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Takana Zion - Interview Good Life Takana Zion - Interview Good Life
17/06/16 - Auteur(s) : Propos recueillis par Sacha Grondeau

Takana Zion était présent à l'Abi Reggae Festival en avril dernier en Côte d'Ivoire, un rendez-vous international auquel Reggae.fr était convié pour participer à certaines conférences sur le reggae et le panafricanisme. Nous n'avons pas pu résister à l'envie de questionner Takana sur son grand retour en France après plus de quatre ans d'absence. Histoire d'en savoir un peu plus sur son nouvel album Good Life, sorti le 27 mai dernier, découvrez l'intégralité de cet entretien révélé en partie en vidéo avec nos reportages sur l'artiste et sur l'Abi Reggae Festival.

Reggae.fr :Qu'est-ce que ça représente pour toi de jouer à Abidjan pour l'Abi Reggae Festival ?
Takana Zion : Je viens représenter mon pays, la Guinée. Je viens aussi apporter ma contribution à ce que nous sommes en train d'essayer de bâtir pour l'unité africaine en rassemblant tous les frères. Et au-delà de l'Afrique, on veut étendre cette unité jusqu'aux Antilles, dans les Caraïbes, en France, dans toute l'Europe. On aimerait que tous les frères, blancs, arabes, noirs qui se sentent enfants d'Afrique viennent se bercer dans ce festival Abi Reggae.

Si tu devais résumer le reggae avec trois mots, lesquels choisirais-tu ?

L'amour, la justice et la paix.

Parlons de ton nouvel album. Comment as-tu choisis le titre Good Life ?
J'ai appelé mon album Good Life parce qu'après avoir traversé les tribulations de l'adolescence et après avoir pris conscience de ce que nous sommes vraiment, on apprécie la vie. On l'apprécie tellement que j'ai appelé mon album « la belle vie ».



Sur cet album, tu as travaillé avec de grands musiciens jamaïcains. Comment les as-tu choisis ?
Avant Good Life, j'ai fait Rasta Government, qui a eu pas mal de succès. On a notamment remporté la Victoire du Reggae du meilleur album africain, donc il fallait mettre la barre encore plus haute. C'est pour ça que j'ai pris mon temps. J'ai passé quatre ans en Guinée pour récolter des fonds avec l'aide des bonnes personnes comme Mohamad Antonio Souaré, le président de Guinée Games (ndlr : une société de paris footballistiques). Il m'a soutenu financièrement pour que je puisse faire le déplacement vers la Jamaïque et rencontrer ces musiciens talentueux pour réaliser cet album là-bas. Mais ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est aussi une question d'humain. Il faut prendre le temps pour les choses, il faut être obéissant et patient quand on veut faire de grandes choses.

Parle nous de la collaboration avec le batteur Leroy Horsemouth Wallace.

C'est grâce à mon directeur artistique qui vit en France. Horsemouth est quelqu'un de très mystique. On a beaucoup parlé de Dieu ensemble et on a travaillé avec beaucoup d'amour. Il fait partie de ces êtres humains de grande valeur, très simples et naturels avec des valeurs morales et des principes avec lesquels ils ne badinent pas. C'est quelqu'un qui peut s'énerver très rapidement, mais sa bonté est infinie.

Tu as la chance d'avoir Bunny Wailer en featuring. Comment ça s'est passé avec lui ?

Ça s'est fait naturellement. En fait, quand je suis arrivé en Jamaïque, je voulais faire des featurings avec des gars de la nouvelle génération comme Chronixx. Mais des anciens rastamans m'ont dit que j'avais un esprit de vieillard quand je chantais et ils m'ont conseillé de solliciter un doyen. C'est là qu'on a pensé à Bunny Wailer, le seul survivant des Wailers. Et ça s'est fait tout simplement. Le dada nous a acceptés et après plusieurs discussions, on a réussi à se mettre d'accord. Il a quand même fallu bien discuter avec son entourage parce que ce n'est pas facile de lui faire poser sa voix sur un morceau. Il fait très attention avec qui il travaille. Il se renseigne sur qui tu es car il ne veut pas chanter avec quelqu'un qu'il n'aime pas.

Quel a été ton meilleur souvenir pendant l'enregistrement en Jamaïque ?
Ah il y a tellement de bons souvenirs. C'était génial tous les jours en studio, mais le meilleur c'était sûrement la première prise qu'on a faite en live avec les musiciens. Moi je voulais jouer la musique d'une manière, mais les Jamaïcains n'étaient pas d'accords. Ils m'ont montré comment il fallait faire et ils m'ont dit de rester concentré sur mon chant. Alors j'ai chanté sur leur musique et je me suis rendu compte que je chantais vraiment différemment de d'habitude. Alors ça m'a amené à encore plus respecter la musique jamaïcaine.

Et le pire souvenir ?
Il n'y a pas eu de mauvais moment là-bas. Mais je suis resté très prudent. J'ai eu la chance de lire beaucoup de magazines Natty Dread et d'articles sur Reggae.fr. J'ai lu différentes choses pour avoir une vision de la Jamaïque avant d'y aller. Je savais à quoi m'attendre et du coup, quand j'étais là-bas, je ne traînais pas trop dehors. J'étais soit au studio, soit à l'hôtel.



C'est toujours un peu spécial pour un Africain d'aller en Jamaïque. Beaucoup de Jamaïcains se sentent eux-mêmes Africains et rêvent de rapatriement. Comment as-tu ressenti leur accueil en tant qu'Africain ?

Le truc c'est qu'il y en a qui sont sincères dans leur amour pour l'Afrique et il y en a qui ne le sont pas du tout. Mais quand on y va pour la musique, on prend beaucoup de plaisir et on rencontre surtout des gens formidables qui sont très intéressés par l'Afrique. Ils nous posent des questions car ils ne peuvent pas venir eux-mêmes en Afrique pour des raisons économiques. Ce n'est pas facile de quitter la Jamaïque pour aller en Afrique et vivre encore dans la misère. D'autant plus que de là où ils sont, ils ne voient pas souvent de bonnes nouvelles de l'Afrique. On ne leur parle que des problèmes du continent dans les médias. Alors c'est à nous artistes africains d'aller là-bas pour leur apporter de vraies informations sur l'Afrique, leur dire qu'elle est en train d'avancer. Aujourd'hui, beaucoup de pays africains sont comme les autres pays du monde avec de l'électricité 24h/24. Même s'il y a encore des problèmes de stabilité politique, il faut garder espoir et se concentrer sur les avancées positives. On ne fait pas partie de ceux qui vont décourager le monde.

D'où l'importance d'un titre comme Africa Unite...

Bien sûr. On a besoin d'une Afrique unie car tant qu'elle n'est pas unie, ça pose un problème pour le monde entier. Mais cette unité doit passer par plusieurs étapes. Ça ne peut pas arriver du jour au lendemain. Il faut passer par les étapes de l’éducation et de l'information. Il faut être patient pour ça et se donner les mains pour travailler ensemble. C'est ce que nous ont enseigné Sa Majesté et Bob Marley. C'est la même chose que nous sommes en train de faire encore en 2016. Rien n'a changé à part les personnages qui transmettent ce message et leur façon de le transmettre.

Il y a un peu de ska et presque de mento sur des titres comme Real Black Man. Comment t'est venue cette inspiration ?
Moi je vis avec un esprit très roots. Quand tu vois les jeunes de ma génération qui sont nés en 1986 comme moi, ils sont un peu trop connectés au monde d'aujourd'hui. Quand je veux chanter sincèrement pour les gens, je me dois de chanter sur une musique de maturité, une musique à l'ancienne, dans le respect de la tradition. Il n'y a rien de nouveau. On ne fait que répéter les bonnes choses qui ont déjà été faites pour continuer de garder le peuple de Dieu dans la positivité.

Tu dédies une chanson à ton épouse sur cet album n'est-ce pas ?
Oui cette chanson est venue naturellement. Je l'ai faite car les choses sont allées vite pour moi. J'ai commencé ma carrière en France à 19 ans et j'y suis resté jusqu'à 21 ans pour faire des concerts. J'avais besoin de freiner et de prendre le temps de me marier. Et cette femme que j'ai épousée m'a donné deux enfants alors je me suis dit qu'il fallait lui faire honneur avec une chanson. Les enfants c'est la relève, c'est la vie, il n'y a rien de plus beau que ça.

Rainbow Generation fait partie des plus beaux morceaux. Qu'as-tu voulu exprimer avec ce titre ?
C'est mon ras-le-bol de toute cette haine, toutes ces désillusions qui restent ancrées dans la tête de beaucoup de mes frères. Je veux que le monde comprenne que nous sommes tous les mêmes. On est devenus tellement proches les uns des autres, le monde est devenu tout petit grâce la technologie et aujourd'hui, beaucoup de gens ne peuvent pas se passer d'Instagram ou de Facebook. Ils prennent des photos et publient tout dans la seconde. Tout le monde peut les voir. Je pense qu'il faut prendre en compte ce progrès et en profiter pour transmettre des choses positives pour les futures générations.

C'est justement un message positif que tu envoies avec We Can Make It Work...
Oui c'est ça. Une main ne peut jamais se laver toute seule. Un pied ne peut pas courir seul. Comme le disait Peter Tosh, il faut qu'on apprenne à travailler ensemble dans le respect, l'amour du prochain, l'humilité et la haute compréhension. C'est ce que Sélassié nous a légué à travers son message et on se doit de le perpétuer en musique.

Pourquoi avoir choisi de sortir ton album d'abord en France avec le label Soulbeats ?
Parce que la France, c'est comme le Mali, c'est un second pays pour moi. J'ai commencé ma carrière en France. Mon premier album est d'abord sorti en France avant de sortir en Guinée. Je dois cette reconnaissance à la France. C'est elle qui a propulsé ma carrière. Quelle que soit l'envergure de l’œuvre que je fais, je dois absolument sortir ça en France, puis en Guinée et ensuite seulement partout dans le monde. C'est très important pour moi d'honorer mes premiers fans.

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