephant Man veut faire, je peux dire que je l'ai déjà fait. Je veux juste continuer à faire ma musique, continuer à remercier Dieu, continuer à survivre dans ce monde difficile, continuer à être guidé et protégé des mauvaises personnes, continuer à faire le bien autour de moi, continuer à prier Dieu, continuer à m'aimer et à aimer la musique. Continuer à remercier Dieu pour la santé et la force qu'il me donne, continuer à dire aux jeunes de faire ce qu'ils aiment et de se concentrer sur leurs objectifs. On peut toujours y arriver si on s'applique et si on reste positif. Si tu veux quelque chose, tu l'auras si tu crois en toi. Aujourd'hui, tout ce que je voulais faire dans la musique, je l'ai déjà fait. Je ne veux rien faire d'autre en dehors de la musique. Du business d'accord, mais en continuant à représenter ma musique, mon pays et le dancehall du mieux possible.

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commentaires
le 06/07/15 par TigroBasmati
Merci Elephant Man !

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