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Dub Inc - Interview Millions Dub Inc - Interview Millions
01/10/19 - Auteur(s) : Propos recueillis par LN ; Photos : DR

Dub Inc commence fort l’automne avec un nouvel opus toujours aussi inspiré. Millions témoigne du talent du groupe à se servir de sa longévité pour briser toujours plus de frontières entre les styles, entre les mondes musicaux, entre les langues et même entre ses publics désormais basés aux quatre coins du monde, tout cela au service d’un message qui n’a jamais autant prôné la justice et la paix entre les peuples. On ne pouvait pas résister à l’opportunité de nous entretenir avec Zigo, batteur du crew, pour lui poser quelques questions sur ces 14 titres plus que réussis.

Reggae.fr : Dub Inc commence à avoir une certaine longévité et à chaque album on vous sent de plus en plus à l'aise et de plus en plus naturels...
Zigo : En fait ce qui vient avec le temps, c'est qu'on n'a plus grand chose à prouver. Au début, on était très attentifs aux retours du public, des médias et du milieu professionnel. Avec les années, on a appris à se libérer de ça et à aller à l'essentiel ; on ne fait que ce qu'on a envie de faire. Je le ressens de plus en plus. Quand on bosse en studio, rien n'est calculé et en plus nos méthodes de travail se sont peaufinées aussi avec le temps. Tout est très naturel. Aujourd'hui, on récolte les fruits d'années de travail acharné. Mais ça n'empêche pas qu'on travaille encore comme des fous. Cet album-là, on a mis neuf mois à le faire en étant en studio tous les jours !

Quelle a été cette méthode de travail justement ?
On est arrivés en studio avec une soixantaine de riddims qui venaient d'un peu tous les musiciens du groupe. On a pris un temps avec les chanteurs pour voir ceux qui les inspiraient le plus tout en faisant attention à ne pas sélectionner plusieurs fois le même type de riddims. On fonctionne toujours comme ça, mais la différence cette fois-là c'est qu'on a peut-être encore plus simplifié notre musique. On a compris avec le temps que l'essence de notre musique c'était le message. Donc on va à l'essentiel au niveau des riddims et ce qui est génial c'est que ça nous donne plus de liberté pour ajouter des détails sur le live. En ce moment on est en train de préparer le nouveau set pour la tournée et je ne me suis jamais senti aussi libre dans la création live.

Quelle est la chanson parmi les nouvelles que tu as le plus hâte de jouer en live ?
Il y a surtout Authentique qui est un morceau particulier avec un côté très raggamuffin, caribéen et surtout il est composé uniquement en accords majeurs, chose qu'on n'a pas trop l'habitude de faire. On a mis en place pas mal d'interactions avec le public sur ce titre donc je suis impatient de voir si ça marche. Il y a aussi A tort ou à raison qui a sa spécificité puisque c'est un titre sans refrain et c'est la toute première fois qu'on fait ça. C'est aussi un morceau très introspectif, mais au final la thématique parvient à toucher presque tout le monde donc je suis aussi très impatient de voir les réactions des gens quand on va le jouer sur scène. Sinon, cet été sur les festivals on a déjà joué On est ensemble et Dans ta ville qui ont très bien fonctionné. J'avais un petit doute sur Dans ta ville mais les chanteurs ont réussi à trouver une énergie qui correspond bien au live et donc on va le garder pour la tournée. On se laisse toujours la possibilité de changer le set quand on sent qu'un morceau fonctionne moins bien que ce qu'on s'imaginait. On va voir ce que ça va donner avec toutes ces nouvelles chansons.



Tu peux nous parler de la pochette de l'album qui est vraiment très réussie ?
L'histoire part d'un voyage qu'on a fait à Goma au Congo. Là-bas on a fait un des concerts les plus marquants de notre carrière. C'est un endroit classé rouge par le Quai d'Orsay sur la carte du monde. C'est même pas qu'ils déconseillent d'y aller, ils disent carrément qu'il ne faut pas y aller. Il y a les Casques Bleus dans la rue, c'est la guerre là-bas ! Mais c'est aussi un endroit où il y a des réserves de gorilles. Et on a rencontré l'artiste Justin Kasereka là-bas. Il fait plein de portraits dans ce style, des gens comme Lumumba, Mohamed Ali, Nelson Mandela... Et au milieu de tout ce qu’on a pu voir il y avait ce gorille sur lequel on avait tout de suite flashé. Sans se dire que ce serait la pochette du futur album on s’était mis de côté cette image dans la tête. Quand on a commencé à réfléchir au visuel de la pochette, on avait envie de mettre un animal en voie de disparition pour illustrer les problèmes écologiques qui sont au centre de tous les débats à notre époque. Au début, on a pensé à demander à Justin de nous faire un rhinocéros et finalement, pendant qu'on était en studio, on est tombés sur un reportage qui s'appelle Virunga et qui parle justement d'une réserve de gorilles dans la région de Goma. On y apprend que les entreprises de forage qui veulent avoir la main mise sur cette région ne peuvent pas y avoir accès justement grâce à ces réserves de protection des gorilles. C'est un peu le dernier rempart avant qu'on ne vienne piller le Congo de ses ressources. Tout ça a aussi fait écho au morceau En nous qui parle des gens qui risquent vraiment leurs vies pour des causes comme celles-ci. Finalement le dessin du gorille s'est imposé !

Et toi qui est passionné de tatouage. Est-ce que ce genre de dessin pourrait être tatoué avec tous ses détails ?
A mon grand regret, j'ai déjà le dos entièrement tatoué, sinon c'est clair que j'aurais fait ça ! Il faut au moins un dos complet pour pouvoir bien représenter tous les traits minutieux qui composent ce gorille. Mais je pense que je vais finir par me faire un gorille ressemblant à celui-là quelque part sur le corps (rires).

Ce dessin fait d'un nombre infini de traits renvoie aussi au titre de l’album Millions
C'est un terme tellement global que chacun peut l'interpréter à sa manière. On a toujours aimé avoir des titres d'album comme ça avec des mots ouverts. En plus c'est un mot qui se comprend dans n'importe quelle langue. Mais avant tout on a choisi ce titre parce qu'il y a un morceau qui s'appelle Millions et qui représente assez bien l’album.



C'est marrant parce qu'il y a aussi Million Stylez comme seul featuring sur cet album...
Oui, mais ça c'était pas vraiment calculé. C'est un gars qu'on adore depuis très longtemps et avec qui on avait essayé de collaborer par le passé, mais les emplois du temps ne l'avaient pas permis. On avait un peu laissé tomber l'affaire et sur cet album, on ne ressentait pas forcément le besoin d'avoir des invités. Mais quand on a fini le titre My Bro', on sentait qu'il manquait quelque chose pour en faire un vrai bon morceau bien complet. Et on a repensé à Million Stylez qui a tout de suite accepté. Ça s'est fait très facilement même si on n'a pas pu se retrouver ensemble en studio. Mais aujourd'hui avec les outils qu'on a, on peut communiquer très facilement et garder un côté très humain même sur des enregistrements à distance. Maintenant on a hâte de se retrouver quelque part pour faire le titre ensemble sur scène.

Le titre Millions est aussi très d’actualité avec la récente décision judiciaire dans l’affaire Balkany...
C’est clair !

L’actualité a toujours été au cœur des messages portés par Dub Inc. Sur le titre Nos armes, on sent que vous avez voulu rendre hommage au mouvement des Gilets Jaunes n'est-ce pas ?
Oui. Vous avez peut-être remarqué qu'on n'a jamais communiqué notre soutien sur nos réseaux sociaux pendant les manifestations des Gilets Jaunes. Pour nous c'était compliqué de se positionner face à ce mouvement car il regroupe tellement de monde que parmi ces gens, il y en a qui ne partagent pas du tout les mêmes idées que nous. Mais on a bien pris conscience que c'était sans précédent de voir un mouvement si important s'élever contre le gouvernement et le système actuel. Ajoutons à ça la répression policière qu'il y a eu pendant les manifestations ! On ne pouvait pas ne pas en parler, d'autant plus qu'on a créé l'album en plein pendant cette période-là. La France donne sans arrêt des leçons de morale aux autres pays, mais là on a bien vu ce que ça donnait chez nous.



Et le morceau Inès ? Est-ce un écho au titre collectif A travers les vagues que vous aviez fait en soutien à SOS Méditerranée ?
Ça pourrait, mais ce n'est pas le cas. Ça parle des droits des femmes et de leur libération. Mais Bouchkour a toujours aimé laisser planer le doute sur les thèmes qu'il aborde dans ses chansons. Il aime la réthorique ouverte, comme dans la poésie. Nous non plus dans le groupe on n'a pas compris tout de suite le thème du morceau et c'était déjà le cas sur l'album précédent avec Erreur du passé où chacun l'avait interprété d'une manière différente. Ça caractérise vraiment l'écriture de Bouchkour.

Bouchkour rend aussi hommage à une musique qui lui est chère sur l'album n'est-ce pas ?
Exactement. Sur le morceau Chaâbi. Le chaâbi c'est une musique traditionnelle d'Algérie qui a bercé l'enfance de Bouchkour. Le titre qu'on a fait est cindé en deux : une partie chaâbi et une partie reggae. Et pour la partie chaâbi, on a fait jouer des musiciens algériens incroyables. Par exemple, à la derbouka on a Rabah Khalfa qui a accompagné tous les plus grands artistes algériens. C'est une légende. C'est un peu le Sly Dunbar de la derbouka (rires). C'est un morceau important pour nous en tant que musiciens car une de nos influences principales depuis nos débuts c'est Gnawa Diffusion. Et je trouve que sur ce titre, on a réussi à jouer un peu comme Gnawa. C'est encore une autre étape dans notre façon de travailler.



Là vous partez en tournée en France et en Europe jusqu'à Noël. Quel est le programme pour 2020 ?
On est en train de travailler sur une grosse tournée à l'étranger. On va repartir en Amérique du Sud où on est déjà pas mal connus, mais on va aussi explorer de nouvelles contrées. Des endroits dans le monde où on n'a jamais mis les pieds. Ce qui est bien c'est qu'on a toujours cette envie. On est comme des gosses à chaque fois qu'on part en tournée. On a l'impression que ça fait seulement deux ans qu'on fait ça alors que ça fait vingt ans en fait !

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