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Damian Marley - Interview Stony Hill Damian Marley - Interview Stony Hill
19/07/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion

Près de douze ans d'attente depuis Welcome to Jamrock. Damian Marley sait se faire désirer. Son nouvel album solo est enfin sur le point de voir le jour. Le dernier fils de Bob Marley était récemment en tournée en France pour préparer le terrain. Il a pris le temps de répondre à nos questions pour nous en dire plus sur cet opus tant attendu. On y aborde également sa passion pour le dancehall et sa relation avec les fans. Après vous avoir dévoilé quelques extraits vidéos de cet entretien, Reggae.fr vous offre l'intégralité de cette rencontre inédite avec Jr Gong, à deux jours de la sortie de Stony Hill.

Reggae.fr : Peux-tu nous présenter ton nouvel album qui sort ce 21 juillet ?

Damian Marley : Le titre de l'album c'est Stony Hill. Il rend en quelque sorte hommage à mon éducation car j'ai été élevé dans un endroit en Jamaïque qui s'appelle Stony Hill. Je n'y suis pas né, mais j'ai vécu là-bas à partir de mes 5 ans jusqu'à la fin de mon adolescence. J'ai vécu là-bas pendant toute ma scolarité. C'est l'un des plus beaux endroits des beaux quartiers de Kingston, il a joué un rôle très important dans mon éducation et je voulais le souligner avec cet album. Il sort le 21 juillet qui est aussi la date de mon anniversaire. C'est une date spéciale, plus qu'une simple sortie d'album. C'est cool. J'ai hâte qu'il sorte maintenant.



Peux-tu nous en dire plus sur cet endroit Stony Hill ?
C'est à Kingston... Certains diraient que c'est à St Andrew. St Andrew et Kingston forment un seul et même département en fait. C'est une communauté privilégiée où l'on trouve des gens riches. Je pense que tous les citoyens jamaïcains aspirent à vivre dans ce genre de quartier où moi j'ai eu la chance de grandir. C'est pour ça que j'en suis très fier. Et je voulais rendre hommage à mon éducation, à mes parents... et quand je dis mes parents, je ne parle pas de Bob Marley. Je parle de ma mère Cindy et de mon beau-père Tom qui ont tous les deux joué un rôle très important dans mon éducation et qui m'ont aidé à devenir la personne que je suis aujourd'hui.

A quoi correspondent les masques que l'on voit sur la pochette ?
Ce sont des masques d'argile. C'est de l'art jamaïcain fait par des sculpteurs. Mon beau-père est un grand fan d'art jamaïcain. Il a une superbe collection, l'une des plus belles de l'île. Il a des œuvres de plusieurs peintres et artistes de différentes époques de l'Histoire de la Jamaïque. Sa collection dont il est le plus fier, ce sont les œuvres d'un artiste qui s'appelle Kapo qui était un Marron. Ces masques sont là pour montrer la reconnaissance que j'ai envers l'éducation que j'ai reçue et pour faire un clin d’œil à l'amour qu'a mon beau-père pour l'art jamaïcain. 



On te voit à nouveau avec un regard très sérieux et grave sur la pochette. On n'a pas souvent l'occasion de te voir sourire. Ça t'arrive quand même des fois ?
(rires) Oui quand il y a matière à sourire. Quand il s'agit de sourire, vous savez... Les faux sourires ce n'est pas pour moi. On sourit quand il y a une raison de sourire. Je ne veux pas que les gens le voient comme un manque de respect. En fait, c'est même un moyen de leur témoigner mon respect selon moi. Quand vous prenez une photo avec moi, je vous donne mon vrai visage. Je ne plaisante pas. Je suis honnête. J'essaye toujours de m'exprimer honnêtement. 

Parlons du titre Medication. Le clip a-t-il été tourné dans la prison que tu as achetée pour cultiver de la ganja ?
Oui, le clip a été tourné à Coalinga en Californie. Ce qui s'est passé c'est que je me suis associé à des gens en Californie pour cultiver de l'herbe et on cherchait un endroit pour le faire. Et il y avait cette prison à vendre. Il se trouve que la superficie de la prison était idéale pour cette activité. En fait, on ne cherchait pas forcément à acheter une prison, on voulait juste un endroit pour faire pousser notre herbe et la prison était sur le marché. Ce sont les gens géniaux de Ocean Grown Extracts qui nous ont orientés vers cette idée. J'ai eu de la chance de pouvoir faire ce partenariat avec eux juste au moment où ils étaient sur le point d'acquérir cet établissement. Mais on ne l'a pas acheté parce que c'était une prison, on l'a acheté parce qu'on voulait cultiver de la marijuana et il se trouve que cette prison était disponible. 



Le titre parle de l'herbe médicinale. Tu utilises la weed à des fins médicales parfois ?
Non je ne suis pas malade. Ou peut-être suis-je malade mentalement, je ne sais pas (rires). J'utilise la marijuana pour me débrouiller dans la vie. La weed m'aide à méditer et à avancer dans tout ce que je dois faire. La marijuana a toujours été un sacrement dans la culture et la foi rasta. Ce n'est pas un secret. Ça fait partie de la culture jamaïcaine depuis des années. On fume l'herbe pour des raisons spirituelles, pour se libérer du stress, pour réfléchir et élever nos pensées sur l'environnement qui nous entoure, on fait ça depuis des années. On voit bien que l'herbe est utile à la méditation et à l'inspiration. Et ce sur quoi on insiste aujourd'hui, grâce aux récentes recherches, ce sont les propriétés médicinales de la marijuana. Nous avons toujours déclaré dans notre culture que l'herbe était la panacée des nations, sans même avoir conscience de ces recherches scientifiques. Et plus il y a de recherches faîtes, plus on se rend compte du potentiel curatif de cette plante. Mais ce n'est pas un secret que les rastas, les Jamaïcains et même le monde entier utilise la ganja pour se déstresser. Et c'est en quelque sorte une manière de se guérir puisque le stress peut entraîner des maladies.

Stephen est très souvent présent à tes côtés. Est-ce qu'on le retrouve sur d'autres morceaux sur cet album ?
Oui on le retrouve au chant sur deux autres titres et il a participé à la réalisation de plusieurs riddims. On maintient toujours ce lien fraternel qui nous unit.

Y a-t-il d'autres featurings ?
Oui il y a un jeune qui s'appelle Major Myjah. C'est un nouvel artiste bourré de talent qui se trouve être le fils de Bounty Killer, une de nos légendes jamaïcaines et un de mes frères proches avec qui j'ai fait plusieurs titres ces années passées. D'ailleurs c'est sans doute mon premier album solo sur lequel Bounty ne figure pas. Mais son héritage s'exprime à travers son fils. 

Major Myjah est-il un artiste dancehall comme son père ?
Il fait du dancehall oui, mais c'est un chanteur, pas un deejay comme son père. Il fait aussi du R&B et du hip-hop. 



Nous avons découvert le tune R.O.A.R. il y a peu. C'est un titre dans lequel tu prends la défense des gangsters n'est-ce pas ?
R.O.A.R. est une chanson qui parle des quartiers défavorisés en Jamaïque, de ceux qu'on appelle gangsters ou rude-boys et de l'héritage qui en découle. Car à la base, ces gens à qui on donne ces noms de voyous servaient de protecteurs à leur communauté. Ils s'assuraient de certaines choses, comme ce que je dis dans la chanson, que les enfants ne traînent pas dans la rue la nuit, que les visiteurs ne viennent rien voler dans la communauté et que les habitants puissent laisser leur voiture ouverte sans problème. Aujourd'hui, notre génération a perdu ces valeurs et cette chanson tente de les raviver. Je n'essaye pas de glorifier la violence mais d'inciter à la responsabilisation d'une communauté.

R.O.A.R. est un titre dancehall et on sait que tu aimes particulièrement cette musique. Peux-tu nous donner ta définition du mot dancehall ?
Je connais l'histoire du dancehall. Le dancehall à la base est un lieu. Quand on parle de dancehall, on se réfère à un endroit et pas vraiment à un style de musique. Et avec le temps, le type de musique que l'on jouait dans ces endroits a commencé à être qualifé de musique dancehall. Par exemple dans les années 70, ce que l'on appelle aujourd'hui one drop ou dub était appelé dancehall à l'époque. Le lieu où l'on jouait la musique a aussi façonné l'identité de la musique et on peut mesurer cette évolution. Il y a eu une nouvelle tendance musicale en Jamaïque il y a quelques années qui est très différente de ce que pouvait faire la génération de mon père. C'est plus moderne et plus rythmé, mais ça appartient toujours à la culture jamaïcaine qui est une culture reggae. De nos jours, la musique dancehall est plus une musique digitale, énergique, rythmée et faite par la jeune génération. 



On sait que la culture dancehall et sound system est très importante pour toi...
Oui c'est très important parce que la première musique que j'ai achetée avec mon propre argent de poche était des cassettes de dancehalls. C'était en fait des enregistrements de soirées sound system. Et on y entendait beaucoup de dubplates, mais je ne comprenais pas ce que c'était au début. C'est en discutant avec un de mes héros, Admiral Bailey, que j'ai vraiment compris le truc. C'est lui qui m'a expliqué ce délire de refaire une de tes chansons en changeant un peu les paroles et en nommant le sound system ou le selector. J'étais fasciné par les dubplates une fois que j'avais compris le truc. 



Tu es un artiste très difficile d'accès que ce soit pour le public ou pour les journalistes. On a vu récemment un incident au Kenya où un journaliste local t'insulte publiquement pour avoir refusé de prendre des photos avec des gens. Après t'avoir rencontré plusieurs fois, on croit comprendre que tu n'es pas très à l'aise avec l'extrême célébrité. Est-ce qu'on se trompe ?
[Il hésite] Non je suis très à l'aise avec qui je suis, mais je vais vous expliquer l'évolution du monde depuis mes débuts et vous pourrez juger par vous-mêmes de ma réaction face aux sollicitations du public. Au début de ma carrière, quand quelqu'un voulait prendre une photo avec moi, il fallait qu'il ait avec lui un appareil photo. Aujourd'hui, tout le monde a un appareil photo sur son téléphone. Et c'est devenu difficile pour moi de prendre des photos avec tout le monde parce que sinon je serais en retard à mes concerts, je louperais peut-être des avions... Il y a aussi des moments où j'ai envie de prendre du temps pour moi. Je suis un être humain. Il arrive donc un moment où je dois dire non à certaines personnes. Malheureusement, il y a des gens qui ne comprennent pas ça ou qui n'y sont pas sensibles. Un homme est juste un homme et jamais je ne voudrais manquer de respect à qui que ce soit. Je pense que mes vrais fans peuvent comprendre et être indulgents vis-à-vis de ça. 

Nous avons attendu 12 ans entre Welcome to Jamrock et Stony Hill. Combien de temps allons-nous devoir attendre avant le prochain album ?
Ah ! Pas aussi longtemps. Je vous promets que l'attente ne sera pas aussi longue (rires).

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