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Mr Zèbre - Interview Dub Ambassadors Mr Zèbre - Interview Dub Ambassadors
29/11/19 - Auteur(s) : Propos recueillis par Adrien

Mr Zèbre est un dubmaker  pas comme les autres que les amateurs de stepper commencent à bien connaître grâce à de nombreuses sorties vinyles. Un acteur de la scène dub française qu’on se devait de rencontrer...

Reggae.fr :  Pour commencer pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Reggae.fr ?
Mr Zèbre : Je m’appelle Thibault, aka Mr Zèbre, je produis du dub depuis à peu prés 7-8 ans. Mon projet a commencé à l’étranger, j’ai vécu en Amérique Latine pendant 8 ans, 5 ans au Pérou et 3 ans au Mexique. Je faisais de la musique électronique avant. En fait le projet de Mr Zèbre existait dans un style musical complètement différent du dub avec des influences dub dans le traitement du son, mais le projet tel qu'il est aujourd'hui est né il y a 8 ans à Lima au Pérou où j’habitais à l’époque.

Parle-nous de ton nom, Mr Zèbre, ça vient d’où ?
Le projet électro que j’avais avant était un projet assez bordélique et expérimental. J’enregistrais pas mal de sons concrets, des frottements, des percussions, des ambiances, des sons urbains. Je mélangeais tout ça. Le côté un peu surréaliste et décalé du nom, l’association homme/animal, le côté totem me plaisaient bien par rapport à la musique que je faisais. Mais en soi ça n’a pas vraiment de sens très profond. J’ai gardé le nom après.



Comme tu viens de nous le dire tu avais précédemment un projet beaucoup plus orienté électro, raconte-nous comment tu en es arrivé au dub ?
J’écoute du dub depuis longtemps, depuis plus d’une quinzaine d’années. J’ai eu comme pas mal de gens en France une premiere grosse claque en écoutant Iration Steppas en session, c’était un live-mix avec Dennis Rootical. Avant ça j’écoutais du Lee Perry, du King Tubby, des choses plus anciennes et plus classiques et aussi du High Tone, Zenzile... Quand j’habitais au Pérou, avec deux amis on a ouvert un bar musical pendant un moment, et on faisait jouer pas mal de gens de la scène péruvienne là-bas. J’ai rencontré un pote argentin, DJ Rastacore. Il organisait des soirées appelées Reggae to Drum & Bass où comme le nom l’indique plein de styles issus de la musique jamaïcaine se croisaient : reggae, dub, ska, hip-hop, dubstep... Il y a eu beaucoup de soirées, c’était une sacré époque ! Il y a eu aussi la rencontre là-bas avec un pote qui s’appelle Jaime Léon de Lima Sound System, qui maintenant a un sound system avec 6 scoops. Je lui ai fait découvrir quelques trucs de UK dub plus contemporains, lui écoutais pas mal de reggae. Il a commencé à ramener des artistes européens au Pérou dont le premier était Mad Professor, en 2010 je crois. Et la première fois qu’il a ramené Mad Professor, il a organisé un workshop, et c’est là que je me suis dit qu’il fallait vraiment faire ça. Le mixage live à la console, c’est quelque chose que je trouve vraiment génial, c’est une musique qui m’a toujours attiré, à la fois esthétiquement et techniquement. De mon coté j’ai ramené Weeding Dub avec les Fu-Steps et O.B.F au Pérou, et avec d’autres potes on a ramené Channel One à Lima. Quelques années plus tard, quand j’habitais au Mexique on a créé un festival avec d’autres amis là-bas : le Dub Experience où on a ramené Vibronics, O.B.F, Blackboard Jungle, Jah Shaka... C’est un peu l’ensemble de tout ça qui m’a influencé pour faire de la musique

En parlant technique, il paraît que tu ne fais plus de live dub en session, peux-tu nous dire pourquoi ?
C’est pas évident de faire un live-mix sur console et de jouer sur sound system. C’est parfois plus facile sur un système son classique que sur un sound. Avec un sound system, tu peux toujours avoir une petit souci, ça fait partie du délire, mais à la console tu peux avoir d’autres pépins. D’autre part, préparer un live ça prend du temps et je préfère passer plus de temps à produire de la musique en studio et à faire de la sélection. Le live-mix ça demande aussi d’avoir « la tête dans la console », tu crées un mix unique mais ça demande une sacrée concentration. Tu as moins de temps pour interagir avec les gens, gérer ta sélection… Et puis jouer sur pré-ampli c’est le pied, chercher le rendement maximum de ce que ton morceau peut donner diffusé sur sound system. Je préfère aussi largement jouer au niveau des gens en sound que sur scène. Mais je pense que je referais un live un de ces jours.

Justement, parle-nous de ce rapport direct qu’il y a avec le public dans le sound system. Est-ce que des fois il t’arrive d’être surpris des réactions quand tu joues un morceau pour la première fois par exemple ?
Oui c’est ça qui est cool dans le sound system : c’est un peu un laboratoire. Il m'arrive de mixer un titre dans le train quand je me rends sur une date et de le jouer le soir-même. Des fois ça fonctionne, d’autres fois non. Je trouve ça intéressant, tu pensais que ton tune était un killer et ça marche moins bien que prévu, parfois c’est l’inverse ! Un des avantages avec le sound system c’est la proximité avec les gens et le fait que tu puisses tester un morceau que tu as mixé la veille. Quand on a ramené Weeding Dub en live au Pérou, il a joué dans un grand festival qui s’appelle le Selvamonos avec qui je collaborais. Il avait fait une super introduction, un truc génial qu’il avait mixé au casque sur ordi je crois. Il y a ce coté rapide entre ce que tu produis et ce que tu peux diffuser, c’est hyper vivant. Après, tout dépend bien sûr des morceaux que tu fais, plus instrumentaux ou avec des moyens électroniques.



Tes prods sont jouées par beaucoup de monde. Jah Shaka a même inclus ton Yamasee War à sa sélection, qu’est-ce que ça te fait quand tu apprends ça ?
Ça fait plaisir bien sûr. On a été bien surpris avec Peah de Rootical Attack : « ce morceau là Shaka l’a joué ?! » je ne pensais pas que Shaka puisse jouer ce type de morceau. On l'avait invité avec des potes au Mexique en 2017, il a joué le Yamasee War en pre-last tune. Ça faisait d’autant plus plaisir qu’on avait mis du temps à organiser l’évènement et que ça avait bien marché, c’était la premiere fois que Shaka venait au Mexique. Une des choses les plus intéressantes dans cette scène dub/sound system ce sont les croisements entre les gens et la musique de pays complètement différents : ce morceau à été fait au Mexique, pressé par Rootical Attack en France, puis retour au Mexique en étant joué par Jah Shaka. Le projet dub de Mr Zèbre a commencé à Lima et Mexico mais ça s’est fait connaître un peu via des sorties vinyles et digitales sur des labels européens. Même en n’étant pas en France, le projet a fait son chemin et ça fait plaisir. Je suis rentré vivre en France en 2017.



Pour finir est-ce qu’il y a des projets qui arrivent bientôt et dont tu peux déjà nous parler ?
J’ai une release prévue sur Emana Sound, un morceau avec Lotta des Fu-Steps et Guru au sax. Je commence aussi à préparer le prochain album. 

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