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Biga Ranx - Interview Reggae Addict Biga Ranx - Interview Reggae Addict
20/01/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion

Ceux qui suivent Biga Ranx de près l'auront remarqué, son univers a quelque peu changé ces derniers temps. Le prodige tourangeau connu pour son débit déchaîné a doucement glissé vers une musique plus posée, moins agressive et surtout de plus en plus psychée. N'en déplaise à certains, Biga suit son chemin comme il l'entend et fait la musique qu'il aime. Une musique a priori de plus en plus éloignée du reggae pur et dur ? Pas tant que ça... Le MC et beatmaker s'est prêté au jeu de l'interview Reggae Addict pour révéler sa véritable passion pour la musique jamaïcaine. Nous en avons également profité pour lui soutirer quelques informations précieuses à propos de son futur album, Sniff, à paraître dans les prochains mois. Pour rappel, Biga Ranx sera de passage au Trianon de Paris le 28 janvier prochain (places à gagner sur Reggae.fr).

Reggae.fr : La première fois que tu as entendu du reggae ?

Biga Ranx : UB40 Kingston Town. Je devais avoir 4 ou 5 ans quand je l'ai entendu pour la première fois et j'ai tout de suite kiffé. C'était ma sœur qui l'avait en cassette. Quand j'en parle ça me fait sourire parce que ça me rappelle des bons moments. Et même quand je le réécoute aujourd'hui je kiffe de ouf !



Le premier album reggae que tu as acheté avec ton argent ?
C'était une sorte de compilation de Bob Marley qui s'appelait Lively Up Yourself. Je l'ai achetée chez un gros disquaire de Tours qui était juste à côté de chez moi. Il a fermé depuis comme tous les disquaires malheureusement. C'était un disquaire généraliste qui faisait de l'occasion. Moi-même je n'écoutais pas que du reggae et quand je suis allé fouiller pour la première fois dans ses bacs, j'ai ramené cette compil de Bob et des CDs 2 titres. Il devait y avoir Scatman et Heal the World de Michael Jackson. C'était dans les années 90, je ne me souviens plus quel âge j'avais, mais j'avais l'âge d'avoir de l'argent de poche en tout cas.



La première fois que tu es allé en sound system ?
Ça devait être en 2003 ou 2004. J'étais tout tout youth. On est allés avec mes potes dans une soirée sound system à Tours organisée par mon frère et ses potes dans une cave. On y est allés pour s'amuser, mais j'ai même fini par me retrouver derrière les platines et en fait c'est là la toute première fois que j'ai pris le micro. Il y avait une grosse pédale delay et je trouvais ça ouf. Je prenais le micro et je m'amusais avec le delay. C'était trop marrant.

Que représente la culture sound system pour toi aujourd'hui ?
C'est vrai que je ne suis plus trop actif sur cette scène, mais je respecte toujours beaucoup les activistes des sound systems. Moi j'ai découvert plein de musiques dans des soirées sound systems où ça jouait du reggae, du dancehall, du hip-hop... Je trouvais ça super enrichissant et aujourd'hui encore c'est les soirées où je m'amuse le plus. Ce genre de soirées où tu as 2 ou 3 selectas qui jouent dans un bar ou un petit lieu où l'ambiance est bien chaude.

Ton premier concert reggae dans le public ?
Big Youth et Mighty Diamonds. C'était dingue ! J'avais accompagné mon frère et sa bande à ce concert. Je connaissais un peu Big Youth parce que j'avais fait mon stage de 4ème chez Jamdown, un disquaire reggae à Tours. Et là-bas, le patron me faisait écouter beaucoup de roots et j'ai découvert tous les deejays comme Lone Ranger, Dillinger, Trinity et bien sûr Big Youth.


« Le reggae est à la fois la musique que je préfère et celle que je déteste le plus »


Est-ce que tu écoutais des mixtapes ?
Mieux que ça, je les faisais ! J'en faisais vraiment plein avec les vinyles chez le disquaire chez qui j'étais en stage. Je les enregistrais sur des cassettes et je les filais à un pote qui s'appelait Renaud. Il me donnait de la beuh en échange (rires). J'ai dû lui en faire une trentaine ! Ça fait que je me suis retrouvé avec pas mal de weed alors que j'étais assez jeune. Les mixtapes que je faisais étaient exclusives parce que j'avais accès à des disques de roots rares. Après, moi j'écoutais plus des mixtapes de hip-hop. A l'époque des cassettes, il y avait des gars comme Goldfinger et DJ Pone qui sortaient des mixtapes. Sinon, en reggae j'aimais beaucoup les Jah Kingdom Tapes. Et pour moi LA tape qui déchirait tout c'était celle de Alien I Foundation avec la déclinaison de toutes les versions du Revolution Riddim. Pour moi c'est une mixtape mythique. Un seul riddim, mais que des big tunes.

Ton premier concert sur scène ?
C'était un sound system avec mon frère, Atili Bandalero, à la salle Paul Bert à Tours. C'était en décembre 2004. Je ne toastais pas encore, j'animais juste les sélections de mon frère, mais je le faisais avec beaucoup de passion et de fougue.

Parmi les artistes qui t'ont influencé, si tu devais en choisir un ?
Yellowman. J'ai accroché assez tardivement sur lui parce qu'au début, j'écoutais vraiment du roots et du rocksteady. Après, je me suis intéressé au rockers et quand je suis arrivé sur le rub-a-dub, j'ai bloqué sur Yellowman. Et ça fait vraiment 4 ou 5 ans que je suis à fond sur lui. J'aimais beaucoup, mais je l'ai redécouvert récemment et je suis devenu addict. Je suis retombé sur 2 ou 3 morceaux que je trouvais fous et ça m'a donné envie de m'intéresser à son histoire. C'est un personnage avec un parcours tellement particulier. Il m'a fasciné.

Quels artistes reggae écoutes-tu aujourd'hui ?
J'écoute plutôt des artistes à l'ancienne. La nouvelle vague roots jamaïcaine ne me branche pas trop. Par contre, j'aime beaucoup toute la nouvelle génération dancehall comme Popcaan ou Alkaline. Ils apportent un truc vraiment chouette. Et puis j'aime toujours autant Vybz Kartel.



Quel album de reggae écoutes-tu avec toujours autant de plaisir ?
Pas facile de répondre à cette question parce qu'il y en a plein et en même temps, aujourd'hui je n'écoute plus vraiment d'albums en entier. J'écoute juste des morceaux comme ça. Si, je citerais quand même A Lonely Man de Freddie McKay. Il y a aussi l'album Live de Yellowman au Sunsplash en 1982. Celui-là je l'avais acheté à Londres et le Freddie McKay fait partie des découvertes que j'ai faites pendant mon stage chez le disquaire. Sinon, en ce moment, dans le camion on écoute tout le temps Day to Day Living de Don Carlos quand on est sur la route des concerts.



Te souviens-tu de ton premier festival reggae dans le public ?
C'était le Ja'Sound à Bagnols sur Cèze. Mais je suis resté au camping parce que je n'avais pas les moyens de me payer la place. Je n'en garde pas un très bon souvenir parce que j'ai passé mon temps à fumer de la weed africaine et ça m'a brûlé la bouche (rires).

Quel est ton meilleur souvenir reggae ?
Au-delà de toutes les expériences incroyables que cette musique m'a apportées, un de mes meilleurs souvenirs reggae restera un souvenir d'enfance. C'est quand j'étais petit et que je partais pêcher avec mon parrain. Il nous faisait écouter du reggae à moi et mon cousin Paulo et ça a toujours été synonyme de bonheur pour moi. Je pense même que ce sont mes premiers souvenirs de bonheur. Du coup, j'associe forcément le reggae au bonheur grâce à ces moments-là.

Et quel est ton pire souvenir reggae ?
Aïe ! J'en ai tellement ! Je choisirais les moments où je devais écouter des kilomètres de tunes trop bizarres pour satisfaire des clients aux goûts spéciaux pendant mon fameux stage chez le disquaire. J'ai rencontré tellement de gens étranges dans ce milieu. Le reggae est une très belle musique, mais c'est un milieu particulier dans lequel on se sent souvent seul. Je pense que le reggae est à la fois la musique que je préfère et celle que je déteste le plus.


« Mon prochain album, je ne le défends pas en tant que chanteur mais en tant que producteur »


Ton prochain album s'appellera Sniff n'est-ce pas ?
Oui c'est ça. Pas de référence à la cocaïne bien sûr (rires). C'est juste parce que ce sera un album un peu mélancolique. J'aime bien ce titre d'album parce que je crois que jamais personne ne l'a utilisé et je trouve que ça interpelle. C'est simple et marrant.

Penses-tu que la tristesse et la souffrance puissent être des moteurs pour un artiste ?

Je ne sais pas si je peux répondre à cette question. Je ne suis pas quelqu'un qui a une vie difficile. Après c'est clair que j'aime la musique qui véhicule des émotions comme le blues. J'ai toujours préféré une musique grave à une musique festive ou joyeuse. J'aime bien les suites d'accords un peu tristounettes qui réveillent en toi des émotions. Mais c'est clair qu'une personne qui a un passé difficile, qui a mal vécu certaines expériences a forcément des choses à exprimer. En ce qui me concerne, je ne fais pas le concours de la souffrance. J'ai un parcours qui est ce qu'il est et il a sans doute une influence sur ma façon de faire de la musique. De toute façon, on touche forcément plus de gens quand on exprime des émotions sincères que des fausses émotions.

Serais-tu dans une période triste de ta vie ?

Pas spécialement non, mais j'aime bien la musique douce et mélancolique. J'ai toujours aimé ça d'ailleurs donc j'essaye de faire un album dans cette veine là, très simple et minimaliste. Toutes les instrus ont été faites avec mon petit clavier OP1 et j'ai même enregistré quelques voix avec. C'est un album un peu particulier où je mets plus en avant mon travail de beatmaker que de MC. C'est vraiment différent de mes autres albums que je défendais pleinement avec ma voix. Même si j'ai composé quelques morceaux sur Night Bird, je gardais cette identité vocale. Sur le prochain, ma voix est parfois pitchée, trafiquée et on ne me reconnaît pas toujours. Celui-là, je ne le défends pas en tant que chanteur mais en tant que producteur.

Tu as tout fait tout seul ?
Oui, j'ai composé et joué tous les riddims. Il y a quelques collaborations avec Blundetto quand même comme Liquid Sunshine par exemple.

Justement Liquid Sunshine a un clip avec une ambiance particulière...
Oui c'est psyché et poétique à la fois. Je voulais une ambiance années 90 avec des références au mouvement vapor wave et ces nuages roses et violets.



Est-ce que ta rencontre et ta collaboration avec Big Red t'ont influencé dans ce choix ?
Non parce que moi j'ai toujours aimé ce délire vapor. C'est un mouvement très psyché, mais je trouve qu'il y a des similitudes avec le reggae posé. Quand j'ai rencontré Big Red, on s'est rendus compte qu'on avait le même intérêt pour la vapor wave. Donc on a bossé ensemble sur son album Vapor qui est exactement dans cette lignée là. Super aérien, super nuageux.

Tu prévois quelques invités ?
Oui il y a quelques surprises bien sûr. J'ai fait un morceau avec Akhenaton, L.E.J. et Blundetto qui est vraiment dans la même veine que Liquid Sunshine.

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