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Kalash - Entretien inédit Kalash - Entretien inédit
26/10/17 - Auteur(s) : Franck Blanquin avec Ju-Lion - Photos Franck Blanquin

Kalash a débarqué il y a quelques jours avec son quatrième album Mwaka Moon. Mi dancehall mi trap, l’album est déjà un énorme succés et cumule des dizaines de millions de vues sur Youtube. Surtout, c’est un bijou de productions qui montre s’il le fallait encore à quel point l’artiste martiniquais a une voix, un flow et un charisme hors du commun et qu’il n’est pas possible de le placer dans une case musicale spécifique, tant il manie l'art de mélanger les styles pour créer sa propre identité artistique. Nous vous proposons aujourd’hui une superbe rencontre avec le phénomène Kalash, une plongée inédite dans son univers, que vous pourrez pleinement vivre en live le 21 décembre au Zénith de Paris !  Entretien :

Reggae.fr : Ton Album Mwaka Moon est sorti le 13 octobre, peux-tu nous dire comment s’est déroulé l’enregistrement et avec quelle équipe tu as travaillé ?
C’est un album qui me correspond encore plus que Kaos. Je l’ai travaillé en enregistrant chaque jour de nouvelles prods, de nouvelles choses, sans revenir en arrière, au feeling. Je l’ai fait dans le calme et la sérénité sans me brusquer. Il s’agit de mon quatrième album, il y a vingt titres dessus. Il y a une moitié de titres dancehall et l’autre moitié de titres trap. J’ai collaboré avec des beatmakers déjà présents sur mon l’album Kaos. Supa Dups est un Jamaïcain qui travaille pour Rihanna, Drake, Bruno Mars…  Il y a Rvssian également jamaïcain qui a collaboré avec Konshen, Demarco, Vybz Kartel. Il avait produit le Crown Love Riddim en 2016. Stephen “Di Genius“ Mc Gregor (fils de Freddie McGregor) avec qui j’ai fait Taken sur l’album précédent. Le producteur allemand X-Plosive m’a produit Pree Me. Il est dans le hip hop, on avait travaillé le titre Rouge et Bleu ensemble sur Kaos. Il y a également le jeune et talenteux antillais Pyroman (Niska…) qui est le compositeur de Bando.  J’ai collaboré avec le Martiniquais Hazou sur le titre Empire, sans oublier Joe Mike qui avec qui j’avais déjà fait Après l’automne.



Est-ce que tu as envisagé de faire un album juste avec un seul beatmaker ?
Oui j’y ai pensé, je pense que je pourrais faire un album entier avec Stephen “Di Genius“ Mc Gregor.  Il a d’ailleurs 80 % des sons de l’album, avec Rvssian ou Pyroman également.


"Je ne peux pas rentrer vraiment dans une case. J’ai les pieds sur terre mais mon esprit est en altitude."


Est ce que tu t’es lancé dans l’enregistrement de cet album tout de suite après la sortie de Kaos ?
Non j’ai pris un temps pour tourner afin de présenter l’album Kaos sur scène, j’ai tout de même durant cette période enregistré des sons comme Mechop, Pwoblem ou encore Friendzone qui sont des sons que j’ai sortis en single mais hors album. J’ai commencé à travailler sur Mwaka Moon quelques mois après.



A l’écoute de Kaos, on ressentait un album conceptuel qui formait vraiment un tout alors que Mwaka Moon semble plus varié et plus ouvert au niveau des prods. Etait-ce une volonté de ta part ?
C’est du au fait que j’ai aimé enregistrer sur des prods différentes sans me poser de questions, selon l’humeur et la vibe du jour, ce n'était pas un choix stratégique. J’ai également beaucoup dialogué avec les gens avec qui j’ai travaillé sur l’album, car il s’agit de personnes expérimentées. Je pense par exemple au titre Laisse moi te sauver qui est un titre chanté un peu particulier. Ce jour-là on avait fait des sons dancehall, reggae et lorsque Supa Dups a mis l’instru, il me disait qu’il me voyait faire une carrière de chanteur américain (rire..), j’ai commencé à faire quelque chose dans un mode Boys II Men en rigolant !

Le titre de l’album Mwaka Moon, est-ce une invitation à joindre ton univers ?
Exact, lorsqu’on met cet album, on écoute quelque chose qui me correspond vraiment et qui est tamponné Kalash. Les ambiances et les tempos des prods sont des choses qui me conviennent vraiment. Une ambiance aérienne et planante, je ne peux pas rentrer vraiment dans une case. J’ai les pieds sur terre mais mon esprit est en altitude.



Au niveau des featurings présents sur l’album Mwaka Moon figure notamment King Kosa. Tu ne vas pas forcément vers l’évidence commerciale, comment tu effectues tes choix ?
Avant toute chose, il s’agit de featurings que je valide artistiquement, on avait la possibilité d’en faire des plus commerciaux, avec des noms sûrs pour percer au niveau national. Je préfère collaborer avec des artistes dont j’apprécie la musique comme  Niska, Lacrim, Damso, en plus ils cartonnent en ce moment. Ils ont chacun leurs propres univers musicaux, et c’est intéressant de voir ce que peut donner le mélange de nos deux styles sur un même morceau. On retrouve aussi des noms comme Vybz Kartel ou Mavado, qui sont des grosses pointures du dancehall. King Kosa est un jeune très talentueux qui travaille avec Rvssian. Il est ghost writer pour beaucoup d’artistes, on s’est croisés à Miami et c’est Rvssian qui avait une prod sur laquelle il nous voyait bien tous les deux, cela a donné le titre I Can See Why. Même si j’ai rien contre les collaborations à distance, pour cet album j’ai favorisé d’enregistrer avec les artistes, pour l’anecdote avec Mavado j’ai enregistré dans sa chambre.



 D’ailleurs au sujet des feats, on a entendu dire que pour l’abum Kaos, tu avais fait un son avec Bounty Killer, vas-tu le sortir un jour ?

Je pense que je vais le retravailler, on a les voix , on a tout posé, mais on va le modifier au niveau de la musique. Je l’ai pas sorti car je suis pas pleinement content et je ne vais pas lancer un son avec la légende du dancehall sans en être satisfait a 100%.


"Même si j’ai signé je ne vais pas forcément abandonner mon identité pour une major."


Le choix de ton premier single sur Kaos, le titre Bando, était en créole. Etait-ce une façon de montrer ton indépendance artistique même si tu es signé en major  ?
Le  premier sujet de discussion avec Universal était que je ne dois pas suivre une direction artistique imposée, que j’avais totale liberté avec ma musique. Juste essayer de faire la musique que j’aime et faire des hits. Il a toujours été question d’être libre. Le choix de Bando c’était volontaire d’une part car il s’agissait d’un morceau fort mais également parce que le fait que mon premier morceau sorti avec une maison de disque nationale soit en créole c’était symbolique. Une manière de montrer que même si j’ai signé je ne vais pas forcément abandonner mon identité pour une major.



Tu t'es fait connaître avec des titres plutôt festifs qui collent à l'ambiance musicale caribéenne du début des années 2000 et même si tu as toujours abordé les réalités quotidiennes de ton île dans ta musique, on sent que tu as glissé vers un univers plus dark ces derniers temps. Est-ce qu'on se trompe ? A quoi est-ce dû ? Ta vie est-elle plus sombre ou est-ce plus l'environnement dans lequel tu évolues qui t'inspire ce côté dark ?
Le changement vient du fait que ma vie a bien changé, lorsque j’ai fait Pran pied avec Lieutenant j’étais dans une période de ma vie ou j’étais en total freestyle, je n’avais pas de chez moi je dormais à droite à gauche, toujours en vadrouille, en soirée, en sound system. Lorsque j’ai grandi j’ai eu plus de responsabilités, plus de succès, donc plus de choses à gérer, ma musique a donc évolué dans ce sens.
 
Peut-on dire qu'il y a une forme de mélancolie dans tes deux derniers albums ?
Oui car au-delà du fait que j’ai traversé des choses difficiles, j’ai toujours aimé la musique mélancolique. J’en ai toujours écouté chez moi ou dans ma voiture. Cela permet de s’évader, de réfléchir, d’exprimer sa colère, sa tristesse, peu importe le thème lorsque l’univers est mélancolique cela me parle plus.



Dans tes textes, tu as toujours - notamment avec les deux derniers albums - une approche poétique. On sent une filiation avec des artistes antillais tel que Kolo Barst …
Je me situe dans la filiation d’artistes comme Kolo Barst mais également d’Eugnène Mona (Ti Milo). Dans son morceau Mango ve a, il parle d’une mangue mais il écrit d’une manière où il pourrait parler d’une femme. Il ne cherche pas à faire de grande tournure de phrase, mais à faire passer une image. J’aime cette approche métaphorique dans ses textes, et je tends à faire cela. Tu peux fermer les yeux et voir ce qu’il dit. Que les phrases amènent des images dans la tête des gens.

Même si tu es issu de la scène dancehall reggae, depuis quelques années tu t’es écarté artistiquement de ce style, comment te situes-tu à ce niveau ?
Je n’ai pas forcément d’étiquette, même si entre les albums j’ai sorti des sons comme Vex, Pwoblem ou Friendzone qui sont du dancehall, je mélange tellement les styles à chaque fois, qu’on peut se demander dans quel case je suis. J’aime autant poser sur du dancehall, sur du reggae, que sur du hip hop. Sur Mwaka Moon, il y a plus de prods dancehall qui m’ont plu c’est pour cela qu’elles sont plus nombreuses que sur Kaos. Je pense que le public me place sur les deux scènes. A la fois hip hop français et dancehall français antillais.

Le fait que des chanteurs comme Pleen Pyroman, Mc Janick ou Sael te “valident“ en tant qu’artiste, est-ce important à tes yeux ?

Quand j’étais jeune, c’était très important lorsque j’allais en sound sytem ou qu’ils m’invitaient sur leur album. Il s’agit des artistes que je regardais à la télé lorsque j’étais petit. C’était flatteur, cela voulait dire qu’ils me considèrent comme un artiste, il s’agissait une victoire.
 


Il y a environ un an et demie, Azrock nous quittait, tu avais fait le son Un point c’est tout avec lui, comment l’avais-tu rencontré ?
Je l’avais croisé une première fois au studio à Montreuil, il était un ami de mon ancien manageur. Lorsque j’étais à Paris il m’arrivait de dormir chez lui, on faisait beaucoup la fête ensemble. Au final on a fait de la musique ensemble, mais on était avant tout amis. Lorsque j’ai appris sa disparition j’étais choqué, et je ne comprends toujours pas.

En musique tu as deux mentors, d’une part Admiral T et de l’autre Booba. Quels sont tes côtés Booba, et tes côtés Admiral T ?
Admiral m’a plus influencé au niveau de la musique dancehall dans ma jeunesse, mais également dans son coté chef de famille, construire quelques chose autour de toi en plus de ta carrière. Lorsque j’ai connu la musique de  Booba, ce qui m’a toujours plu c’est l’arrogance justifiée. Il était là pour imposer ses idées. Et les défendre jusqu’au bout. Son discours est resté le même et sa carrière est un exemple de réussite et de détermination. Même lorsqu'il y a eu du boycott il est passé à travers sans se prostituer.


"Je pense que le public me place sur les deux scènes. D’une part le hip hop français et sur la scène dancehall française antillaise."


Avec ton équipe, tu effectues un gros travail pour la réalisation de tes clips notamment avec Kris Macari. Quelle est l’importance d’un clip dans la musique actuellement ?
De nos jours, l’image porte le morceau, elle peut le sublimer mais un mauvais clip peut le desservir. Il me semble également que c’est une bonne chose de pouvoir mettre un son en image afin de mettre de la lumière sur les mots. Parfois les paroles que tu utilises ne sont pas toujours captées de la même façon, et les mettre en image permet d’éclairer visuellement la signification de certains sons.



Tes disques sont très digitaux. Comment travailles-tu avec ton groupe pour rendre l’univers du disque sur scène ?
Il s’agissait d’une des premières conditions pour que j’accepte de faire des tournées live, celle de rendre le son de l’album sur scène. On travaille avec les musiciens mais également avec des séquences car c’est compliqué de rendre parfois la puissance du hip hop en live comme sur le CD. Chacun des 4 musiciens a son ordinateur pour jouer les séquences,  ils sont appuyés par le digital afin de rendre toute la puissance des prods de l’album. Et puis il faut savoir que là c’est un groupe que j’ai formé moi-même avec lequel on a beaucoup répété. Je leur ai envoyé ma vision du live en leur montrant beaucoup de shows de Bounty Killer, Mavado et Sizzla, car il y a une façon de jouer en Jamaïque.  Même si chaque groupe à sa couleur il y a des automatismes qui existent sans que l’artiste ait besoin de crier “Mix“ ou “One Drop“. Il y a des gestuelles ou des intonations qui permettent au band de comprendre ce qu’il doit envoyer derrière. On s’est mutuellement éduqués, j’avais tendance à ne pas parler entre les morceaux et à enchainer les tunes, ils m’ont appris  à poser plus mon show, à être confiant. Donc c’est un bel échange avec les musiciens. 

Cet été tu as joué au Reggae Sun Ska (voir le live de sa performance ici), qui est le plus gros festival de reggae en France. Etait-ce important et comment as-tu appréhendé la date ?
Il s’agissait d’un de mes objectifs, mais je n’étais pas du tout sûr de moi pour ce concert. Car je sais que dans ce genre de festival tu vas à la rencontre d’un public de puristes auxquels les nouvelles tendances musicales parlent moins. Mais j’ai beaucoup apprécié la manière dont ils m’ont accueilli sans a priori, ils ont jugé la performance. Et peu importe le style du morceau joué, qu’il soit reggae, rap ou  lover le public a réagi à l’énergie qui se dégageait sur scène. Il s’agit d’un des concerts où j’ai pris le plus de plaisir.

On te voyait quand même assez peu en salles de concert mais là le 21 décembre tu vas faire le Zénith de Paris !

On gravit les échelons au fur et a mesure. On agit en fonction des opportunités.  On a fait le tour des petites salles de France, sur Paris on fait les salles mythiques comme notamment l’Olympia, la Cigale ou le Zenith le 21 décembre. On accentue au fur et a mesure la capacité, on commence à être bien rodé, on va s’attaquer à des festivals mythiques comme notamment le Summerjam, que je regardais il y a encore quelques années sur youtube !

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