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Danakil Tour

Sun Ska 2015 : Bilan avec Fred Lachaize Sun Ska 2015 : Bilan avec Fred Lachaize
18/11/15 - Auteur(s) : Djul avec LN ; Photos Carole Moreau & Adrien Sanchez

Et de 18 pour le Reggae Sun Ska  ! Le festival français passait le cap de la majorité en 2015, après une édition 2014 difficile. Bonne nouvelle cette fois, les objectifs semblent avoir été atteints. 48 000 personnes se sont pressées sur le domaine universitaire de Bordeaux pendant trois jours en août dernier, durant lesquels reggae et dub auront habilement croisé hip-hop, dancehall, world music, pop et même électro.
Comme chaque automne, on fait le bilan avec Fred Lachaize, directeur du festival. Cette année, ce bilan est bien sûr placé sous le signe du deuil compte tenu de l'attaque que le monde du spectacle et le milieu de la culture en général viennent de subir.


Reggae.fr : Ton coeur de métier vient d'être touché de plein fouet par la barbarie humaine. Que ressens-tu à quelques jours de cet évènement tragique au Bataclan ?
Fred : 
Comme tout le monde, et ce pour la seconde fois de l’année, j’ai les yeux rivés sur les infos à la TV et le Facebook de mon téléphone portable afin de comprendre ce qu’il se passe. Ils ont attaqué notre raison de vivre, de travailler, de créer, de s’exprimer. Cette fois-ci c’est une salle de concert qui a été visée, et pas n’importe laquelle. C’est le Bataclan. 
Du fond de notre Médoc nous connaissons bien ce lieu. C’est une des premières grandes salles parisiennes que Music' Action a investi et dans laquelle nous avons produit plusieurs soirées depuis une dizaine d’années, nous aussi avec des groupes californiens.
On se sent proche, on se sent bête, on connaît le lieu, ses recoins, ses loges, sa scène, sa fosse et son balcon. Toute notre équipe a travaillé dans ce lieu. On fait le rapprochement, on se dit que l’on connaît du monde, des techniciens, des potes qui travaillent là-bas, nos homologues, la prod qui organise, les propriétaires des lieux …
C’est notre quotidien qui vient d’être touché, nous sommes tristes et pensons fort aux équipes du Bataclan ainsi qu'aux victimes.  Nous aurions très bien pu organiser ce concert du 13 novembre. Notre dernière production dans cette salle date du 15 d’avril 2015 avec justement deux groupes américains et précisément californiens. Une captation vidéo de cette soirée avait été réalisée pour France Ô. Groundation finissait son concert sur un message de paix et d’unité en reprenant «Could You Be Loved» de Bob Marley sur cette scène. Comment imaginer cette horreur 6 mois plus tard ?
Nous ne lâcherons pas. L’ensemble des équipes de M’A Prod, Reggae Sun Ska, Soulbeats Records, M’A GIE, les organisateurs de concerts qu’ils soient de la Fédération Européenne de Festivals "Deconcert" ou encore du "Rama"  (Réseau Aquitaine des Musiques Actuelles) dont nous faisons partie, ne vont pas baisser les bras. Nous n’annulerons pas de notre plein grès les concerts que nous avons en prévision.
Longue vie au rock and roll !!!
Mon meilleur souvenir au Bataclan :  http://culturebox.francetvinfo.fr/live/musique/reggae/groundation-au-bataclan-224675



Merci pour ta réaction. Passons au Sun Ska, peut-on dire que l'édition 2015 du Reggae Sun Ska a été une réussite ?
Oui, pour nous c’est clairement une réussite, parce qu’on ne donnait quand même pas cher de l’avenir du festival. Ça n’a pas été simple, les pertes financières de 2014 ont rendu la situation compliquée. On a réussi à tenir toute l’année et à monter cet évènement. On a eu des partenaires qui ont joué le jeu et contribué à ce que cette édition voit le jour, que ce soit des prestataires, des partenaires publics ou privés, ils étaient tous à l’écoute et unanimes sur le fait que le Sun Ska ne devait pas s’arrêter. J’ai aussi l’impression que les gens ont compris cette année les raisons du déménagement, contrairement à l’an dernier, ça avait été trop rapide. Là, on a pris le temps de communiquer, de réexpliquer les choses, de travailler le fond du projet. On a été un peu partout et ça nous a permis de bien renouer le dialogue avec le public et de lui expliquer les difficultés qui ont fait qu’on se retrouvait sur ce lieu.



Les objectifs fixés ont-ils été atteints ?
Pour cette année, oui. On s’est donné trois ans pour remonter la pente. On aurait aimé avoir un petit peu plus d’affluence, mais on est tombé sur le seul week-end pluvieux de l’été à Bordeaux, qui nous a fait perdre un peu de public. Après, les intempéries et la pluie n’ont pas gâché l’ambiance. Clairement, tout le monde a retrouvé cet esprit Sun Ska, cher et précieux au festival. Les festivaliers ont passé un super week-end malgré la pluie, donc pari réussi.



C’était votre deuxième année sur ce site, vous avez pu mieux vous approprier le lieu ?
Le fait d’être installé là pour la deuxième année nous a en effet permis de bien optimiser l’implantation et les aménagements. On a des repères qu’on n’avait pas l’année d’avant. Ça a permis d’aller à l’essentiel, et de mieux travailler main dans la main avec tous les partenaires locaux.



Les relations avec les partenaires locaux tels que l’Université ou les communautés de communes se sont-elles consolidées ?
C’est quand même la première fois qu'un festival de cette envergure s’installe en France sur un domaine universitaire, donc les Universités sont particulièrement à l’écoute et les relations avec elles sont extrêmement bonnes. La métropole bordelaise, qui l’an dernier était plus en mode observation, a renforcé son suivi et son soutien, même financier. On n’a subi aucune baisse de subvention et ça a vraiment aidé. La Région Aquitaine nous a épaulé en assurant la caution de l’emprunt que nous avons dû solliciter pour rattraper le coup. C’est une mesure exceptionnelle, la première fois qu’une région s’investit comme ça pour une association culturelle ! On aussi signé une centaine d'échéanciers avec les prestataires pour échelonner les règlements. Tout le monde a fait preuve de bonne volonté pour que le Reggae Sun Ska soit toujours là, et on a prouvé cette année qu’on était capables de rebondir et de revenir, avec une maîtrise budgétaire, logistique et environnementale. Tout le monde est satisfait, mais rien n’est gagné, ça va être encore dur au moins pour les deux prochaines années. Il va falloir solliciter tout le monde pour continuer à nous accompagner, sans ça, on n’arrivera pas à monter la prochaine édition.



Les artistes ont-ils été également sollicités d’une  façon particulière et ont-ils joué le jeu ?
On a sensibilisé des tourneurs, notamment certains tourneurs français avec qui on travaille régulièrement depuis de nombreuses années. Certains ont vraiment été a l’écoute, d’autres un peu moins (rires)… Pour ce qui est des négociations avec des tourneurs ou agents étrangers, c’est souvent compliqué… On est en ce moment dans la surenchère au cachet, ça se fait partout et on en est aussi victimes dans le reggae. Il y a certains artistes, dont un groupe international qui était en tournée au même moment, qui ne veulent pas jouer si leur cachet n’est pas augmenté, parce que selon eux pour un festival spécialisé reggae, leur cœur de cible, on doit payer plus cher. C’est une aberration…  C’est un marché de niche, un petit milieu qui a beaucoup souffert, on n’est pas nombreux, et à un moment si les artistes, les tourneurs et les festivals ne se serrent pas les coudes, on n’y arrivera pas ! On s’en rend compte aussi pendant l’année : il y a de moins en moins de tournées d’artistes étrangers, tout est concentré sur la période des festivals d’été. Tout le monde en souffre, les autres festivals européens comme le Summerjam ou le Rototom rencontrent les mêmes problématiques. Les artistes ne peuvent pas avoir de double discours, alors il faut faire jouer les artistes en qui on croit et qui ont des valeurs humaines.



L’année dernière, tu nous disais vouloir d’avantage collaborer avec les étudiants et les associations étudiantes, ça a été le cas cette année ?
Il est très difficile d’arriver à pénétrer dans un système déjà bien huilé, bien rodé, et qui a souvent d’autres échéances que les nôtres. On a réussi à créer quelques passerelles avec certaines associations, mais on n’a pas abouti pour le moment à une inscription permanente du festival au sein de l’Université, c’est plus du coup par coup. On réfléchit aux manières de procéder et on n’a pas encore le degré de collaboration qu’on voudrait à terme. Le Sun Ska est un très beau projet pour le milieu étudiant, cœur de cible du festival, mais la machine universitaire est tellement lourde que c’est laborieux.



L’édition de l’an dernier était-elle trop ambitieuse, avec un jour supplémentaire, un site très grand et beaucoup de scènes ?
C’était ambitieux, mais malgré tout on pensait que le public du festival allait suivre et que la proximité de la Métropole de Bordeaux apporterait un public complémentaire, mais ça ne s’est pas produit. On avait calibré l’évènement dans ce sens, et on n’avait pas de recul sur ce lieu. On nous a aussi imposé beaucoup de choses en matière d’aménagement et de sécurité qui ont fait exploser les budgets.  Et quand on prend ce genre d’engagement auprès des pouvoirs publics, on revient difficilement en arrière. Ça nous a quand même permis de montrer patte blanche finalement, et le fait d’être encore là avec tous ces soutiens montre aussi que cette culture reggae, souvent méconnue aux yeux du grand public, trouve officiellement un cautionnement. Ce n’est pas simple, c’est Bordeaux, qui est quand même la ville de Juppé… On se retrouve avec une bonne exposition qui nous permet de continuer de mettre en avant cette culture. On montre aussi que le public du Sun Ska est un super public, pas des lascars ni des arrachés, juste des jeunes qui veulent passer trois jours ensemble et en communion avec la musique, ce sont vos enfants qui sont là quoi ! Donc, malgré tout, j’ai l’impression qu’on a donné une autre image auprès des élus, des politiques, des policiers… J’espère que ça aide vraiment à casser cette image qui colle tout le temps au reggae.



La réduction de la durée du festival et du nombre de scènes a-t-elle été concluante cette année ?
Oui, ça ne sert à rien d’avoir trop de lieux de diffusion si ces lieux ne sont pas fréquentés par le public. On avait peut-être aussi trop séparé les thématiques musicales. Je pense que cette année on a trouvé un bon calibrage concernant le nombre de scènes, de jours et d’artistes. On a aussi redéveloppé les animations et la vie quotidienne des festivaliers, qui sont là pour la musique mais pas que : leur premier leitmotiv est de se retrouver entre amis. On a proposé deux zones de camping : une un peu « zen », plus familiale, et une autre plus animée. Sur la première, on pouvait louer différents types d’hébergements d’autre standing, comme les tipis,  et il y avait des animations : séances de yoga et massages le matin, conférences et dub poetry l’après-midi. Sur la deuxième, on retrouvait la scène Dub University, et pas mal d’activités type tournoi de foot, pétanque… Si le public reste trois jours au Reggae Sun Ska, c’est aussi pour sortir de son quotidien, voire l’oublier. Assurer un bon accueil a donc été notre mot d’ordre pour la construction du projet, et on fera encore mieux l’an prochain.



Par contre, niveau nourriture, ça n’est pas très varié, les stands font tous un peu la même chose…
Tout dépend des endroits, sur les extérieurs je reconnais qu’on manque de diversité, et pour les campings on a moins de propositions, ça intéresse moins…  Sur les intérieurs, on travaille depuis deux ans avec des producteurs locaux au niveau de la viande, et on essaye de travailler à une diversité sur les stands, qu’il n’y ait pas que de la merguez partout ! Mais ce n’est pas encore au degré optimal. C’est pris en compte.



Sur le festival, la scène Dub Foundation est bien développée. C’est une chose sur laquelle vous misez, elle pourrait devenir plus importante que les deux autres scènes ?
A terme, je ne pense pas. On n’est pas là pour faire un Dub Camp. Mais on l’a vraiment travaillé, car on s’est rendu compte qu’il y avait une attente de la part du public, et la mise en avant de cette culture au sein de la culture reggae est importante. On va embellir et travailler encore cet espace. Il y a eu surtout une réflexion dans la construction du line-up : une journée qui mettait plus en avant la scène française, aussi bien les artistes et MC’s que les producteurs, une deuxième journée autour de la notion de clash, mais clash friendly hein (rires) ! Bonne entente et bonne ambiance, plutôt une collaboration. Et le dernier jour était consacré à la scène dub internationale avec les vétérans, comme Jah Shaka, il n’était jamais venu chez nous et on était très content de l’avoir ! En plus, on a pu lui laisser trois heures de set, c’était un beau final ! Et le clou a quand même été Lee Perry, qui est beaucoup mieux en sound que sur scène. J’ai l’impression que ça faisait très longtemps qu’il ne l’avait pas fait et on a redécouvert un Lee Perry totalement habité par le son.



D’ailleurs, quels ont été les moments forts du festival pour toi ?
J’ai été touché par le concert de clôture de Groundation. Surtout parce que le groupe est en période de break, chacun occupé à des projets alternatifs, et pour le moment je ne sais pas quand on les reverra en Europe. Avec l’album, on a fait beaucoup de dates, et après un an et demi de tournée, la dernière date au Sun Ska a donc été un moment fort pour nous, tous les gens qui ont travaillé dessus et qui font aussi partie de l’équipe de MA Prod et travaillent sur le festival. Ensuite, Jimmy Cliff bien sûr a fait le boulot (rires) ! Et un de mes coups de cœur a été le groupe rennais City Kay, peut-être même le groupe que j’ai le plus regardé. Sinon, un peu déçu de l’annulation de dernière minute et inexplicable de Charlie Chaplin, c’est dommage. Et comme je disais, belle claque avec Lee Perry et le set de Jah Shaka, bien fat !



Les festivals disparaissent les uns après les autres… Tu peux donc nous rassurer sur l’avenir du Sun Ska ?
Oui, même si, encore une fois, ça ne va pas être simple. Il faut encore tenir et que les partenaires restent présents. Pour l’an prochain, nous serons sur le même site, avec le même concept et pas de scène en plus : 2 grosses scènes, la scène Dub Foundation, l’espace show case, et la Dub University sur les extérieurs. Il y a donc cinq lieux de diffusions avec des capacités très variées : de 15 000 pour les grandes scènes à 150 places pour la scène show case ! Les artistes l’adorent d’ailleurs, et il y a eu plein de bonnes petites surprises. Supa Mana a réussi à y trainer Biga pour deux titres, y a eu Big red aussi. Au fur et à mesure, pas mal d’artistes qui venaient en spectateurs sur le festival ont pu s’y produire, ça a permis des trucs inattendus et pas prévus. Plus généralement, on va reconduire ce qui a marché, améliorer la qualité d’accueil et le fond, et surtout garder cette ligne conductrice : vous venez 3 jours pour oublier le quotidien avec nous, au bon son du reggae !

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