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Naâman - Interview Beyond tune par tune Naâman - Interview Beyond tune par tune
06/10/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par Sacha Grondeau ; Photo DR

Beyond, le nouvel et tant attendu album de Naâman sort aujourd'hui même. On vous en livrera notre avis dans ses colonnes dans les jours qui viennent. Mais en attendant, on est allé discuter de chaque titre composant ce nouvel opus avec l'artiste, l'occasion de décortiquer ce qu'il contient, ses secrets de fabrication et de bien cerner les intentions de ses auteurs. C'es l'interview Tune par Tune de Naâman !


1. I'M ALRIGHT
C'est un morceau très solaire. Pourquoi avoir choisi d’ouvrir l'album avec cette chanson ?

Pour plusieurs raisons. Musicalement, le morceau a cette introduction à la batterie et à l'orgue parfaite pour ouvrir un album. Le texte démarre sur : "let us start a revolution", qui est à mon goût aussi une bonne façon de commencer la journée. Le sujet de la chanson, « I'm Alright », ça veut dire "mets toi bien tout de suite". C'est un morceau reggae très dynamique qui dégage quelque chose de positif, ça me paraissait logique d'ouvrir l'album avec ce titre.

Le côté positif du reggae peut souvent apparaître comme un signe de naïveté par le grand public. Comment assumes-tu ça ?
Je l'assume et je revendique cette positivité parce que c'est un message qui vient du cœur. Le message d'I'm Alright ce n'est pas quelque chose de naïf, c'est bien plus profond que ça. Le message de ce morceau c'est que la vraie révolution commence par se changer soi-même, son intérieur. La force de l'intention c'est une chose qui peut changer le monde tous les jours.  « I'm alright », si on y croit, si on est capable de prendre sur soi et de montrer le meilleur aux gens, si on manifeste cet amour qui est en nous, on peut changer beaucoup de choses. La révolution elle est là.



Il y a un vrai côté soul et gospel dans ce morceau. Était-ce une volonté affirmée de vouloir ramener le reggae à ses origines soul ?
Je ne sais pas si c'est une volonté affirmée. On est parti sur un morceau très reggae à la base et on trouvait qu'il fallait quelque chose de spécial sur le refrain. Mes « I'm alright » appelaient des réponses. Et au lieu de demander aux choristes de Groundation avec lesquelles on a travaillé sur le reste de l'album, on s'est dirigé vers des choristes gospel parce qu'on entendait tous ça dans nos têtes. On avait envie de mélanger ces styles et cette chorale gospel est apparue comme une évidence. Ça nous faisait penser à Sister Act. On a travaillé avec trois choristes incroyables et j'ai pris des frissons de fou à l'enregistrement. Pour moi les vrais frissons de l'album étaient sur la session chœurs d'I'm Alright  !

2. SIMPLICITY
C'est un morceau très estival avec un vrai côté pop. A quel moment décides-tu de prendre telle ou telle direction dans la composition d'un morceau ?
En général les maquettes sont déjà très élaborées et très parlantes. On a déjà la couleur du track. Ensuite on brode toujours un peu autour et Fatbabs est vraiment fort pour ça. Il ne réfléchit pas pendant dix ans, c'est assez spontané, en général il sait ce qu'il veut. Pour ce morceau je lui ai fait entièrement confiance. C'est sûrement un des morceaux les plus osés de l'album en termes de couleur.



Justement, puisque c'est un peu un morceau différent, comment a-t-il été accueilli ? Tu étais sûr de ton coup ?
Quand on sort un morceau c'est parce qu'on l'aime, avant tout. Alors on se dit que si on l'a aimé, le public devrait aussi adhérer. Même si c'est un peu troublant. C'est vrai que quand on a sorti le clip de Simplicity je me demandais quelle serait la réaction des gens, surtout qu'il faut souvent écouter plusieurs fois ma musique avant de l'assimiler. Sur celui-là, mon flow est moins chargé, le refrain est très calme donc j'avais forcément des doutes quant au public... Et finalement, il y a une partie du public qui a adhéré tout de suite, il y a une autre partie qui a dû l'écouter plusieurs fois avant de comprendre notre idée, et il y en a carrément qui n'ont pas aimé du tout. Mais on fait la musique qu'on aime, on ne peut pas plaire à tout le monde.

Pourquoi avoir abordé ce thème sur ce genre d'instrumentale ?
Le thème du morceau c'est toute ma vie, c'est réussir à avoir du temps pour vivre. Parce qu'on travaille beaucoup. On aime ça et on aime même tellement ça que l'on ne met pas vraiment de limites à notre temps de travail. Mais j'ai besoin d'avoir du temps pour m'évader et pour avoir une vie plus posée. J'aime avoir une vie simple et c'est vrai que tout le temps courir pour attraper des trains, des métros, vivre loin de chez soi pour faire toute sorte de choses c'est parfois fatigant. Ce morceau dit qu'on a besoin de temps en dehors du système. Si on s'absente un peu, le système continuera de tourner, on n'a pas besoin d'être là tout le temps. Moi j'ai besoin de me dégager du temps pour vivre. Et le choix de l'instru : un riddim ensoleillé qui colle bien avec cette idée de simplicité. C'est une ambiance très Caraïbes.

3. LOVE IS ALLOWED
C'est un morceau avec un clip un peu particulier inspiré par Bob Dylan. Pourquoi ce choix ?
Ce morceau veut dire qu'on n'a pas besoin des "politiciens" pour prendre les décisions qui nous concernent directement, surtout depuis que ceux-ci ne sont que des pantins. On peut s'organiser nous-mêmes. Que ce soit pour la nourriture saine ou pour la solidarité, on n'a pas le temps de les attendre, on doit se donner les moyens de s'organiser entre nous. On se fait manipuler et on ne s'y retrouve plus alors qu'on veut tous la même chose : être heureux. Et je pense que le bonheur il n'y a pas 36 façons de le trouver, c'est ensemble que ça se passe, ensemble on pèse dans la balance. C'est pour ça qu'on a décidé de faire un clip à la Bob Dylan en sollicitant plein de gens, on a envie que le message soit clair et qu'il soit porté par le monde. Si on retrouve nos amis dans ce clip, nos familles, avec ces pancartes et ces messages c'est parce qu'il s'agit d'un message universel que l'on porte tous. On ne veut pas de partis politiques qui divisent. On veut juste que tout le monde puisse vivre décemment et ça on peut y arriver si on décide d'arrêter d'être des moutons.



4. PLANT IT OVER
Il s'agit encore d'un morceau reggae soul très expressif avec des chœurs très présents. Pourquoi cette place si prépondérante des chœurs ?
Plant it Over c'est un délire un peu rub-a-dub dans le flow. C'est un morceau inspiré de la situation de Notre Dame des Landes. Cet endroit, cette belle terre et cette étincelle d'humanisme que le gouvernement veut détruire pour construire un aéroport à l'utilité contestée. Le refrain dit : « Ils essayent de nous bétonner, mais on va creuser un trou, les mettre dedans et replanter par-dessus. » C'est un combat qui existe partout, dans tous les pays que j'ai pu traverser. D'un côté on construit sans cesse, de l'autre on est de plus en plus nombreux à vouloir défendre cette nature qui se fait de plus en plus rare. C'est le premier morceau de ma petite carrière qui parle d'une action violente, d'une résistance par la force. Je parle vraiment d'un combat physique dans cette chanson. Cette situation m'a touché parce qu'on nous fait croire qu'on vit dans une démocratie alors que dès qu'on prend la parole, le gouvernement nous envoie les CRS. Il y a un moment où il faut que nous, le peuple, on s'implique physiquement et qu'on fasse barrage. Pour ce qui est des chœurs, Kim et Sherida, les deux choristes de Groundation, étaient parfaites pour s'exprimer pleinement parce qu'elles ont de la force dans leurs voix, une détermination naturelle. Je leur ai envoyé le morceau en Jamaïque, elles ont fait ça à distance. Je n'étais pas avec elle pour les driver, mais elles ont fait un super boulot.

5. OWN YOURSELF
Surprise ! On t'entend chanter en français. Comment ça t'est venu ? Était-ce calculé ou spontané ?
Ça fait des années qu'on me demande quand je vais me mettre à chanter en français et j'ai toujours répondu que je le ferai quand je le sentirai. Je savais que ça viendrait tout seul, je n'ai jamais eu de doute là-dessus, par contre je ne pensais pas que ça se ferait sur cet album. Quand j'ai enregistré Own Yourself, au moment d'enregistrer le troisième couplet, j'ai commencé à freestyler en français pour me détendre. J'ai fait un espèce de rap et tout le monde dans le studio a kiffé. Du coup j'ai dit aux autres : « venez on appelle un rappeur français pour faire un feat là-dessus ». Et on m'a dit : « Non, fais un feat avec toi-même » (rires). Du coup, j'ai lâché le micro et j'ai pris un stylo. J'ai traduit mon premier couplet en français et je l'ai enregistré tout de suite. J'ai pris une grosse claque. C'était une sensation que je n'avais jamais eue avant. C'était vraiment un truc de dingue. On va faire ce morceau en concert et j'ai hâte de découvrir la réaction des gens qui pour la première fois pourront chanter mes lyrics en français. Déjà rien que de m'entendre moi-même ça m'a fait du bien. Je ne m'attendais pas à ça et je sais qu'il y en aura d'autres. En chantant en français, j'avais l'impression de m'entendre chanter pour la première fois.

6. TOMORROW
Là c'est un texte beaucoup moins personnel. On sent que tu as touché du doigt l'universalité. As-tu eu du mal à l'écrire ?
Non c'est un des textes où j'ai le moins galéré. C'est venu tout seul. J'étais à Nantes dans un petit AirBnB tout seul la veille d'un live et j'ai pris ma guitare pour faire quelques accords et c'est venu tout de suite. Il y a quand même une part d'histoire personnelle parce que ça parle précisément de la période où je travaillais à l'usine. J'avais arrêté mes études pour faire de la musique, mais comme j'avais besoin d'argent pour la faire, je devais travailler huit heures par jour à l'usine. Je me levais à quatre heures du matin, je laissais ma copine de l'époque toute seule dans le lit... Alors que je n'avais pas envie de faire ça ! Alors pourquoi je le faisais quand même ? Voilà ce que dit la chanson : il ne faut pas passer sa journée d'aujourd'hui à travailler par peur du lendemain. Si tu te donnes vraiment avec ton cœur à fond dans ta journée d'aujourd'hui, tu vis ta vie. Par contre si tu tues ta journée pour espérer vivre quelque chose que tu ne vivras peut-être jamais demain, tu ne sauras jamais quand ta vie commencera vraiment. C'est sûr que ce n'est pas facile de sortir de ça, mais on peut toujours essayer et quand on essaye on passe du bon temps à travailler avec son cœur. Le morceau s'appelle Tomorrow mais j'aurais voulu l'appeler Soul Work, par ce que c'est de ça que ça parle, du travail de l'âme.

7. GOT TO TRY ft. Toots

Tu partages le micro avec un invité prestigieux !
Oui c'est Toots de Toots and the Maytals. En fait, je réfléchis toujours à quel artiste je vais inviter sur mes albums. Je ne veux jamais en avoir trop, mais j'aime bien avoir au moins un invité ou deux. Comme on sentait que la direction de cet album était plutôt old school, on s'est dit qu'il nous fallait un ancien et j'ai tout de suite pensé à Toots. Je suis un grand fan. Qui ne l'est pas ? J'en ai parlé à mon manager Peter et il se trouve que la même semaine il était en discussion avec les organisateurs du No Logo qui lui ont suggéré la même idée. On a halluciné et ça m'a conforté dans mon idée. Si on est plusieurs personnes à sentir la même chose c'est que ça colle. Donc on est partis en Jamaïque et on est allés chez lui pour enregistrer. Ça s'est bien passé à la jamaïcaine (rires). On est arrivés dans le studio où on avait rendez-vous et on a attendu deux heures sans que personne ne se pointe. Puis finalement quelqu'un est arrivé pour nous dire que Toots ne viendrait pas. Mais il nous a emmenés directement chez lui. Il y avait un petit studio dans son jardin avec tous les Maytals qui étaient là et on a enregistré ce morceau pour mon album et aussi un pour son album à lui. On a fait d'abord le mien. Je lui ai écrit des lyrics. C'était un honneur pour moi de partager ça avec lui, d'écrire pour lui, de me retrouver à côté de lui dans une toute petite cabine de chant. Et après on a refait le Bam Bam ensemble pour son album.



8. FEEL GOOD
C'est également un morceau très solaire qui reflète bien l'ambiance générale de l'album...
Pourtant c'est un des morceaux qui a été le plus difficile à caler sur l'album, même si la thématique est effectivement dans la même couleur que le reste, ce n'était pas évident de le placer dans la tracklist. C'est un titre qui a beaucoup évolué, on est passé par plein de phases. Mais en le faisant écouter à des amis, on a eu que des bons retours, on a décidé de le garder. Je le vois un peu comme une comptine, dans un esprit enfantin comme par exemple le titre Three Little Birds de Bob Marley.

9. I FEEL YOUR SOUL
S'agit-il encore d'une expérience personnelle ?
Bien sûr. I Feel your Soul ça parle de ce moment où deux âmes qui se connaissent d'une autre vie se rencontrent. Cette espèce de reconnaissance qui se passe dans les yeux et qui ne ment pas. On a tous vécu ça je pense. Quand on sent l'âme de quelqu'un, on a l'impression de tout savoir de cette personne. Je trouve ça magique. Le titre a été construit tel une longue évolution, une longue montée de sentiments qui finit par exploser.



10. DIAMOND AND PEARL

On sent qu'ici c'est un titre très autobiographique en référence à ton ascension rapide au succès et à ta volonté de rester humble et intègre...
Les choses vitales, nécessaires à l'épanouissement de l'être humain, ne sont pas toujours ce que le système où nous-mêmes voulons nous offrir. Je sais que ce n'est pas le succès qui va me rendre heureux. Le succès c'est bien mais ce n'est pas possible que je mise toute ma vie dessus. Rester équilibré, c'est rester près des choses simples. L'amour de nos proches et l'amour que l'on est capable de partager avec toute vie. J'essaye de rester loin du faux et des choses qui sont éphémères pour être au plus près de mon cœur.

Est-ce que cette ascension rapide au sommet a été perturbante pour toi ?
Je ne sais pas si elle a été perturbante, mais en tout cas ça m'a poussé à la réflexion. J'ai pris ça comme un challenge. Ma conclusion c'est que j'ai la chance d'avoir réalisé que je pouvais apporter quelque chose aux gens en étant moi-même. Je reçois de temps en temps des messages de fans qui me racontent des choses personnelles, qui me disent à quel point la musique est importante pour eux, et parfois même me demandent conseil sur certains événements de leur vie. Ça me fait plaisir de répondre parce que je vois que ça compte beaucoup pour ces personnes. Cette notoriété est parfois à double tranchant, ce n'est pas évident, il faut savoir faire la part des choses et rester simple. En tout cas ça me permet de m'améliorer chaque jour et pour ça je suis très reconnaissant.

11. WAY TOO LONG
Voilà un morceau rocksteady sur lequel tu arrives pourtant à garder la même intention dans ta voix alors qu'on a plus l'habitude de t'entendre sur du reggae hip-hop...
C'est sans doute parce qu'elle vient du même endroit je pense (rires). Mais c'est vrai que sur cet album, on a eu cette problématique dans le sens où il y a des titres très différents les uns des autres qui appellent des interprétations différentes. Finalement sur Way Too Long, ça n'a pas été si difficile parce que c'est une ballade rocksteady très sunshine. Ça parle d'une dispute amoureuse où on tente de calmer les choses pour se réconcilier, prendre sur soi et faire le premier pas pour ne pas laisser l'ego ruiner la journée, ou la relation.

Justement, c'est une chanson d'amour. Quelle est la part de vérité et de fictif ?

Tout ce qui est dans cette chanson est vrai à 100 %. Quand ma copine l'écoute ça la fait beaucoup sourire parce que c'est notre vie. Mais ça peut parler à tout le monde parce que tous les couples du monde s'embrouillent de temps en temps. Il faut juste avoir cette volonté de ramener un sourire et de faire un effort pour faire un pas vers l'autre.

12. BEYOND
Pourquoi as-tu choisi cette chanson pour donner son titre à l'album ?
Ça reflète plein de choses. Déjà le fait que c'est le troisième album et qu'on a envie d'aller plus loin, de faire mieux qu'avec les deux premiers. Ça reflète aussi mon message global qui dit que notre vie s'étend bien au-delà de la matière, c'est quelque chose de bien plus profond et mystique. Beyond fait aussi référence à une histoire très personnelle et très intense qui a changé ma vie il y a quelques années, renforcé ma foi, ma vision des choses. C'est également la première chanson que j'ai composée pour cet album, posé dans mon jardin en Inde. Ça m'a poussé à l'utiliser comme titre.

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