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Devi Reed

OBF : Trois lettres majeures OBF : Trois lettres majeures
07/11/16 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion

O.B.F. Trois lettres bien connues des amateurs de sound system français et européens. Trois lettres pour dire Original Bass Foundation, car c'est bien la puissance de la basse qui caractérise le mieux les productions et la sono du crew.

Trois lettres qui n'en finissent plus d'apparaître sur les programmations des festivals reggae et évènements musicaux en tous genres. Trois lettres qui brillent d'ailleurs au sommet de l'affiche du Télérama Dub Festival qui se déroule en ce moment-même aux quatre coins de la France. O.B.F. y présente un nouveau set exclusif avec les Anglais d'Iration Steppas.

L'occasion était parfaite pour revenir sur le parcours de Rico et sa bande !


Reggae.fr : Peut-on remonter à la genèse d'O.B.F. ? L'année de création, les membres fondateurs, les motivations et les premières étapes importantes...
Rico : On a créé O.B.F Guillaume et moi au tout début des années 2000. On collectionnait des vinyles et en tant qu'amoureux de reggae, on allait beaucoup en soirées. On allait voir les artistes jamaïcains en concert qu’organisait Asher Selector et on a découvert le milieu sound system roots UK dans les caves et les squats de Genève. Les premiers artistes UK qui nous ont marqués étaient RDK Hi-Fi et I-Natural qui se produisaient aux cotés de Cultural Warriors. Ça nous a donné envie d'organiser nos propres soirées et on s'est vite rendus compte qu'il fallait qu'on ait notre propre matériel. Donc on a construit nos deux premières boxes en 2003 pour répondre à ce besoin. En 2004, on en a construit quatre de plus. Pendant deux années consécutives, on a organisé pas mal de soirées au Kalifornia, un squat de Genève. Suite à ça, on s'est souvent retrouvés en warm-up des concerts de la scène dub française comme High Tone et compagnie. Ça se passait souvent à L'Usine de Genève qui est devenu notre fief en 2006 avec l'organisation des soirées Dubquake, notre événement bimestriel.


© Photo Kevin Buret / On The Roots @ Dub Camp Festival 2016

Quelle est l'équipe actuelle complète ? Y compris ceux qui travaillent dans l'ombre et qu'on ne voit pas en session.
Il y a Stef qui s'occupe de la logistique et de la préparation des dates. Moi je m'occupe de la sélection, de la partie artistique avec la gestion du studio et aussi de l'entretien du sound avec Guillaume qui est l'opérateur pendant les sessions. Shanti D, s’occupe du microphone et est Micman officiel! Après, on a une grosse équipe de boxmen, ceux qui nous aident pour conduire quand on a de la route, pour transporter la sono, charger et décharger, et aussi s'assurer du bon déroulement des soirées, c'est-à-dire checker en permanence si la sono fonctionne bien. Chacun a sa particularité, certains sont producteurs, d’autres sont menuisiers ou ingénieurs du son, etc.. mais la musique reste la chose qui nous unit, Je vais les nommer et je vais essayer d’oublier personne... Il y a Goldy, Hugues, Vince, Codiouf, Robin, Iron dubz, Nikko, Mali, Jaka et aussi Fab qui s'occupe de faire nos clips et des vidéos. Vous voyez ça fait beaucoup de monde. C'est vraiment une affaire de famille. Sans tous ces gens, on ne pourrait pas avancer de la même manière. C'est très important pour nous d'être nombreux et de travailler avec des potes.


© Photo Kevin Buret / On The Roots @ Dub Camp Festival 2016

Continuez-vous ou envisagez-vous de recruter d'autres membres ?
On ne recrute pas vraiment. Ce sont plutôt les gens qui viennent nous solliciter. Souvent, il y a du monde en fin de soirée qui veut nous donner un coup de main pour ranger le matos. La plupart du temps, on refuse car on est déjà assez nombreux et chacun sait ce qu'il a à faire donc on n'a pas vraiment besoin de coup de main supplémentaire. Tous ceux qui travaillent avec nous sont expérimentés et on a une technique de rangement qui est rodée maintenant. Mais on n'est pas non plus fermés. Si on voit une personne régulièrement à la fin des sessions avec toujours la même envie de nous aider, que c'est une personne sobre et en qui on peut avoir confiance, on va d'abord sympathiser et pourquoi pas l'intégrer dans le crew par la suite. Mais on ne fait pas de recrutement à proprement parler. Ça se passe naturellement, à la vibe et à la motivation.

On lit parfois qu’O.B.F est un sound suisse, d'autres fois on lit qu'il est français. Qu'en est-il vraiment ?
On est Français, mais on habite à coté la frontière suisse et on a toujours joué et organisé pas mal d'évènements à Genève principalement. D'où la confusion.

En tant que Français, avez-vous été aussi bercés par la culture sound system de l'Hexagone qui s'est d'abord développée à la capitale avec des sounds très raggamuffin et rub-a-dub en évoluant vers le juggling et le dancehall ?
Pas vraiment puisque nous on allait en soirée à Genève et là-bas, fin des années 90, c'étaient des sounds internationaux qui passaient. On a plus été bercés par la scène jamaïcaine, et anglaise par la suite. Pour ce qui est de la scène sound juggling française, on a plus été amenés à les croiser par la suite dans les danses, mais c'est vrai que même si on partage la même culture, on n'évolue pas vraiment sur la même scène et donc on se croise peu. Mais moi personnellement, j'aime toujours me faire une bonne soirée bashment en tant que public !


© Photo Kevin Buret / On The Roots @ Dub Camp Festival 2016

Comme tu le dis, il y a en fait deux scènes en France qui représentent la culture sound system. Et celle dont vous faîtes partie, affiliée au mouvement dub UK, a pris une énorme ampleur ces dernières années. L'aspect technique du sound system aurait-il pris le dessus sur la musique en elle-même ?
Je pense plus que les gens ont maintenant conscience que le sound system au sens propre du terme c'est une expérience. Le public sait que quand il y a une sono homemade, ils vont entendre les morceaux différemment que lorsqu'ils sont joués sur une sono classique de salle de concert. Les gens viennent chercher une atmosphère, une ambiance particulière. L'expérience physique du sound system amène une autre façon d'écouter la musique.


© Photo : Courtoisie d'O.B.F.

Vous avez découvert la culture sound system dans des circuits très undergrounds, parfois même illégaux. Comment réagissez-vous aujourd'hui face au succès presque grand public de votre sound et du milieu dub/sound system en général ?
Pour moi, même si on joue dans des endroits un peu plus grand public, du moment qu'on arrive à garder le message de base et la même identité qu'à nos débuts, ça ne me pose aucun problème. Au contraire, si on arrive à toucher plus de monde tout en propageant un message militant, c'est génial. Et de toute façon, nous on continue à jouer dans des endroits et des évènements très alternatifs. Donc on est toujours au contact de cette culture. Ça nous tient à cœur.

Parvenez-vous à vivre de vos activités aujourd'hui ?
Shanti D, Stef et moi oui.  Guillaume a un autre job à côté, il gère un lieu “socio-culturel” qui lui prend beaucoup de temps. On a réussi à se structurer vraiment en tant qu'intermittents du spectacle depuis deux ans. Ça fait plaisir de pouvoir être reconnus comme de vrais professionnels du milieu sound system. C'est une sorte de récompense après toutes ces années de travail.


© Photo Kevin Buret / On The Roots @ Dub Camp Festival 2016

O.B.F n'est pas seulement un sound system. Vous organisez aussi des soirées et vous gérez deux labels, Dubquake et O.B.F Records. A quel point ces activités sont-elles importantes dans le développement du sound ?
On a vite voulu produire notre propre musique pour une raison simple : avoir des sons que personne d'autre ne pourrait jouer. Donc la première activité annexe au sound system qu'on a développée c'était la composition de morceaux et l'enregistrement de dubplates. Je pense que j'ai dû composer mes premiers dubs en 2003. C'est sûrement ce qui nous a permis de nous démarquer dès le départ. Après on a décidé de monter les labels aussi. Le label OBF Records, c'est vraiment pour sortir nos propres productions et Dubquake Records c'est pour sortir les tunes de nos potes et nos collaborations avec d'autres producteurs. Mais il faut savoir que sur trois cent morceaux composés, il y en a seulement un qui sortira sur le label. Les autres sont uniquement destinés à être joués en soirée. 

Parmi les projets du label, il paraît que vous avez un single dans les tuyaux avec Wayne Smith...
Oui exactement. On a eu la chance de l'enregistrer peu de temps avant sa mort. Il a passé pas mal de temps en Suisse chez nos amis de Little Lion Sound. On a eu l'occasion de le rencontrer, de discuter un peu avec lui, on l'a invité aussi à chanter à une de nos soirées à Genève et on a gardé le contact par la suite. On s'était promis de faire un tune ensemble et j'ai fini par lui envoyer un riddim et on a fait pas mal d'allers-retours par correspondance sur internet. On sortira ça quand on aura un peu plus de temps. En ce moment, c'est la course (rires).


© Photo Kevin Buret / On The Roots @ Dub Camp Festival 2016

Quels autres projets avez-vous avec les labels ?
On travaille actuellement sur un album au format showcase avec Danman, le chanteur d'Iration Steppas. On bosse aussi sur un EP avec Sr Wilson, un MC espagnol qui fait partie de la famille O.B.F. Il y a aussi un album O.B.F. dans les tuyaux et un EP avec Shanti D. Et on prévoit de se pencher l'année prochaine sur un album O.B.F. meets Iration Steppas. Donc vous voyez, on ne s’ennuie pas !

Quand on doit gérer des labels comme ça, est-ce qu'on délaisse un peu l'enregistrement de dubplates ?
Non pas du tout. En tout cas pas nous et c'est justement ce qui entraîne du retard dans nos sorties (rires). Tout prend beaucoup de temps. Nous on doit gérer la création musicale, l'entretien du sound system, les dates, la gestion du label... Bref, c'est comme si on avait trois ou quatre métiers. Du coup, c'est parfois tendu de respecter les timings de sortie.


© Photo : Courtoisie d'O.B.F.

Quelle serait ta définition d'un bon dubplate ?
Il y a plusieurs entrées possibles pour moi. Ça peut être un hymne classique posé sur un riddim remixé ou alors un morceau avec des lyrics exclusifs enregistrés uniquement pour ton sound. Ça peut aussi être un riddim créé par tes propres soins. Il y a plusieurs facteurs. Même un gros classique posé sur le riddim original par le chanteur original avec des lyrics un peu modifiés, ça a son charme. En fait, ça dépend vraiment du moment où tu joues ton dubplate.

Quels sont tes trois dubplates favoris du moment ?
Ah ! Ça change tous les trois mois (rires). En ce moment, je pense à un Charlie P qu'on vient tout juste de faire qui s'appelle O.B.F Crew, qui est une dédicace composée par Charlie pour notre crew. En deuxième, je dirais Joseph Lalibella avec Militant Ghetto Youth. Et en troisième, vu qu on vient d’en parler,  je mettrais Wayne Smith qui nous refait le Sleng Teng en mode Under Me Tempo sur le Tempo Riddim.

Parle-nous de votre équipement actuel.
En ce moment, on a trois stacks de 4 basses, donc douze basses. Tout a été construit par Shortman et nous il y a maintenant 7 ans. Là on est en train de travailler sur de nouvelles boxes, mais c'est encore un peu tôt pour en parler. On va renouveler une partie de la sono, designé par des amis Nippons et à la construction c’est Nikko et Dser qui se penchent dessus.


© Photo : Courtoisie d'O.B.F.

Pourquoi est-ce important de toujours faire évoluer sa sono ?
Les techniques évoluent avec le temps et parfois on se rend compte qu'on peut avoir quelque chose de plus puissant avec moins de matériel. Les basses qu'on a actuellement, ça fait sept ans qu'on les utilise et en tant que soundmen, on a besoin de changer. On cherche à améliorer la qualité, on cherche aussi des enceintes plus légères et plus puissantes pour éviter de trop se casser le dos (rires).

Et que penses-tu de l'éternelle course à la puissance entre les sound systems ? Elle existe vraiment ?
Le truc c'est que même si toi tu ne veux pas rentrer dans une course à la puissance, quand tu te retrouves dans une soirée avec un autre sound system qui joue plus fort et d'une meilleure qualité que toi, ça t'énerve forcément non ? (rires). Du coup, elle existe un peu cette course, mais c'est surtout dans un soucis de qualité du son.

Ne penses-tu pas que cette course à la puissance va parfois trop loin, au risque d'abîmer les oreilles du public ?
Je ne sais pas. C'est vrai que moi j'aime la puissance et le public des sound systems aussi. Personnellement, quand je vais dans une soirée pour rencontrer du monde, discuter et tout ça, j'aurai plus tendance à ne pas rentrer dans la danse et à me protéger les oreilles. Mais quand j'ai envie de kiffer la musique à fond, je ne peux pas me protéger les oreilles. J'ai besoin d'un certain volume pour rentrer dans cette transe qui va me connecter aux sélections du sound qui est en train de jouer. Mais il y a peu de sounds selon moi qui sont capables de jouer vraiment très fort tout en gardant la qualité. Et la qualité doit primer avant tout c'est évident.

Que pensez-vous de la culture clash ? Avez-vous déjà participé à des clashes ou envisagez-vous d'y participer ?
Non ce n'est pas notre truc, déjà parce que ça coûte beaucoup d'argent de se préparer pour un clash. Il faut cutter beaucoup de dubplates. Après j'adore regarder des clashes, que ce soit des rencontres de MCs sur des évènements comme le Sting ou des clashes de sounds. Mais j'ai du mal avec la scène internationale qui s'insulte beaucoup. Moi je ne pourrais pas me faire insulter sans me sentir agressé personnellement. Mais quand on reste dans la plaisanterie et le show plutôt que dans l'agressivité, j'aime les clashes.


© Photo : Courtoisie d'O.B.F.

Alors la rencontre entre OBF et Iration pendant le Télérama Dub Festival n'a rien d'un clash ? C'est pourtant annoncé comme OBF vs. Iration Steppas n'est-ce pas ?
Oui, on aurait dû appeler ça OBF meets Iration Steppas. Mais on a quand même mis vs. parce que c'est un affrontement entre Mark Iration et moi à la console. On essaye de montrer nos qualités d'ingénieur en mixant les titres en live sur une console en multi-pistes. Ce qui est compliqué, c'est que Mark m'a appris pas mal de choses, donc c'est un peu dur de se retrouver face à lui et finalement, c’est plutôt le mot collaboration qui aurait du être utiliser. En fait, moi je joue des remixes que jai fait d'Iration Steppas et Mark joue des remixes qu’il a fait d’O.B.F avec Dennis Rootikal à la basse. On a cinq tunes chacun et un morceau ensemble. C'est encore un peu une version test. C'est la première fois qu'on fait ça et on a joué qu'une seule fois pour l'instant. Mais ça va progresser au fur et à mesure des dates.

Iration Steppas fait partie de vos darons. Ils font partie de vos influences. Qu'est-ce que ça représente pour vous de concrétiser un projet en commun avec eux et quelle relation avez-vous avec eux de manière générale ?
En fait, le premier contact que j'ai eu avec la scène anglaise c'était avec I-Natural. Je lui avais laissé un CD et il l'a écouté un jour où Mark Iration était chez lui. Et une semaine après, je recevais un message d'Iration : « Yo. I like your dubs. Link me. » C'est comme ça qu'on s'est connus. Mark était le premier Anglais à jouer des sons d’O.B.F et par la suite, on est devenus amis. On a une vraie connexion musicale et humaine. Mark nous a un peu pris sous son aile et c'est un honneur de pouvoir évoluer à ses côtés aujourd'hui.

Retrouvez O.B.F. dans le cadre du Téléram Dub Festival, en tournée actuellement dans toute la France :
10 novembre @ Le Transbordeur - Lyon
11 novembre @ La Rodia - Besançon
19 novembre @ Le Dock Des Suds - Marseille
23 novembre @ Le Rockstore - Montpellier
25 novembre @ Le Bikini - Toulouse
Plus d'infos :
http://www.reggae.fr/artiste-tournee/175_Telerama-Dub-Festival.html

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