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Iration Steppas - Interview avant-garde Iration Steppas - Interview avant-garde
07/01/16 - Auteur(s) : Ju-Lion

The Vanguard Of Dub ! L'avant-garde du dub ! Le style warrior d'Iration Steppas n'a plus à faire ses preuves. Considérés comme des pionniers de la nouvelle génération des sound systems UK, les membres d'Iration Steppas ont su amener de la nouveauté dans cette scène avec leurs looks, leur musique teintée de différentes influences et leurs multiples supports. Sous l'impulsion de l'excentrique boss Mark Iration, ils sont parvenus à intégrer la crème des sound systems à force de travail et de passion. Ce dernier s'est livré à nous lors d'un passage en France, avouant ses faiblesses et ses doutes tout en montrant un amour inconditionnel pour sa musique et son activité. Accompagné du discret MC Dan Man, il nous raconte l'histoire d'Iration et sa vision de la culture sound system.

Vous avez commencé Iration Steppas dans les années 90, mais toi Mark tu étais déjà dans le milieu des sound systems avant n’est-ce pas ?
Mark Iration : Oui. Avant Iration Steppas, je travaillais déjà avec des sound systems. J’ai commencé quand j’étais encore à l’école. Au début, je rangeais juste les disques dans leurs pochettes pour d’autres selectors. Puis j’ai commencé à prendre le micro, à chanter un peu. J’étais aussi boxman ! Je déchargeais les enceintes du camion. Puis j’ai intégré le sound system Ambassador et après j’ai collaboré avec d’autres sounds à Leeds comme Ras Sparta ou Kooler Ruler, puis Conquering Lion à Bradford. Puis j’ai construit un sound qui s’appelait Ital Rockers avec mon ami Sammy, mais pas Sammy Dread, un autre Sammy. Ça c’était dans les années 80. Et à la toute fin de 1989, on a créé Iration Steppas. Donc oui je connais les sounds ! J’en ai construit plein !

Iration Steppas a été créé à Leeds. En France, on connaît bien la scène londonienne, mais comment se portait-elle à Leeds ?

Mark Iration : A l’époque, toutes les grandes villes d’Angleterre étaient actives dans les sound systems. Londres, Manchester, Leeds, Leicester. Il n’y en avait pas seulement à Londres. C’est juste que Londres est la capitale donc les sounds se sont développés plus vite, car c’est là qu’on trouvait les dernières nouveautés en ce qui concerne le matériel, les enceintes, les amplis et tout ça. Mais il y a toujours eu des sounds partout en Angleterre et aujourd’hui c’est pareil. Je ne dirais pas que Londres est toujours la capitale des sound systems, car aujourd’hui tu peux trouver du bon matériel partout. Il y a beaucoup de bons sounds au Nord et dans tout le reste du pays. Birmingham était une place importante pour les sound systems par exemple.



Donc quand vous avez commencé à Leeds, la culture sound system était déjà bien en place...
Mark Iration : Yeah man ! La culture sound system s’est développée dans la communauté noire. Donc il y avait des sound systems dans toutes les villes d’Angleterre où la culture noire était représentée. C’était naturel pour des noirs de construire des sound systems. Et comme il y avait une communauté noire à Leeds, il y avait forcément des sound systems. Il y a eu des grands sounds à Leeds comme Magnum 45, Genesis, Maverick...


« La culture sound system s’est développée dans la communauté noire. Donc il y avait des sound systems dans toutes les villes d’Angleterre où la culture noire était représentée. »


Jah Shaka est l’une de vos plus grandes influences n’est-ce pas ?
Mark Iration : Oui ça c’est sûr.

Il est connu pour être le représentant N°1 de cette culture, le meilleur...

Mark Iration : A l’époque c’est sûr. Quand il était jeune. Il avait l’audace de tenter des choses. C’était le Warrior, le Zulu Warrior. C’est différent aujourd’hui, mais le Shaka des débuts m’a beaucoup influencé.

Pour toi il n’est plus le King qu’il était ?
Mark Iration : Je dis juste qu’à l’époque c’était le Warrior (guerrier), aujourd’hui il est le Father (père). Moi c’est la Shaka Warrior qui m’a fasciné.

Comment as-tu rencontré les autres membres d’Iration Steppas ?

Mark Iration
 : C’est moi qui ai créé le sound. Tout est à moi. Iration Steppas c’est moi. J’ai invité mes amis à me rejoindre. Dan Man qui est ici avec moi est un de mes meilleurs MCs. Dennis Rootikal est mon partenaire musical, c’est avec lui qu’on crée la musique. Et Sammy Dread est la personne parfaite pour faire voyager le sound system. Il y a plusieurs personnes qui ont chacune leur rôle. C’est une affaire de famille. Mais c’est moi le boss, ils le savent tous (rires).



Mark est-il un bon boss selon toi Dan ?
Dan Man : Yeah man ! Good boss ! Un patron ne peut être que bon si le travail que tu fournis est bon aussi. Je ne fais pas partie d’Iration Steppas depuis le début mais c’est tout comme. J’ai débarqué dans les années 2000. Mais Iration Steppas a sorti mon tout premier tune Too Much War et je veux que tout le monde le sache. Ça m’a permis d’en sortir d’autres après avec beaucoup d’autres. OBF notamment. Mais je n’ai jamais rien sorti d’autre avec Iration...



Mark Iration : C’est vrai qu’on a sorti qu’un disque, mais on a enregistré des tonnes de chansons. Je me souviens de ce disque sur lequel on a fait découvrir à tout le monde Dan Man et YT. Personne ne connaissait YT à l’époque. C’est nous qui l’avons fait connaître. Il était sur la Face B avec le tune What’s Wrong. On a enregistré ces deux tunes le même jour. Deux big tunes !



Iration Steppas a son propre style très identifiable. Comment le définiriez-vous ?
Mark Iration : C’est juste un truc naturel. Je ne sais pas s’il y a une définition à donner à mon style. Je fais juste ce que je fais. J’aime être heureux, j’aime que les gens passent un bon moment, j’aime transmettre des vibes et en recevoir. Je ne veux pas être déprimé. Si je me sens déprimé, je ne joue pas, je rentre et je dors (rires). Tout ce qu’on veut chez Iration Steppas c’est apporter des vibes. Il n’y a pas de formule secrète. Ça fonctionne, c’est tout. Aujourd’hui nous influençons des sounds tout comme nous avons été influencés par Jah Shaka.

Vous ne voulez pas donner de définition à votre style, mais d’autres s’en sont occupés à votre place. Certains articles parlent de « techno-reggae ». Vous êtes d’accord avec ça ?

Mark Iration : Non pas vraiment. Écoutez : quand Shaka a amené le style Warrior à l’époque, les gens disaient que c’était un nouveau style de dub. Parce qu’il jouait une autre musique et qu’il la jouait à sa manière en cassant les habitudes. Les gens disaient qu’il était fou. Mais il n’était pas fou, il était le Warrior ! Aujourd’hui, nous on fait la même chose. On joue ce qu’on a envie de jouer, de la manière dont on a envie de le jouer. Certains parlent de « techno-reggae » ou « techno-dub », moi je pense que c’est juste une nouvelle génération de dub. Mais ça reste du dub ! On fait évoluer cette musique comme l’on fait King Tubby’s ou Scientist auparavant. Aujourd’hui tu as Aba Shanti, Doogie de Conscious Sounds, Jah Tubby’s, Disciples, Jah Warrior... Chacun fait de la musique à sa manière. Chacun a son style, mais en fin de compte, on fait tous du dub. Ce n’est pas de la techno. Le terme « techno-dub » collerait plus à King Earthquake je crois.

Vous êtes un des rares sounds qui utilisent tous les supports possibles pour jouer de la musique. Vous utilisez des cassettes, des vinyles, des CDs...

Mark Iration : Mon truc à moi c’est le vinyle. J’ai une collection de vinyles chez moi... J’ai une tonne de vinyles qui pourraient tuer beaucoup beaucoup de sounds ! J’ai une pièce entière chez moi où il n’y a que des vinyles. Mais je ne les sors pas. Ce que je fais beaucoup, c’est que je grave mes vinyles sur des CDs pour ne pas les abîmer. Avant je les enregistrais sur des bandes analogiques, sur des DAT, puis sur des cassettes et aujourd’hui j’utilise surtout des CDs. Je ne suis pas passé à l’ordinateur comme beaucoup de sounds l’ont fait ces dernières années. Mais écoutez bien ça : j’achète mes vinyles et je les grave sur CD pour ne pas avoir à les transporter partout. Mais j’achète encore des vinyles ! C’est pareil pour mes dubplates. Je les cutte sur acétate pour avoir la meilleure qualité puis je les grave sur CD ensuite pour préserver l’original. Nous sommes sans doute le premier sound à avoir fait comprendre aux gens que la technologie était le futur. On a fait comprendre aux autres sounds qu’ils pouvaient utiliser des machines DAT ou des CDs. Au début, certains sounds nous disaient qu’on ne devait pas faire ça. Mais ce sont les mêmes qui aujourd’hui utilisent des ordinateurs portables. Ils ont compris eux aussi que la technologie était l’avenir. C’était la même chose avec Shaka à l’époque. Il était l’avenir du dub. Nous sommes devenus l’avenir du dub à notre tour en utilisant des supports différents. Il faut vivre avec son époque, sinon tu restes coincé dans le passé.

Et pourquoi n’utilisez-vous pas d’ordinateur portable pour jouer ?
Mark Iration : Car je ne veux pas aller aussi loin. J’ai besoin de sentir un support entre mes doigts. Je ne veux pas utiliser une souris. Pour moi les souris sont des petits animaux que tu chasses de chez toi. Quand tu joues du dub, tu n’as pas le temps de chasser les souris ou les rats ou les lézards (rires). J’ai besoin de toucher la musique que je joue. Et en plus, un CD tu peux le pull up bien comme il faut. Avec un ordinateur ce n’est pas pareil. Ça ne réagit pas aussi bien. Le CD est rapide et efficace !


« Si tu ne grilles pas de matos, tu n’es pas un vrai sound system. »


Vous produisez votre propre musique. Est-ce en quelque sorte obligatoire pour un sound system ?
Mark Iration : Oui on crée notre musique Dennis Rootikal et moi. Mais je ne sais pas si c’est obligatoire. Car faire de la musique peut juste être un passe-temps. Tu n’es pas obligé de la faire écouter aux gens. Parfois tu la fais écouter et tu te rends compte que ça plaît aux gens donc tu la sors sur disque. C’est comme ça que les dubplates fonctionnent. Au début tu fais juste de la musique en tant que hobby et il arrive que tu finisses par la sortir sur un disque. C’est la magie de la musique. Il ne faut pas trop se prendre au sérieux.



A propos des dubplates. C’est une pratique qui a beaucoup évolué avec le temps. Quelle est votre définition du terme ?

Mark Iration : Les dubplates ont évolué mais ils resteront toujours des morceaux exclusifs. « Dubplate » est synonyme de « exclusif ». Au début, les dubplates étaient simplement des morceaux qu’on gravait pour la première fois sur un acétate. Aujourd’hui, un dubplate peut être sur une clé USB ou sur un CD. Mais pour moi ça reste un dubplate tant que c’est un morceau unique et exclusif.

Quels sont vos 3 dubplates préférés ?
Mark Iration : Oh c’est compliqué ! En tout cas je ne sélectionnerais pas mes propres dubplates car je ne peux pas parler de mon propre travail. C’est le public qui choisit ses morceaux préférés, pas moi. Mais je peux vous faire une liste des dubplates qui m’ont le plus influencé. Il y a King Step, un très vieux dubplate fait par Truth And Rights à Birmingham. Il y a aussi Jah Give I The Power de Johnny Clarke qui n’a toujours pas été sorti. Il y a aussi Warriors Stance par Dread & Fred et Love Jah de Dennis Brown. Ce sont des tunes qui sont sortis aujourd’hui, mais qu’on entendait en dubplate dans les danses de l’époque. Jah Shaka les jouait par exemple. Oh et il y avait le mix original du Slave Driver de Dennis Brown. Ça c’était un mix man ! Tous ces dubplates m’ont beaucoup influencé quand j’ai créé ma propre musique et que je me suis mis à mixer des tunes.



Dan Man : Je me souviens bien du Dread & Fred. C’était Disciples qui les avait fait connaître. Ensemble, ils ont rendu la musique digitale vivante, comme si elle était jouée par des musiciens avec de vrais instruments. Ils ont fait comprendre aux gens qu’on pouvait faire de la musique qui sonne bien chez soi très simplement.

Donnez-vous des dubplates à d’autres sounds ?
Mark Iration : On l’a fait par le passé, mais j’ai décidé d’arrêter, car on se faisait arnaquer. Les sounds échangeaient mes dubplates contre d’autres ou alors ils les vendaient ! Quand on s’est rendu compte de ça, ça nous a beaucoup énervés avec Dennis.


«  Les Français sont les seuls assez dingues pour supporter 12 basses. »


Vous portez souvent des vêtements de soldats quand vous jouez. Pourquoi ?
Mark Iration : Car nous sommes des soldats de l’armée de Jah. Nous sommes des soldats de la paix, pas de la guerre. Nos treillis représentent le camouflage de toutes les saletés qui parasitent le monde. Nous somme des militants, des soldats de la musique, on se bat pour la paix et la liberté. C’est pour ça qu’on s’habille comme ça.

Avoir son propre sound system est une lutte au quotidien. On sait que vous rencontrez beaucoup de difficultés. Pouvez-vous nous en parler ?

Mark Iration : Le premier problème c’est l’argent. Car ça coûte très cher de construire et d’entretenir un sound system. Si tu grilles un ampli, il faut le réparer. Si tu grilles une enceinte, tu dois la réparer. Si tu ne répares pas tout ça, tu ne pourras pas jouer le mois d’après. Donc il te faut de l’argent pour toutes ces réparations. Mais ça fait aussi la beauté de cette culture. Car c’est intéressant de voir jusqu’à quel niveau tu peux pousser ta sono. Pour avoir un sound system, il ne faut pas hésiter à griller du matériel pour voir jusqu’où ton équipement peut aller. Si tu ne grilles pas de matos, tu n’es pas un vrai sound system. Quand tu joues avec un autre sound dans la même soirée, il y aura toujours une sorte de compétition pour voir celui qui poussera sa sono le plus loin. Ça fait partie du truc et on aime ça.



On a l’impression que les sound systems UK en veulent toujours plus. Plus d’enceintes, plus de puissance... Est-ce que ça ne va pas un peu trop loin des fois ?
Mark Iration : Moi j’ai décidé de m’arrêter à 12 basses. Et je trouve que c’est déjà trop. Quand tu joues dehors sur un grand terrain ça va, mais pour jouer dans une salle ça ne sert à rien. Ça tuerait les gens (rires). Quand on joue dans des salles, la plupart du temps on met 3 ou 4 basses. Mais on s’adapte en fonction de la taille. On peut en mettre 6 ou 8 parfois. On n’utilise pas souvent les 12. Je crois qu’on ne les utilise que quand on vient en France. Les Français sont les seuls assez dingues pour supporter 12 basses (rires). En Angleterre, on sortait nos 12 basses il y a quelques années pour la University Of Dub où on était résidents avec Aba Shanti. Quand ça se passait au Recretaion Center, là on pouvait sortir 12 basses. C’était l’endroit parfait pour tester notre sono. Mais j’ai décidé de calmer mes prestations aux University Of Dub parce qu’ils ont changé de salle et il y a trop d’escaliers. C’est trop dur de monter les enceintes là-haut (rires).

Voilà un autre problème que les sound systems rencontrent. C’est une activité difficile. Il faut stocker le matériel, le charger et le décharger et parfois monter des escaliers comme vous le dîtes. Est-ce qu’il faut être fou pour faire du sound system ?
Mark Iration : Oui c’est sûr. Il faut être Musically Mad (NDLR : « fou musicalement », en référence au film de Karl Folke sur la culture des sound systems UK). Il faut être « Sound System Mad » (« fou de sound system »). Le film s’appelle Musically Mad, mais je dis qu’il faut être Sound System Mad (rires). Non vraiment, il faut être fou. Si je devais construire un sound aujourd’hui en 2016, je ne le ferais pas. C’est trop dur de faire partie des meilleurs, d’accéder à la Premiere League (équivalent de notre Ligue 1 en foot). J’aime le foot alors je classe les sound systems comme les équipes de foot. Tu as la Premiere League, puis Division One, Two, Three.

Retirez-vous quand même de la satisfaction parmi toutes ces difficultés ?
Mark Iration : Bien sûr. Il le faut. Je nous compare souvent à des enfants qui vivent dans des pays en guerre. On a tous vu des images d’enfants avec de grands sourires en train de jouer au foot dans la rue alors que des bombes éclatent juste derrière eux. Ils ne connaissent pas de vie meilleure. Ils ne connaissent que ce qui les entoure et pourtant ils arrivent à avoir des moments de joie. Et bien nous c’est pareil. Nous sommes comme des enfants. Chaque jour on doit lutter pour pouvoir jouer parce qu’à chaque fois qu’on joue dans une salle, la salle ferme à cause du bruit ou alors elle ne veut plus nous accueillir. Nous nous battons pour notre culture et pour la liberté. C’est comme si on ne connaissait que ça et même s’il y a beaucoup de moments durs et qu’on lutte chaque jour, on arrive à trouver des moments de bonheur.

Pour revenir sur votre équipement. On sait que vous avez 12 basses. Utilisez-vous un pré-ampli ?
Mark Iration : Oui bien sûr. Notre pré-ampli a été construit par Links. Il est décédé aujourd’hui. Que son âme repose en paix. Mais son pré-ampli joue toujours donc on perpétue sa mémoire. En tout cas, je recommande hautement le pré-ampli. C’est un élément indispensable du sound system.

Construisez-vous les boxes vous-mêmes ?
Mark Iration : Les boxes ont été élaborées par mon ami Shortman. Ça fait quelques années qu’on utilise ses boxes. On utilise des haut-parleurs Turbomax. Ils ont été conçus pour moi. Et ils étaient tellement bons qu’ils ont décidé de les mettre sur le marché. Beaucoup de grands sound systems utilisent des Turbomax aujourd’hui.



Comment voyez-vous le développement de la culture sound system en Europe ?
Mark Iration : Ça devient de plus en plus important. Les sound systems ont commencé en Jamaïque avant de se développer en Angleterre. Et aujourd’hui, la culture a voyagé de l’Angleterre jusqu’en France et dans le reste de l’Europe.


« Si je devais construire un sound aujourd’hui en 2016, je ne le ferais pas. »


Mark, peut-on parler de ton autre projet musical Kitachi ?
Mark Iration : Oh vous connaissez ça ? Kitachi dort un peu en ce moment. Ça existe toujours, mais on fait une pause parce que la scène dub s’est envolée ces dernières années et je suis trop occupé avec Iration Steppas. On verra comment ça évolue, mais peut-être que mes enfants reprendront le flambeau de Kitachi. Qui sait. Kitachi est vraiment différent de ce qu’on fait avec Iration. Je travaille sur ce projet avec Dennis Rootikal, c’est lui mon partenaire musical ! On fait une sorte de trip-hop. On peut appeler ça trip-hop-dub ou trip-dub-hop ou hop-dub-trip (rires). On fait cette musique car on aime aussi le hip-hop et la soul. Quand on a commencé on a eu beaucoup de succès. Iration Steppas était beaucoup plus underground que Kitachi. Mais j’ai toujours préféré privilégier mes activités underground. Je ne veux pas trop m’engager sur la voie de la musique commerciale et mainstream, c’est pour ça que je freine un peu sur Kitachi.



Tu as donc beaucoup d’influences musicales ?
Mark Iration : Oui ! J’adore la soul. J’aime Michael Jackson, James Brown, Al Green, Stevie Wonder. J’aime la bonne musique. La musique est un message. Comme Bob Marley le dit, quand la musique te frappe, tu n’as pas mal. Il ne faut pas se restreindre au dub, ça ne fonctionne pas comme ça. De toute façon, tous les chanteurs, musiciens et artistes aiment plusieurs styles de musique. Si quelqu’un te dit qu’il n’est que dans le dub, je suis sûr qu’il ment.

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