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Mista Savona - Interview Havana Kingston Mista Savona - Interview Havana Kingston
30/10/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju Lion

Le projet insolite Havana Meets Kingston porté de main de maître par l’australien Mista Savona sort ce vendredi 3 novembre (Baco Records). Comme son nom l’indique le concept de l’album est de se faire rencontrer de grands artistes de deux des plus grosses îles que composent les grandes antilles : Cuba et la Jamaïque. Inutile d’ajouter que ce projet est au moins le rêve d’à peu près n’importe quel producteur passionné par les musiques caribbéennes ! En attendant de pouvoir admirer ce mélange de cultures musicales sur scène en France (on l’espère prochainement), Reggae.fr vous propose une rencontre avec l’initiateur et l’orchestrateur de ce magnifique album, Mista Savona.

Reggae.fr : Peux-tu commencer par te présenter pour les lecteurs français qui ne te connaissent pas ?

J'ai grandi à Melbourne en Australie dans une famille aux origines maltaises et australiennes. Je me suis mis à jouer du piano à l'âge de six ans et j'ai vite développé une obsession pour la musique. J'ai fait des études de composition et d'interprétation dans les Universités de Melbourne et de Glasgow et peu de temps après, je me suis mis à produire du dub et du hip-hop. J'ai sorti deux albums en Australie en 2001 et 2003 et je suis ensuite parti en Jamaïque en 2004 pour mieux m'imprégner de la culture et de l'histoire du reggae et du dancehall. C'était un voyage incroyable qui a donné naissance à mon troisième album Melbourne Meets Kingston. Après de nombreux autres voyages en Jamaïque et trois albums plus tard, j'ai mis les pieds pour la première fois à Cuba en 2013... Ce qui m'amène à répondre à vos questions aujourd'hui.



Justement, présente nous ce projet pour le moins original Havana Meets Kingston.
L'album sortira le 3 novembre dans le monde entier. C'est une rencontre entre de grands musiciens cubains et jamaïcains. J'ai eu cette idée dès mon premier voyage à Cuba en 2013. Je suis retourné en Jamaïque en 2015 pour embarquer avec moi Sly & Robbie, Bongo Herman, Bo-Pee et Bugzy et nous avons passé dix jours aux studios Egrem à La Havane, précisément là où Buena Vista Social Club avait été enregistré vingt ans plus tôt. Quelques-uns des tout meilleurs musiciens cubains sont passés nous voir et ont participé aux enregistrements, dont des membres de Los Vana Van, Buena Vista, Havana Cultura, Afro-Cuban All Stars et bien d'autres. On a passé dix jours extraordinaires et le résultat est magique.


D'où t'est venue l'idée ?
J'étais assis dans un café à La Havane, sur une grande place appelée Chanchurello. Le patron passait de la rumba, une musique traditionnelle cubaine principalement basée sur des percussions. J'étais dans mes pensées et je m'imaginais ce que pouvaient donner des percus nyabinghi sur ce genre de son. Je me suis vite rendu compte que ça pourrait être intéressant de mixer ces deux styles et je me suis demandé si cela avait déjà été fait. J'ai fait quelques recherches en rentrant en Australie et je me suis aperçu qu'aucun projet n'avait jamais réuni des musiciens cubains et jamaïcains. C'est là que j'ai commencé à réfléchir comment mettre à bien ce projet.

Cuba et la Jamaïque sont si proches l'une de l'autre. Comment se fait-il que personne n'ait jamais eu cette idée auparavant ?
Je pense que la révolution cubaine et l'embargo américain ont rendu les voyages entre les deux îles très compliqués, ce qui n'était pas le cas avant. Il y a aussi la barrière de la langue qui n'a pas aidé les choses et les réalités économiques des deux îles. Enfin, Cuba et la Jamaïque ont chacune produit des univers musicaux très distincts et représentatifs de leurs propres cultures. On parle de cultures musicales tellement riches qu'elles contiennent elles-mêmes de nombreux sous-genres et sont complètement indépendantes.



Tu as impliqué beaucoup de musiciens des deux îles. A quel point était-ce difficile de les rassembler ?
Les Jamaïcains étaient excités à l'idée de visiter Cuba et les Cubains étaient très curieux de se lancer dans cette aventure. Ça n'a pas été si compliqué. La force du projet et les opportunités que cela offrait aux musiciens ont rendu les choses très faciles et tous les artistes impliqués étaient très enthousiastes.

Quel a été ton rôle pendant l'enregistrement et au-delà ?

J'ai esquissé et arrangé tous les riddims, j'ai dirigé les musiciens et j'ai produit moi-même les sessions. J'ai aussi joué du piano et de l'orgue aux côtés du génie cubain Rolando Luna. On a presque tout enregistré pendant ces dix jours en juillet 2015 et j'ai ensuite passé environ six mois à compléter l'album avec des sessions entre Santiago de Cuba, La Havane, Kingston et Londres. J'ai ensuite mixé moi-même l'album. Je suis vraiment celui qui a pensé ce projet de A à Z en tant que compositeur, arrangeur et producteur, mais je dois dire que tous les musiciens qui ont participé à l'aventure ont un rôle très important dans la création car je les ai laissés très libres d'ajouter leurs touches personnelles. Et ils l'ont tous fait à merveille.

On sent bien que tu n'as pas impliqué que des artistes de la vieille école n'est-ce pas ?

Oui. Il y a plus de soixante musiciens qui ont participé à cet album et leurs âges vont de 18 à 80 ans. J'ai fait attention à représenter à la fois les jeunes talents des deux îles, et à la fois des aînés et des grandes figures musicales comme Changuito et Barbarito de La Havane et Ernest Ranglin et Bongo Herman de Kingston.



Est-ce que certains se connaissaient ou du moins avaient entendu parler des autres musiciens ?
C'est arrivé oui. Mais rappelez-vous que Cuba a été coupé du monde pendant très longtemps. Il y a une scène musicale incroyablement riche à Cuba que peu de gens en dehors de l'île connaissent ou comprennent. Ça commence à changer puisque Cuba s'ouvre de plus en plus au monde et que l'accès à internet se développe de mieux en mieux. Pour ce qui est de la Jamaïque, c’est un peu pareil dans le sens où les artistes yardies sont si productifs qu'il est difficile de suivre à fond l'actualité de la musique et l'arrivée de nouveaux talents à moins d'être sur place.



Il n'y a pas que des vocaux sur cet album... A quel point était-ce important pour toi d'inclure des titres uniquement instrumentaux ?
Le titre instrumental 410 San Miguel, joué par Ernest Ranglin, est absolument sublime. En tant qu'instrumentalise moi-même, et travaillant avec des légendes de la musique, il était important pour moi de les laisser exprimer leur talent et leur génie.

Il y a plusieurs reprises de classiques cubains, mais un seul jamaïcain n'est-ce pas ?
Oui c'est Positive Vibration de Bob Marley. C'est une version fantastique interprétée par Randy Valentine, Anyilena et des membres de La Armada. C'est un de mes morceaux préférés de l'album.





Bien que les styles cubains et jamaïcains se marient sur certains titres, on a repéré quelques morceaux 100 % cubains et 100 % reggae...
C'est vrai. Cet album est un mélange de cultures, mais je ne me suis imposé aucune règle. Tout s'est fait naturellement. Mon rôle de producteur était de m'assurer de la qualité de la musique, guider les musiciens pendant les sessions mais aussi les laisser libres de s'exprimer.

Aura-t-on la chance de voir ce projet prendre vie sur scène ?
Oui ! On est actuellement en tournée en Australie avec Solis et Randy Valentine en configuration sound system et on envisage une tournée mondiale avec un groupe au complet en mars prochain.



Quel sera ton rôle sur scène ?
Comme pour l'album, je serai en quelque sorte le chef d'orchestre et je jouerai des claviers sur scène.

On sent un véritable engouement en Europe pour cet album. Comment ce projet est-il accueilli en Australie ?
J'ai l'impression que le milieu musical australien est assez fier que ce projet ait été entrepris par un de leurs compatriotes. Mais cet album est un projet international qui a l'air d'être attendu dans le monde entier. Des gens de partout réagissent très positivement aux premiers extraits car ils ressentent l'amour et la joie qui ont été mis dans le projet. A l'heure où la plupart des gouvernements soulèvent la haine et divisent les peuples, on a besoin de projets comme ça qui rassemblent des humains de cultures différentes.

Plus d'infos sur le projet :
www.bacorecords.fr/artist/havana-meets-kingston-fr

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