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Marcus Gad - Interview Chanting Marcus Gad - Interview Chanting
15/06/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par MG ; Photos : DR & Philippe Campos

Marcus Gad est arrivé sur la scène reggae tel un prophète. Avec un premier album d'une maturité remarquable, il a immédiatement attiré l'attention du public et des programmateurs grâce à un reggae roots profond et sincère. Porteur d'un message fort et auteur d'une musique terriblement captivante, il s'exprime avec clarté et sagesse en répondant à nos questions pour nous parler de son opus Chanting adoubé par les critiques.

Reggae.fr : En quelques mots, comment pourrais tu décrire Chanting, ton premier album ?
Marcus Gad :
Chanting est le fruit d'une longue réflexion musicale, c'est pour moi l'aboutissement de plusieurs années de travail. C'est un voyage mystique que j'ai eu le temps de mûrir au fil de mes pérégrinations. Certaines chansons existent depuis mes débuts, et ont toujours été destinées à ce premier album.

Un album enregistré dans les conditions d'un live ?
Oui, c'était une des conditions principales pour enregistrer cet album. On voulait capturer l'essence d'un instant réel, plus que d'essayer de le reconstituer. En enregistrant en live on peut insuffler une véritable intention dans la musique, ça se ressent quand tu écoutes les vieux. 

Tu as grandi sur une île mais tu as voyagé aussi, peux-tu nous parler de l'importance de cette découverte des cultures dans ta musique ?
Grandir sur une île du Pacifique a des côtes très privilégiés. Tu vis proche de la nature et loin de beaucoup des problèmes de la société moderne, mais en même temps, c'est un enfermement dans une bulle dont il est parfois dur de sortir. J'ai trouvé mon équilibre à travers les voyages et les retours successifs au terroir, et je dirais que j'ai été autant influencé par les découvertes faîtes à l'étranger que par celles dans les montagnes de Kanaky ! 

Quels sont les voyages qui t'ont le plus inspiré musicalement parlant ? Shashamane en fait-il partie ?
Récemment j'ai été très marqué par ma découverte du Maloya, lors de notre tournée à La Réunion. C'est une musique d'une puissance remarquable et chargée d'Histoire. Là-bas tu peux voir des frères et sœurs de toutes origines mélangées chanter et jouer ensemble les chants et rythmes populaires sans forcément se connaître, et ça, ça ne peut qu'inspirer. Concernant Shashamane, mes voyages là-bas ont tous étés riches d'enseignements, surtout en ce qui concerne le message à faire passer. C'est là-bas que j'ai été introduit au mouvement et j'aime y retourner régulièrement pour raisonner avec les frères et sœurs qui y ont dédié leur vie. 

On sait qu'il existe un véritable tempérament insulaire. Dirais-tu qu'il te correspond et penses-tu que l'on crée de la musique différemment en vivant sur une île ?
Les îles ont leur propre rythme qui s'imprègne en toi. C'est un rythme lent qu'il faut apprendre à respecter. Irrémédiablement, cela influe sur tout ce que tu fais, l'environnement façonne ce que tu es et ce que tu crées.

Tu passes beaucoup de temps en métropole aujourd'hui. Serais-tu capable de créer ta musique ici ? Penses-tu que cela aurait le même impact auprès du public ?
Le vrai défi ce n'est pas tant de composer en ville, mais de cultiver une bonne vibration, une fréquence juste. À force de voyager, tu apprends à te recharger aux bons endroits et à faire tes réserves énergétiques pour les missions à travers Babylone !

Ta musique est souvent comparée à celle des Îles Vierges. Es-tu d'accord avec ça ?
C'est une influence que je ne saurais renier. Bien que le reggae reste et sera toujours une musique consciente avec un message militant, je ressens souvent l'absence de Pères et de Guides pour nos temps dans la scène actuelle. Quand tu cherches à t'élever spirituellement par la réflexion et la connaissance, le travail qu'ont accompli des frères comme Midnite est une source d'inspiration immense. 

La Nouvelle Calédonie se trouve pourtant à des milliers de kilomètres. Quels sont tes points communs avec cette façon de faire de la musique ? As-tu déjà voyagé dans cette partie du monde ?
Le point commun c'est la vibration Rastafari ! Le reggae music est universel aujourd'hui, il s'est répandu sur toute la Terre et continuera de se répandre tant qu'il le faudra. Nous savons que la musique n'est pas assujettie aux frontières, encore moins aujourd'hui avec l'expansion d'Internet. Pour ce qui est de se rendre physiquement dans la Caraïbe, je n'en ai pas encore eu la chance, mais par la grâce le temps viendra. 

Pourquoi avoir choisi de t'exprimer en anglais ?
Déjà parce que la plus grande partie de la musique qui m'a bercé depuis l'enfance est en anglais. J'ai commencé à écrire sur la route, et je voulais être compris du plus grand nombre. Bien que je sois très engagé dans l'évolution culturelle et sociale de mon pays, j'ai toujours destiné mon message au monde entier. 

A l'heure où le reggae français festif est en pleine explosion, comment expliques-tu que ton univers si roots et anglophone touche autant le public ici en France ?
Il est vrai qu'en regardant le paysage du reggae français, on aurait pu se demander où était la place d'une musique comme la mienne. Mais la musique que nous faisons agit au niveau de l'âme, elle appelle à la réflexion sur soi même et à la profondeur intérieure. Comme tu l'as dit, c'est aujourd'hui l'explosion du reggae festif et de sa légèreté, pourtant de nombreux frères et sœurs sont aujourd'hui à la recherche de leur spiritualité et d'un message plus vrai, en phase avec l'évolution des consciences dont beaucoup d'entre nous faisons l'expérience en ce moment. Je pense que les gens viendront de plus en plus nombreux communier avec nous.

Chanting, c'est le titre de l'album mais aussi du second morceau, c'est presque un morceau incantatoire, c'était une façon pour toi de nous faire rentrer dans ton univers ?
Chanting c'est une prière, un psaume. C'est une chanson qui aide à entrer dans un état d'esprit empreint de sacré, une harmonisation nécessaire pour intégrer pleinement ce qui va suivre...

On ressent presque une influence hip-hop sur All Together. C'est un peu inattendu pour un album si roots. Était-ce ton intention ?
A la base, j'ai écrit All Together sur un rythme nyabinghi, dans une cabane à Shashamane. Puis la chanson a évolué vers un feeling plus moderne flirtant avec le hip-hop. Ma fondation c'est le roots, mais il y a beaucoup d'autres styles que j'apprécie chanter. La chanson était là avec son message, je ne me suis pas demandé si c'était surprenant ou pas.

Kanaké est un très bel hommage à la culture de ton île, peux tu nous parler de l'influence de la culture calédonienne sur ta musique ?
C'est en Nouvelle-Caledonie que ma musique est née. Je puise mon inspiration dans ses montagnes, en écoutant le bruit d'une cascade en haut d'une vallée ou la parole d'un ancien a l'ombre d'un vieux banyan. C'est tout un univers indescriptible par les mots qui s'imprime en ressenti dans la musique. 

Un petit mot sur le featuring avec le chanteur des A7JK ? C'est un groupe que l'on connaît peu en métropole mais qui est très important en Nouvelle Calédonie n'est-ce pas ?
Effectivement, A7JK jouit d'une très grande notoriété en Nouvelle Calédonie. C'est un groupe originaire de la tribu de Pombei dans les montagne du nord, et dont le chanteur Jean Yves, est le chef. Nous chantons beaucoup ensemble pour unifier notre peuple et nous nous efforçons d'être un exemple vivant du destin commun. Dans Kanaké, nous chantons la légende du premier homme, Tea Kanake.

Est-ce de cette culture calédonienne que te vient ce rapport à la nature omniprésent dans cet album, jusqu'au choix du format de vente (digifile, sans agrafe ni boîtier plastique) ?
J'ai appris à connaître mon lien profond avec la nature dans le Pacifique Sud, mais également lors de tous les voyages qui m'ont poussé à la rencontre de nombreuses communautés sur les cinq continents. J'avais besoin de voir et de vivre cette résistance écologique et humaine pour pouvoir la chanter. Une fois que tu t'impliques, il faut aller au bout des tes démarches et réfléchir à chaque détail.

Tu rends hommage à Marcus Garvey en reprenant un de ses textes sur Keep Cool. Pourquoi avoir choisi ce texte et en quoi Marcus Garvey t'a-t-il particulièrement touché ?
La découverte de Keep Cool était pour moi un moment magique. C'est le seul poème que Garvey ait écrit avec l'intention d'en faire une chanson, et j'ai été stupéfait de voir qu'en plus de 50 ans de reggae, elle n'avait jamais été interprétée ! À la lecture des paroles, la mélodie m'est venue instantanément. C'était comme si j'avais trouvé un trésor ! Marcus Garvey a écrit cette chanson dans une période de grande solitude alors qu'il était emprisonné à Atlanta en 1927, mais son message est clair et rempli d'espoir. Il appelle les combattants de la liberté à ne pas baisser les bras même quand tout semble perdu. C'est un message qui est encore bien en phase avec notre époque actuelle.

Comment un jeune homme blanc vivant dans le Pacifique au 21ème siècle peut-il être à ce point inspiré par un leader noir jamaïcain actif aux Etats-Unis dans les années 20 ?
Les temps ont changés tu sais, la lutte a évolué. La considération de couleur de peau est quelque chose que nous avons banni de nos analyses. Comme je le chante dans Which Color, la liberté, la vérité, et l'âme humaine n'ont pas de couleur. J'ai la conviction que mon âme est bien plus ancienne que ce corps, je ressens et connais des choses que je ne peux pas expliquer par mon seul vécu. La couleur du véhicule n'a plus d'importance pour moi, c'est son contenu qui m'intéresse.

La suite de tes projets ?
Une belle tournée d'été qui a déjà commencé ! Je serai en Europe jusqu'en octobre pour présenter Chanting sur scène, et je ferai un petit retour aux sources en fin d'année pour continuer à travailler sur un deuxième album qui est déjà en cours de composition.

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