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Ken Boothe - Interview Inna De Yard Ken Boothe - Interview Inna De Yard
10/11/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par LN ; Traduction : Ju-Lion

Il fait partie des plus grandes légendes de la musique jamaïcaine encore parmi nous. Ken Boothe a fait plaisir à tous les passionnés en intégrant le projet Inna De Yard en mars dernier. Et quelle ne fut pas notre surprise de découvrir, quelques mois après la sortie de The Soul of Jamaica, un album complet du concept acoustico-nyabinghi entièrement consacré à celui que Coxsone surnomma Mr Rocksteady dans les années 60. Le crooner y revisite ses plus grands tubes, de When I Fall in Love à Artibella en passant par Black Gold and Green et Speak Softly Love, sans oublier de dépoussiérer quelques titres plus obscurs de son répertoire. Le résultat offre un album majestueux, émouvant, frissonnant, bouleversant... Les adjectifs ne manquent pas ! On n'hésite même pas à parler de chef d'œuvre à l'écoute des cuivres lancinants, des percussions envoûtantes et du doux piano qui accompagnent la voix tout juste émoussée mais toujours touchante de Ken Boothe. Après plus de cinquante ans de carrière, le chanteur donne une seconde vie à ses classiques d'antan et prend un plaisir fou à les (re)faire découvrir au public français. De passage à Paris pour une date unique avec la team Inna De Yard fin octobre, il s'est entretenu avec nous pour revenir sur cette expérience unique...

Reggae.fr : Comment avez-vous été impliqué dans le projet Inna De Yard ?
Ken Boothe : J'avais déjà fait quelques titres avec Chinna Smith donc je connaissais le concept. J'aime cette idée de présenter l'essence de la création musicale. C'est comme une renaissance. Ça nous rappelle l'époque où on créait notre musique dans les tenement yards (ndlr : sortes de HLM dans les ghettos jamaïcains), là où on habitait. Ce projet d'enregistrement en acoustique et en extérieur rappelle beaucoup de souvenirs. Ce sont les gens du label qui ont choisi les chansons et ils ont choisi de très vieilles chansons donc là encore ça m'a replongé dans de vieux souvenirs. Et c'est génial de pouvoir entendre ces chansons avec des percussions nyabinghis. C'est différent. Il y a même un accordéon sur Artibella. C'est la première fois que j'enregistre avec un accordéon.

Si vous n'avez pas choisi les onze chansons de cet album, êtes-vous d'accord avec les choix du label ? Car votre répertoire est immense...
Oui ils ont choisi les bonnes chansons. Je m'en suis rendu compte quand je les ai chantées sur scène à Paris au Trianon. Le public a réagi de bonne manière à chacune d'entre elles. Je me demande s'ils n'avaient pas fait une enquête pour savoir quelles chansons plaisaient au public français (rires). Et ce que j'ai aimé dans leurs choix c'est aussi qu'ils en ont sélectionné certaines que je n'avais jamais revisitées ni même chantées sur scène. Par exemple Let the Water Run Dry ou African Lady.



Lesquelles avez-vous aimé le plus ré-enregistrer ?
Je n'ai pas de préférée car chaque chanson est différente. Je vois mes chansons comme des films avec des décors et des acteurs différents à chaque fois. Mon interprétation est différente sur chaque morceau donc je ne peux pas avoir de préféré. C'est le public qui a ses chansons favorites et c'est différent pour chaque personne.

Il y a une chanson qui ne fait pas partie de votre répertoire, c'est Rastaman Chant qui est un chant traditionnel rasta. C'est aussi le label qui vous a suggéré ce morceau ?
Non. En fait ils avaient choisi sept chansons et il en fallait un peu plus pour faire un album complet. Donc j'ai proposé moi-même trois autres titres et j'ai eu l'idée de faire aussi celle-là car on enregistrait avec des percussions africaines et je trouvais que ça avait du sens avec ces paroles.


"Je vois mes chansons comme des films avec des décors et des acteurs différents à chaque fois"


Avez-vous répété avec les musiciens avant d'enregistrer ?
Oui parce qu'on enregistrait en live donc on a dû faire quelques répétitions. On a aussi fait plusieurs prises, car comme on enregistrait dehors, il y avait parfois des bruits gênants. On avait un très bon ingénieur du son qui percevait tous les sons dérangeants et qui savait quand il fallait refaire une prise.



Vous nous parliez des souvenirs que ce projet a ravivé. Vous souvenez-vous des moments où vous avez écrit certaines de ces chansons. Black Gold and Green par exemple ?
Oui je l'ai écrite quand la Jamaïque est devenue indépendante en 1962. On avait décidé de faire cette chanson avec BB Seaton en utilisant les couleurs de notre drapeau. C'est une île si belle, je voulais que le monde entier le sache. Et je voulais aussi dire que les gens qui y viennent ou qui y vivent doivent avoir des âmes pures pour mériter une terre si belle.

C'est beau de pouvoir faire ce genre de chanson. Ce n'est pas possible dans tous les pays. Par exemple en France, aucun artiste reggae ne chante la beauté de la France ni la fierté d'être Français à cause de notre Histoire...
Mais vous savez, tous les Jamaïcains ne se rendent pas compte de la beauté de leur pays. Certains n'éprouvent aucune fierté d'être Jamaïcain. C'est pour ça qu'en ce moment, je travaille sur un album de musique pour enfants. J'ai toujours voulu faire ça dans ma carrière car j'aime les enfants, j'ai d'ailleurs beaucoup de petits-enfants moi-même. Il ne faut pas oublier les enfants, ce sont eux notre héritage.



Cette année, nous fêtons les 60 ans du label américain Stax. Il y a certainement des artistes de ce label qui vous ont influencé n'est-ce pas ?
Bien sûr, ils m'ont beaucoup inspiré. A une époque, j'allais souvent rendre visite à BB Seaton le matin et on s’asseyait pendant des heures à écouter Otis Redding, Wilson Pickett et tous les autres. Otis était mon préféré. Je chantais toujours ses chansons et à une époque, on m'appelait même Otis Redding en Jamaïque (rires).

Et quels sont les artistes que vous écoutez aujourd'hui ?
J'aime toujours autant Beres Hammond. C'est une vraie légende. J'aime bien aussi Romain Virgo, Christopher Martin et Chronixx car leur musique a du sens. Leurs paroles ont de la substance. Cette nouvelle génération a bien repris le flambeau. Grâce à eux, la musique jamaïcaine ne mourra jamais.

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