Danakil en tournée
06/10/17 au 16/12/17
Yaniss Odua en tournée
30/09/17 au 16/12/17
Inna De Yard, Congos, Ken Boothe
29/09/17 au 28/10/17
Collie Buddz
21/10/17 - Paris
Alborosie & Friends
19/11/17 - PARIS
DEMOLISHA LIVE PARTY #2 avec Taïro etc
11/11/17 - Montreuil (2 min à pied du metro)

FDM

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Danakil en tournée

Rebel Salute 2017 Rebel Salute 2017
31/01/17 - Auteur(s) : Texte Sarah Brody ; Trad. Ju-Lion ; Photos Errol Mitchell

Le Rebel Salute fêtait cette année sa 24ème édition. Organisé les 13 et 14 janvier derniers dans la crique de Grizzly's Plantation à St Ann en Jamaïque, le festival a rencontré une fois de plus un énorme succès. Plus qu'un simple concert, le Rebel Salute est une fête et incarne des valeurs fortes défendues par son chef de file, Tony Rebel, et tous les artistes programmés. Même les têtes d'affiche dancehall jouent le jeu et n'interprètent que les tunes conscious de leur répertoire. Retour sur deux nuits exceptionnelles !



Le vendredi soir démarre doucement sous la pluie. Le vent souffle fort et la Mer des Caraïbes, habituellement calme, est plutôt agitée ce soir-là. Le public se montre craintif et certains pensent même à une annulation. Il n'en sera rien ! Le village Rastafari installé pour l'occasion lance les hostilités avec des louanges et prières au Très Haut. Les percussions résonnent sur le site du festival et après quelques chants traditionnels rastas, la grande scène s'anime. La soirée commence avec de jeunes talents comme Ras T et la chanteuse Xylophone qui impressionne l'audience du haut de ses onze ans ! Même si le reggae est une musique à dominante masculine, les femmes ne sont pas en reste ce soir et l'on accueille avec plaisir Adahzeh, un groupe 100 % féminin. Elles s'avèrent particulièrement douées quand il s'agit de reprendre certains classiques.

Le public a ensuite droit à un véritable segment chrétien avec Grey Patch et Jabez qui introduisent parfaitement celle que beaucoup attendaient ce soir : Minister Marion Hall, plus connue sous son ancien pseudonyme, Lady Saw. Il s'agit du premier concert sur le sol jamaïcain de l'ex-star du dancehall depuis sa conversion. Certains se demandaient si la chanteuse était sincère, mais au vu de sa prestation, difficile d'en douter. Le concert de ce soir nous a définitivement prouvé que Lady Saw avait bien laissé place à Minister Marion Hall ! La dangereuse paire Notis Heavyweight Rockaz montre ensuite que son groupe est bel et bien un poids lourd du reggae et laisse le public de marbre juste avant l'apparition de No Maddz, amputé d'un membre de sa formation ce soir-là.

No Maddz



Yvad





C'est ensuite le méconnu Yvad  qui bénit la scène du festival avant que le public n'assiste à un véritable flash-back avec The Astronauts. Les plus âgés se remémorent quelques bons souvenirs au son du duo qui n'hésite pas à piocher dans le répertoire classique du mento jamaïcain. Un show particulièrement bien accueilli ! Et ça continue dans les souvenirs avec un joli segment années 80 ramenant quelques stars du early-dancehall sur le devant de la scène : Lone Ranger, Sista Nancy, General Trees, Chaka Demus & Pliers. Tous livrent d'excellentes prestations très énergiques sans montrer le moindre signe de faiblesse.

Sista Nancy



General Trees 



Lone Ranger



Le Rebel Salute est, rappelons-le, l'occasion de fêter l'anniversaire de Tony Rebel. Quoi de mieux comme fête d'anniversaire ? Rebel monte sur scène sans dissimuler son enthousiasme et s'en donne à cœur joie. Il rappelle son amour pour son pays sans oublier de signaler les problèmes de l'île et notamment le manque d'argent avec le tune Sweet Jamaica. Un titre qui fait rire jaune certains spectateurs qui reprochent au festival son prix d'entrée trop élevé pour les plus pauvres (5000 $ jamaïcains par soir, soit environ 35€). Un prix qui reste cependant très attractif pour les touristes au vu du line-up plus que fourni ! Tony reste sur sa ligne de conduite et ne quitte pas la scène sans rendre un bel hommage à Garnett Silk.

Tony Rebel







Un autre artiste nous manque ce soir. Si Buju Banton avait été là, on aurait sans doute assisté à de superbes duos avec son acolyte Wayne Wonder. Ce dernier n'oublie d'ailleurs par de lui faire un clin d’œil en reprenant quelques-uns de leurs classiques communs. Warrior King prouve ensuite qu'il sait encore faire bouger le public et Iba Mahr apparaît bien sûr avec ses Clarks qu'il glorifie dans le hit Diamond Sox. Bernard Collins et ses Abyssinians livrent quant à eux un show incroyable. Eux qui chantaient déjà avant qu'une bonne partie des artistes présents ce soir ne soient nés, parviennent à obtenir une standing ovation du public. Chapeau !

Warrior King



Iba Mahr





The Abyssinians 





Half Pint lui aussi est dans le business depuis longtemps. Même si son âge commence doucement à le rattraper, il garde son statut de légende et une voix suffisamment puissante pour galvaniser la foule à grands coups de tubes. Fantan Mojah lui emboîte le pas et est rapidement rejoint par un Tarrus Riley qui semble en colère. Il vient de se passer quelque chose en coulisses et le fils de Jimmy Riley ne cache pas son mécontentement. On apprendra par la suite qu'un problème d'organisation a entraîné une querelle entre lui et Anthony B. Tarrus ne donnera pas son show. Dommage ! Mais on se console avec Anthony B. qui clôture la nuit au petit matin avec l'énergie qu'on lui connaît. Sans faire allusion à son altercation avec Tarrus Riley, il déroule son set et met le feu comme à son habitude. Lui qui tourne régulièrement partout dans le monde n'avait pas foulé une scène jamaïcaine depuis un bon bout de temps. Le public semble avoir apprécié les retrouvailles !

Anthony B.
 






Le deuxième jour débute avec un court symposium sur les usages thérapeutiques de la marijuana. Pour la deuxième année consécutive, Tony Rebel a en effet installé un coin ganja (Herb Curb) dans l'enceinte du festival, réservé aux personnes majeures. Même si l'herbe est décriminalisée en Jamaïque, il s'agit encore d'un sujet délicat qui mérite une sensibilisation particulière auprès d'un certain public non averti. On ne peut que saluer les efforts de Tony Rebel dans ce sens. Le temps s'est amélioré aujourd'hui, mais une légère brise nous rappelle que nous sommes au cœur de l'hiver dans beaucoup de pays. La mer est moins agitée et l'on devrait pouvoir profiter pleinement de cette nouvelle nuit qui s'annonce longue et passionnante.

Les festivités commencent avec la nouvelle génération, celle qui reprend le flambeau de ses parents. C'est d'abord la jeune Zosia McGregor, fille de Freddie, qui montre l'étendue de son talent. Tony Rebel regarde ensuite avec fierté sa fille Davianah qui a bien évolué au fil des années et Imeru Tafari rend fiers sa mère, Queen Ifrica, et son grand-père, Derrick Morgan, tous deux présents ce soir-là.

Davianah



Lady G, Chuck Fender et Wickerman sont comparables à des bons vins. Ils se bonifient avec l'âge ! Ras Shiloh fait également bonne impression, mais c'est Duane Stephenson qui réveille littéralement tout le monde. Très respecté en Jamaïque, il s'avère une fois de plus très efficace sur scène et les acclamations retentissent à chacune de ses chansons tirées des albums Black Gold et Dangerously Roots.

Lady G



Wickerman





Bushman et sa rigueur viennent ensuite mettre tout le monde d'accord. Peu importe l'heure ou l'endroit où il chante, le feu brûle toujours dans la voix de l'auteur du hit Fire Bun A Weak Heart. Le vétéran Leroy Gibbons prouve juste après que l'on peut encore compter sur lui et Junior Kelly continue de pointer du doigt les injustices, les abus sexuels sur les enfants, les crimes et les maladies du système capitaliste avec un show enflammé. Vient ensuite Errol Dunkley pour une prestation plus qu'impressionnante. Même s'il n'est pas une star de ciné (Movie Star), il remporte haut la main l'Oscar ce soir-là !

Junior Kelly



Errol Dunkley





On continue de faire un bond en arrière dans le temps avec deux légendes vivantes de la musique jamaïcaine, celle des débuts. Stranger Cole et Derrick Morgan brillent de mille feux ce soir-là. Ska et rocksteady résonnent à plein pot dans la crique de Grizzly's Plantation et personne ne s'en plaint. Un petit retour aux fondations ne fait jamais de mal.

Stranger Cole 



Derrick Morgan 







Autre vétéran au programme : Cocoa Tea et sa douce voix. Avec lui c'est hit sur hit ! Il ne peut s'empêcher de commenter l'actualité avant de rendre hommage à Bob Marley, témoignant ainsi de la pertinence intacte du message du Roi du reggae.

Cocoa Tea  





Puis c'est au tour de Queen Ifrica. La chanteuse est toujours aussi énergique sur scène et l'on découvre avec plaisir quelques nouveaux extraits de son futur album, Climb, attendu avec impatience par beaucoup de fans. On aurait ensuite aimé que Fatis Burrell soit encore vivant pour voir le succès de son dernier protégé, Jesse Royal, particulièrement en forme ce soir au Rebel Salute. A près de 5h30 du matin, les gens commencent à se couvrir puisque la fraîcheur de l'aube fait son apparition. On se réchauffe pourtant subitement au son de 96° In The Shade des intemporels Third World.

Queen Ifrica  





Jesse Royal



Third World





Si l'année passée Beres Hammond remportait tous les suffrages, c'est Sanchez qui rafle la mise en 2017 ! Ce soir c'est SON soir. Sans aucun doute l'un des dix meilleurs artistes sur scène de nos jours, Sanchez bénéficie d'une fanbase impressionnante en Jamaïque. Et visiblement, elle était de sortie ce soir ! Le reste de la nuit se transforme en véritable show dancehall, chose plutôt rare au Rebel Salute. Agent Sasco ouvre magnifiquement le bal avant le passage de Spragga Benz, plutôt bien accueilli lui aussi. Popcaan se présente ensuite sous son vrai nom, Andre Hugh sutherland, rappelant qu'il est venu interpréter une certaine partie de son répertoire en excluant les titres violents et sexuels. Il fait honneur à son statut de nouveau phénomène et parvient à faire remuer l'ensemble du public encore présent sous un un soleil de plomb. Popcaan se place sans aucun doute comme un prince prêt à prendre la couronne de celui qui lui succède sur scène. Mais c'est mal connaître Beenie Man qui ne se laissera pas détrôner comme ça ! Anthony Moses Davis, lui aussi venu se défendre sous son vrai patronyme, ravit une fois de plus le public jamaïcain rappelant que c'est bel et bien lui le King du dancehall.

Sanchez



Spragga Benz







Popcaan





Beenie Man



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