Inna De Yard, Congos, Ken Boothe
29/09/17 au 28/10/17
Collie Buddz
21/10/17 - Paris
DEMOLISHA LIVE PARTY #2 avec Taïro etc
11/11/17 - Montreuil (2 min à pied du metro)
Skarra Mucci + Spectacular + Krak In Dub
06/10/17 - Avignon (Châteauneuf de Gadagne)

Skarra Mucci

Marcus Gad

Soul Stereo

Mawyd et general levy

Collie Buddz

Inna de yard

Demolisha

Damian Marley - Interview part. 2 Damian Marley - Interview part. 2
01/04/16 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion ; Photos : O2 & Carole Moreau

Deuxième partie de notre entretien avec Damian Marley. Lisez la première partie ici.

Ton titre Welcome To Jamrock est devenu l'un des plus gros hits de l'histoire du reggae. Comment se sent-on lorsqu'on devient l'un des artistes reggae les plus importants avec seulement un morceau ?

Damian Marley : Cette chanson m'a effectivement aidé à être exposé auprès d'un large public, mais nous avons fourni beaucoup de travail avant et après pour contribuer à mon succès. Surtout après. Nous avons fait énormément de tournées et il y a eu aussi toutes ces collaborations avec Nas ou Mick Jagger. Il y a plein d'évènements qui ont contribué à mon succès. Pas seulement cette chanson. 



Tu parles souvent de révolution dans tes chansons. Penses-tu qu'on aurait besoin d'une révolution aujourd'hui ?

Je pense qu'on a besoin de changement et d'ouverture d'esprit. On doit apprendre les uns des autres. C'est une sorte de révolution interne, mais quand on utilise le mot "révolution", on pense souvent à la guerre et à la violence. Mais ce n'est pas de ça dont on a besoin. Ce qu'il nous faut c'est évoluer, changer et grandir.

Vois-tu les récents évènements terroristes comme une sorte de révolution venant d'une population ?

C'est une nouvelle forme de guerre en tout cas. C'est très triste. Et c'est pour ça qu'il ne faut pas de révolution violente. C'est déjà assez triste quand deux soldats s'entretuent. Les soldats savent qu'ils vont au combat, ils ont signé pour ça et ils savent qu'ils risquent la mort. C'est leur métier. Mais quand on prend la vie de personnes innocentes, c'est encore plus triste. C'est précisément dans ce genre de situation qu'on devrait plus communiquer et apprendre des autres.


"Toute la période dancehall des années 80 m'a énormément influencé et m'a donné envie de devenir musicien"



On parlait tout à l'heure du label Ghetto Youths que tu as monté avec tes frères. Quels sont vos prochains projets mis à part ton album ?
On a un album de Julian Marley en cours de production. Stephen a aussi un album qui est déjà prêt et qu'on doit sortir. Et on bosse avec plusieurs artistes. Récemment, on a travaillé avec Third World. On prépare un album avec eux. On prévoit aussi quelque chose avec Kabaka Pyramid et on a toujours notre crew pour lequel on ne cessera jamais de bosser comme Black Am I qui a un projet qui sortira dans les prochains mois.



Quel est ton rôle précis au sein du label ?

Un peu de tout. On est un jeune label donc on doit tous assumer un peu tous les rôles dans l'équipe. On s'aide tous les uns les autres. Je suis souvent producteur ou producteur exécutif car je ne produis pas tous les titres tout seul. Je m'occupe aussi des sorties, des plans marketing et des budgets. J'aide les gars à faire des clips. Je touche un peu à tout.

Est-ce toi qui prend les décisions dans tous ces domaines ?

Souvent oui. Stephen et moi somme ceux qui prenons la plupart des décisions. Mais les artistes avec qui on travaille ont aussi leur mot à dire. Ils arrivent avec une vision de leur projet  et on les aide, mais on ne joue pas aux dictateurs. Par contre on leur donne des conseils en tant qu'artistes plus expérimentés qu'eux.

Tu composes des riddims et tu joues aussi de quelques instruments. As-tu joué d'un instrument sur ton dernier riddim, le On The Corner Riddim ?

Non. J'ai composé le riddim, mais j'ai appelé des musiciens pour le jouer. Mais vous pouvez m'entendre sur pas mal de mes morceaux. Je fais beaucoup de programmations de batteries et je crée des boucles avec des samples. Vous pouvez aussi m'entendre sur la plupart des claviers de Road To Zion. Le beat de Welcome To Jamrock, c'est moi qui l'ai créé de manière numérique. Sur l'album avec Nas, ce sont aussi mes programmations que vous entendez sur As We Enter, Nah Mean et Promised Land. Il y en a beaucoup.



Tu utilises souvent des samples justement dans ta musique, ou de vieux riddims adaptés. Penses-tu que le reggae ait atteint un tel niveau qu'on soit obligé d'aller piocher dans les classiques de l'époque pour créer de la bonne musique aujourd'hui ?
Non. Il y a des tonnes de bonne musique créées aujourd'hui. Et je suis sûr que nos enfants et nos petits-enfants sampleront les morceaux originaux qu'on est en train de créer aujourd'hui. Notre musique n'est pas encore assez vieille pour qu'on la reconnaisse comme des classiques qu'on a envie de sampler.

Tu nous a parlé de ton travail avec Kabaka Pyramid. Il fait partie de cette génération qu'on appelle Reggae Revival. C'est un terme qui a suscité quelques controverses. Qu'en penses-tu ?
Je n'ai pas de problème avec cette expression. Je n'aurais sûrement pas utilisé ce terme si je faisais partie de cette génération, mais je crois qu'ils ont le droit de se présenter comme ça. Ils sont plusieurs jeunes en ce moment en Jamaïque à avancer de manière unie. Ils font beaucoup de morceaux ensemble, ils se soutiennent les uns les autres, ils sont tous très positifs, très conscious et ils font de la musique qui élève le peuple. C'est rafraîchissant. Ça fait un bout de temps qu'on n'avait pas vu des jeunes faire de la musique comme ça en Jamaïque. Moi je les décrirais simplement comme LA nouvelle génération plutôt que comme un renouveau du reggae. Mais ça ne me dérange pas qu'on les décrive comme ça.



La plupart de ces artistes te citent comme l'une de leurs influences majeures. Que ressens-tu quand tu travailles avec des artistes comme Kabaka ou Iba Mahr qui te considèrent comme leur modèle ?
Je suis ravi. Je suis honoré (rires). C'est génial. Ma mère m'a toujours dit que l'imitation était la plus sincère des flatteries et quand j'écoute leur musique et que j'entends un peu de moi dedans, je suis fier de ça.

Est-ce toi qui les as choisis ou plutôt eux qui t'ont sollicité ?
Un peu des deux. Je ne les ai pas choisis dans le sens ou je ne suis pas allé les chercher dans la rue pour leur proposer quelque chose. Tout s'est fait naturellement. On s'est croisés quelques fois et on s'est échangés nos contacts. Et à force de communiquer, on finit par avoir des projets communs c'est tout.


"Je pense vraiment que les gens me connaissent pour ma musique et pas pour mon nom aujourd'hui"



On comprend bien que ta passion pour la musique ne concerne pas que le chant. Mais quel est ton premier amour ? Le chant, les concerts, la production, les stratégies de label... ?
Mon premier amour je ne sais pas, mais ma première expérience avec la musique ce sont les concerts. Je ne dirais pas que je préfère les concerts aux autres activités, mais en tout cas, c'est comme ça que je suis tombé dans la musique et que je suis devenu professionnel. En faisant des concerts.

Ta volonté de toucher à tous les domaines de la musique vient-elle du fait que tu viens d'une famille musicale ?
Ça doit sûrement jouer. Le fait de savoir que ton père est un grand de la musique, de voir tes frères et sœurs se mettre à faire de la musique... Ma mère fait beaucoup de musique aussi. En grandissant dans cet environnement, tu te rends compte que c'est possible de faire de la musique. Ce n'est pas comme si tu ne savais pas comment faire et comme si c'était un rêve lointain. Tu grandis en côtoyant les studios et en allant sans cesse à des concerts donc tu as accès aux coulisses du milieu. Tout ça t'aide forcément à toucher à tous les domaines de la musique. Mais pour être honnête, si je tends vers la polyvalence, c'est surtout parce que je suis un mordu de musique. On ne m'a jamais forcé à faire de la musique. Et la plupart de mes influences majeures, celles qui m'ont donné envie de faire de la musique, ne sont même pas des membres de ma famille. Toute la période dancehall des années 80 m'a énormément influencé et m'a donné envie de devenir musicien.



Justement, étant influencé par le dancehall, tu es sans doute parmi tes frères celui qui s'éloigne le plus du style de ton père. Et tu es aussi celui qui a le plus de succès. Penses-tu qu'il y ait un lien ?

Je ne suis pas le seul de la famille à avoir eu un succès international. Il faut se rappeler du succès qu'ont rencontré les Melody Makers. On parle de disques de platine et de disques d'or. Je trouve que c'est pas mal en terme de succès (rires). C'est à mon tour aujourd'hui en tant que représentant de la jeune génération, mais c'est vrai que mes influences dancehall m'aident à ne pas être comparé sans cesse à mon père. Je pense vraiment que les gens me connaissent pour ma musique et pas pour mon nom aujourd'hui. Mais ce n'est pas quelque chose que je calcule. Ça vient juste de la période à laquelle j'ai grandi. Quand j'ai grandi dans les années 80, le dancehall était en train de conquérir la Jamaïque. C'est avec ça que j'ai grandi, donc c'est plus ou moins normal que j'ai suivi cette direction.

Lire la suite : Partie 3

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commentaires
le 12/04/16 par Floflo
Merciii beaucoup pour cette interview ! En plus avec des questions pertinentes...c'est tellement rare de pouvoir le lire. Merci ! 😉

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