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Lt. Stitchie - Interview Masterclass Lt. Stitchie - Interview Masterclass
11/04/19 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion ; Photos DR

Pionnier du fast style en Jamaïque, Lieutenant Stitchie fait partie des légendes du dancehall. Particulièrement adulé dans les années 80, il n'a jamais cessé d'être actif et joue sur deux tableaux depuis le début des années 2000 : le dancehall hardcore et le gospel. Deux univers a priori très éloignés mais pas incompatible pour lui qui persiste à envoyer des messages positifs et pieux dans sa musique. Son nouvel album Masterclass sort le 12 avril et est le parfait exemple de cette musique à la fois agressive et bienveillante. Le Dancehall Governor prouve qu'il est encore particulièrement affûté vocalement parlant. Reggae.fr l'a rencontré pour évoquer sa longue carrière jonchée de succès et de revirements de situation...

Reggae.fr : Il paraît que ton nom Lieutenant Stitchie vient d'une erreur d'impression sur le macaron d'un disque...

Lt. Stitchie : Oui c'est vrai. D'abord, je m'appelais Ranking Noseworthy. Puis je l'ai changé en Citrus qui est devenu le diminutif Sitchie. Et sur l'un de mes premiers disques, on a décidé de mettre Lieutenant Sitchie sur le macaron. J'ai obtenu le nom Lieutenant en gagnant des compétitions de deejay. J'ai d'abord été un soldat, puis un caporal et un sergent avant d'être promu lieutenant. Donc on a voulu marquer Lieutenant Sitchie sur le disque, mais l'imprimeur a fait une faute en écrivant Stitchie. Et le nom est devenu populaire donc on l'a gardé.



A l'époque, plusieurs deejays se nommaient en référence à des grades militaires. Tu t'es inspiré d'eux ?
Oui comme Brigadier Jerry ! C'était l'un de mes mentors. J'étais absolument fasciné par ces noms. Il y avait aussi Colonel Josey Wales, Ranking Joe... En fait, Brigadier Jerry et Ranking Joe sont mes deux deejays préférés, donc c'était normal pour moi de prendre un nom comme ça. Mais je ne l'ai pas choisi tout seul, c'est le public qui m'a couronné Lieutenant après que j'aie remporté plusieurs compétitions de deejay. Et plus tard, parce que je n'ai jamais perdu une confrontation face à un autre deejay, on a commencé à m'appeler The Governor. C'était à l'époque où j'étais sur le label Stereo One.

Tu as commencé dans les sound systems ou en studio ?
Dans les sound systems man ! Je n'avais jamais imaginé que j'irai un jour en studio, même si j'en avais envie. J'ai commencé avec le sound de ma communauté à Spanish Town. Il s'appelait D Jango. J'ai commencé à faire le deejay dans mon quartier à St Johns Road avec eux. Puis j'ai eu l'opportunité de prendre le micro avec un plus gros sound qui s'appelait City Light. Après, j'ai intégré l'équipe de Lightning Super Mix et enfin celle de Stereo One.

 

« Pour moi, un artiste dancehall, c'est un artiste qui a roulé sa bosse dans les sound systems. »

 

Quels étaient les deejays que tu côtoyais à l'époque dans les sounds ?
Il y en avait plein. Il y avait General TK, Major Worries, Jonathan Wolfman, Anthony Red Rose, Monks Man, Bull Man, Likkle Mickie et Danny Mickie, c'était le genre de deejays avec qui je traînais tout le temps dans les soirées. Il y avait aussi Daddy Blue, Ricky Stereo, Captain Barkey, Wickerman, Courtney Melody, Little John ou encore Bandy Loo, le grand frère de Mr Vegas. Et plus tard, j'ai rencontré Lady Saw dans une soirée à St Mary et je l'ai présentée au crew de Stereo One et c'est à partir de là que sa carrière a commencé. Elle se débrouillait très bien en sound system et elle est devenue une très grande artiste.

Quels étaient tes modèles, tes idoles ?
Comme je l'ai dit, Brigadier Jerry et Ranking Joe. Ce sont deux deejays très importants avec une originalité et une créativité, un style bien à eux, ce genre de fast style. J'étais fasciné par leur élocution et c'est à partir d'eux que j'ai développé mon propre fast style. Je suis majoritairement influencé par Brigadier Jerry et Ranking Joe et je leur attribuerai toujours ce crédit car ce sont de grands artistes du dancehall pour lesquels j'aurai toujours le plus grand respect. J'aime aussi beaucoup Josey Wales et Charlie Chaplin. Josey Wales a tellement de hits et il n'a jamais fait de paroles sexuelles ou violentes. Et il est toujours actif et efficace aujourd'hui sur scène. Ce sont des artistes que je respecterai toujours.

Toi en revanche, tu as fait un peu de slackness durant ta carrière...
Je ne parlerais pas vraiment de slackness, mais plutôt de musique suggestive (rires). J'ai écrit des chansons avec des double-sens, mais je ne fais jamais de slackness pur et dur avec des paroles crues. Je laisse toujours une ambiguïté qui donne le choix à l'auditeur de comprendre ce qu'il veut. C'est ma façon d'écrire. J'ai toujours cru en l'humour dans la musique. Tout comme j'ai toujours considéré qu'il était important de faire des commentaires sociaux, d'éduquer, de divertir et d'informer le public. Ça fait partie de mon style. A l'époque, l'important était de faire de bonnes rimes. Mais quand je suis arrivé dans le milieu, j'ai apporté quelque chose de différent et j'ai changé le monde du dancehall. Au lieu de simplement trouver des rimes, je racontais une histoire avec un début, un milieu et une fin. J'utilisais des figures de style comme des métaphores, des personnifications, j'employais aussi de nouveaux mots sortis du dictionnaire d'Oxford. Ça a amené le vocabulaire du dancehall à un niveau supérieur. J'ai aussi créé cette manière de bégayer sur un riddim tout en restant juste et en rythme. Je trouvais toujours des paroles claires, compréhensibles et très audibles que je délivrais à une vitesse où les gens pouvaient comprendre. Je pouvais aussi toaster très rapidement tout en restant audible. C'est quelque chose que j'ai créé moi-même. Et j'ai vu beaucoup de jeunes artistes imiter ça aujourd'hui. L'imitation est l'une des plus belles formes de flatterie et j'aime bien voir des jeunes qui apprennent de moi pour développer leur propre truc.

Et comment Brigadier Jerry et Ranking Joe ont-ils accueilli ton style novateur ?
Eh bien, ils m'ont toujours témoigné beaucoup de respect. Ils ont aussi reconnu mon apport au mouvement dancehall. Leur soutien m'a aussi permis de sortir du lot parmi tous les deejays qui traînaient avec Stereo One. Ils m'ont emmené partout et ensemble on est devenus l'un des meilleurs sounds au monde en matière de clash. Je suis aussi le premier artiste danehall à avoir signé chez Atlantic Records, une boîte d'édition américaine. Si ça ce n'est pas de la reconnaissance pour ce que j'ai fait, je ne sais pas ce que c'est (rires). Je suis le premier artiste dancehall à être entré dans les charts Billboard avec Dress to Impress. Tout ça m'a aussi permis d'être le premier artiste à exporter la culture dancehall en Allemagne et dans toute l'Europe en 1989 et d'expliquer aux gens ce qu'était le dancehall à l'époque. Car beaucoup croyaient que c'était juste une mode, mais moi je savais que ça pouvait durer. Et regardez comme c'est important aujourd'hui. Pour moi, faire partie de ceux qui ont établi cette musique à un niveau international en l'emmenant dans des endroits où on n'en avait jamais entendu parler avant, c'est un véritable accomplissement. A Dieu soit la gloire.



A propos justement de cet humour inclus dans tes paroles, il paraît que tu as eu quelques problèmes avec des rastas à cause de la chanson Natty Dread n'est-ce pas ?
Oui c'est vrai (rires). C'était une totale incompréhension. En fait, je parlais juste de la manière injuste dont certains dreadlocks étaient traités par la société jamaïcaine à cause de leur choix de vivre et de parler différemment. Mais ça a été mal interprété et ça a créé une grosse controverse à l'époque. Je crois que seulement une poignée de rastas avaient compris ce que je voulais dire. Et quand j'ai fait cette chanson, je m'attendais à avoir des réactions complètement à l'inverse de ce qui s'est passé. Je ne pensais pas que les rastas se sentiraient offensés car ça aurait été stupide de ma part d'essayer d'offenser une partie de mes fans qui me soutenaient. J'ai vraiment été surpris de la réaction de certains rastas. Et je le dis encore aujourd'hui, ce n'était que de l'humour et je n'ai jamais eu l'intention de me moquer de qui que ce soit. S'il y en a qui se sentent encore blessés par cette chanson, je m'en excuse (rires).



Tu as pratiqué un autre métier avant de te lancer dans la musique n'est-ce pas ?
Je ne dirais pas que c'était avant de me lancer dans la musique, car la musique a toujours fait partie de ma vie. Depuis tout petit. Mais j'ai été à l'Université et j'ai obtenu le diplôme de professeur d'éducation physique et de biologie. Donc je suis professeur de métier. Et depuis 2012, j'ai même obtenu mon doctorat et j'ai écrit mon premier livre qui s'intitule The Power of Determination. C'est mon autobiographie. L’éducation a toujours fait partie de mes valeurs et je continuerai d'exercer. Je pense qu'on ne sait jamais trop de choses. Je prônerai toujours l'apprentissage et j'essayerai moi-même d'apprendre toujours plus de choses.

Tu as travaillé avec beaucoup de producteurs durant ta carrière. Quelle a été la collaboration la plus efficace selon toi ?
J'ai obtenu des succès avec beaucoup de producteurs, mais si je devais en sortir un du lot je dirais King Jammy's car c'est avec lui que j'ai eu mon premier hit. J'avais déjà travaillé avec deux autres producteurs avant qui avaient relevé le défi de me produire alors que personne ne me connaissait. Mais c'est bien avec King Jammy's que je me suis vraiment fait connaître avec Wear Yu Size. C'est un titre qui m'a ouvert beaucoup de portes, y compris à l'international. King Jammy's m'a aussi offert mon premier album. On le trouve sous deux titres : Wear Yu Size et Great Ambition. C'était Steely de Steely & Clevie qui m'avait présenté King Jammy's. Jammy's a cru en moi et je lui en serai toujours reconnaissant.



Aujourd'hui, tu travailles avec des producteurs du monde entier, y compris des Français !
Oui, j'ai travaillé avec Mistah P avec qui j'ai fait le morceau Warrior. Il y a aussi Irie Ites et j'ai enregistré pas mal avec Flash Hit Records, Alex et Manudigital. Manu a fait beaucoup de riddims de mon nouvel album Masterclass qui sort d'ailleurs sur un label français, X-Ray Productions. Les tunes faits avec Mistah P et Irie Ites sont présents dessus aussi. Il y a également des combinaisons avec mes amis Lukie D, Fantan Mojah, Agent Sasco, Ricky Stereo et Million Stylez.



Quelle est la couleur de cet album ?
C'est hardcore. C'est du dancehall. Le Stitchie original comme vous le connaissez. Avec un flow rapide, des paroles tranchantes et des nouveautés. On ramène le vrai dancehall dans le dancehall. Car j'ai remarqué qu'il y avait des gens qui mélangeaient les genres en appelant ça du dancehall alors que ça n'en était pas. Le dancehall est très hardcore. Je n'ai rien contre le mélange des styles, mais il faut juste trouver d'autres noms. Il ne faut pas appeler ça du dancehall si ça n'en est pas. Le reggae restera toujours le reggae et le dancehall est une tangente du reggae. C'est aussi le père du rap.

Mais il y a aussi un désaccord sur le terme dancehall. Certains artistes vétérans refusent de l'utiliser pour faire référence à un style de musique...
C'est vrai. A la base ce n'était pas un style de musique. Le truc c'est que ceux d'entre nous qui venaient de la basse société, du ghetto, on ne pouvait pas se permettre d'aller aux bals, là où les gens fortunés allaient danser. Donc on organisait des soirées dans des petites salles (halls). Ça on pouvait se le payer. Et dans ces soirées qui se tenaient dans des halls, il y avaient des disc jockeys qui ont commencé à toaster par dessus les chansons, par exemple pour présenter un titre, un artiste, un producteur ou un label. Et au fur et à mesure, ils se sont mis à retourner les disques pour écouter l'instrumental et poser de nouvelles paroles dessus. Comme cette pratique se faisait dans les dancehalls, le mot « dancehall » était sur toutes les lèvres, jusqu'à ce que ça devienne un genre de musique. Ça se passait de cette manière dans les ghettos et ça a toujours été notre musique, celle des gens du ghetto, pour exprimer notre besoin de changement de conditions de vie et pour délivrer notre message dans un langage que tout le monde comprenait. Ça s'est toujours passé comme ça et ça s'est développé au fil des ans.

Alors à quoi fait-on vraiment référence quand on parle d'un artiste dancehall ?
Ça dépend si vous parlez d'un artiste d'aujourd'hui ou d'un artiste de l'époque. A l'époque, on n'avait rarement l'opportunité d'accéder à un studio pour enregistrer. Il fallait faire ses preuves dans les sound systems, dans les dancehalls, et après seulement on te proposait parfois d'aller en studio pour enregistrer et graver un de tes titres sur un vinyle. Aujourd'hui, n'importe qui peut enregistrer une chanson dans sa chambre avec un ordinateur portable et un micro. Il n'a pas besoin de se faire remarquer en sound system. C'est ça la vraie différence entre mon époque et maintenant. Donc pour moi, un artiste dancehall, c'est un artiste qui a roulé sa bosse dans les sound systems.


A la fin des années 90, tu as entamé une carrière d'artiste gospel. Comment est-ce arrivé ?
C'était juste une époque où j'ai commencé à voir la vie de manière plus introspective. J'ai regardé mon parcours et je voulais savoir ce qui allait être l'étape suivante. Cette envie de gospel m'est venue aux funérailles de ma mère. Le pasteur avait fait un sermon avec un message qui disait : « si tu plantes du maïs, il germera et il poussera. Si tu plantes des haricots, ils germeront et ils pousseront. » Et ça m'a rappelé les enseignements des écritures saintes : « Que sert-il à un homme de gagner tout le monde s'il perd son âme ? » En tant qu'artiste, j'ai vécu des expériences formidables et je me suis demandé à quoi cela servait de vivre tous ces beaux moments si ce n'était que pour me glorifier moi-même et pas le Créateur qui m'a créé. J'ai commencé à me regarder intérieurement avec toutes ces questions en tête. Et quand le pasteur a parlé de germination, le professeur de biologie que je suis a tout de suite réagi. Car j'avais compris le processus de la germination selon lequel quelque chose doit mourir et être enterré pour qu'une nouvelle vie se crée. Donc j'ai regardé ma vie et je me suis demandé ce qui devait mourir et être enterré pour que quelque chose de nouveau naisse en moi. Et j'ai compris que c'était mon style de vie. J'utilisais le talent que le Créateur m'avait donné sans jamais vraiment Le glorifier Lui. Je me suis aussi rendu compte qu'il fallait être plus proche des autres. Le temps passe vite. Aujourd'hui nous sommes là, mais demain nous disparaîtrons. Il n'y a pas de temps à perdre à être égoïste. Si tu regardes ton passé, combien de secondes as-tu perdues ? Combien de minutes, combien de jours, combien de semaines, de mois et d'années as-tu gâchés à ne pas penser aux autres ? J'ai perdu des amis au fil des ans. Des gens comme Dennis Brown ou Trevor Junior plus récemment. Je ne veux pas mourir un jour sans avoir fait le maximum de bien autour de moi. Donc j'ai décidé de changer mon comportement pour améliorer tout ça et corriger les mauvaises choses en moi. Et j'y travaille encore aujourd'hui. J'ai fait cette transition le 7 août 1997 et depuis ce jour, j'essaye de corriger toutes les imperfections de ma personnalité.

Quelles décisions as-tu concrètement prises ce jour-là ?
De ne plus faire ce que j'avais l'habitude de faire. De changer ma façon de penser. C'est un processus qui prend du temps et je suis encore en plein dedans. Ce jour-là, le 7 août 1997, j'étais en route pour la soirée dancehall du Sumfest et je priais pour demander à Dieu de me permettre de faire un concert exceptionnel ce soir-là. Et à peu près 45 secondes après la fin de ma prière, j'ai eu un terrible accident. J'ai percuté un autre véhicule en pleine face. Tout le monde croyait que j'étais mort. J'avais du sang qui sortait de tous les côtés. Mais je suis quand même allé au Reggae Sumfest à Montego Bay et j'ai chanté. Ça a été le meilleur concert du festival. Et pendant que je répondais à des interviews en loges, un jeune de 15 ans est venu me faire un cadeau en me félicitant pour mon concert qu'il avait trouvé génial. C'était un petit livre. Une fois rentré à l'hôtel, j'ai vu que ce livre était en fait une Bible du Nouveau Testament des Gédéons. Je n'avais jamais lu une Bible comme celle-là. Elle te disait comment trouver de l'aide quand tu es perdu. C'est là que j'ai eu la conviction qu'il fallait que j'arrête de chanter et que j'emprunte un nouveau chemin. J'ai donc arrêté de chanter et je suis allé à l'Université pour me former à une carrière de médecin du sport.

Pendant combien de temps as-tu arrêté la musique ?
Pendant trois ans. Pas de musique du tout jusqu'en 2000 où j'ai sorti l'album Real Power, un album reggae gospel.

« Le dancehall n'est pas synonyme de violence et de sexe »

Avant de devenir un artiste gospel, tu étais un deejay. Savais-tu que tu étais capable de chanter aussi bien ?
En fait, j'ai commencé par le chant. Je chantais comme Dennis Brown. Dennis Brown était mon premier mentor. Mais comme j'avais des paroles humoristiques, ça passait mieux en toastant qu'en chantant. Mais le chant a toujours été présent en moi. J'ai aussi chanté dans le chœur de l'église à l'école et je représentais mon école primaire dans des compétitions de chant. J'ai toujours chanté. Mais le monde m'a découvert en tant que deejay. Et à partir du moment où j'ai dédié ma vie au Christ, cette qualité est réapparue chez moi et les gens ont commencé à m'entendre plus chanter.

Le dancehall est souvent vu comme une musique de voyou alors que le gospel est une musique très pieuse. Aujourd'hui, tu pratiques les deux. Tu fais des shows dancehall et des shows gospel. Est-ce vraiment compatible ?
Ah ! (rires) Je ne vois pas vraiment les choses de cette manière. Tout d'abord, je considère le gospel comme un véhicule des bonnes nouvelles du Christ. Je ne suis pas sûr qu'on puisse l'appréhender comme un style de musique. Pour moi c'est juste la transmission des expériences du Christ dont nous devons nous inspirer au quotidien. Donc nous nous devons d'exprimer ces bonnes nouvelles avec du dancehall. On doit propager ces bonnes nouvelles pour motiver les gens et leur faire comprendre que le dancehall n'est pas synonyme de violence et de sexe. Le dancehall est un style de musique au message positif et j'en suis le parfait exemple. Et je vous rappelle encore ce qu'a fait Josey Wales. Il a obtenu plusieurs hits N°1 et il a été plusieurs fois élu meilleur deejay de l'année sans jamais avoir fait de slackness. Apporter la bonne nouvelle du Christ dans le dancehall, je pense que c'est ce que nous avons de mieux à faire. Et c'est ce que je fais. Je pense que je suis un précurseur dans ce domaine et ça ne me dérange pas. Tout comme j'étais un précurseur dans les années 80 quand j'ai créé mes gimmicks fast style, aujourd'hui, je suis seul sur ce chemin, mais je suis sûr que ça deviendra la norme un jour. Je n'ai pas peur d'initier les changements. Tant qu'il y aura de la vie, il y aura toujours du changement.



Et ton histoire a un parallèle avec la conversion de Lady Saw au christianisme. Comment as-tu accueilli cette nouvelle et le fait qu'elle décide de renoncer au dancehall ?
C'est une histoire très heureuse. On en a parlé tout à l'heure, je suis celui qui ai présenté Lady Saw à Stereo One et c'est en quelque sorte moi qui l'ai introduite dans le milieu de la musique. Depuis ses débuts, je l'ai regardée évoluer et je prie sans cesse pour elle. Au fond de moi, j'ai toujours souhaité qu'elle vive la même expérience que moi. Cette expérience de joie et paix grâce au Christ. Et c'est enfin arrivé le 14 décembre 2015 quand elle a été baptisée. Moi j'avais été baptisé le 14 décembre 1997. Aujourd'hui, je suis un peu son professeur dans la foi. Je lui apprends beaucoup de choses sur les écritures saintes et ce que je ne sais pas, on le cherche ensemble. Je la trouve aujourd'hui beaucoup plus forte qu'à ses débuts. On s'apprécie beaucoup et on se respecte énormément l'un et l'autre. C'est quelqu'un de très timide, contrairement à ce qu'elle a pu montrer sur scène jusqu'à aujourd'hui. Elle est aussi très ambitieuse, mais très humble et très gentille. J'espère que d'autres artistes dancehall vont nous rejoindre dans ce mouvement qui consiste à propager un message d'amour à travers la parole du Christ. Mais je veux que les choses soient claires, je ne suis pas en train de faire une croisade religieuse. Je fais une croisade pour l'amour en utilisant la parole du Christ. Les religions ne font que diviser les gens alors que le Christ n'a jamais prôné la division. Aujourd'hui c'est lui que je veux imiter. C'est lui mon roi, mon seigneur, mon maître, mon ami.

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