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Jack Ruby : A man in the hills Jack Ruby : A man in the hills
30/09/15 - Auteur(s) : Simon Nancey

“Was a black slavery day, was a black slavery day… Admiral Hawkins, Sir Francis Drake… They captured us all…” (The Skulls – Black Slavery Day)


Lorsque les Skulls, emportés par la voix de Tony Thomas, enregistrent ce morceau en 1975 dans la localité de Ocho Rios, située dans le nord de l’île de Jamaïque, une page importante du reggae est en train d’être écrite. L’essentiel des labels sont alors tamponnés "Kingston", mais Lawrence Lindo aka Jack Ruby, attiré par la prospérité économique de l’endroit, va changer la donne.
L’homme né à Kingston dans la première moitié du XXème siècle arrive à Ocho Rios à la fin des années 50. Celui qui emprunte son patronyme à l'assassin présumé de JFK commence à assembler son sound system à cette même période. Le Jack Ruby Hi-Fi voit le jour et gagne en taille et en notoriété petit à petit.


Jack Ruby dans le film Roots Rock Reggae - Inside The Jamaican Music Scene

Suivant le parcours de ses homologues de l’époque, Tom the Great Sebastian, Duke Reid ou Coxsone, il devient rapidement LE producteur des artistes locaux (il est alors à l’époque le premier label/producteur ayant installé son studio en dehors de la capitale). La localité de Saint Ann a vu naitre certains des grands noms de l’histoire du reggae (Bob Marley, Burning Spear, Justin Hinds…) C’est à la fois une des plus importantes paroisses de Jamaïque et un refuge pour les premiers rastas, dont le mode de vie peine à s’articuler avec une société de plus en plus portée vers des valeurs matérialistes et individualistes.
C’est dans ce contexte que se développe le travail de Lawrence Lindo en tant que producteur. Il enregistre en 1975 Black Slavery Day, the Sound of St. Ann (qui ne sortira qu’en 1981) une compilation aujourd’hui mythique. C’est avec Burning Spear que sa notoriété dépasse St. Ann et s’exporte à l’international. Ruby est responsable des trois premiers albums du Spear (Marcus Garvey, Harder Than The Best et Man In The Hills) ainsi que d’une version dub de Marcus Garvey, Garvey’s Ghost, tous les quatres sortis aux alentours de 1976. Bien que produits et distribués sur le label de Chris Blackwell, Island, les sonorités et la présence d’arrangements de cuivres bien particuliers deviennent la marque de fabrique de Lawrence Lindo.



D'après les dires des artistes avec lesquels il travaillait, sa façon d’agir tend à se différencier de celle de ses homologues (c’est du moins ce que les archives laissent penser). La jaquette de l’album Black Slavery Day, est un manifeste de lutte contre la dictat des majors (que ce soit aux Etats-Unis avec la Motown, en Jamaïque avec des hommes comme Coxsone, Duke Reid, ou encore EMI en Angleterre, la production musicale tend à se systématiser autour d’institutions dont la pérennité se retrouve davantage soustraite à des impératifs économiques, que dans la richesse artistique de ses production). Les deux Burning Spear produits au cour de l’année 1976, de par les thèmes qui y sont abordés, la spiritualité qui les anime, et les sonorités que l’on y trouve sont de véritables déclarations d’égalité et de justice (Robert Christgau dira de Marcus Garvey que c’est à l’époque un des albums de reggae les plus politiques et le plus emprunts de sonorités africaines).



Sa notoriété, à la fin des années 70 n’est donc plus à faire. St Ann est placée sous les projecteurs grâce à la richesse artistique qui anime la paroisse. Le Jack Ruby Hi-Fi fait office de "centre culturel". Les sessions, quasiment hebdomadaires, attirent les artistes en nombre. Les jeunes voient en Lindo un moyen de subvenir à leurs besoins. Bien que les élus soient peu nombreux, en constituant une alternative à Kingston, Lindo permet aux "refoulés de la capitale" de tenter leur chance dans les collines… (On le retrouve dans le film de Mickey Dread Deep Roots Music aux cotés de Bobby Culture)







En attirant des artistes de plus en plus talentueux, Lindo, auréolé du succès international des albums de Spear se retrouve régulièrement en tant qu’opérateur au Skateland de Kingston lors des mythiques sound-clashes. Parmi tous les artistes de l’époque on retiendra surtout I roy qui, travaillant avec Ruby durant les années 70, lui fournira quelques specials cuts inédits. Pour ceux qui l’on manqué, et qui veulent avoir une petite idée de ce à quoi pouvait ressembler une dance animée par Ruby à l’époque, se tourner vers Rockers, le film de Ted Bafaloukos.


Jack Ruby dans le film Rockers

Au début des années 80 et de l’ère rub-a-dub, Lawrence Lindo travaille avec des hommes comme U-Brown, Nicodemus, Louie Lepkie, Brigadier Jerry, ou encore Yellowman. Bien que ces derniers voient leurs albums produits et distribués par des labels comme Joe Gibbs, Greensleves, Hit Bound, ils se retrouvent régulièrement au micro du Jack Ruby’s Hi-Fi. D’autres comme Bobby Culture ou Jah Stone (DJ de Birmstone & Fire) ont construit l’essentiel de leur carrière sur le sound de Lindo. Le talent du producteur semble donc surtout s’exprimer aux travers des partenariats qu’il entretient tout au long de sa carrière. Il faut rappeler sa longue collaboration avec Fat Jaw, le selecta du Ruby Hi-Fi sans qui le sound n’aurait pas pu se maintenir sur le devant de la scène.
Ces collaborations donnent lieu à des tournées internationales : les USA en 1982, "From east California to west New York Island", et l’Angleterre en 1984 (accompagné de General Trees et Professor Frisky).
Frappé par la maladie, son activisme tend à s’amenuiser, et ses productions se font de moins en moins régulières… Il meurt en 1989, et reste aujourd’hui un des activistes les plus talentueux de sa génération. Les hommages et albums posthumes sont là pour témoigner du travail accompli. Ces dernières années, on a pu voir la repress de plusieurs singles chez Fox ainsi que le légendaire LP Black Slavery Day chez Honest Jon. On notera aussi la repress du 12 Inch de chez Two Can Records par Hornin Sound mais aussi la sortie d’un cut différent de l’album sur le label Fox au début des années 2000. Les repress de chez Fox sont régulières et percutantes, à l’image des mélodies et des paroles propres à la touche Lindo (une dernière en date : Sylvester Morgan – Ruler of Mankind).

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