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Tribute to Rico Rodriguez Tribute to Rico Rodriguez
05/09/15 - Auteur(s) : La Rédaction avec Olivier Malaponti

Rico Rodriguez était sans conteste l’un des plus grands trombonistes de l’histoire de la musique jamaïcaine. Le journal d'outre-manche The Guardian a annoncé sa mort hier, à la suite d'un post publié par The Specials sur leur page facebook communiquant sur cette grande perte.

Reggae.fr avait eu la chance de rencontrer ce grand homme en 2001. Nous rendons hommage aujourd'hui à Rico Rodriguez en rediffusant cette interview :

Reggae.fr : Etes vous d’accord si je vous dis que pendant longtemps vous avez été un grand musicien, mais peu connu du public occidental ?
Rico Rodriguez: Respect !

Pourquoi, comment expliquez-vous cela ?
Beaucoup d’entre nous font de la musique, mais certains ont plus de publicité que d’autres. Moi qui n’en ai pas eu beaucoup, je suis quand même connu du public. Je suis davantage connu par mes chansons que par la publicité !

Pouvez-vous parler de vous, de votre carrière : comment vous êtes devenu musicien ? Qui vous a fait débuter ?
A l’école, je chantais dans un groupe. J’avais des amis musiciens qui jouaient très bien.
Je voulais leur ressembler en apprenant à jouer d’un instrument et grâce à eux , je suis devenu un membre du groupe Alpha.

Avec qui avez-vous joué ?
Avec Johnny Moore des Skatalites, Lester Sterling des Skatalites, Lloyd Knibb des Skatalites, Brevett des Skatalites, Ernest Ranglin, Harvey Adams, Rolando Alfonso. J’ai également fait un concert avec Tommy Mc Cook en Angleterre.

Musicalement, qui vous a inspiré ?
Lloyd Knibb ,Lloyd Brevett, Ernest Ranglin qui étaient des musiciens très avancés. J’ai beaucoup appris d’eux. Il y aussi Don Drummond.

Pouvez-vous décrire les principales composantes de votre musique ?
Avant tout, j’ai appris la musique classique. Ensuite, il y a eu le mento, puis nous avons commencé à écouter Dizzy Gillespie et Charlie Parker et nous nous sommes intéressés au bebop. On a fait un peu de jazz . Nous nous rapprochions donc du style afro-cubain.
Puis vint le reggae. Le meilleur de tout ça a été, je pense, « The Mystic Revelation of Rastafari » parce que je jouais avec des percussionnistes et que c’était très dur de faire quelque chose qui rende bien. C’est avec Count Ossie que j’ai pu le mieux développer mon art : je jouais de la musique librement. Je faisais ce que je voulais !

Comment qualifieriez-vous votre musique ? Est-ce du jazz, du reggae-jazz…?
Je n’ai jamais été accepté comme jazzman. Je n’ai jamais donné de concert de jazz. Je joue du reggae avec des rythmes afro. Au début de ma carrière, en Angleterre, on ne voulait pas me laisser enregistrer parce que ça n’était pas assez commercial ! Lorsqu’ on a grandi en Jamaïque, la musique est quelque chose de spontané, en harmonie avec les gens : tu vis la musique !

Mais vous avez fait beaucoup de reprises, comme « Take five »par exemple.
C’est Island qui m’a demandé de faire ces reprises et d’autres morceaux aussi.

Ce n’était pas votre décision ?
Non. « Take five », « Star Wars », « Children of Sanchez ». J’ai dû apprendre ces chansons afin de les enregistrer pour eux.

Pourquoi le trombone est-il votre instrument favori ?
Je n’ai jamais eu d’attrait pour d’autres instruments depuis que j’ai commencé à jouer du trombone. J’y ai travaillé très dur et je n’ai jamais voulu essayer autre chose. Si j’essayais de faire quelque chose avec un autre instrument , je pense que ça serait différent et mes fans dans le monde entier trouveraient cela étrange. Je ne me sentirais pas à l’aise. C’est vital, je veux continuer avec cet instrument ! C’est devenu quelque chose de naturel .

Votre dernier album vient de sortir , comment cela s’est passé ?
« Groover records » a rendu la chose possible en finançant l’enregistrement.

Que voulez-vous faire passer avec ce nouvel album ?
Il comporte différents styles. Certains des débuts, mais aussi des compositions spontanées .Je voulais faire cet album pour exprimer les différents styles de ma musique.

Comment expliquez-vous le succès du reggae-jazz en Occident ?
Les musiciens de jazz ont commencé à écouter notre musique et nous ont proposé de faire un groupe qu’on appellerait « Jazz Jamaica ». Ils aiment notre style. Comme je l’ai dit, nous jouons du jazz mais nous n’avons jamais été acceptés comme tels.



Pourquoi ?
Nous n’avons jamais donné de concert de jazz mais toujours des concerts de reggae.

Même avec votre groupe ?
On joue un peu de jazz mais la grande partie de notre musique est de la musique jamaïcaine.

Donc vous ne vous considérez pas comme un jazzman ?
En tant que Jamaïcains, nous adorons le jazz et nous voulons jouer comme Charlie Parker ou Dizzy Gillespie. Mais notre base de départ est le mento et on ne peut pas se mettre dans la même catégorie. Le jazz est une musique américaine et je le laisse aux Américains ! Notre musique est plus proche du style cubain et du style africain. Respect !

Certains disent que le reggae est mort en Jamaïque et que le flambeau est repris par l’Afrique. Qu’en pensez-vous ?
Je joue avec des musiciens africains. Dans mon album « Man from Wareika », les saxophonistes sont africains. Au delà de ça, dans les 60’s, en Angleterre, la musique africaine ne semblait pas être acceptée. Il est bon de savoir que maintenant ils réalisent combien cette musique est bien. J’adore la musique africaine dont j’ai beaucoup appris car elle est différente des autres.



Mais êtes-vous êtes d’accord avec le fait que le reggae est en train de mourir avec le phénomène du ragga ?
Non, pas du tout ! Le ragga est une forme expérimentale. Lorsque j’étais en Jamaïque, les gens regardaient les musiciens. Quand j’y suis retourné 17 ans plus tard , c’étaient les D.J’s qui étaient mis en avant. Mais nous, nous demandons le respect avec notre musique. Nous ne sommes pas des musiciens commerciaux. Nous n’avons jamais joué pour l’argent. On joue de la musique parce qu’on aime la musique et il faut que ça vienne du cœur ! C’est très important ! Charlie Parker n’était pas un homme riche mais il était riche en musique (rires).

Mais vous reconnaissez que vous avez sorti votre nouvel album pour des raisons économiques ?
C’est juste.

Vous y avez mis tout votre cœur aussi…
Oui, quand je joue de la musique, c’est toujours à 100% ! Je joue avec mon cœur. C’est mon truc. C’est ce que j’ai toujours voulu faire !

Pour vous, quel est meilleur représentant du reggae aujourd’hui ?
C’est Bob Marley. Do respect to Bob ! C’était un type comme moi. Il aimait ce qu’il faisait sans penser à l’argent. J’adore ce qu’il a fait !

Et un musicien toujours en vie ?
Il y a des musiciens que j’ai déjà mentionnés et que je respecterai toujours : Lloyd Knibb, Lloyd Brevett, Ernest Ranglin, Sly and Robie. Il y aussi Lester Sterling, Rolando Alfonso, Tommy Mc Cook, Johnny Moore. Ils ont fait beaucoup pour la musique jamaïcaine. Il y aussi beaucoup de producteurs, trop nombreux pour être mentionnés.

Quels ont été vos rapports avec les producteurs au long de votre carrière ?
Le producteur Karl Pitterson qui a produit « Man from Wareika… » me respectait beaucoup et passa énormément de temps sur cet album, au mixage, mais aussi en jouant de sa propre guitare. C’est pour moi un des meilleurs producteurs car il a fait beaucoup de choses pour moi. Ensuite, il y a Bovell et Linton Kwesi Johnson. Je leur dois beaucoup à tous les deux.

Vous êtes rasta. Qu’est-ce qu’être Rasta au XXlè siècle ?
Mener une vie droite et honnête. Paix et amour pour tous sans considération sociale, raciale ou religieuse. Les rastas prônent un amour mondial. Au Japon par exemple, les gens adorent les rastas et ils veulent être comme eux. Les rastas mettent en avant la musique et les bons sentiments à travers le monde.



Quel est le combat d’un Rasta aujourd’hui ?
Le combat est déjà gagné ! Les rastas étaient opprimés dans la société jamaïcaine. Les autorités les voyaient comme des gens subversifs. Puis en grandissant je me suis rendu compte que les rastas étaient des hommes bons. Ils se protègent mutuellement et ils sont maintenant respectés en Jamaïque. Le rasta est désormais un homme important : c’est l’homme d’affaire, c’est le musicien. Donc c’est bien !

Quel est votre opinion à propos de la société de consommation et du libéralisme ?
Je vois ça comme dans la chanson « Rat Race » (de Bob Marley).

Comment expliquez-vous que le reggae ait connu un tel succès à travers le monde ?
Dans les années soixante en Angleterre, on avait du mal à jouer notre musique. Il y avait les « Toots and the Maytals » et d’autres chanteurs comme « Third World ». Puis vint Bob Marley qui fit beaucoup avancer les choses. Ces gens ne négocient pas avec l’argent : la musique est leur force ! Les gouvernements ont peur de ça. C’est une bonne chose !

Quelles sont les réalités économiques et politiques de la Jamaïque ?
Le système politique est bi-partite : il y a le JLP et le PNP . Cela crée des ennemis et génère toujours des problèmes parmi le peuple. Il y a une alternance et c’est démocratique. Mais si un troisième parti se créait, ça serait peut-être une bonne chose…C’est assez dur car il n’y a  pas de choix.

Et à propos des conditions de vie ?
Elles sont très inégales, très dures pour les gens qui n’ont pas de travail. Beaucoup de jeunes n’ont pas de travail.

Que pensez-vous du public français ?
Personnellement, j’aime beaucoup les Français. C’est un peuple fort. Les Français sont les premiers à avoir fait une conférence avec Marcus Garvey. En Angleterre et aux Etats Unis cela n’était pas autorisé ! Je respecte donc beaucoup les Français. En Jamaïque, on dit “nuff respect !”

Avez vous un message pour vos fans ?
Je suis venu en France avec Bob Marley en 1977. J’ai été comblé par le soutien que j’ai reçu de la part des Français. C’était incroyable ! J’adore la France ! »

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Rico Rodriguez

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