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Jah Ziek & Philosofik - Interview Jah Ziek & Philosofik - Interview
28/10/16 - Auteur(s) : Nounours

Difficile de se faire une place au sein du paysage reggae bien fourni, mais Jah Ziek et son EP Fight Fi Di Goodness méritent qu'on leur prête une oreille attentive. Le projet est disponible depuis le 15 juin dernier, et il était temps de rencontrer l'artiste originaire de l'Essonne. L'occasion également de se pencher sur les activités de Philosofik Sound & Music, collectif très actif et producteur du projet de Jah Ziek, avec deux de ses membres, Sir Pancho et Sensy, qui véhiculent une belle énergie et une bonne humeur contagieuses et propres au crew.

Reggae.fr : Comment as-tu commencé dans la musique ?
Jah Ziek : Je fais de la musique depuis que j'ai 12 ans, j'ai pratiqué des instruments tout seul, ce qui me tombait sous la main : guitare, piano... J'ai commencé par écrire des textes de hip-hop. Ensuite, j'ai check des gars de Saint-Martin à une période et ce sont eux qui m'ont fait découvrir le reggae. J'ai monté un groupe avec des potes, Natur'all Skank. On a tourné un peu sur Paris mais on n'a jamais rien sorti. Quand ça s'est arrêté, j'ai check les gars de Philosofik, je connaissais déjà un peu Sensy. J'ai fait quelques dubplates pour eux, on a commencé à trainer ensemble et la connection s'est faite comme ça. J'ai posé aussi sur plusieurs one riddims, comme le Funny Enemies.

Tu chantes exclusivement en anglais. Pourquoi ce choix ?
Jah Ziek : Quand j'ai découvert le reggae, j'écoutais les gars de l'école Bobo comme Capleton ou Sizzla. J'écoutais beaucoup de sons jamaïcains et les gars avec qui je traînais utilisaient beaucoup le patois de Saint-Martin entre eux du coup j'ai évolué dans un univers anglophone. Je n'ai jamais beaucoup écouté de reggae en français.

Ce n'est pas plus difficile d'écrire ou de trouver l'inspiration ?
C'est vrai que c'est différent. Quand je faisais un peu de hip-hop, c'était en français et t'as plus de trucs qui te viennent plus facilement. Après, au niveau de la mélodie je préfère l'anglais, je trouve que c'est plus mélodieux et plus facile à chanter.

Ton premier EP est disponible depuis le 15 juin dernier. Le terme EP désigne à la base un format réunissant quelques titres, mais on trouve de plus en plus avec beaucoup de titres. Le tien en contient quand même douze !

Jah Ziek :  C'est une mixtape bien faite ! En fait, on ne peut pas dire que c'est un album parce qu'une partie des productions sont les nôtres, mais il y a aussi des faces B. Après, il y a un réel travail, moi sur mes chansons je me suis bien pris la tête et les gars dont Pancho ont assuré et fourni un gros taff niveau mixage et mastering. J'aime bien dire que c'est une carte de visite, c'est mon premier projet et il est disponible gratuitement pour que tout le monde puisse découvrir ce que je fais.




Vous avez travaillé dessus pendant combien de temps ?

Sir Pancho : A la base, on était parti sur un projet 100% dubplates. Puis on a fait pas mal de scènes avec Ziek et on s'est dit qu'il fallait peut-être mieux faire un autre projet qui le mettrait plus en avant. On a donc abandonné le projet de la mixtape dubplates, il n'y a que le morceau My Sound qui est resté presque intact. On est reparti sur le nouveau projet depuis un an. On a gardé quelques bases de morceaux mais ça a pas mal bougé entre les deux étapes.

Avec quels producteurs avez-vous travaillé ?

Jah Ziek : Il y a environ un tiers de faces B, un tiers de collaborations, avec notamment des rencontres qui se sont faites plutôt sur Internet comme pour Lions riddim qui est de Roumanie, et un tiers de productions faites ensemble au studio. On retrouve aussi High Stakes qui sont de Nouvelle-Zélande, Realistic Music qui font du hip-hop, et bien sur Jpn Produxion qui font partie du crew Philosfik. Pour les Faces B, ce sont deux prods des français de 149 records.

Le titre éponyme de ton EP, Fight Fi Di Goodness, est assez étonnant. Vu le titre, on peut s’attendre à un truc calme et en fait c’est un riddim super rapide où tu toastes alors que tu es plutôt chant.
Jah Ziek : (rires) C'est un combat ! Donc c’est punchy ! Fight Fi Di Goodness est un peu clair/obscur. C'est un combat pour obtenir du positif, mais pour l’avoir on ne reste pas passif, les bras ballants, baba cool… On veut donner de l’énergie pour avancer dans ce qu’on fait. C’est le thème de ce son.

Sir Pancho : Le message a du sens et colle au ton général de l’EP : avancer vers des choses positives, avec dynamisme. C’est une de nos premières connections avec Jah Ziek. A la base, ce morceau était sur le projet de dubplates et était totalement différent.

Sensy : Oui, c’était sur le riddim de Chase The Devil de Max Romeo, bien lent, rien à voir !

On retrouve en invités Terry Bible, Twan Tee, Sugah Kane et bien sûr Sir Pancho. Tu peux nous parler de ton travail avec eux ?
Jah Ziek : J’ai choisi des gens dont je suis proche. Il s’agit plus de connections humaines que musicales. Pour Sugah Kane, on n’avait pas beaucoup d’occasions de se voir alors on a fait ça à distance. Pour Twan Tee et Pancho, on a pu prendre la vibe ensemble en studio.



Sur ton EP, il y a une reprise de Soul Rebel. Pourquoi ce choix ?

Jah Ziek : Le gars de Lions riddim m’a envoyé un riddim qui reprenait la basse du riddim de Soul Rebel, donc j’ai voulu reprendre le refrain, avec mes propres couplets. C’est un morceau que j’aime beaucoup, que j’ai connu avant même de vraiment connaître le reggae.

Cette notion de rebelle revient beaucoup dans le reggae depuis longtemps, mais les revendications dans des pays comme la Jamaïque ne sont pas du tout les mêmes. Pour toi, être rebelle, en tant qu’artiste français, ça signifie quoi ?
Jah Ziek : Beaucoup de gens font de la musique en suivant une tendance, le mouvement et ce que font les autres. Depuis le départ, je fais le son que j'ai envie de faire, et c'est ma manière d'être rebelle. J'explique dans ce morceau que ma musique est mon combat et elle me ressemble. Les gens sont faux et jouent un rôle je trouve, donc c'est plutôt une rébellion musicale, ce n'est pas un engagement militant, c'est plus un état d'esprit et une prise de position par rapport à mes activités.



Philosofik Music est très actif niveau communication, et pour promouvoir ce projet vous proposez à la vente une idée originale, la "Goodness Box". Vous pouvez nous en parler ?
Jah Ziek : c'est beaucoup Sensy qui a travaillé sur ça, Sensy l'homme d'affaires ! (rires)

Sensy : En fait, on ne pouvait pas vendre juste le CD, car certaines des productions ne nous appartiennent pas. Plutôt que de vendre la musique, on s'est dit qu'on allait vendre un produit. On a fait un T-shirt avec un design spécialement dédié fait par un pote street artiste, et il fallait un truc en plus pour se démarquer, d'où la boîte. Elle contient plein de goodies en plus et le CD offert. Ce n'est pas une boîte toute simple, sinon c'est comme si tu recevais juste un colis chez toi (rires) ! Il y a vraiment eu une réflexion sur le packaging, la petite boîte imprimée Philosofik Music est bien travaillée. Les gens peuvent investir dans un objet original et joli, on a de très bons retours.

Jah Ziek : Il y a même une petite dédicace avec le nom de la première chanson de l'EP ! (ndlr : Coming From The Heart)

Sir Pancho :  On s'est rendu compte que même si c'est dispo en téléchargement, les gens veulent le format CD. C'est quand même un petit investissement d'en faire, donc il fallait proposer quelque chose pour que les gens puissent donner la force. Au final, on a un produit vraiment bien fini à un prix accessible.



Jah Ziek est donc un artiste de Philosofik Music. Parlez-nous du label et du sound.

Sir Pancho : Philosofik, c'est d'abord un grand groupe d'amis, qui travaillent ensemble sur des projets différents. Dès ses débuts, le sound a inclu des artistes, dont Goums et moi-même. J'étais selecta à l'époque et je me suis réuni avec Daddylardo, qui était dans le groupe de Goums, pour monter le sound. Au fil des années, du monde nous a rejoint. On a voulu détacher la partie artistique de la partie sound. D'une part, pour que les artistes ne soient pas forcément bloqués à ne se produire qu'avec le sound. Il y a même des styles qui ne collent pas forcément au sound-system, comme pour Goums qui fait beaucoup d'acoustique. D'autre part, pour que le sound puisse avoir une identité à part entière, sans impliquer les chanteurs. On a donc mis un peu d'ordre dans tout ça et créer Philosofik Music.

Le Philosofik Sound est aujourd'hui représenté principalement par Arthur et Sensy. Le sound est en partenariat avec Dubz de Kingstone Family et est résident de son émission, Shake The Town tous les mardis sur Radio Mille Pattes de 21h30 à 23h.

Philosofik Music s'occupe de projets pour différents artistes, notamment Jah Ziek et Goums, dont le nouveau projet est disponible depuis le 20 octobre. Me concernant, j'ai sorti un album il y a trois ans, puis j'ai mis ma carrière un peu en stand-by pour développer le sound et le label. Je vais peut-être me relancer dans un projet plus personnel, on verra.

Il y a aussi le Vagabus Studio, tenu par le producteur de riddims JPN Produxion qui fait aussi partie intégrante de Philosofik. Le Vagabus est un studio mobile qui va sur des festivals ou à la sortie de salles de concerts avec une instru soit concoctée pour l'occasion soit sur place selon le temps. On essaye d'inviter un maximum d'artistes dessus et ça donne un résultat vraiment pas mal ! On a pu sortir des sons avec une trentaine d'artistes sur le même morceau, ça donne des combinaisons assez originales. Bien sûr, c'est bien arrangé et bien mixé, sinon c'est ennuyeux sur un morceau qui fait 8-9 minutes. C'est une instru qui vit, qui bouge ! Et on a notre studio, notre QG ! J'y fais du mixage et un peu de mastering, mais je ne prétend pas non plus remplacer les studios spécialisés. On essaye de faire au mieux avec ce qu'on a.

L'EP de Jah Ziek est sorti depuis quatre mois maintenant, quels retours avez-vous eu ?

Jah Ziek : Je suis content, j'ai eu des retours de pas mal de monde, et surtout de massives que je ne connais pas. J'ai vu mes réseaux sociaux augmenter un peu. Les gens du mouvement que je ne connais pas forcément non plus m'ont big up. J'ai vraiment le sentiment que le travail est reconnu. Ce projet m'a fait avancer et m'a permis de montrer ce que je sais faire. C'est aussi un support pour démarcher des dates. On taffe sur ça en ce moment. J'ai fait quelques dates cet automne et on aimerai aussi que ça bouge pour la saison hivernale. On a montré ce qu'on sait faire, il faut maintenant pouvoir le faire jouer et diffuser un peu partout.

Sir Pancho : Il faut réussir à être programmé en tant que Jah Ziek, et non sous couvert d'un sound-system. Il faut être sur la programmation, sur des horaires intéressants et prouver que ce qu'il y a sur le disque, c'est un véritable travail que l'artiste peut défendre sur scène.

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