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Donovan Germain - Interview Penthouse Donovan Germain - Interview Penthouse
10/10/19 - Auteur(s) : Propos recueillis par Ju-Lion ; Photos : Ninon Duret

Les années 90 furent incroyablement créatives en Jamaïque. Le renouveau du reggae combattant le dancehall a donné naissance à des artistes majeurs devenus aujourd'hui des légendes, rejoignant les grands noms des années 60 ou 70. Parmi ces artistes, un bon nombre sont passés par le studio Penthouse et ont été pris sous l'aile du producteur Donovan Germain. Buju Banton, Marcia Griffiths, Beres Hammond, Tony Rebel, Wayne Wonder, Cutty Ranks... L'écurie Penthouse était redoutable et terriblement productive. Les séries à rallonge et les singles à succès pleuvaient ! Toujours actif aujourd'hui dans une moindre mesure, Donovan Germain concentre toute son énergie dans le retour de Buju Banton, sorti de prison fin 2018. Il l'accompagne dans tous ses déplacements et était bien sûr présent avec le Gargamel lors de son passage au Reggae Sun Ska en août dernier. On a sauté sur l'occasion pour rencontrer ce grand monsieur qui se fait plutôt discret dans les médias. Malgré sa modestie, sa timidité et sa mémoire flanchante qui l'empêchent de trop s'épandre, il répond à nos questions avec sourire et méfiance à la fois...

Reggae.fr : Tu es sur la route avec Buju Banton en ce moment, mais comme on ne peut pas l'interviewer, on est obligés de te demander dans quel état d'esprit il se trouve.

Donovan Germain : Il va bien. Il est dans un très bon état d'esprit, mais il a encore besoin d'être protéger. Il commencera sans doute à communiquer avec les médias et le public l'année prochaine. Mais en attendant, il est très bien entouré et je peux vous dire qu'il est en forme. Tout va bien pour lui.

Comment se sont passées vos retrouvailles ?
Ça reste entre lui et moi. Ce sont des choses privées que je ne veux pas raconter.

Mais avez-vous des projets ensemble ?
Oui, on travaille sur son album. On collabore avec plusieurs producteurs, mais je suis le directeur artistique de ce projet. Je suis actuellement un de ses deux managers et je m'occupe de la logistique sur la tournée avec le backing-band. Je m'assure que tout se passe bien, que tout le monde soit dans de bonnes conditions pour donner de bons concerts.

Te souviens-tu de la toute première fois que tu as rencontré Buju ?
Je ne me souviens même pas de ce qui s'est passé hier alors remonter aussi loin dans ma mémoire, c'est compliqué. Je commence à vieillir vous savez !

Mais Buju est quelqu'un de spécial ! On ne peut pas oublier ce genre de rencontre !
Ma femme est quelqu'un de spécial pour moi et je ne me souviens même pas de notre rencontre (rires).



Tu es connu comme un producteur exigeant qui ne produit que de la musique consciente et positive. Mais avant que tu ne travailles avec Buju Banton, il s'illustrait plutôt dans le slackness et les gun tunes. Pourquoi as-tu quand même voulu collaborer avec lui ?
C'est une progression naturelle. Je lui ai montré la voie à prendre et il l'a suivie. Mais s'il la suivie, c'est uniquement parce qu'il avait pris la décision lui-même de se tourner vers une musique plus positive. Je n'ai fait que l'accompagner. La première fois qu'il est venu à mon studio pour me solliciter, j'ai vu son talent et je savais que je travaillerai un jour avec lui. J'ai juste attendu qu'il soit prêt à prendre ce virage.

Tu es l'un des producteurs majeurs des années 90 et du début des années 2000 en Jamaïque. On se rappelle des nombreuses séries et des singles qui sortaient sur Penthouse Records mais on a l'impression que tu es moins actif ces jours-ci. Y a-t-il une raison à cela ?
Aujourd'hui, je préfère travailler sur des projets à long termes, des projets cohérents. L'album de Marcia Griffiths, Timeless, sorti cet été en est un exemple. C'est un album concept avec uniquement des reprises de Studio One. Il y a eu aussi l'album Tribute to Joseph Hill où j'ai rassemblé un paquet de chanteurs pour reprendre des morceaux de Culture. Le business a évolué et les singles pressés en 45T ça ne marche plus vraiment, alors je m'adapte. Et il faut se rappeler que je produis de la musique depuis 1978 ! Alors je pense que j'ai le droit de ralentir un peu aujourd'hui (rires).

Comptes-tu quand même continuer à produire des one riddims ?
Je n'en sais rien. Ça dépend de ce que j'ai envie de faire. J'ai sorti une série en 2018, le History No Mistery Riddim. Mais je ne sais pas ce que le futur me réserve. Les séries ne sont qu'une petite partie de mon travail. Depuis 1978, j'ai fait beaucoup d'autres choses.



Et justement avant Penthouse, tu as eu plusieurs petits labels sur lesquels tu produisais une musique très organique avec des instruments live. Peut-on dire que tu t'es tourné vers l'ère digitale en créant Penthouse ?
Oui et non. La plupart des chansons que j'ai produites ces dix dernières années ont été faites avec des musiciens et de vrais instruments. La mode des beats digitaux et de la programmation de batterie, ce n'est pas moi qui ai créé ça. C'étaient les musiciens de l'époque qui se tournaient vers cette façon de travailler. Moi j'ai vu cette période comme une transition pour revenir à quelque chose de plus organique, comme ce que je fais aujourd'hui.

Ça veut dire que tu suivais les musiciens plus qu'ils ne te suivaient toi ?
Non sûrement pas ! Les musiciens que j'embauche ont toujours fait ce que je voulais leur faire faire. Mais il faut savoir vivre avec son temps et je m'adaptais aussi à ce qui plaisait au public. Les musiciens étaient bien placés pour savoir ce qui plaisait au public, donc j'étais à leur écoute. Quand tu fais de la musique, il faut savoir plaire aux nouvelles générations. Mais je savais que cette période digital ne durerait pas.



En tant que producteur, sais-tu jouer d'un instrument pour créer des riddims ?
Non, mais j'ai mes oreilles (rires). C'est ce que j'ai de plus précieux au monde. C'est mon outil de travail. J'entends la musique dans ma tête et je dicte aux musiciens comment jouer. Je contrôle tout le processus de création des morceaux que je produis. Je ne suis pas juste un producteur qui se contente de mettre de l'argent sur la table comme beaucoup le font en Jamaïque.

Ta spécialité dans les années 90 était les recuts de vieux riddims. Comment choisissais-tu un riddim que tu voulais revisiter ?
C'est mon esprit qui me dictait quoi faire. J'ai grandi en écoutant Studio One, donc je me suis attaqué aux riddims qui selon moi devaient être introduits à la nouvelle génération.

Et Studio One était ton label de prédilection n'est-ce pas ?
Oui. J'aime tous les riddims de Studio One. Je suis incapable d'en choisir un en particulier, c'est pour ça que j'en ai refait tellement. Et je continuerai !



Tu as travaillé avec de nombreux deejays comme Mad Cobra ou Cutty Ranks qui ont enregistré des gun tunes ou des morceaux slackness avec d'autres producteurs. Comment choisis-tu et acceptes-tu de travailler avec tel ou tel artiste sachant que tu ne produis que de la musique consciente ?
Vous savez, le monde évolue. Donc les gens peuvent changer aussi. J'arrive à reconnaître le bon dans chaque individu. Et sachez aussi que ce sont les artistes qui viennent me voir, je ne vais chercher personne. Donc ceux qui viennent me solliciter savent qu'avec moi, ils n'auront pas d'autre choix que de chanter des paroles positives. Dans les cas de Cobra et Cutty, personne ne les connaissaient quand ils ont commencé avec moi chez Penthouse. Ils se sont fait connaître avec des morceaux conscious.

Sur le logo de Penthouse Records, on voit des buildings de New-York. Pourquoi cette ville ?
Un Penthouse est un appartement situé au dernier étage d'un immeuble et ce genre d'habitation a été créé à New-York. C'est de là-bas que ça vient donc c'est pour ça. En plus, New-York est une ville importante pour moi. J'y ai vécu dix ans dans les années 70. Je travaillais dans une boutique de disques et c'est même à New-York que j'ai commencé à produire sur mon premier label. Je faisais régulièrement des aller-retours en Jamaïque pour aller enregistrer les artistes.

On raconte que tu as renvoyé Garnett Silk chez lui...
Oui c'est vrai.

As-tu regretté ?
Non puisqu'il est revenu bosser chez Penthouse quelques années plus tard. Mais la première fois qu'il est venu me voir, il n'était pas prêt. Il avait besoin de faire murir son écriture. Il a travaillé et il est revenu me voir. Il y avait encore du travail, mais j'ai reconnu son talent et on a pu faire des choses ensemble. Tous les artistes avec qui j'ai travaillé à cette époque, je savais reconnaître leur talent. Mais il fallait souvent les guider pour arriver à en tirer le meilleur. C'était mon rôle.

Tu es justement connu pour avoir fait découvrir de nouveaux talents. Tu as fait émerger Romain Virgo et même Buju Banton. Quel est ton protégé du moment ?
Je n'en ai pas vraiment, car je me concentre sur mon travail avec Buju Banton pour le moment. Je mets toute mon énergie pour le remettre comme il faut sur les rails, donc je me retire un peu de la production. Mais le dernier en qui j'ai vraiment cru c'est Dalton Harris. Je le suis toujours de prêt, mais il travaille actuellement sur un album à Londres et je ne suis pas impliqué du tout dans ce projet.



Quel est ton meilleur souvenir en tant que producteur ?
Je suis très mauvais en souvenirs, mais ma plus grande fierté c'est d'avoir fait connaître tous ces artistes avant qu'ils ne soient réellement connus. Les gens que l'on vient de mentionner, Romain Virgo ou Buju Banton par exemple. Je suis vraiment fier de ça.

Et ton pire souvenir ?
Ma plus grande déception c'est que ma mère soit décédée avant d'avoir vu tout ce que j'ai pu accomplir.

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