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Krak In Dub - Interview Amazonite Krak In Dub - Interview Amazonite
29/11/17 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion ; Photos : DR

Musicien et producteur hyperactif, Krak In Dub a une soixantaine de vinyles à son actif, sortis sur différents labels et dans des styles très éloignés. Il vient de sortir Amazonite, son premier album solo dans lequel il se concentre sur un univers entre reggae, dub et bass music. Rencontré pendant une résidence de création scénique dans le sud de la France, il revient avec nous sur l'élaboration de cet album, ses petits secrets, son identité et son parcours polyvalent.

Reggae.fr : Tu es actif depuis pas mal d'années, mais tu aimes bien brouiller les pistes en utilisant plusieurs noms ou différents labels. Peux-tu nous expliquer tout ça pour que les lecteurs comprennent bien qui tu es ?
Krak In Dub : Je n'ai pas vraiment plusieurs noms, mais c'est vrai que j'aime bien brouiller les pistes. Krak In Dub c'est mon nom de scène et mon nom de producteur. On m'identifie souvent sous le nom Fogata Sounds aussi, mais c'est en fait le nom d'un label qui est aussi un espèce de collectif monté avec Hugo Spartak qui était en fait Gom Jabbar à l'époque de son duo avec Puppa Leslie. Après, je signe sur tout un tas de label comme Galletas Calientes que j'ai créé il y a pas mal d'années. Krak In Dub est aussi le nom d'un label sur lequel je sors quelques vinyles et je bosse sur plein de petits labels d'amis. Il y a aussi 100 Fuegos qui est un sous-label de Fogata qu'on vient de créer et qui est dédié au format 7 pouces pour les singles et les séries. On vient justement de sortir le riddim Supa Saloon en deux 45T. C'est une instru qui apparaissait sur l'album de Troy Berkley, Upgrades, et qu'on retrouve sur mon album avec Ras Demo et enfin il y a un troisième tune inédit avec Chukki Starr qu'on a enregistré il y a deux ans pendant un week-end de permission alors qu'il était encore en prison !



Et donc Amazonite est ton premier véritable album solo sous ton nom Krak In Dub. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps après avoir sorti énormément de tunes à côté ?
Parce que tout se passait très bien pour moi en sortant des singles et des maxis. J'ai sorti plus de soixante vinyles jusqu'à aujourd'hui. La plupart sont des titres jungle, puis il y a eu un peu de break beat et des trucs plus latinos et enfin toute la partie reggae-dub avec Fogata. Toutes ces productions m'ont servi de carte de visite partout où j'allais jouer. Je n'avais pas vraiment besoin de faire d'album pour jouer toute l'année. Par contre, je ne jouais pas trop l'été. Pour moi l'été c'est les vacances donc on ne m'a jamais trop vu dans les festivals à part quelques plans avec des potes à droite à gauche, mais je n'ai jamais fait une vraie tournée d'été. Puis après toutes ces années sur scène, je me suis dit qu'il était temps de rentrer un peu dans le circuit des festivals. Et pour ça, il fallait que je sorte un album, que je fasse de la promo autour etc.

Le titre de cet album vient d'une pierre. Pourquoi ce titre ?
Déjà c'est un mot qui sonne bien je trouve. Ça me renvoie à mes origines sud-américaines puisque je suis Argentin. C'est vrai que l'Amazonie ne coule pas en Argentine, mais j'ai aussi grandi au Brésil... L'amazonite fait aussi référence à la jungle donc ça a résonné en moi de manière tellement évidente que je ne pouvais pas donner un autre titre à ce premier album. La musique était déjà plus ou moins produite quand j'ai choisi ce titre. Il me restait juste quelques voix à enregistrer, mais je n'ai pas forcément cherché à coller au thème de l'amazonite sur tous les titres, à part celui avec Pupajim, Iodine 53, qui répond un peu au titre de l'album d'une façon poétique.

Justement, Pupajim parle de l'iode comme une médecine dans son titre c'est ça ?
Oui, il a un rapport fort avec la mer, les océans et donc le sel. Il considère, et il a raison, que la mer est un élément très important sur notre planète et comme il est Breton, c'est sans doute très important pour lui. C'est venu de lui-même l'idée d'aborder ce thème-là. Je lui avais juste demandé de ne pas me faire un énième tune de sound system. Je voulais l'emmener sur quelque chose de différent, de plus poétique.



Tu donnes souvent des directives aux artistes que tu enregistres ?
Non pas forcément. Je ne suis même pas toujours présent. Par exemple, les deux tunes de Ras Demo qui sont sur l'album, je n'étais pas là. Il a enregistré Some People dans son coin quand il était au Canada et Dont' Feel No Way, on l'a enregistré chez moi à Montreuil, mais je suis allé lui chercher de la weed et le temps que je revienne, il avait presque terminé l'enregistrement ! Après ça dépend des artistes. Avec Troy Berkley, il y a une complicité qui s'est installée parce qu'on bosse ensemble depuis des années et des années. Donc on échange des idées. Mais je n'interviens pas trop en général.

On trouve des vocaux et des instrumentaux purs sur cet album. Quand tu commences à créer un riddim, tu sais déjà s'il va accueillir une voix ou pas ?
Non pas du tout. Quand je commence, je ne sais même pas quel style ça va être. Ça se décide naturellement. Sur l'album il y a par exemple des riddims que Troy Berkley voulait prendre, mais finalement ça ne s'est pas fait et du coup ils sont quand même présents en instrumentaux. Je tenais à ce qu'il y ait des plages musicales de respiration et ne pas enchaîner uniquement des chanteurs. J'aurais pu multiplier les featurings avec des noms prestigieux mais j'ai aussi tenu à travailler avec des gens proches, des artistes qui sont aussi des amis, avec qui ça se passe bien humainement et qui ont tous un grand talent.



On retrouve Echo Minott sur un tune jungle. Tu lui as présenté l'instru telle qu'elle ou tu l'as transformée en jungle après qu'il ait enregistré sur quelque chose de plus classique pour lui ?
Il a enregistré sur le riddim tel que vous l'entendez sur l'album. On a fait ça il y a trois bonnes années déjà. C'est même lui qui m'a demandé de lui fournir un titre jungle.

On peut facilement faire passer des messages avec une voix, mais comment fait-on uniquement avec de la musique ? Considères-tu que tu véhicules des messages avec tes instrus ?
Ce n'est pas la musique en elle-même qui fait passer le message, mais la façon dont moi je véhicule la musique. La façon dont je me déplace, la manière à laquelle je partage ma musique avec le public, la façon d'en faire la promotion etc. Je mets en avant la musique avant de me mettre en avant moi. « Promote music, don't promote yourself », c'est un de mes leitmotiv. Il faut se rappeler que ce qui compte c'est le résultat musical et pas l'apparence. Il faut être volontaire aussi. Par exemple certains organisateurs ou festivals ont des petits budgets ou développent des formes alternatives d'expression, il faut toujours faire l'effort d'aller vers eux. Ce n'est pas parce que tu fais des grosses scènes qu'il faut arrêter d'aller dans des évènements plus undergrounds et militants. Je considère qu'il faut continuer à soutenir les petites salles, les associations. Pour moi c'est indispensable et c'est ma façon de véhiculer un message.

Il y a un morceau qui porte le nom d'une formule mathématique, S=k log W. Tu as un passé scientifique ?
Oui, j'ai commencé des études de médecine et j'ai toujours été un fan de science fiction et il y a plein de petits clins d’œil à tout ça dans l'album. Déjà dans le titre, Amazonite, il y a le deuxième A qui est barré sur le haut, c'est ce qu'on appelle le non-A. Ça vient d'un roman écrit par E.A. Van Vogt qui s'appelle Le Monde du non-A. C'est l'histoire d'un monde non-aristotélicien qui a inspiré des mathématiciens et des chercheurs et qui a engendré en quelque sorte la théorie de la sémantique générale. C'est-à-dire une façon différente de concevoir le monde en renommant les choses comme elles sont dans un temps donné. C'est tout un délire qui m'intéresse et auquel je fais référence dans l'album. Il y a aussi une petite phrase cachée sous le CD qui vient d'un scientifique qui s'appelle Korzysbki : « La carte n'est pas le territoire ». C'est la formule consacrée de la sémantique générale.

Et cette formule mathématique alors ?
S=k log W c'est la formule de l'entropie. Ce serait un peu compliqué à expliquer et en plus il n'y a pas de rapport particulier avec la musique. A la base, c'était même le titre d'un autre morceau qui n'est finalement pas sur l'album donc je l'ai donné à ce tune pour pouvoir faire ce petit clin d’œil.



Tu fais tout toi-même, mais tu fais parfois appel à des musiciens. C'est le cas sur cet album n'est-ce pas ?
C'est vrai. J'ai enregistré moi-même la plupart des voix, je crée les riddims bien sûr et je m'occupe du mixage et du mastering. Il y a effectivement des musiciens sur cet album comme Hugo et Brice de Fogata qui se sont occupés de certaines basses et de quelques claviers. Sinon, il y a Dubamix qui joue des cuivres depuis longtemps sur mes prods, ici il a fait des chouettes saxo sur Some People notamment. Et j'ai aussi envoyé à Dubmatix le morceau ska qui s'appelle Stop avec Jamalski. Il m'a renvoyé une piste de basse, une piste d'orgue et des guitares et j'ai édité tout ça.

Tu ne joues pas d'instrument toi-même ?
Moi je suis batteur à la base, mais j'ai arrêté d'être instrumentiste en 1996, le jour où j'ai touché mes premières platines. J'ai pratiqué de moins en moins fréquemment jusqu'à carrément l'abandonner donc je laisse ça aux autres. Je reste musicien mais je ne suis plus instrumentiste à proprement parler.



On imagine que tu vas défendre cet album en live. Comment tes morceaux prennent-ils vie sur scène ?
Je suis en live set et pas en DJ set. C'est-à-dire que je ne me contente pas de jouer mes morceaux, je les ai tous en multi-pistes et je les dub en direct. Quand j'ai plusieurs vocaux sur une même instru, je les enchaîne, je crée des boucles avec les refrains que je peux appeler à n'importe quel moment, ensuite je dub les vocaux et je laisse l'instru à mon MC si j'en ai un avec moi. J'ai fait une résidence avec mon équipe pendant laquelle on a beaucoup bossé sur les lights et sur l'insertion de vidéos en fond de scène. Ça donne une autre dimension au show quand on joue sur scène. Après, il arrive qu'on soit en sound system. C'est une autre discipline mais on peut y prendre le même pied quand l'ambiance décolle dans le public. J'aime vraiment les deux. On a hâte de présenter ça au public maintenant !

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