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Stephen Marley - Interview Stephen Marley - Interview 'Revelation'
18/09/15 - Auteur(s) : Ju-Lion ; Photos : Carole Moreau

Après un concert très énergique, Stephen Marley nous donne rendez-vous dans son bus, garé juste derrière la scène du Reggae Sun Ska. Les fans passent d'abord ! Le fiston de Bob reste près des gens et aime partager un moment avec ses admirateurs en toute humilité. Quelques-uns ont la chance de monter dans son bus, puis il sort prendre des photos avec les derniers impatients avant de disparaître. C'est enfin notre tour ! Le petit salon est sombre et enfumé. Stephen malaxe sans arrêt une belle quantité de ganja et fait la moue quand on sort notre caméra. "Non man, je me relaxe là. Pas besoin de caméra, on va juste discuter OK ?" On se pli à sa volonté et on entame une discussion autour de la sortie très attendue de son prochain album, Revelation Part Two...



Reggae.fr : La dernière fois que l'on t'a rencontré, c'était également au Reggae Sun Ska, l'année de la sortie de l'album Revelation Part One...
Stephen Marley : Oui je m'en souviens. C'était en 2011. Le temps passe vite ! (Ndlr : revoir nos reportages vidéos en deux parties : Partie 1 / Partie 2)



Tu avais créé cet album en réaction à un article qui disait que le reggae vivait une période de déclin. Tu voulais défendre ta musique avec cet album. Aujourd'hui, quatre ans après, le reggae a-t-il toujours autant besoin d'être défendu ?

J'ai constaté une amélioration. Récemment on a vu beaucoup de bons jeunes artistes émerger. Mais le reggae aura toujours besoin d'être défendu. On se doit de défendre notre intégrité, nos personnalités et nos origines. Nous représentons sans cesse nos origines. C'est le drapeau que l'on a choisi de brandir. Donc si l'on ressent que le reggae est attaqué, il faut le défendre. On devra toujours le faire.

Le reggae est-il toujours attaqué aujourd'hui selon toi ?
Tous les jours ! Dès que nous baissons la garde, le système prend un avantage sur nous. Le reggae aura toujours besoin d'être défendu !


« L'intégrité de mon père est toujours restée intacte. Jusqu'à son dernier souffle. »


On sait que tu es très occupé par différents projets. Tu t'occupes du label Ghetto Youth International et de ton fils Jo Mersa. On voit que toi et tes frères sortez quelques singles de temps en temps, mais pourquoi devons-nous attendre si longtemps pour avoir un nouvel album de Damian ou Stephen ?
C'est une bonne question. Vous savez, la vie suit son cours. Parfois tu prévois certaines choses, mais ça ne se déroule pas comme prévu. Tu dois juste t'adapter et faire de ton mieux pour poursuivre tes objectifs. Mais il n'y a pas de raison particulière pour cette attente si longue. Personnellement, j'ai ressenti que les gens avaient toujours envie d'écouter l'album Revelation Part One depuis sa sortie. Donc je continue de faire des concerts avec cet album pour le public.

Tu penses que tu n'as pas besoin de sortir le Part Two pour satisfaire tes fans ?
(Rires). Si bien sûr ! Il faut que je le sorte, je le sais. Les gens l'attendent !

Avais-tu prévu de le sortir plus tôt ?
Oui bien sûr ! Je voulais qu'il sorte beaucoup plus près du premier, mais finalement ça n'avait pas de sens. Au fur et à mesure que je travaillais sur ce deuxième projet, je sentais qu'il pouvait encore grandir. J'avais besoin de le faire grandir le plus possible avant de le sortir.

As-tu une date de sortie à nous donner ?

Hmm... L'album est terminé, voilà ce que je peux vous dire. Les gens peuvent savoir maintenant que je n'enregistre plus rien pour Revelation Part Two. Tout a déjà été enregistré.

Tu enregistres déjà le troisième volet ?

(Rires). Euh... L'album de Damian doit sortir avant.


« Je n'ai pas connu la souffrance, mais je suis un produit du ghetto. »


Les récents singles que tu as sortis sont tous en featurings avec deux autres artistes (Congo Nyah avec Spragga Benz et Damian Marley, Rockstone avec Sizzla et Capleton, Ghetto Boy avec Bounty Killer et Cobra). As-tu une préférence pour le chiffre 3 ?
Je ne parlerai pas de chiffre. Je ne m'intéresse pas aux chiffres. Je vois ça comme une trinité. Le chiffre 3 en lui-même ne m'intéresse pas. C'est plus la signification du chiffre 3 qui m'importe. C'est vrai que j'aime bien être à trois sur un morceau, mais en ce qui concerne ces singles, je ne les ai pas créés en me disant qu'il fallait absolument que je trouve deux autres artistes. Ça s'est juste déroulé comme ça, naturellement. Je passe beaucoup de temps avec mon frère Damian. Il est toujours dans les parages quand j'enregistre. Et Spragga Benz c'est la même chose. Il est l'un des nôtres. Alors quand un riddim leur plaît, je les laisse poser avec moi. La Trinité est quelque chose de très puissant. J'aime ça.



Ces trois singles se retrouveront-ils sur l'album ?
Oui.

Ce sont des sons très modernes par rapport à Revelation Part One...
L'album tout entier est très moderne !

C'est la direction que tu souhaites prendre aujourd'hui ?
Non pas forcément. Je parle de ce projet spécifiquement. Mais ça ne veut pas dire que je ne ferai que de la musique ultra-moderne. Je me considère plus comme un cercle que comme un carré. Je ne prends pas de direction particulière. Je me laisse guider par le temps qui passe. J'ai à la fois la modernité et l'ancienneté en moi et je les laisse s'exprimer comme elles en ont envie. Mais je ne pourrai jamais dire de quoi sera fait demain. Ce que je sais c'est que Revelation Part Two est effectivement un album très moderne avec beaucoup d'invités.

Quels invités ? En dehors de ceux dont nous venons de parler bien sûr...
Rick Ross, Pitbull, Busta Rhymes...

Beaucoup d'artistes hip-hop...
Il y aura aussi Nina Simone si vous voulez des noms en dehors du hip-hop (rires).

Tu as choisis de grands noms...
De grands artistes, pas de grands noms. J'ai choisi ces artistes pour leur travail, pas pour leur nom. Les noms m'importent peu. Mon nom n'est que mon titre. S'il n'y avait pas de fond, pas de substance derrière mon nom, je resterais le fils de... Mais si vous vous intéressez à ma personne, vous vous rendrez compte que je suis un vrai lion, un lion à part entière.





Revenons un peu sur le titre avec Bounty Killer et Mad Cobra, Ghetto Boy. Ton refrain raconte l'histoire d'un jeune du ghetto. As-tu vécu personnellement cette vie-là ?

Non, pas de cette manière. Je n'ai jamais connu la vie du ghetto personnellement. Mais écoutez bien : je suis un produit du ghetto. Je n'ai pas grandi dans un ghetto, mais mes parents y sont nés. J'ai adopté le style de vie du ghetto. Je n'ai pas connu la souffrance que tu peux traverser dans ces endroits, mais je connais la façon de vivre des gens du ghetto. (Stephen se retourne et pointe du doigt l'arrière de son bus où quelques rastas trinquent à la Guinness) Tu ne vois aucun col blanc dans ce bus, n'est-ce pas ? Ce sont tous des jeunes du ghetto ! Voilà mon entourage. Nous n'avons aucun ami dans la haute société. Je connais les difficultés de mes amis. Je suis chanceux d'avoir échappé à cette situation grâce à mes parents, mais je resterai toujours un produit du ghetto. Je ne suis le produit de rien d'autre. (Jo Mersa, le fils de Stephen passe par là) Et ce jeune-là ! Je dois lui apprendre aussi ce style de vie ghetto. Car il est un produit de moi-même. C'est la troisième génération. Moi j'ai gardé l'habitude de laver mes vêtements à la main et ce genre de choses, car mes parents viennent du ghetto et ils avaient eux-mêmes gardé ces habitudes. J'essaye d'inculquer ça à mon fils car c'est ce que mes parents m'ont inculqué même s'il ne m'ont pas élevé dans le ghetto. Ziggi, lui, est né à Trenchtown, dans le ghetto.

Il a connu plus de souffrance que toi ?

Non je ne pense pas. Je veux juste dire par là que ça fait partie de nous. Nous avons été élevés avec des valeurs et des coutumes qui viennent du ghetto. Ziggi est sorti très jeune du ghetto. Je le dis clairement et sans ambiguïté : Ziggi et moi n'avons pas souffert. Mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas des produits du ghetto. Tous les problèmes que mes amis traversent, je les traverse avec eux et on se soulève les uns les autres. Car Jah fait de toi un homme plus fort lorsque tu aides les autres et les autres font de toi un homme plus fort lorsqu'ils t'aident. Et ainsi de suite...



Quand tu es né, ton père était sur le point de devenir une figure internationale, mais il n'était pas encore mondialement connu. As-tu des souvenirs de cette période où il a été propulsé au rang de superstar ?
Je me souviens d'une interview de mon père où le journaliste le qualifiait justement de superstar. Et mon père lui avait dit : "Je ne peux pas être une superstar, car je suis déjà autre chose". Le titre de superstar n'est pas approprié pour Bob Marley. Il est bien plus que ce qu'on peut appeler une superstar. Il n'est pas un produit. Bob faisait de la musique qui se vendait, mais sa personnalité était bien plus importante que sa musique.

A cette époque, as-tu tout de même ressenti des changements de comportement chez ton père lorsqu'il a accédé à cette notoriété mondiale ?

Non man ! Non non non non non ! Mon père vient de la campagne. Il jouait avec des pierres étant gamin. Il vient d'un milieu très humble, très modeste. Il s'est toujours intéressé plus à la Terre en elle-même qu'au Monde. Tu comprends la différence ? Il a toujours préféré une petite cabane en bois qu'une maison en béton. Il portait des jeans, il aimait le style des cow-boys et des fermiers. C'est sérieux. Il était sincère, il était vraiment comme ça. C'était un homme des collines. Je ne l'ai jamais vraiment vu changer. Il a bâti son business c'est vrai, mais de manière humble et correcte. Il a commencé avec ma mère qui prenait son vélo pour aller vendre les disques de mon père. Ensuite, ils ont eu une petite fabrique de disques puis une boutique et ainsi de suite. Le seul changement que j'ai jamais constaté chez mon père c'était le progrès. Mais son intégrité est toujours restée intacte. Jusqu'à son dernier souffle.



Après avoir parlé de ton père, parlons maintenant de ton fils. Nous l'avions découvert au Reggae Sun Ska il y a quatre ans. C'était sa première scène en France. Depuis, il a parcouru un petit bout de chemin. Quelques singles sont sortis. Il commence à devenir quelqu'un dans le reggae n'est-ce pas ?
Il est déjà quelqu'un. Il ne commence pas. Regarde ! Il est là (Jo Mersa passe à nouveau devant nous). Pose lui la question à lui. (Jo Mersa fuit rapidement pour éviter le micro). Je ne peux pas répondre à sa place alors qu'il est juste là. Mais vous l'avez vu il y a quatre ans et vous l'avez revu aujourd'hui, donc vous pouvez vous rendre compte par vous-même des progrès qu'il a faits. Je m'attache à lui donner une bonne éducation. Il suit une évolution naturelle et c'est une bonne chose car c'est la clé de la longévité. Moi j'ai commencé en 1979 et nous sommes en 2015. Je vous laisse calculer. Je souhaite la même chose à mon fils.

Pour l'instant, Jo Mersa a sorti ses propres singles uniquement sur le label Ghetto Youth. Aura-t-il le droit de travailler avec d'autres labels ?

Je ne peux pas trop répondre à sa place à ce sujet. Il a 24 ans. Je ne peux pas l'obliger à enregistrer uniquement pour tel ou tel label. Mais il est un membre de la famille, il construit son expérience à partir des fondations de son père, donc c'est normal qu'il enregistre pour notre label. Maintenant, il bâtit ses propres fondations. Nous sommes toujours ensemble et j'en suis heureux, mais il est absolument libre d'aller enregistrer avec qui il veut. Il fait partie du crew Ghetto Youth, mais nous ne sommes pas liés par une signature. C'est le sang qui nous unit.

Peux-tu nous parler un peu plus du Ghetto Youth Crew justement. Quel est ton rôle ?
Quel est mon rôle ? Je suis le parrain. Je suis l'aîné. Le général de l'armée. C'est moi qui ai créé le label Ghetto Youth. "I don't really have a role. I just roll !"

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