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Dubmatix - Interview Overdubbed Dubmatix - Interview Overdubbed
26/02/18 - Auteur(s) : Propos recueillis par LN ; Traduction : Ju-Lion ; Photo DR

Il y a tout juste un mois, Dubmatix nous livrait un nouvel album annonçant une collaboration et un titre très prometteurs : Sly & Robbie Meet Dubmatix – Overdubbed. Le résultat est excellent et d’une grande qualité de production : dix-sept titres dub de Sly & Robbie revus et corrigés par le beatmaker et producteur canadien. L’opus est dense en termes d’influences, de tempos et de styles. On en parle avec Dubmatix...

Reggae.fr : Peux-tu nous expliquer le choix du titre Overdubbed ?
Dubmatix : L'idée est venue de Nicolai Beverungen, le patron de mon label Echo Beach. Le concept était simple : choisir quelques titres des deux derniers albums dub de Sly & Robbie et les remixer, leur donner une nouvelle vie, apporter quelque chose de nouveau. Le titre Overdubbed était tout trouvé, d'autant plus qu'en avançant dans le projet, il s'est avéré que les changements opérés sur les morceaux sont allés bien plus loin que de simples dubs ou remixes. Certaines chansons ont été presque maltraitées jusqu'à ce qu'on ne reconnaisse même plus les originales.

A quel point Sly & Robbie sont-ils importants pour toi ?

Sly & Robbie sont des légendes. Ça a été un honneur et un privilège de pouvoir travailler sur leurs productions. C'est une paire de musiciens historique. Je ne pouvais pas laisser passer cette opportunité.

Les as-tu déjà rencontrés ?
Pas encore, mais j'espère que ça arrivera bientôt. Grâce aux technologies modernes, on peut travailler sur un album comme celui-là sans avoir besoin de prendre un avion pour être ensemble dans le même studio. On peut tout faire par internet très rapidement. Mais j'espère vraiment me retrouver un jour en studio avec eux deux pour voir comment ça se passerait.



En écoutant l'album, on a l'impression que tu as construit chaque morceau autour du rythme de la batterie, ce qui est normal quand on s'attaque à la musique de Sly & Robbie. Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de création ?

C'est exactement ça. J'ai enlevé tous les éléments musicaux pour ne garder que la basse/batterie et parfois quelques percussions faîtes par Scully Simms. Comme il s'agissait déjà de morceaux extraits d'albums dub, mon but était d'emmener la musique vers quelque chose de totalement différent et d'explorer un univers musical plus vaste. La base de chacun des titres se situe vraiment dans le cœur des morceaux, c'est-à-dire le couple basse/batterie. C'est ce couple qui a orienté le style, le groove, les changements de tempo, les notes et les éventuels changements que j'ai opérés. J'ai créé différents sons et ambiances et j'ai appelé plusieurs musiciens pour m'aider à réaliser tout ça autour de la basse et de la batterie.

N'as-tu pas été étonné par la modernité du travail de Sly & Robbie ? Les onze titres que tu as choisis semblent indémodables...
Quand j'ai choisi les onze morceaux, j'ai surtout fait attention à en sélectionner des différents en termes de tempos et de styles. Je ne voulais pas seulement que ce soit un challenge pour moi, mais aussi que cela soit intéressant pour l'auditeur. Quand tu écoutes leur musique, les rythmes sont tous différents mais ils sonnent tous terriblement bien. Sly & Robbie sont des maîtres en matière de groove.

 

"Certaines chansons ont été presque maltraitées"


Comment as-tu travaillé sur le titre Communication Breakdown en feat avec Jay Spaker ? Sur ce titre, on ressent vraiment la chaleur d'une nuit jamaïcaine !
Au début, ça devait être un titre instrumental, mais j'avais en stock plusieurs samples de voix de Jay Spaker. Je me suis amusé avec, j'ai testé plusieurs choses jusqu'à arriver à un truc qui sonnait vraiment bien avec l'instru. J'ai donc pris contact avec Jay pour lui proposer d'enregistrer sur l'instru avec sa voix soprano, façon Congos. Il a accepté et il a fait un travail incroyable.



Le titre Dirty Flirty avec Pato Irie est tellement dense. Comment en-es tu arrivé à un tel résultat ?
En fait, cela faisait longtemps que je voulais travailler avec Pato Irie, le leader d'un groupe de percussions ici à Toronto qui s'appelle T.Dot Batu. C'est une batucada très puissante. Quand j'ai commencé à bosser sur Dirty Flirty, j'avais envie d'y ajouter une touche afro-brésilienne. Et comme Pato habite dans le même quartier que moi, on a chargé toutes ses percussions dans un camion et on les a ramenées à mon studio. On a tout enregistré en quelques heures seulement. C'est quelqu'un de très professionnel qui savait exactement quel groove amener à quel moment. C'est vraiment lui qui a apporté cette touche incroyable.

Et comment s'est faite la collaboration avec Prince Alla, Screechy Dan et Megative sur Smoothie ?
Smoothie s'est fait par chance. C'est l'un de ces moments musicaux inattendus que j'adore. Pour Megative, ils étaient de passage à Toronto pour leur tournée et ils sont venus passer un moment au studio juste comme ça pour chiller. Je leur ai joué le morceau juste pour leur faire écouter, puis je l'ai laissé tourner en boucle et je me suis absenté pour voir ce qu'ils allaient faire. Ils ont commencé à improviser et ils ont spontanément enregistrer eux-mêmes. Ils ont enregistré beaucoup d'instruments et d'idées différentes. Quand ils ont eu fini, je me suis amusé à assembler tout ça pour en faire un morceau. C'était vraiment un moment magique qui contribue à faire de ce morceau ce qu'il est.

Sais-tu si Sly & Robbie ont aimé l'album ?
Je sais juste qu'ils l'ont reçu pour le moment.

Certains titres pourraient largement être utilisés dans des films, par exemple Dictionnary et Great Escape. As-tu déjà pensé à travailler pour le cinéma ?
Bien sûr ! J'y travaille actuellement justement. Je suis en train de réaliser des morceaux pour la télévision et le cinéma. J'aime tous les types de musique donc ça ne me fait pas peur.



Quelle est ta plus grande fierté par rapport à cet album ?
Juste avant de commencer à travailler dessus, j'ai décidé de réorganiser mon studio et de changer l'équipement pour essayer d'obtenir un nouveau son. Je me suis équipé en matériel analogique et j'ai viré tout ce que j'avais en midi. Ensuite, j'ai travaillé avec de vrais musiciens très talentueux qui m'ont aidé à façonner les morceaux. Ils ont tous joué un rôle très important dans l'élaboration du son de cet album. J'ai tenu à ce qu'ils jouent en live toutes leurs parties. Les guitares, les synthés... Tout est joué en live. J'ai apporté des modifications après certes, mais aucun instrument n'a été créé de manière numérique. Je pense vraiment que ça a apporté une texture particulière, une chaleur et un côté réel à la qualité de l'album.

Prévois-tu de défendre cet album en live ?
Ce serait génial, mais ça représenterait un énorme challenge d'essayer de recréer cet album en live. Il faudrait faire ça avec un groupe au complet d'une vingtaine de personnes environ ! Mais qui sait ? Peut-être que ça arrivera...

C'est vrai qu'on a plutôt l'habitude de te voir seul et la plupart du temps en configuration sound system. Que représente cette culture pour toi ?
Le dynamisme, la communion et l'harmonie.



Te souviens-tu de la première fois où tu es allé en sound system ?
A Toronto, la culture sound system n'est pas aussi vivante qu'en Europe. Mais quand j'ai découvert ça chez vous, ça a changé ma manière d'entendre et de produire de la musique. J'ai ressenti les subs physiquement, j'ai découvert plein de styles de reggae qui n'étaient pas arrivés jusqu'à chez nous au Canada et j'ai rencontré beaucoup d'artistes et de gens géniaux. Le sound system est LE mouvement qui maintient le reggae vivant. Il pousse les producteurs à créer et les fans à soutenir. Et il rassemble les gens dans une expérience collective unique. Quoi de mieux ?

Te souviens-tu du premier album que tu as acheté ?
Pas facile ! Ça remonte à quelques années ! Je me souviens avoir acheté l'album Combat Rock des Clash quand il est sorti, mais j'avais déjà des albums des Beatles et de Police à la maison. Mes parents avaient aussi tous les album de Bob Marley.

Et la première fois que tu as entendu du reggae ?

Ma mère était une énorme fan de Bob Marley. J'en ai écouté toute mon enfance à la maison. Je me souviens d'avoir copié Jammin sur une cassette en 1981 et de l'avoir écouté en boucle pendant un mois avant d'explorer le reste de la musique de Marley.  Je me souviens qu'avec un ami, on avait rassemblé 24$ pour acheter l'album Foundation sur lequel il y avait Gregory Isaacs et plein d'autres chanteurs sur le même riddim. C'était très cher pour nous qui avions 15 ans à l'époque, mais on le voulait vraiment et du coup, on le gardait chacun chez soi une semaine sur deux.

Si tu n'avais pas été musicien, qu'aurais-tu fait ?
J'aurais fait du graphisme. J'aime tout ce qui est créatif et je fais de la création visuelle depuis des années. J'ai dû réaliser à peu près 75 pochettes d'albums et j'ai bossé sur quelques sites web aussi.

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